CONTEXTE. L’attitude des pouvoirs en place (municipalités, intercommunalités…) à l’égard des associations de protection de l’environnement et du cadre de vie est contrastée. Elle comprend plusieurs stades : ignorance, méfiance, dénigrement, instrumentalisation, écoute, dialogue, coopération… Quant à l’attitude des associations à l’égard d’un maire, elle passe elle aussi par plusieurs stades : déférence, respect, dialogue, connivence, conflits, contentieux…
ENJEUX. Comment rendre compte des rapports que les associations entretiennent entre minorités et majorités ? Et avec les candidats durant les périodes électorales ? Comment les analyser ? Comment les caractériser ? Faut-il croire les uns ou les autres ? Sinon, quels tiers écouter ? L’évolution de la démocratie locale vers une démocratie participative et collaborative est lente. Existe-t-il une logique territoriale en mesure d’imposer des « bonnes pratiques » aux gouvernances locales, considérées comme des étapes vers une recherche partagée de consensus citoyens ?
Pouvoir / Contre-pouvoir (1)
Citoyens-Associations / Pouvoir Local-Municipalité
Recherche-action «Territoires et démocratie numérique locale»
© Bernard MÉRIGOT et Association Mieux Aborder L’Avenir, 2014
LA DÉMOCRATIE EST TOUJOURS UN RISQUE
David CHAUFER note dans une étude portant sur « Démocratie locale et associations contre-pouvoirs » que « la proximité du pouvoir de décision suscite la création de mouvements d’opposition ». C’est le cas des associations de contre-pouvoirs qui agissent dans le domaine de la défense de l’environnement et de l’urbanisme : ses animateurs ont acquis une capacité d’expertise et de compétence qui en font des acteurs « incontournables » de la vie locale.
Pour lui, « il existe un manque de compréhension entre élus et associations de contre-pouvoirs concernant la place des associations dans la démocratie locale. » Les reproches adressés par les élus à l’égard des associations sont connus : parti pris d’opposition politique, difficulté de passer d’une opposition à la construction d’un projet, confusion des intérêts défendus, faible représentativité… Pour eux, toute forme de démocratie participative est un facteur de risque, porteur d’un germe de contestation de leur propre légitimité. (2)
Quelle est la « porosité » entre le pouvoir politique et les associations ?
(Abécédaire photographique de la démocratie)
DOCUMENT
Les assemblées générales des associations se succèdent chaque année. Les présidents changent. L’assemblée générale de l’association Élan – Savigny Environnement s’est tenue l’an passé, le samedi 30 mars 2013, à la salle paroissiale de l’église Sainte-Thérèse. Elle a été présidée par Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, sa présidente, et par Jean-Marie CORBIN, son trésorier. Il ne seront pas présents à l’assemblée générale du samedi 29 mars 2014 à la MJC de la Grande-rue. Dans une lettre adressée aux adhérents, ils expliquent dans quelles circonstances, et pour quelles raisons ils ont été amenés à démissionner en novembre et décembre 2013. (3)
Jean-Marie CORBIN et Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT
président l’assemblée générale de l’association
Élan-Savigny Environnement de Savigny-sur-Orge
le 30 mars 2013, salle de l’Église Sainte Thérèse
Association Élan-Savigny Environnement de Savigny-sur-Orge
Assemblée générale du 30 mars 2013
Salle de l’Église Sainte Thérèse
RÉFÉRENCES
1. PEYRAUT Jean-Pierre, «Bases de gestion et de qualité», http://biv.qualite.afnor.org
2. CHAUFER David, « Démocratie locale et associations contre-pouvoirs », Annales des collectivités locales, Tome 21, 2001, p. 143-158.
3. CORBIN Jean-Marie et MONNIOTTE-MÉRIGOT Sylvie, « Élan – Savigny Environnement, assemblée générale 2014 », lettre en date du 19 mars 2014, 2 p.
Articles en ligne sur le site http://www.savigny-avenit.info
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
UN TRACT « ABSURDE »
D’abord, il y a un tract de Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), maire de Savigny-sur-Orge, candidate à sa réélection. Il est intitulé « La vérité sur les mensonges du PS ». (1) Le titre, étonnant, relève de la figure de style de l’oxymore (que les grecs nomment oxymoron), qui consiste à rassembler deux termes opposés pour exprimer quelque chose d’inconcevable. « La vérité sur un mensonge », c’est comme « Le mensonge sur une vérité », c’est-à-dire, un discours qui rend compte de l’absurde : Laurence SPICHER-BERNIER annonce qu’elle dit la vérité sur des mensonges ! On aura tout vu.
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
« La vérité sur les mensonges du PS »
Élection municipale de Savigny-sur-Orge du 23 mars 2014
Tract distribué le 16 mars 2014, page 1
Sur la page du recto, rien de bien original. « En 2012, François HOLLANDE vous a menti. En 2014, le candidat PS à Savigny Pierre GUYARD vous ment ». Et une accusation : Pierre GUYARD ne pratique pas la démocratie d’une façon honnête ! Suivent quatre « pavés » : le projet pharaonique du parti socialiste de centre culturel, les rythmes scolaires (« La réforme PEILLON, c’est nous qui payons »), les transports en commun (Tram train et ligne du bus 492), les logements sociaux.
RECTO SEUL ou RECTO + VERSO ?
Il est à noter que ce tract est à «géométrie variable». Le dimanche 16 mars, le tract ne comprend que le recto (le verso est blanc). Il faut attendre les jours suivants (le vendredi 21 mars, en l’occurrence) pour disposer d’un exemplaire complet : le tract comprend l’impression d’un recto + un verso. Certains pensent que cette édition en deux temps (16 Mars : la page 1, 21 mars : la page 1 + la page 2) ne relève en aucun cas d’une erreur d’impression, mais d’une mise en scéne. Autant la page 1 est généraliste, autant la page 2 se livre à des attaques personnelles contre Jacques GUYARD et Pierre GUYARD. Dites-nous si nous nous trompons…
Puisque la version complète est connue, un constat s’impose : les choses se gâtent dans le bas de la seconde page.
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
« La vérité sur les mensonges du PS »
Élection municipale de Savigny-sur-Orge du 23 mars 2014
Tract distribué le 21 mars 2014, page 2
UNE DÉNONCIATION INDIGNE CONTRE JACQUES GUYARD
(Le père)
Et oui, vous avez bien lu. Laurence SPICHER-BERNIER attaque Jacques GUYARD, le père de Pierre GUYARD. Une partie de ses propos ne sont pas nouveaux : ils avaient déjà été tenus par Laurence SPICHER-BERNIER sur son compte Facebook le 23 novembre 2013, il y a maintenant quatre mois. Elle écrivait ceci :
Nous avons fait une analyse critique de ces assertions sur ce site. (3) http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/savigny-sur-orge-laurence-spicher-bernier-udi-fait-entrer-pierre-guyard-ps-dans-lhyperpolitique-inter-municipale/
ATTAQUER LA POLITIQUE DU FILS
OU ATTAQUER LA POLITIQUE DU PÈRE ?
Sur la liste UDI/MPF/UPF «Union de la droite républicaine et du centre » conduite à Savigny-sur-Orge par Laurence SPICHER-BERNIER, figure en 12e position Xavier-Roger DUGOIN. (4) C’est l’un des fils de Xavier DUGOIN.
Quel candidat pourrait avoir l’idée de venir reprocher quoi que ce soit au fils concernant son père ? Aucun candidat – à ma connaissance – n’a attaqué le fils Xavier-Roger DUGOIN à propos de son père Xavier DUGOIN. Ce n’est pas le cas de Laurence SPICHER-BERNIER qui elle, attaque Pierre GUYARD à propos de son père Jacques GUYARD. Mais Laurence SPICHER-BERNIER n’en a pas fini.
UNE DÉNONCIATION INDIGNE CONTRE PIERRE GUYARD
(Le fils)
Question. Que pensez-vous de tout cela ?
Bernard MÉRIGOT. Je reprendrai ce qu’a écrit, le 19 mars 2014, Christian SCHOETTL sur son site : « Il ne vous aura peut être pas échappé qu’il y a des élections municipales dimanche. Pour ma part, je n’ai jamais compris la violence qui préside a ce qui devrait une sorte de moment de grâce, cette période où chacun souhaite et se propose pour travailler au bien être de la collectivité.
C’est comme un bon plat que l’on va partager entre amis, chacun donne sa recette, explique comment il va accommoder pour les autres, et puis enfin de compte, collégialement, on confie les fourneaux a l’un ou l’autre, avec le bonheur anticipé de ce que l’on va déguster ensemble.
En fait pour déguster, on déguste ! Et on assiste a un spectacle d’une violence folle, coups bas, ragots, mensonges, toute la lie de l’humanité n’y retrouverait pas ses petits ». (6)
LA CULTURE DE L’INVECTIVE POLITIQUE
Question. Quelle analyse faite-vous dans le cadre de votre recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale ».
Bernard MÉRIGOT. Les réflexions que je poursuis se situent dans la tradition de la démocratie expérimentale du philosophe John DEWEY. Elles consistent :
1. à poser les questions qui anticipent les débats à venir et,
2. à éclairer les réponses susceptibles d’être apportées dans l’espace public.
La France, en ce mois de mars 2014, vit une situation qui est tragiquement attentatoire à la démocratie, avec cette affaire des écoutes téléphoniques des conversations de Nicolas SARKOZY avec son avocat.
Tout le monde sait, depuis des années, qu’il n’y a jamais eu aucun débat citoyen sur cette question. Les pouvoirs en place pensent qu’ils peuvent continuer à prendre des décisions à la petite semaine, de façon autocratique.
Or, la vie de toute communauté humaine est faite de franchissements d’étapes. Chaque étape est un moment de constitution d’un consensus. Que font les politiques ? Ils pratiquent la gouvernance du « saute-mouton ». Ils savent que cela se révèle toujours catastrophique à terme. Qu’importe ! Exemple : un problème nouveau survient. Cela m’embête de prendre une décision Alors, je déclare : « La question ne se pose pas ». Je refuse tout dialogue. Et hop ! Je saute l’étape. Je passe par-dessus. Notre-Dame des Landes et la mise en place des portiques pour l’écotaxe sur les autoroutes en sont des exemples emblématiques.
Ce qu’il faut bien voir, c’est que chaque fois qu’un débat public n’a pas lieu, chaque fois des citoyens sont malmenés : ils souffrent. Alors, par un effet rebond, les élus politiques entrent en polémique contre tout et contre tout le monde, les uns contre les autres. C’est à celui qui accusera, dénoncera, stigmatisera… le mieux. Avec une conséquence : l’augmentation constante du taux d’abstention aux élections municipales.
Élections municipales
Taux d’abstention (Deuxième tour)
Question. Des prévisions pour la journée du 23 mars ?
Bernard MÉRIGOT. « Une France coupée en deux. L’instabilité et les averses se généraliseront dans les terres. Orages sur l’Ile-de-France » (Le Parisien, 22 mars 2014). Mais est-ce qu’il s’agit de la météo ?
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, La vérité sur les mensonges du PS. Ce que la gauche invente pour ces élections municipales, A4, 2 p. Tract distribué dans les boîtes à lettres le 21 mars 2014.
2. SPICHER-BERNIER Laurence, www.facebook.com/laurence.spicherbernier, 23 novembre 2013.
3. MÉRIGOT Bernard, Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI) fait entrer Pierre Guyard (PS) dans l’hyperpolitique inter-municipale Posted on 25 novembre 2013 by Bernard MÉRIGOT Nous savons que la politique en France est une dramatisation de la parole : ceux qui font de la politique pensent que l’hyper, l’outré et l’exagéré leur donnent confiance, et qu’il est de nature à leur attirer la faveur de l’électeur. …
4. « Mobile à parents (2) », Le Canard enchaîné, n°4873, 19 mars 2014, p.4
LASKE Karl, « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires », 13 février 2014, 4 pages, http://www.mediapart.fr.
MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI) et associés », Posted on 23 février 2014 by Bernard MÉRIGOT OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014 Le 31 octobre 2013, un nouveau blog est mis en ligne sur Savigny-sur-Orge. Officiellement, il est consacré à la ville et à ses habitants. Officieusement, ce site loue les actions de Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI, …
5. SPICHER-BERNIER Laurence, La vérité sur les mensonges du PS. Ce que la gauche invente pour ces élections municipales, A4, 2 p. Tract distribué dans les boîtes à lettres le 21 mars 2014.
6. SCHOETTL Christian, « Élections municipales. Il y a de la rumba dans l’air », http://www.christianschoettl.com, 19 mars 2014.
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Le philosophe John DEWEY a écrit des phrases fortes sur la démocratie. « Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (1)
Des faits viennent régulièrement illustrer, malheureusement, le bien-fondé de la dénonciation des atteintes portées à la démocratie. Comme ce nouvel exemple de déni à la liberté de réunion dans la commune de Savigny-sur-Orge (Essonne), ce 10 février 2014. Cette affaire n’est pas anodine. C’est pourquoi, pour en suivre les différentes étapes, nous allons en « faire un film » dont le philosophe John DEWEY est l’inspirateur. Vous en trouverez ci-dessous le synopsis.
Pierre GUYARD, « Annulé »
Tract sur la réunion publique du 10 février 2014 (2)
LA LIBERTÉ DE RÉUNION N’EST PAS ASSURÉE A SAVIGNY-SUR-ORGE
(Le film)
Scénario à partir d’une idée originale du philosophe John DEWEY
Principaux personnages :
• Première séquence. La demande de prêt d’une salle communale
Au début du mois de janvier 2014, Pierre GUYARD adresse à Laurence SPICHER-BERNIER, maire (UDI) de Savigny-sur-Orge, une demande de prêt de salle municipale pour y tenir des réunions électorales, notamment dans la semaine n° 7 (du lundi 10 au samedi 16 février). Le premier tour a lieu dans la semaine n° 12 (le dimanche 23 mars), soit cinq semaines plus tard. D’autres candidats disposent de salles de réunion à l’année (Jean ESTIVILL) ou, ponctuellement, de façon régulière (David FABRE).
Il est évident que tout refus opposé à Pierre GUYARD, et à sa liste, constitue une atteinte portée au principe d’égalité dont jouit l’ensemble des candidats.
• Deuxième séquence. Le refus de prêt de salle communale
Aucune salle n’est accordée par Laurence SPICHER-BERNIER à Pierre GUYARD dans la semaine n° 12.
• Troisième séquence. Location d’une salle privée
Pierre GUYARD loue la salle du café Les deux drapeaux (2 avenue de Fromenteau, 91600 SAVIGNY-SUR-ORGE) pour y tenir une réunion sur la santé le lundi 10 février 2014, à 20 heures 30.
• Quatrième séquence. L’annonce de la réunion publique
Pierre GUYARD annonce, par un tract, sa réunion publique. Un médecin d’un centre de santé du 94, Fabien COHEN, est invité.
Pierre GUYARD
Tract sur la réunion publique sur la santé
10 février 2014, p.1 (3)
Pierre GUYARD
Tract sur la réunion publique sur la santé
10 février 2014, p.2 (3)
La réunion est annoncée sur le site de campagne « http://www.guyard2014.fr ».
• Cinquième séquence. Pressions de la mairie sur la propriétaire de la salle
La mairie fait pression sur la propriétaire du café afin qu’elle revienne sur le prêt de sa salle. Le jour même de la réunion, le lundi 10 février en fin de matinée, la Savinienne fait savoir qu’elle annule la location de la salle pour le soir à 20 heures 30.
• Sixième séquence. Deuxième tract
Pierre GUYARD édite le jour même, 10 février 2014, un tract intitulé « Annulé » dont le texte est le suivant :
Pierre GUYARD, candidat aux élections municipales
privé de salle pour tenir sa réunion publique le 10 février 2014
• Septième séquence. Le soir du lundi 10 février 2014 (scènes de nuit)
20 heures. Le café est fermé. Sur le jardin public faisant face aux Deux drapeaux, au carrefour de la rue de Champagne et de l’avenue de Fromenteau, le candidat Pierre GUYARD et les citoyens privés de salle se rassemblent autour d’une table de camping. Ils partagent café et gâteaux.
20 heures 45. Un véhicule arrive de l’avenue de Fromenteau. Il s’arrête à hauteur de cet attroupement inhabituel. A bord, Éric MEHLHORN, conseiller général UMP, ancien adjoint au maire, conseiller municipal. Le candidat Pierre GUYARD le renseigne sur les pressions exercées sur la propriétaire du café.
21 heures. Un véhicule de la police nationale s’arrête. Trois agents descendent. Ils s’enquièrent du motif de l’attroupement. Pierre GUYARD les informe. Les policiers rendent compte aux autorités.
• Huitième séquence. La dispersion (scène de nuit)
21 heures 15. Pierre GUYARD, ses colistiers, les conseillers municipaux de la minorité, les citoyens qui se sont déplacés quittent le square.
La réunion n’a pas pu avoir lieu. La démocratie a été bafouée.
• Neuvième séquence. Pierre GUYARD dénonce « Savigny-sur-Orge, un far west » (4)
On lira son texte « FACE AU DÉNI DE DÉMOCRATIE : ENSEMBLE RÉSISTONS !», ci-dessous, en «Document n°2».
• CLAP DE FIN
DOCUMENT n°1
DOCUMENT n°2
1. DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/
2. GUYARD Pierre, « Annulé », Réunion publique sur la santé, lundi 10 février 2014, 1 p.
3. GUYARD Pierre, Réunion publique sur la santé, lundi 10 février 2014, 2 p.
4. GUYARD Pierre, « Face au deni de démocratie : ensemble résistons ! », http://www.guyard2014.fr, 11 février 2014.
En langage familier, un far west est une zone de non droit, une zone où règne la loi du plus fort.
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Bernard MÉRIGOT
LA PISCINE COMMUNALE DE SAVIGNY-SUR-ORGE
Laurence SPICHER-BERNIER. « La piscine est un équipement social. Ça coûte nettement moins cher qu’un stade ou qu’un foyer-logement ».
LE RECRUTEMENT DES FUTURS EMPLOYÉS DE LA PISCINE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je vais exiger que la priorité des emplois revienne aux Saviniens. »
LE MONDE POLITIQUE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Le monde politique est particulièrement difficile de manière générale. »
LES PLAINTES DE LAURENCE SPICHER-BERNIER
CONTRE LES CONSEILLERS MUNICIPAUX
Le Parisien Essonne-matin : « Vous avez récemment décidé de retirer les nombreuses plaintes que vous avez engagées ces dernières années à l’encontre de vos opposants. Pourquoi ? ». Laurence SPICHER-BERNIER : « Ce serait très mal venu de gaspiller son énergie à vouloir régler des comptes aujourd’hui complètement dépassés ».
JE T’AIME MOI NON PLUS
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI) et Éric MEHLORN (UMP)
Laurence SPICHER-BERNIER. « Sur le rassemblement, je suis toujours sur l’idée d’une union avec Monsieur MEHLHORN ».
LES JOUEURS DE BASE-BALL
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je n’ai pas changé mon fusil d’épaule. »
LE CINÉMA EXCELSIOR
Laurence SPICHER-BERNIER. « Nous sommes toujours dans l’optique de récupérer ce cinéma. »
LA NOTORIÉTÉ ET LA COMMUNICATION POLITIQUE
EN QUESTION
Laurence SPICHER-BERNIER. Ma candidature aux élections législatives de 2012 : « C’était surtout pour moi une campagne de notoriété, et aussi apprendre comment communiquer. »
UNE DERNIÈRE CITATION POUR LA ROUTE
Le philosophe John DEWEY a écrit : « Tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique ».
« Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (5)
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Municipales. La mise au point de la maire de Savigny-sur-Orge. Controversée, Laurence Spicher-Bernier (UDI) doit faire face à de multiples divisions dans sa ville. Pour la première fois, elle s’explique sur tous les dossiers qui fâchent », Le Parisien Essonne matin, 11 février 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. « Précision. Une erreur s’est malencontreusement glissée dans l’article paru dans nos colonnes vendredi intitulé : « A Savigny, maire et opposants retournent au tribunal ». Laurence Spicher-Bernier, maire (UDI) de la ville, n’a pas été condamnée, le 6 septembre 2011, à 18 mois de prison avec sursis pour escroquerie en fausse qualité de juriste et exercice illégal de la profession d’avocat mais à 8 mois avec sursis.», Le Parisien Essonne matin, 14 janvier 2014.
3. RESPUBLICA ET HARRIS INTERACTIVE, Baromètre de la concertation et de la décision publique 2013, janvier 2013, 2e édition, 4 p. Enquête réalisée du 25 juillet au 1er août et du 8 au 15 août 2012. Présentation par Gilles-Laurent Rayssac et Marie-Catherine Bernard, avec les interventions de Jean-Daniel Lévy, Directeur du département politique et opinion à Harris Interactive, Robert Herrmann, Premier adjoint au Maire de Strasbourg en charge de la démocratie locale et Philippe Bilger, Président de l’Institut de la Parole, magistrat honoraire, Paris, Le Cloître, 24 janvier 2013.
4. RABHI Pierre, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, 2010, 144 p.
5. DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/
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Le jeudi 28 mars 2002, à 1 heure 15 du matin, la séance du Conseil municipal de Nanterre (Hauts-de-Seine) s’achève. Le budget de la commune vient d’être voté. Un individu y a assisté dans les rangs du public, Richard DURN, 33 ans. Il se lève. Il est armé et tire à 40 coups reprises sur les membres du Conseil municipal. Il tue huit conseillers municipaux et maires-adjoints. Il en blesse grièvement huit autres.
Il est maîtrisé et arrêté par la police qui le trouve en possession de trois armes : deux pistolets Glock 9 mm, un chargeur de 15 cartouches, un pistolet Smith et Wesson 357 Magnum 9 mm, un chargeur de 6 cartouches. On retrouve sur lui 6 chargeurs de 15 cartouches, soit 90 cartouches.
Le même jour, alors qu’il est interrogé dans les locaux de la Police judiciaire, quai des Orfèvres à Paris, il est retrouvé mort dans la cour. Resté seul dans un bureau situé au deuxième étage, il aurait sauté par la fenêtre… (1)
LA DÉMOCRATIE EST-ELLE
UNE ACTIVITÉ A RISQUE ?
Question. À la fin du conseil municipal de Nanterre, un spectateur a tiré méthodiquement sur les élus : 8 morts et 8 blessés graves. En tant qu’élu, quelle est votre réaction après cette tragédie de Nanterre du mercredi 27 mars 2002 et le suicide du meurtrier Richard DURN ?
Bernard MÉRIGOT. Je suis maire-adjoint de Savigny-sur-Orge depuis 1983 et, à ce titre, j’ai participé, depuis dix-neuf ans, à un total d’un peu plus de 150 réunions du Conseil municipal. Sans compter les conseils syndicaux des syndicats intercommunaux où je siège en tant que vice-président. Certaines séances ont pu être animées. Mais au cours de ces dix-neuf années, je ne me suis jamais senti en danger au cours de ces réunions qui sont toutes publiques.
Quel mot employer pour qualifier un cet acte ?
Acte impensable. Lorsque l’on entend une telle information, on a du mal à réaliser ce qui s’est passé, à se représenter la scène. Comment un élu peut-il imaginer qu’un univers habituel, familier, tranquille, peut se transformer en scène d’horreur ?
Acte inimaginable. Hélas un tel acte n’est pas inimaginable. Des œuvres de fiction de plus en plus nombreuses (films, dessins animés, jeux vidéos, cédéroms…) présentent des scènes de guerre, de violence… de plus en plus réalistes, de plus en plus sanglantes. On ne peut pas affirmer, avec certitude – et en conscience – que cela n’a aucune influence. Ce qui est inimaginable, c’est que l’horreur de la fiction devienne réalité.
Acte inadmissible. Il porte atteinte aux principes d’organisation de notre société, aux principes de la République. La démocratie locale ne peut s’exercer que dans un espace de liberté. Les séances des conseils municipaux sont des lieux où l’on ne peut admettre que la crainte, ou l’insécurité règnent. Elles sont ouvertes, et doivent être respectées par tous.
En tant qu’élu, j’ai une pensée de solidarité pour les victimes et pour leurs familles. Ce sont des collègues élus locaux. Quelle que soit leur appartenance politique (RPR, UDF, Verts, PS, PC…), tous ont été atteints. Quelles que soient les opinions que nous défendons, nous participons aux mêmes réunions, nous nous intéressons aux mêmes choses, nous débattons des mêmes sujets. Nous avons la preuve que nous sommes exposés aux mêmes risques.
Question. Cet événement va-t-il modifier la vie de votre conseil municipal ?
Bernard MÉRIGOT. La dernière réunion du conseil municipal de Savigny-sur-Orge a eu lieu le 22 mars. La prochaine est prévue pour le 7 mai. Je pense que ce sera l’occasion d’observer une minute de silence à la mémoire des victimes et de leurs familles. Les séances des conseils municipaux doivent continuer à se dérouler en toute sérénité.
LE CONSEIL MUNICIPAL,
LIEU DE VIOLENCE ?
Question. Quels remèdes voyez-vous ?
Bernard MÉRIGOT. On peut observer aujourd’hui une banalisation d’actes de violence physique à l’égard d’enseignants, de conducteurs de bus, de fonctionnaires, de pompiers…
Les élus locaux – et les services municipaux – deviennent de plus en plus, aux yeux de certaines personnes qui n’obtiennent pas la satisfaction immédiate de ce qu’ils demandent, les uniques responsables de leur malheur.
Peut-être n’a-t-on pas pris conscience, dans notre société d’aujourd’hui, de la disparition d’un certain nombre de médiateurs naturels qui existaient dans les sociétés traditionnelles ?
Peut-être ne rappelle-t-on pas assez que la vie locale n’est pas possible sans la coopération de tous les habitants, sans les contributions des associations ?
Peut-être faut-il mieux expliquer le fonctionnement, sans cesse complexifié, sans cesse caricaturé par les médias, de nos institutions ?
Peut-être faut-il rappeler davantage qu’il existe un intérêt collectif – celui de la chose publique – qui dépasse les intérêts individuels ?
Les mairies ne sont pas les seules à être dépositaires de l’intérêt collectif. D’autres institutions le défendent. Mais elles sont les plus proches des citoyens. Les plus personnalisées. Les plus exposées.
RÉFÉRENCES
MÉRIGOT Bernard, «Passage à l’acte au conseil municipal de Nanterre».
Le jeudi 28 mars 2002 se tient à la Bibliothèque-Médiathèque André Malraux de Savigny-sur-Orge une exposition d’élèves de classes de cours moyen 2e année de la commune sur le thème de « La seconde vie de nos déchets ». Bernard Mérigot, maire-adjoint, y représente le député-maire Jean MARSAUDON. La tragédie de Nanterre vient d’avoir lieu dans la nuit. Vincent DEBY, journaliste du journal Le Républicain de l’Essonne, l’interroge en tant qu’élu municipal.
COMMENTAIRE du 4 avril 2002

RÉFÉRENCES
Le Républicain de l’Essonne, 4 avril 2002, p. 20.
COMMENTAIRE du 9 avril 2002
L’article publié par Le Républicain reprend de façon très raccourcie les réponses de Bernard MÉRIGOT. Il ne donne qu’un aperçu de ses propos. Il adresse, en date du 9 avril un courrier a tous les membres du conseil municipal de Savigny-sur-Orge ainsi qu’aux associations de la commune.
COMMENTAIRE du 18 novembre 2003
« La violence et l’insécurité dans lesquelles nous vivons – aussi exploitées qu’elles puissent être fantasmatiquement, voire manipulées de manière délibérée – relèvent avant tout d’une question de narcissisme, et sont le fait d’un processus de perte d’individuation. Il s’agit de narcissisme au sens où un homme comme Richard Durn, assassin d’un nous – assassiner un conseil municipal, représentation officielle d’un nous, c’est assassiner un nous – souffrait terriblement de ne pas exister, de ne pas avoir, disait-il, le « sentiment d’exister » : lorsqu’il tentait de se voir dans une glace, il n rencontrait qu’un immense néant. C’est ce qu’a révélé la publication d son journal intime par Le Monde. Durn y affirme qu’il a besoin de « faire du mal pour, au moins une fois dans [sa] vie, avoir le sentiment d’exister ». Richard Durn souffre d’une privation structurelle de ses capacités narcissiques primordiales.
J’appelle « narcissisme primordial » cette structure de la psychè qui est indispensable à son fonctionnement, cette part d’amour de soi qui peut devenir parfois pathologique, mais sans laquelle aucune capacité d’amour quelle qu’elle soit ne serait possible. Freud parle de narcissisme primaire, mais cette expression ne correspond pas tout à fait à ce dont je parle : elle désigne l’amour de soi infantile, une époque précoce de la sexualité. Freud parle aussi de narcissisme secondaire, ce qui survient à l’âge adulte, mais il ne s’agit encore pas de ce que je nomme le narcissisme primordial, qui est sans doute plus proche de ce que Lacan désigne dans son analyse du « stade du miroir ». Il y a un narcissisme primordial aussi bien du je que du nous : pour que le narcissisme de mon je puisse fonctionner, il faut qu’il puisse se projeter dans le narcissisme d’un nous.
Richard Durn, n’arrivant pas à élaborer son narcissisme, voyait dans le conseil municipal la réalité d’une altérité qui le faisait souffrir, qui ne lui renvoyait aucune image, et il l’a massacrée. »
RÉFÉRENCES
STIEGLER Bernard, Aimer, s’aimer, nous aimer, Galilée 2003.
COMMENTAIRE du 29 mars 2012
Le sommeil de la raison engendre les monstres.
« On entend dire, après l’effroyable affaire Merah, que le monstrueux ne connaît pas d’explications. C’est ce qu’a soutenu le rabbin Gilles Bernheim dans Libération, et c’est ce qu’a redit Henri Guaino sur France Culture. Leibniz soutenait au contraire que la conception rationnelle du monde consiste à poser que toute chose a sa raison, c’est-à-dire sa cause – y compris les choses les plus déraisonnables, folles et meurtrières.
Comme le savait Goya, c’est le sommeil de la raison qui engendre les monstres, et c’est encore plus vrai dans le monde contemporain que caractérise l’hyperpuissance des moyens – revolvers 11.43, webcams, médias de masse, robots financiers – et l’impuissance des fins, c’est-à-dire leur perte, qui, faisant perdre aussi la raison, favorise les passages à l’acte en tous genres que provoque une constante excitation de la pulsion de destruction dans un monde devenu lui-même intrinsèquement et tragiquement pulsionnel.
Il y a évidemment un lien entre les massacres commis par Richard Durn (Nanterre, 2002), Anders Breivik (Oslo et l’île d’Utoya, 2011) et Mohamed Merah, et il est très dommageable de ne pas vouloir en entendre parler quand on prétend exercer des responsabilités publiques et civiles.
Nous vivons dans des Cités à la dérive (Seuil, 1971) – livre de Stratis Tsirkas – hantées par d’innombrables individus à la dérive, dont certains passent à l’acte meurtrier sur des fonds transgressifs variés : insultes, viols, violences, désinhibitions, mensonges d’État, tromperies de toutes sortes.»
RÉFÉRENCES
STIEGLER Bernard, « Ces abominables tueries peuvent s’expliquer par la dérive de nos sociétés », Le Monde, 29 mars 2012.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
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