Au nom de notre conseil d’orientation, merci à nos lecteurs du monde entier qui consultent notre site. Merci à tous ceux qui nous communiquent questions et réactions. Merci de l’intérêt qu’il portent à nos travaux et à la publication hebdomadaire de « La Lettre du lundi de Savigny-avenir ».
Bernard MÉRIGOT
Responsable de la recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale »
Président de Mieux Aborder L’Avenir
Sur le site, voir la page http://www.savigny-avenir.fr/essai/site-internet-www-savigny-avenir-info/
« Ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques, éclairer les questions présentes, anticiper les réponses collectives qui doivent être apportées », tel est l’objet qui est désormais inscrit en tête de la page d’accueil du site http://www.savigny-avenir.info (1), conformément à la décision du conseil d’orientation de la recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale » qui s’est réuni le samedi 29 mars 2014. Nous nous sommes entretenu avec son responsable Bernard MÉRIGOT, également président de Mieux Aborder l’Avenir.
PERMETTRE L’EXPRESSION D’IDÉES
Question. Quel est le sens de l’objectif qui consiste à « ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques » ?
Bernard MÉRIGOT. Cette affirmation s’inscrit dans la logique de la prise en compte des attentes citoyennes. Elle a été précédée par la publication, le 29 juillet 2013, de notre étude « L’action publique territoriale : les véritables enjeux de l’élection municipale 2014 ». On pouvait y lire : « Un pouvoir local en place se révèle souvent moniste, ne tolérant qu’une vision unique, une parole unique exprimée par une majorité, voire par un seul leader politique. Ce cadre local est alors fermé à toute pensée autre. Notre recherche-action se trouve engagée dans une configuration de combat : il lui faut lutter, non pas pour imposer telle ou telle idée, mais pour permettre l’expression d’idées utiles à l’action locale. » (2)
http://www.savigny-avenir.fr/2013/07/29/savigny-sur-orge-laction-publique-territoriale-les-veritables-enjeux-de-lelection-municipale-de-2014-territorial-public-action/
ORGANISER DES GOUVERNANCES CROISÉES
Question. Les élections de 2014 sont à la fois municipales et communautaires. Quel bilan peut-on en faire ?
Bernard MÉRIGOT. Nous écrivions dans cette étude : « Qu’est-ce qu’un programme communal à l’heure des communautés ? Qu’en est-il, par exemple, d’une collectivité de 37 700 habitants (commune de Savigny-sur-Orge) insérée dans une autre collectivité de 102 000 habitants (communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne) ? Quels débats citoyens ? Quels projets ? Quels partenariats ? Quels arbitrages ? Quelles décisions ? Quelles identités emboîtées ? En un mot : quelles gouvernances territoriales croisées ? » (2)
LA CO-CONSTRUCTION CITOYENNE,
C’EST POUR QUAND ?
Marie-Hélène BACQUÉ, professeur à l’Université de Paris-Ouest, fait quant à elle le bilan suivant : « Face aux enjeux démocratiques locaux et nationaux, on ne peut que relever le manque d’ambition de la majorité des programmes qui annoncent placer le citoyen au cœur de leur démarche sans pour autant partager avec lui le choix des possibles. Les défis à relever sont nombreux pour développer réellement le pouvoir d’agir des citoyens, aller vers la co-construction des politiques locales et vers la codécision. En particulier, dans les quartiers populaires, l’élaboration prochaine des contrats de ville placés par la loi sous le signe de la co-construction sera une mise à l’épreuve de la capacité des collectivités locales à évoluer dans leurs manières de faire. Au total, c’est la dimension politique de la participation qui reste à réaffirmer, pour redonner pouvoir et initiative aux citoyens. Cela passe en premier par la reconnaissance de leur compétence à participer à l’exercice du pouvoir et à la discussion des choix publics et par les moyens donnés à l’existence d’espaces citoyens autonomes. » (3)
COMMUNES ET COMMUNAUTÉS
Pour notre part, dans notre appel intitulé «Lutter contre le déficit démocratique des conseils communautaires. Appel pour le 3e tour des élections municipales », lancé le 23 mars 2013, jour du premier tour, nous écrivions : « A l’heure où la démocratie de quartier devient une revendication généralisée, il est temps que la démocratie participative devienne enfin intercommunale. Les pratiques publiques des collectivités locales doivent être à la hauteur des attentes citoyennes. » (4)
ALTERNANCES
Question. Le présent entretien a lieu le samedi 29 mars 2014. Le second tour des élections municipales et communautaires a lieu demain dimanche 30 mars. Leur résultat aura-il un effet sur ces problèmes ?
Bernard MÉRIGOT. Pas sur les problèmes mais sur méthodes qui sont susceptibles d’apporter des solutions. Deux cas de figure se présentent : soit le pouvoir issu d’une alternance apporte une solution, soit il n’en apporte pas. Un exemple, le gouvernement de François HOLLANDE a « hérité » du dossier de l’écotaxe monté par le gouvernement de Nicolas SARKOZY. A ce jour, le système de perception de l’écotaxe, confié à un groupe privé, dans le cadre d’un PPP (Partenariat public/privé), ne fonctionne pas. Pire, il coûte tous les jours des redevances pour des recettes inexistantes. Comme le titre la presse, « c’est le premier impôt qui coûte de l’argent à l’État. ». (5)
Il faut se détacher d’une vision simpliste des effets de toute alternance (une nouvelle majorité va faire le contraire de la précédente majorité) et adopter une attitude pragmatique. Les citoyens n’attendent pas que les élus se laissent entraîner par le courant, mais remontent le courant. La valeur structurante des méthodes de partage d’informations publiques, de dialogue social et de partage de décision qui sont employées sont déterminantes.
CONSENSUS ET DISSENSUS SONT DANS UN BATEAU…
Question ? S’il fallait ne retenir qu’un seul critère de « la bonne action publique », quel serait-il ?
Bernard MÉRIGOT. Il est de savoir si une décision qui a été prise (il faut encore que l’on soit en présence d’une décision, et pas d’une « non-décision » qui consiste à ne rien faire, et à attendre…), ait rencontré soit un consensus (et a renforcé la cohésion sociale entre les habitants), soit a créé du dissensus (et a dissout la cohésion). Les mauvaises décisions ont des effets pernicieux sur les groupes. Elles produisent des effets de rupture des liens sociaux. Ce qui intéresse le citoyen, ce n’est pas que ce soit celui-ci qui a pris une décision contre celui-là. C’est qu’il ait été consulté, qu’il ait pu s’exprimer, que l’on ait pris en compte son point de vue, qu’on lui ai soumis les projets qui le concernent, et qu’ainsi il ai pu adhérer à la décision finale.
Tel est le message que nous adressons, ce samedi 29 mars, à tous les élus et futurs élus locaux, qu’ils soient majoritaires ou minoritaires.
RÉFÉRENCES
3. Lutter contre le déficit démocratique des conseils communautaires. Appel pour le « 3e tour des élections municipales » Posted on 23 mars 2014 by Bernard MÉRIGOT A TOUS LES CONSEILLERS COMMUNAUTAIRES DE FRANCE QUI SERONT ÉLUS LES 23 ET 30 MARS 2014 Cet appel est lancé le dimanche 23 mars 2014, à 10 heures du matin, alors que le premier tour de l’élection municipale se déroule …
4. BACQUÉ MARIE-HÉLÈNE, « Élections municipales et démocratie participante », http://www.huffingtonpost, 17 mars 2014.
5. « Écotaxe. Le premier impôt qui coûte de l’argent à l’État. En janvier 2011, une société italienne, Écomouv, a été choisie pour installer et gérer les portiques destinés à récolter l’écotaxe, impôt sur les poids lourds, qui devait rapporter 1,2 milliards d’euros de recettes par an à l’État à partir du 1er janvier 2014. Les manifestations des « bonnets rouges » ont entraîné son report. L’écotaxe ne rapporte rien, mais coûte 55 millions d’euros par trimestre (18 millions par mois) de règlement à Écomouv par l’État au titre du loyer prévu dans le PPP. Dans le cas ou le projet serait définitivement abandonné, les pouvoirs publics devraient s’acquitter d’un indemnité de 800 millions à régler à Écomouv ».
Le Parisien magazine, 28 mars 2014, p. 55
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°85, lundi 31 mars 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Cet appel est lancé le dimanche 23 mars 2014, à 10 heures du matin, alors que le premier tour de l’élection municipale se déroule.
Pour la première fois, les électeurs sont appelés à voter, par un même bulletin, pour élire à la fois des conseillers municipaux et des conseillers communautaires.
Tous les candidats ont élaboré un programme électoral communal. Peu nombreux sont ceux qui ont élaboré un programme communautaire véritable.
Au lendemain des élections, les conseils municipaux éliront leur maire et leurs adjoints au maire.
Les conseils communautaires éliront leur président et leurs vice-présidents.
Les acteurs et les observateurs des collectivités territoriales relèvent le fort déficit démocratique des communautés.
Des élus constatent : « L’élection des élus intercommunaux représente un léger progrès mais reste illisible pour la population en l’absence d’un projet intercommunal ». Il vont jusqu’à dénoncer le fonctionnement des conseils communautaires « fondés sur le consensus, le compromis, voire la compromission, qui tient le citoyen complètement à l’écart, ce qui explique les dérives financières des budgets communautaires » (1)
Des sociologues s’interrogent : « Le fléchage des conseillers communautaires à l’occasion des municipales permet-il d’intéresser les citoyens à l’intercommunalité ? » Pour eux, l’évolution du scrutin se révèle « tellement compliquée que personne n’a assuré sa médiatisation, ni les associations d’élus locaux, ni les représentants du gouvernement ». Ils concluent : « Il y a eu un jeu de défausse déplorable. L’objectif de ce palliatif au suffrage universel direct est de réduire le déficit démocratique et d’assurer la transparence des intercommunalités. Il est à l’évidence loin d’être atteint ». (2)
A l’heure où la démocratie de quartier devient une revendication généralisée, il est temps que la démocratie participative devienne enfin intercommunale.
Les pratiques publiques des collectivités locales doivent être à la hauteur des attentes citoyennes.
Pour notre part, nous engageons un programme de recherche-action sur les bonnes pratiques de démocratie communautaire.
Faites-nous part de vos attentes, de vos initiatives, de vos expériences, de vos déceptions.
Nous vous tiendrons informés sur ce site.
Le 3e tour des élections municipales doit inaugurer le contrôle citoyen sur les établissements publics de coopération intercommunale.
Bernard MÉRIGOT
contact@mieuxaborderlavenir.fr
RÉFÉRENCES
QUI SOMMES-NOUS ?
MIEUX ABORDER L’AVENIR
Recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale »
COMMENTAIRE du 10 avril 2014
Jean-Louis BERLAND
Intervention lors du Conseil communautaire du Val d’Orge du 9 avril 2014
UNE NOUVELLE GOUVERNANCE
DES CONSEILS COMMUNAUTAIRES
contact@mieuxaborderlavenir.fr
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
L’un des objectifs de notre recherche-action Territoires et démocratie numérique locale est de permettre à tous de repérer et d’identifier tous ces documents, d’en prendre connaissance, d’en faire une lecture critique, de se forger une opinion, c’est-à-dire tout simplement de pratiquer la démocratie expérimentale.
Merci à tous ceux qui participent à notre réseau et qui voudront bien nous signaler les documents qui échapperaient à notre attention (mail : contact@mieuxaborderlavenir.fr).
Bernard MÉRIGOT
RÉFÉRENCES (par ordre chronologique)
10/01/2013
« C’est ensemble que nous améliorerons Savigny ! », Savigny… ensemble, Liste d’intérêt communal conduite par Daniel Fabre, Lettre d’information n°1, décembre/janvier 2013, A4 recto verso, 2 p.
26/04/2013.
« Tout est possible à Savigny-sur-Orge », Essonne Info, vendredi 26 avril 2013. Article de Manuel PERREUX. www.essonneinfo.fr . Consulté le 26 avril 2013.
20/07/2013
« Municipales 2014. A Savigny-sur-Orge, le PS mise sur Pierre Guyard », Le Parisien Essonne-matin, 20 juillet 2013, p. III, Article de Cédric SAINT-DENIS.
29/07/2013
MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. L’action publique territoriale : les véritables enjeux de l’élection municipale de 2014 (Territorial Public Action) », La Lettre du lundi de Mieux Aborder L’Avenir, n°50, 29 juillet 2013, www.savigny-avenir.info. Consulté le 29 juillet 2013.
30/07/2013
ESTIVILL Jean, « La politique des rats », A4 recto verso photocopié signé par Lucienne GEORGES (conseillère municipale Savigny Égalité/Parti de gauche) et Jean ESTIVILL (conseiller municipal Savigny Égalité/ Parti de gauche). Sans date. Ce document a été trouvé par un lecteur du site www.savigny-avenir.info dans sa boîte à lettres le 30 juillet 2013. La page 2 reproduit la page 30 d’un bulletin municipal de 2008 de la mairie de Savigny-sur-Orge.
01/08/2013
JAUGEAS Daniel, « Savigny-sur-Orge. Les bulletins municipaux sont devenus des outils de propagande politique », Les News de Daniel Jaugeas, 1er août 2013, www.danieljaugeas-dlr.fr. Consulté le 1er août 2013.
15/08/2013
VAGNEUX Olivier, « Municipales 2014 : Vivons Savigny Autrement, Lettre ouverte à Laurence Spicher-Bernier, maire de Savigny-sur-Orge », 4 p. Sans date. Consulté le 15 août 2013. www.vivons-savigny-autrement.fr
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
L’intervention de Bernard MÉRIGOT à l’École Normale Supérieure
Bernard MÉRIGOT, responsable de la recherche-action «Territoires et démocratie locale» est intervenu au cours de la journée d’étude organisée à l’École normale supérieure de Cachan le vendredi 21 juin 2013. Cette importante manifestation scientifique, placée sous l’égide du CNRS, était organisée par Julie GARDA et Florent LE BOT. Elle portait sur les engagements du chercheur en sciences humaines et sociales. (1)
Bernard MÉRIGOT. Dans les pratiques ethnologiques et anthropologiques, l’enquête participante constitue aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, un idéal. Le chercheur aspirerait à se trouver « idéalement » dans une sorte de « neutralité bienveillante » à l’égard de son terrain, pour reprendre une formule empruntée à la pratique psychanalytique. Tout « engagement » qui lui ferait quitter cette position, constituerait en quelque sorte une transgression pernicieuse.
LE POUVOIR LOCAL
OBJET DE RECHERCHE
Dans le cas ou l’objet de la recherche porte par exemple sur l’exercice du pouvoir local, l’application de la règle de la neutralité bienveillante conduit le chercheur à exister selon un mode de connivence. Or aucun pouvoir ne pratique une neutralité bienveillante à l’égard d’une enquête de terrain, dès qu’un regard critique est posé. Par exemple lorsqu’on approche le quotidien d’un pouvoir exécutif territorial. Celui-ci peut passer à l’égard de l’enquête de terrain, par différents stades : indifférence, séduction, récupération, censure, irritation, menaces, harcèlement, exclusion… Le pouvoir en place veut exercer autant qu’il peut un pouvoir particulier : celui d’autoriser ou d’interdire le regard que l’on porte sur lui.
LES POUVOIRS EN PLACE
CONTRE LA RECHERCHE
Comment se fait-il que l’idée selon laquelle l’engagement est nuisible demeure de façon sommes toutes dominante ? Il est toujours difficile de faire accepter, qu’en fait, c’est le non engagement qui impose des limites, qu’il est porteur d’un certain nombre d’effets dont celui de placer le chercheur dans une situation de dépendance. Il n’y a pas un « conflit d’intérêt » entre les trois termes : le terrain, le travail de la recherche qui s’accomplit, et l’image que le terrain et ses acteurs veulent donner. Il s’agirait plutôt d’un « conflit de méthode » qui tiendrait en une question : pourquoi ne reconnaît-on pas davantage le poids des pouvoirs en place sur la recherche ? Des pouvoirs en place, qui eux, ne pratiquent généralement pas la neutralité bienveillante.
LES TROIS LIMITES OPPOSÉES
AUX RECHERCHES SUR LES POUVOIR LOCAUX
Illégalité. Injustice. Secret
La recherche de terrain est confrontée, de façon ouverte ou bien de façon détournée, à au moins trois limites. La limite de la légalité, c’est-à-dire, la découverte de l’illégalisme comme forme de gouvernance, qui qualifie les « arrangements » avec la loi comme pratique. La limite de la justice, qui laisse la plupart du temps sans sanction l’illégalisme. La limite de l’information, qui rend souvent inaccessibles nombre de documents publics. C’est ce à quoi me font penser les communications de Nicolas JOUNIN, de Delphine CORTEEL. (2)
OPEN DATA CITOYENS
Il y a un double engagement du chercheur. D’une part, il est engagé en tant qu’opérateur de terrain. D’autre part, il est engagé en tant qu’opérateur citoyen. Ces deux engagements constituent, selon la nature de son terrain, et aux spécificités de sa recherche, à une confrontation avec une communauté, un groupe social, une collectivité, une institution…. Celle-ci comporte des contenus privés et des contenus publics.
Les contenus privés sont soit fermés, soit relativement ouverts, soit encore faussement ouverts, ce qui est compréhensible.
Quant-aux contenus publics, conformément aux lois démocratiques, ils devraient être en libre accès. Ce qui est loin d’être le cas. Nous sommes encore loin d’un esprit d’ouverture général aboutissant à des open data citoyens.
La question que je pose est la suivante. Est-ce qu’un engagement affirmé, en tant que « droit de regard citoyen » de la recherche et du chercheur – au sens le plus fort du terme (social, politique, militant) – n’est pas le seul moyen qui permette de dépasser les trois limites de l’illégalisme, de l’injustice, et du secret, étape d’accomplissement de l’ « objectivation participante » ?
Bernard MÉRIGOT
Recherche action « Territoire et démocratie locale »
Mail : contact@mieuxaborderlavenir.fr
RÉFÉRENCES
LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR,
n°49, lundi 22 juillet 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF 2013
Bernard MÉRIGOT, responsable du programme Territoires et démocratie numérique locale, a rencontré le vendredi 28 juin 2013 André LOECHEL, président de la Fondation Territoires de demain (Territories of Tomorrow Fondation) ainsi que Laura Garcia VITORIA, directrice scientifique. Ils ont notamment abordé les critères des territoires de demain. Ceux-ci traitent de quatre domaines : 1. le territoire, 2. la société civile et la place du citoyen dans les processus d’innovation, 3. les entreprises et leur mise en réseau, 4. l’enseignement, la recherche et les universités. On lira ci-dessous les seize critères du territoire de demain.
LES CRITÈRES DU « TERRITOIRE DE DEMAIN »
(Territories of Tomorrow)
1. LE TERRITOIRE
1.1. La cartographie des compétences du territoire
1.2. Les flux et échanges territoriaux de savoirs et de connaissances
1.3. L’économie locale des liens : le territoire et ses partenaires locaux, régionaux et nationaux
1.4. La coopération décentralisée et ses objectifs thématiques à l’échelle internationale
2. LA SOCIÉTÉ CIVILE : LA PLACE DU CITOYEN DANS LE PROCESSUS D’INNOVATION
2.1. La carte des infrastructures, des lieux d’innovation dédiés aux citoyens et des nouveaux lieux d’accès aux réseaux
2.2. Les lieux dédiés à l’accompagnement des projets de la société civile
2.3. Les lieux consacrés aux réflexions partagées entre chercheurs et entreprises sur le futur de leur territoire
2.4. Les laboratoires vivants existants ou en voie de création
3. LES ENTREPRISES ET LEUR MISE EN RÉSEAU
3.1. Les techno-parcs et parcs scientifiques
3.2. Les grappes d’entreprise et leurs structures d’accompagnement (plate-formes, outils de géolocalisation)
3.3. Les stratégies de création d’entreprises et le développement de nouveaux emplois, les incubateurs, les pépinières et leur mise en réseau
3.4. Les clusters et la « clusterisation » des territoires
4. L’ENSEIGNEMENT, LA RECHERCHE ET LES UNIVERSITÉS
4.1. La carte des lieux d’éducation, de formation et de recherche, les établissements d’enseignement, les universités privées et publiques
4.2. La recherche et les études sur le territoire et son futur, sur l’innovation incrémentale, l’innovation ouverte et l’économie de la connaissance
4.3. Les relations entre les universités, les centres de formation et le tissu entrepreneurial
4.4. Les relations entre les acteurs territoriaux, les mairies et les organisations régionales et nationales
RÉFÉRENCES
FONDATION TERRITOIRES DE DEMAIN (Territories of Tomorrow Foundation), « Les critères du label « Territoire de demain » (Territories of Tomorrow) », www.territories-of-tomorrow.org.
La lettre du lundi de Mieux aborder L’Avenir,
n°46, lundi 1er juillet 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
L’historien François Weil rappelle que la démocratie n’est pas un système d’institutions, mais une forme de société caractérisée par « le refus de l’incorporation, les divisions, l’hétérogénéité et l’indétermination ». Reprenant la formule de Claude LEFORT, il note que la démocratie « est un lieu vide, fondamentalement précaire et révocable, instable et transitoire, inachevé, par vocation et par nature, ouvert aux interrogations, aux contestations et à la pluralité ».
EN POLITIQUE,
IL EXISTE UN SEUIL D’ALERTE CRITIQUE DE LA RECHERCHE
Comment mesurons-nous – en tant que chercheurs et en tant que citoyens – les conséquences de ces propositions ? Par la reconnaissance de l’existence d’une consonance entre la conception de la société démocratique et la manière dont nous jugeons indispensables la fonction d’alerte critique de la recherche en sciences humaines et sociales. A l’évidence, les évolutions et les tensions que connaissent aujourd’hui les sociétés démocratiques invitent tous les acteurs de la vie sociale et politique à pénétrer dans l’atelier du philosophe et à penser, et repenser constamment, le chantier démocratique ainsi que sa pratique nécessairement renouvelée.
UN RÉGIME À HAUT RISQUE
Qui dit incertitude, dit risque. Un risque à la fois fécond et menaçant, parce que la démocratie est un régime à haut risque. « La démocratie ne peut vivre que des contestations et des critiques qu’elle suscite ».
LA SOUFFRANCE DE LA DÉMOCRATIE
Lorsque contestations et critiques peuvent s’exprimer, nous sommes en démocratie. Lorsqu’il ne peut y avoir ni contestation ni critique, nous ne sommes plus en démocratie. Leur répression retire à la démocratie son fondement, celui qui lui permet d’exister.
Le problème surgit, à l’échelle de n’importe quel territoire, lorsque les pouvoirs en place empêchent l’expression des contestations et des critiques, lorsqu’ils les censurent, lorsqu’ils les répriment : la démocratie est malade, elle souffre.
La porte pour toutes les méfiances, de toutes les défiances, de tous les extrémismes, est tous les intégrismes, est ouverte.
RÉFÉRENCES
WEIL François, Allocution, Fragilité et fécondité des démocraties, la dissolution des repères de la culture, conférence de Claude Lefort, XXXIe conférence Marc Bloch, Grand amphithéâtre de la Sorbonne, 9 juin 2009.
François Weil est historien, directeur d’études à l’EHESS, président de l’EHESS, recteur de l’Académie de Paris.
LEFORT Claude, Fragilité et fécondité des démocraties, la dissolution des repères de la culture, conférence de Claude Lefort, XXXIe conférence Marc Bloch, Grand amphithéâtre de la Sorbonne, 9 juin 2009. www.cmb.ehess.fr
La Lettre du lundi de Mieux Aborder L’Avenir, lundi 10 juin 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
DÉCODAGE
CONTEXTE. Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge depuis 2009, ne manque pas une occasion :
– 1. pour s’auto-féliciter de la qualité de sa gestion et de la pertinence de la politique budgétaire et financière qu’elle pratique,
– 2. pour accuser de façon permanente les membres de la minorité du conseil municipal : « Si vous étiez au pouvoir à ma place, la politique que vous mèneriez, conduirait la commune à sa perte».
On doit s’interroger sur une telle fiction polémique. Qu’est-ce qui permet à une majorité d’auto-juger ses propres actions ? Quelle est la portée de telles appréciations ? Qu’est-ce qui lui permet de dévaloriser les effets d’idées minoritaires ? Que signifie une phrase comme « si vous étiez à ma place, la politique que vous mèneriez conduirait la commune à sa perte » ? Nous sommes en présence d’un double abus du pouvoir argumentaire.
ENJEUX. Le « pouvoir municipal en place » d’une ville de 37 000 habitants dispose de moyens importants (administration communale, cabinet, conseillers, avocats, cabinets d’audits extérieurs, service de communication, moyens financiers pour éditer des bulletins municipaux et les distribuer dans toutes les boîtes à lettres, des « journaux du maire » en veux-tu en-voila, des sites Internet…)… tout cela, pour vanter constamment ses mérites et critiquer ses opposants, présents et futurs. « Moi. Moi, je sais. Mois seule, je sais ».
La vérité sur le bien public et sur l’intérêt général (c’est-à-dire sur le contrôle des politiques communales, communautaires, départementales, régionales…) appartient-elle exclusivement au discours du pouvoir et aux majorités ? Ou bien s’établit-elle dans une construction critique, contradictoire et participative, prenant en compte les minorités ? Qui peut soutenir que tous les opposants ont toujours tort ? Que leurs idées sont en permanence, par essence, fausses ? Et donc que le mensonge les inspire.
Porter un regard critique sur la chose publique : c’est à cet exercice citoyen qui relève de la démocratie expérimentale, telle que l’a définie John DEWEY, auquel se sont livrés six conseillers minoritaires (PS et EELV) du conseil municipal de Savigny-sur-Orge. On lira ci-dessous l’audit qu’ils ont effectué sur le budget 2013 de la commune et sur la gestion de Laurence SPICHER-BERNIER (UMP, Parti radical, UDI, CNI…).
Audit du budget de la commune de Savigny-sur-Orge (2008-2013)
Audit du budget de la commune de Savigny-sur-Orge (2008-2013)
RÉFÉRENCES
SEMDANI Chadia, LEOST Jean-Claude, NEDJAR Gisèle, LACOSTE Michel, TERRES Béatrice, DEFRÉMONT Jean-Marc,« Fiscalité, budget, intercommunalité : la majorité municipale accumule mensonges et manipulations pour masquer sa déroute financière», Tract A4 recto verso, sans date (4 juin 2013), 2 p.
La Lettre du Lundi de Mieux Aborder l’Avenir, lundi 3 juin 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
Bernard MÉRIGOT, président de Mieux Aborder L’Avenir (MALA), responsable de la recherche-action « Territoires et démocratie », a signé l’appel pour l’accès ouvert aux publications scientifiques, universitaires et de recherche, rejoignant ainsi la communauté de responsables d’universités, d’enseignants-chercheurs, d’éditeurs et de responsables de bibliothèques déjà signataires. On se reportera à l’article publié par le journal Le Monde (1).
QUI A PEUR DE L’OPEN ACCESS ?
En juillet 2012, la Commission européenne a émis une recommandation relative à la publication en accès ouvert (c’est-à-dire gratuit pour le lecteur) des résultats de la recherche scientifique financée sur fonds publics (Lire Le Monde du 28 février 2013). La Commission considère en effet qu’une telle démarche est nécessaire pour renforcer la visibilité de la recherche européenne à l’horizon 2020, en levant progressivement les obstacles qui se dressent entre le lecteur et l’article scientifique, après un éventuel embargo de six à douze mois.
POUR UNE BIBLIODIVERSITÉ
DES IDÉES ET DE LA RECHERCHE
Cet avantage, l’Amérique latine, par exemple, l’a déjà saisi depuis une décennie en lançant de puissantes plateformes de revues en accès ouvert. Scielo et Redalyc, qui comptent à elles deux près de 2 000 revues ont considérablement gagné en visibilité grâce à l’accès ouvert. Le portail brésilien Scielo est désormais plus consulté que l’américain Jstor. Ces exemples montrent que l’accès ouvert change le rapport de forces dans un monde dominé par des groupes détenant des portefeuilles de milliers de revues majoritairement de langue anglaise. Il ouvre la porte à ce qu’on peut appeler une véritable bibliodiversité des idées et de la recherche en favorisant l’émergence d’une pluralité de point de vue, de modalités d’édition, de paradigmes scientifiques, de langues.
L’OPEN ACCESS, UNE MENACE POUR QUI ?
Certains acteurs français de l’édition de revues en sciences humaines et sociales (SHS) se sont émus de ce qu’ils ont perçu comme une menace pour un modèle économique fragile. En fait, il serait souhaitable d’analyser précisément l’activité de ce secteur en identifiant les sources et modes de financements directs et indirects, publics et privés, de cartographier les rôles des différents acteurs en cernant la plus-value apportée par chacun afin de déboucher sur une véritable analyse des coûts.
10 MILLIONS DE VISITEURS CHAQUE MOIS
Craindre l’accès ouvert nous paraît relever d’une vision étroite et, pour tout dire, erronée de l’avenir. Isoler, aujourd’hui, les SHS dans un espace spécifique ferait de ce dernier un conservatoire voué à la disparition. Selon nous, les SHS peuvent au contraire se placer à l’avant-garde de ce mouvement d’ouverture, en raison même de la demande sociale grandissante dont elles sont l’objet (nous estimons le cumul des visites sur Cairn, OpenEdition, Erudit et Persée à environ 10 millions de visites mensuelles !). Les inquiétudes exprimées par nos amis et nos collègues sont à cet égard largement infondées. Non seulement la part des ventes hors des institutions d’enseignement supérieur et de recherche est faible dans l’économie des revues SHS qui reste très largement subventionnée directement ou indirectement par des fonds publics, mais il existe aujourd’hui des modèles économiques nouveaux qui renforcent la position des éditeurs sans pour autant faire payer les auteurs, comme le démontre le succès du programme Freemium promu par OpenEdition, une initiative française.
DÉMOCRATISER L’ACCÈS AU SAVOIR
Des solutions permettant de financer une édition électronique ouverte de qualité sont en train d’être inventées et de prouver leur efficacité, de Scielo à Public Library of Science (PLOS), de Redalyc à OpenEdition. Il serait désastreux que les SHS se placent en retrait de ce puissant mouvement d’innovation qui reconfigurera sans doute durablement le paysage scientifique; elles doivent au contraire faire partie des disciplines en tête de ce mouvement, comme dans les mondes hispanophone et lusophone. La résistance de certains de nos collègues à cette évolution paraît être un calcul à trop court terme face aux gains scientifiques, pédagogiques potentiels et, in fine, à la démocratisation de l’accès au savoir.
RÉALISER L’ACCÈS OUVERT GÉNÉRALISÉ
La question, selon nous, n’est pas seulement d’ordre économique et commercial. Même si le problème posé par l’existence d’un oligopole Elsevier/Springer/Wiley pèse fortement sur les budgets des universités et si le mode de financement de l’édition universitaire mérite d’être repensé, c’est avant tout, avec l’accès ouvert généralisé, de politique scientifique qu’il s’agit. La connaissance ne saurait être traitée comme un bien classique et la circulation des savoirs est aujourd’hui plus que jamais un enjeu de société : il nous est possible de mettre en œuvre une révolution dans la démocratisation de l’accès aux résultats de la recherche.
UN SAVOIR ENFERMÉ
EST UN SAVOIR STÉRILE
Un savoir enfermé derrière des barrières et accessible aux seuls happy few des universités les plus riches est un savoir stérile, et pour tout dire confisqué alors qu’il est produit grâce à des financements publics. Dans ce débat, les établissements d’enseignement et de recherche ont un rôle clé à jouer. La diffusion des connaissances et des résultats de la recherche et leur communication auprès du plus grand nombre font partie de leurs missions. Une politique scientifique bien pensée requiert dans ces conditions la construction d’infrastructures numériques publiques, mais aussi des politiques éditoriales innovantes, favorisant les croisements disciplinaires, les nouvelles formes d’écriture, le multilinguisme et la diffusion la plus large.
POUR LA DISSÉMINATION DES IDÉES
Qui a peur de l’accès ouvert ? L’accès privatif bride la dissémination des idées et est inadapté aux nouveaux paradigmes offerts par le numérique. Il est temps de voir dans le Web une formidable occasion dans le domaine de l’innovation, de la diffusion des savoirs et de l’émergence de nouvelles idées.
Nous n’avons pas peur de l’accès ouvert. Sortir les savoirs des silos et des frontières des centres de recherche et des campus, c’est les ouvrir à tous, c’est reconnaître à la connaissance un rôle moteur dans nos sociétés, c’est ouvrir des perspectives d’enrichissement collectif.
LA SOCIÉTÉ
DE LA CONNAISSANCE PARTAGÉE
N’ayez pas peur de l’accès ouvert ! Il est désormais possible de fonder un nouveau contrat scientifique, éditorial et commercial entre chercheurs, éditeurs, bibliothèques et lecteurs pour entrer véritablement dans une société de la connaissance partagée, dans une démocratie du savoir.
Vous pouvez vous associer à ce texte en signant sur le site I Love open space access.
Une communauté de responsables d’universités, d’enseignants-chercheurs, d’éditeurs et de responsables de bibliothèques
LES PREMIERS SIGNATAIRES
La Lettre du lundi de Mieux Aborder L’Avenir, lundi 8 avril 2013
RÉFÉRENCES
1. « Qui a peur de l’Open access ? », Le Monde, 15 mars 2013.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
Nous poursuivons notre réflexion sur un dispositif essentiel de la démocratie expérimentale développée par John DEWEY et qui répond à ce que l’on nommerait aujourd’hui une « exigence citoyenne ».
Dans « Logique, la théorie de l’enquête » (1938), John DEWEY n’utilise pas le terme de « logique » au sens moderne, mais comme l’indique expressément le sous-titre, dans le sens de « théorie de l’enquête », de « recherche » au sens large, c’est-à-dire celui de la recherche scientifique. (1)
L’EXPÉRIENCE ET L’ENQUÊTE
L’expérience, selon John DEWEY, est une liberté, une jouissance : elle est continue. Lorsque survient l’interdit, l’acte autoritaire, la censure, le refus, le trouble, le désordre, le doute… une discontinuité se crée. Ce qui nécessite une reconstruction par l’expérience pour rétablir une nouvelle continuité, c’est « l’enquête » qui répond à la transformation contrôlée (ou dirigée) pour convertir les éléments disséminés, qu’ils soient connus ou inconnus, en un nouveau tout unifié. (p.169).
Gérard DELEDALLE remarque que la théorie de l’enquête, comme logique de la reconstruction de l’expérience, apparaît chez John DEWEY dans les Studies in Logic (1903), dans How We Think et dans The Quest for Certainty (1929). Elle est le versant instrumentaliste de l’expérience dont Nature and Experience et Art as Experience constituent le versant naturaliste. (2)
MATRICE ET STRUCTURE
La première partie décrit la matrice existentielle de l’enquête, à la fois biologique et culturelle, matrice de toute enquête, que ce soit celle du sens commun ou de la science : elle se définit comme l’art de résoudre des problèmes.
La deuxième partie traite de la structure de l’enquête et de la construction des jugements.
LES CINQ PHASES DE L’ENQUÊTE
L’enquête comprend cinq phases :
C’est comme le jugement-type qui est rendu, après enquête, par un tribunal. La proposition est à la lettre, une proposition : elle propose une solution, mais ne l’administre pas. Ce qui est « vrai », est la fin de l’enquête, la fin au sens de « fin-visée » qui ne relève pas à proprement parler de la proposition, mais du jugement. Il ne s’arrête pas à l’énoncé, mais dans l’acte qui le suit : la condamnation d’un coupable jugé ne s’achève pas avec l’énoncé de la peine, mais avec l’exécution de la peine.
C’est pourquoi John DEWEY dit que la fin de l’enquête relève de l’ « assertibilité garantie », concept utilisé par la philosophie pragmatique qui signifie qu’une solution a été trouvée à une situation problématique dans le cadre de la « théorie de l’enquête ». Elle est synonyme de satisfaction, d’utilité. C’est « ce qui paie », « ce qui marche ».
L’UNIVERSEL ET LE GÉNÉRIQUE
John DEWEY distingue deux types de propositions générales : les propositions universelles et les propositions génériques.
Dans la troisième et la quatrième partie, John DEWEY examine, à la lumière de la théorie de l’enquête, des questions qui relèvent de la logique formelle : les propositions et les termes (Troisième partie) et de la logique des sciences : la logique de la méthode scientifique (Quatrième partie). Le dernier chapitre de la quatrième partie est consacré à « la logique de l’enquête et les philosophies de la connaissance ».
John DEWEY formule la conclusion suivante : « Le fait de ne pas instituer une logique fondée inclusivement et exclusivement sur des opérations d’enquête présente des conséquences culturelles énormes. Il encourage l’obscurantisme, facilite l’acceptation de croyances constituées avant que des méthodes d’enquête n’aient abouties et tend à reléguer les méthodes scientifiques (c’est-à-dire critiques et compétentes) de l’enquête dans un domaine technique spécialisé ». (p. 640).
RÉFÉRENCES
1. DEWEY John, Logique. La théorie de l’enquête, Paris, PUF, 2006. Présentation de Gérard DELEDALLE.
2. DELEDALLE Gérard « Un modèle de la complexité. De la logique de l’enquête à la théorie et à la pratique de l’éducation démocratique », Forum du conseil scientifique du programme européen MCX/APC, http://www.archive.mcxapc.org.
Voir aussi :
DELEDALLE Gérard, L’Idée d’expérience dans la philosophie de John Dewey, PUF, Paris, 1967.
La Lettre du lundi de Mieux aborder l’avenir, lundi 4 mars 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013