DÉCODAGE
CONTEXTE. Les nouvelles majorités communales et communautaires issues des élections des 23 et 30 mars 2014 viennent d’être élues. Passée l’euphorie de la victoire électorale, les maires, les municipalités (les adjoints au maire), les présidents d’agglomération et leurs vice-présidents, sont désormais confrontés aux aléas des décisions politiques qu’ils prennent, que ce soit au sein des assemblées délibérantes (conseils municipaux, conseils communautaires), ou bien auprès des électeurs.
ENJEUX. Qu’est-ce qui institue (au sens latin d’ «institutio») les minorités face aux différents pouvoirs majoritaires en place ? Qu’est-ce qui détermine leur action ? Qu’est-ce qui fait qu’une décision d’une majorité est acceptée ou refusée par les minorités ? L’opposition politique (droite/gauche) est-elle la seule qui produise un effet clivant ?
LA FIN DE l’ÉTAT DE GRÂCE MUNICIPAL
Tout s’est passé très vite. 23 mars 2014. 1er tour de l’élection municipale. 30 mars 2014. 2e tour de l’élection municipale. 6 avril 2014. Élection d’Éric MEHLHORN, maire et de sept adjoints au maire. Pas de problème. 16 avril 2014. Fixation du montant des indemnités du maire et des adjoints. Problème. Les trois minorités siégeant au conseil municipal attaquent Éric MEHLHORN, qui décide d’augmenter les indemnités des adjoints au maire de 1 200 € à 2 100 €.
Le journal Le Parisien titre « Savigny-sur-Orge. Tollé après la hausse de 75 % des indemnités d’adjoints ». L’état de grâce aura duré dix jours. (1)

Augmentation des indemnités des élus : + 75 %
Savigny-sur-Orge. Conseil municipal du 16 avril 2014.
Qu’est- ce qui fait consensus? Qu’est-ce qui fait dissensus?
ANALYSE DU TOLLÉ
« CONSENSUS » ET « DISSENSUS »
MONTENT DANS UN BATEAU…
Nous proposons à tous ceux qui aspirent à vivre de façon consciente et responsable l’action politique, de méditer. C’est-à-dire de se retirer dans le silence, d’écouter ce que l’on a au plus profond de sa vie, de ses expériences, de ses aspirations. Deux mots sont au fondement de la « chose publique », deux mots clefs au coeur de toute démocratie authentique, participative et collaborative. Il s’agit des mots « consensus » et « dissensus ».
Que cette méditation – que nous qualifierons de pascale, en ce jour du 18 avril 2014, vendredi saint – soit profitable aux élus des pouvoirs en place et à leurs oppositions. Pour les citoyens. Tous les citoyens. Joyeuses Pâques !
DOCUMENT
Savigny-sur-Orge : tollé après la hausse de 75 % des indemnités d’adjoints
RÉFÉRENCES
1. « Savigny-sur-Orge. Tollé après la hausse de 75 % des indemnités d’adjoints », Le Parisien Essonne matin, 18 avril 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Registre des délibérations du conseil municipal, Séance du 16 avril 2014. (Document non établi à ce jour)
3. COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DU PLATEAU DE SACLAY (CAPS), Conseil communautaire, Séance du 17 avril 2014.
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Peut-on faire une analyse comparée des programmes électoraux de plusieurs candidats ? Pour y répondre, une question préalable se pose. S’agit-il de données objectives, qui sont « ouvertes » à un jugement critique ? Ou bien de données subjectives, « fermées », qui font l’objet d’un jugement à priori, prédéterminé par l’engagement politique?
Une élection est une partie à trois : les candidats, les partis politiques, les électeurs. Elle se joue à deux niveaux. Celui du candidat qui possède une double identité : une identité personnelle et une identité d’appartenance, ou de non appartenance, à un parti. Et celui de l’électeur, qui lui aussi, possède une identité personnelle et une identité d’appartenance, ou de non appartenance, à un parti. Outre ses convictions politiques personnelles, un électeur juge les candidats, et le candidat pour lequel il votera en fonction des forces et des faiblesses qu’il décèle, notamment dans les programmes électoraux qui lui sont présentés.
Livrons-nous à tel exercice de style dans l’esprit de la méthode SWOT/MOFF(déjà utilisée dans la présente recherche-action). Sans être exhaustif (les candidats travaillent depuis plusieurs mois, et l’électeur dispose de moins de deux semaines !), essayons de détacher rapidemment 10 points forts, 10 points faibles/dissemblances, et 10 fortes ressemblances susceptibles de justifier un vote pour Pierre GUYARD (PS-EELV-PCF-PRG) ou pour Eric MEHLHORN (UMP-MODEM-DLR).
Le présent article porte sur les programmes imprimés qui ont été distribués par les candidats et dont nous avons connaissance à ce jour. Il sera complété en fonction des programmes qui nous parviendront.
10 POINTS FORTS
- Des instances de concertation avec les citoyens, multiples et nécessaires ; une charte des élus.
- Un audit des finances municipales pour garantir une gestion saine ; un investissement financier raisonné favorisé, en mobilisant tous les partenaires publics ; une pratique intercommunale épanouie pour une mutualisation efficace des services aux citoyens.
- Une véritable concertation, dès avril 2014, avec tous les acteurs, pour mettre en place la réforme des rythmes scolaires (applicable de façon obligatoire à la rentrée 2014).
- Un accompagnement des jeunes dans leur recherche d’emploi et de logement, dans la valorisation de leurs projets.
- Un nouveau centre culturel avec une programmation diversifiée.
- La création d’une structure médicale pluridisciplinaire et d’un observatoire de la santé.
- Une rénovation urbaine de qualité conditionnant l’attractivité de la ville ; une réhabilitation de Grand-Vaux sans oublier les autres quartiers.
- Des schémas de déplacement favorisant tous les modes.
- Un meilleur respect de l’environnement ; une politique du développement durable s’appuyant sur ses 3 piliers (économique, social et environnemental).
- Une action municipale volontaire pour re-dynamiser l’activité économique.
- Des instances de concertation avec les citoyens, multiples et nécessaires ; une charte des élus
- Un audit des finances municipales pour garantir une gestion saine ; un investissement financier raisonné favorisé, en mobilisant tous les partenaires publics ; une pratique intercommunale épanouie pour une mutualisation efficace des services aux citoyens.
- Une politique sécuritaire développée, avec notamment l’îlotage, une brigade canine, le dispositif « voisins vigilants ».
- La création d’un schéma de développement économique durable, avec marketing territorial et pépinière d’entreprises.
- La construction d’un bâtiment polyvalent pour les associations.
- La création de nouvelles structures d’accueil pour les jeunes enfants ; une opposition à la réforme des rythmes scolaires, mais avec une mise en place d’une concertation, avec tous les acteurs, puisqu’elle doit s’appliquer dès septembre 2014.
- Des réponses aux besoins de la jeunesse, avec une bourse au permis de conduire et une résidence étudiante près du lycée Corot.
- Le prise en considération affirmée du handicap dans les constructions et le développement urbain.
- Un urbanisme maîtrisé et durable, respectueux des espaces naturels, doublé d’une nouvelle politique de la ville pour Grand-Vaux et les Prés-Saint-Martin.
- La création d’une « brigade verte » afin de faire de Savigny-sur-Orge une ville accueillante et agréable.
10 POINTS FAIBLES OU DISSEMBLANCES
1. Un programme GUYARD, impressionnant (24 pages), très détaillé. Il nécessite un échéancier prévisionnel et un cadrage financier.
2. Un programme MEHLHORN, intéressant, plus généraliste. Il nécessite des précisions chiffrées et quelques détails.
3. Des passages suscitent quelques questions de part et d’autre. Exemples ? Chez Pierre GUYARD : « Développer l’agriculture dans les espaces verts de la ville ». Il aurait mieux valu parler de jardins familiaux, d’unités éducatives de maraîchage, de viticulture ou de vergers. « Organiser plus de marchés thématiques… dans les domaines… bâtimentaires« . Cela mérite une explication pour le commun des mortels ! Chez Éric MEHLHORN : « L’instauration de zones de stationnement de courte durée ». Il aurait mieux valu parler de l’élaboration d’un plan de stationnement municipal tant ce problème est une calamité dans Savigny-sur-Orge. « Créer des aires de « dépose minute » devant les groupes scolaires ». Comment faire devant les écoles Ferdinand-Buisson et Paul-Bert ? Et devant l’école Kennedy, ouvrir la barrière dans l’impasse Kennedy ?
4. Pas de programme spécifique à la communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne (CALPE) : on utilise le partenariat, mais on ne soumet pas de projets portés par Savigny-sur-Orge à la CALPE en dehors de la piscine.
5. Avec quelles communes limitrophes Savigny-sur-Orge a-t-elle envie de « faire territoire partagé » ? Il faut prendre le poids des attentismes, des craintes et des instrumentalisations passées et présentes. Un grand débat citoyen, participatif, doit-être engagé dès le 3etrimestre 2014.
6. Quels sont les projets communautaires que Savigny-sur-Orge souhaite réaliser sur son territoire ? Quels projets communautaires est-t-elle prête à soutenir dans les communes voisines ? N’oublions pas qu’il s’agit de relations réciproques, conduites selon une logique contributive.
7. De quelles innovations un territoire peut-il être porteur ?
8. Quels est la limite de la couverture territoriale des services publics communaux et des services publics communautaires ? Quelles sont les mutualisations possibles ? Quelles sont celles qui ne le sont pas ?
9. Où se situe l’optimum, pour un territoire donné (qu’il s’agisse d’une commune, ou d’une communauté, qu’elle soit présente ou à venir), entre ses ressources et ses besoins, autrement dit, entre ses recettes et ses dépenses, ou encore entre les contributions et les redistributions ? Le volontarisme, ainsi que les partenariats, ont des limites. N’oublions pas que le monde moderne impose une compétition entre les territoires. De plus en plus d’habitants et de partenaires économiques revendiquent un minimum d’imposition et un maximum de services. Ils n’hésitent pas à quitter une habitation ou une implantation artisanale, commerciale, industrielle… pour une autre, au gré du rapport coût/avantage local qu’ils leur est offert. Les collectivités locales disposent-elles de moyens pour s’opposer à ces migrations d’opportunité ?
10. Enfin, et on doit commencer par là, tous les actes administratifs des collectivités publiques locales doivent-être mis en ligne. Il faut rendre publics tous les documents publics, qu’ils soient communaux ou communautaires. C’est l’enjeu d’un grand Open data citoyen volontaire. Aucun programme ne le mentionne.
10 FORTES RESSEMBLANCES
Cette lecture critique est à poursuivre, notamment à la lumière des «chartes» et des programmes nationaux des différents partis politiques. (3)
RÉFÉRENCES
1. GUYARD Pierre, Mon projet pour Savigny-sur-Orge. Savigny, notre ville. Élections municipales 23 et 30 mars 2014 , format 18 x 22,5 cm, 24 p. Mis en ligne le 10 mars 2014 sur le site http://www.guyard2014.fr. http://guyard2014.fr/?p=449
2. MEHLHORN Éric, Le bon sens pour Savigny. Élections municipales des 23 et 30 mars 2014 , A4, 12 p. Distribué dans les boîtes à lettres des habitants de Savigny-sur-Orge lors de la semaine du 8 mars 2014.
3. UMP, « Charte Élections municipales 2014. Améliorer la vie quotidienne des Français », janvier 2014, 4 p. http://www.u-m-p.org/sites/default/files/fichiers_joints/articles/2014-01-23_-_ump_-_etats_generaux-_charte_elections_municipales.pdf
PARTI SOCIALISTE et FÉDÉRATION NATIONALE DES ÉLUS SOCIALISTES ET RÉPUBLICAINS, « La ville qu’on aime pour vivre ensemble. Charte pour les municipales 2014, du PS », 6 p.
Articles en ligne sur le présent site (http://www.savigny-avenir.info)
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Bernard MÉRIGOT
LA PISCINE COMMUNALE DE SAVIGNY-SUR-ORGE
Laurence SPICHER-BERNIER. « La piscine est un équipement social. Ça coûte nettement moins cher qu’un stade ou qu’un foyer-logement ».
LE RECRUTEMENT DES FUTURS EMPLOYÉS DE LA PISCINE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je vais exiger que la priorité des emplois revienne aux Saviniens. »
LE MONDE POLITIQUE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Le monde politique est particulièrement difficile de manière générale. »
LES PLAINTES DE LAURENCE SPICHER-BERNIER
CONTRE LES CONSEILLERS MUNICIPAUX
Le Parisien Essonne-matin : « Vous avez récemment décidé de retirer les nombreuses plaintes que vous avez engagées ces dernières années à l’encontre de vos opposants. Pourquoi ? ». Laurence SPICHER-BERNIER : « Ce serait très mal venu de gaspiller son énergie à vouloir régler des comptes aujourd’hui complètement dépassés ».
JE T’AIME MOI NON PLUS
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI) et Éric MEHLORN (UMP)
Laurence SPICHER-BERNIER. « Sur le rassemblement, je suis toujours sur l’idée d’une union avec Monsieur MEHLHORN ».
LES JOUEURS DE BASE-BALL
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je n’ai pas changé mon fusil d’épaule. »
LE CINÉMA EXCELSIOR
Laurence SPICHER-BERNIER. « Nous sommes toujours dans l’optique de récupérer ce cinéma. »
LA NOTORIÉTÉ ET LA COMMUNICATION POLITIQUE
EN QUESTION
Laurence SPICHER-BERNIER. Ma candidature aux élections législatives de 2012 : « C’était surtout pour moi une campagne de notoriété, et aussi apprendre comment communiquer. »
UNE DERNIÈRE CITATION POUR LA ROUTE
Le philosophe John DEWEY a écrit : « Tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique ».
« Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (5)
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Municipales. La mise au point de la maire de Savigny-sur-Orge. Controversée, Laurence Spicher-Bernier (UDI) doit faire face à de multiples divisions dans sa ville. Pour la première fois, elle s’explique sur tous les dossiers qui fâchent », Le Parisien Essonne matin, 11 février 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. « Précision. Une erreur s’est malencontreusement glissée dans l’article paru dans nos colonnes vendredi intitulé : « A Savigny, maire et opposants retournent au tribunal ». Laurence Spicher-Bernier, maire (UDI) de la ville, n’a pas été condamnée, le 6 septembre 2011, à 18 mois de prison avec sursis pour escroquerie en fausse qualité de juriste et exercice illégal de la profession d’avocat mais à 8 mois avec sursis.», Le Parisien Essonne matin, 14 janvier 2014.
3. RESPUBLICA ET HARRIS INTERACTIVE, Baromètre de la concertation et de la décision publique 2013, janvier 2013, 2e édition, 4 p. Enquête réalisée du 25 juillet au 1er août et du 8 au 15 août 2012. Présentation par Gilles-Laurent Rayssac et Marie-Catherine Bernard, avec les interventions de Jean-Daniel Lévy, Directeur du département politique et opinion à Harris Interactive, Robert Herrmann, Premier adjoint au Maire de Strasbourg en charge de la démocratie locale et Philippe Bilger, Président de l’Institut de la Parole, magistrat honoraire, Paris, Le Cloître, 24 janvier 2013.
4. RABHI Pierre, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, 2010, 144 p.
5. DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/
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DÉCODAGE
CONTEXTE. Les commentaires médiatiques résument la vie politique nationale et locale en un affrontement entre la « droite » et la « gauche ». Un tel positionnement droite/gauche est simpliste. Peut-on l’accepter pour décrire une réalité au demeurant complexe et mouvante ?
ENJEUX. Nous sommes dans une situation classique qui relève de la théorie des choix restreints : réélire un sortant (ou une sortante), ou voter pour un nouveau candidat (ou une nouvelle candidate) ? En fin de compte, ne vote-on pas à la fois pour les idées qui semblent les meilleures, et pour les candidats qui semblent les meilleurs ?
L’OFFRE ET LA DEMANDE POLITIQUE
La vie politique se compose de deux parts égales : l’offre politique (celle des partis, des programmes, des candidats…) et la demande citoyenne (les attentes, les désirs, les inquiétudes, les revendications…). Comment rendre compte du positionnement des partis au sein du marché concurrentiel de la politique ?
Cartographie du paysage politique français (2011)
Alain COHEN-DUMOUCHEL (1)
(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Cette carte prétend dessiner le paysage politique français sur deux axes :
• en abscisse, le traditionnel droite-gauche, incontournable curseur médiatique du positionnement politique ;
• en ordonnée, le degré de libéralisme des partis politiques, à savoir l’importance qu’ils accordent à la liberté individuelle ou au dirigisme.
L’auteur précise que :
LIBERTÉ ÉCONOMIQUE (Axe horizontal)
LIBERTÉ INDIVIDUELLE (Axe vertical)
Comme le précise Alain COHEN-DUMOUCHEL, la Cartographie du paysage politique français (2011) n’est pas un diagramme de Nolan, bien qu’il s’inspire de sa méthodologie. David NOLAN, expert en sciences politiques, ancien élève du Massachussetts Institute of Technology (MIT) a eu l’idée de créer un diagramme en ajoutant à l’axe gauche-droite, un deuxième axe liberté-contrainte allant de l’étatisme (point zéro) au libertarianisme. Le diagramme représente les « libertés économiques » (faible niveau des impôts, marché libre, services privés) sur l’axe des abscisses, et les « libertés personnelles » (liberté de circulation, d’opinion, libre disposition de soi) sur l’axe des ordonnées. Plus on s’éloigne du point zéro, plus le positionnement idéologique est favorable à certaines libertés.
LIBERTÉS OU CONTRAINTES ?
Pour Damien THEILLIER, on voit apparaître sur l’axe liberté-contrainte :
VOTER « À DROITE »
OU VOTER « À GAUCHE ?
L’économiste et député Frédéric BASTIAT disait qu’il votait « tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, selon le projet de loi discuté. » Cela ne voulait pas dire qu’il était centriste ou social-démocrate. Frédéric BASTIAT était fermement opposé à tout étatisme, à tout dirigisme quel qu’il soit. Il était favorable à un maximum de libertés économiques et de libertés personnelles compatibles avec le respect d’autrui, car il considérait que l’ordre social pouvait émerger d’en-bas, par l’initiative privée, la coopération sociale et la responsabilité individuelle, avec un minimum de lois.
Question. Que pensez-vous de cette représentation du paysage politique français ?
Bernard MÉRIGOT. La démarche est intéressante et si certains veulent la discuter, qu’ils proposent d’autres représentations. Il est sain d’abandonner la représentation linéaire (la règle graduée droite/gauche, qui ne possède qu’une pertinence journalistique), pour une représentation topologique. Les partis politiques deviennent des surfaces, des espaces qui se touchent, qui se recouvrent les uns les autres, pour partie : l’UMP se superpose au FN et à DLR, DLR à l’UMP et aux Gaullistes de gauche, le MODEM au Nouveau centre et au PS. Pour ce qui le concerne, le PS a un ancrage PCF, LO, NPA, PG, EELV, mais aussi MRC, Gaullistes de gauche et MODEM…
Question. Est-ce que l’on peut dire que tout cela est incohérent ?
Bernard MÉRIGOT. Au nom de quoi réclamer une cohérence ? C’est un artifice. Il y a une plasticité des engagements en fonction des idées et des débats. Pourquoi la vie collective devrait être « cohérente ». Comme le chantait il y a quelques temps Guy BÉART, il y a d’une part les grands principes et d’autre part les grands sentiments. L’important c’est que le plus grand nombre connaisse le bonheur citoyen. (3)
RÉFÉRENCES
1. COHEN-DUMOUCHEL Alain, « Cartographie du paysage politique français », http://www.contepoints.org, 7 novembre 2011. Alain Cohen-Dumouchel anime le site Gauche libérale. Il a été candidat au bureau d’Alternative libérale sur la liste « Pour un libéralisme de progrès ».
2. THEILLIER Damien, «Test politique : positionnez-vous en quelques instants », http://contrepoints.org, 29 décembre 2013.
3. MÉRIGOT Bernard, «Les nouvelles exigences du bonheur citoyen. Voeux 2014», La Lettre de Bernard Mérigot, 1er janvier 2014, 1 p. http://www.savigny-avenir.fr/2014/01/02/les-nouvelles-exigences-du-bonheur-citoyen-la-lettre-de-bernard-merigot-1er-janvier-2014/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°74, lundi 13 janvier 2014
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