Nous avons interrogé Bernard MÉRIGOT à propos de l’article que le journal Le Parisien Essonne-matin du 7 janvier 2014 consacre à la situation politique de la commune de Savigny-sur-Orge (Essonne) à moins de trois mois des élections municipales de mars.
LE CITOYEN EST UN TIERS DRAMATIQUEMENT EXCLU
Question. Comment considérez-vous la contribution apportée par la presse locale à la vie démocratique ?
Bernard MÉRIGOT. Les acteurs de la vie municipale locale peuvent-ils porter un jugement sur eux-mêmes ? Sont-ils en mesure d’apprécier tout seul les effets que produisent aussi bien les paroles publiques qu’ils prononcent que les actions publiques qu’ils conduisent ? Ou bien un regard extérieur leur est-il nécessaire pour qu’ils aient une conscience éclairée, une perception critique, une appréhension du rôle véritable qu’ils remplissent et dont ils ne peuvent pas avoir conscience ? Les réponses à ces questions sont déterminantes pour apprécier le rôle citoyen que joue la presse écrite quotidienne. Le fait que des journalistes professionnels publient régulièrement des articles sur des communes doit être pris en compte : ils se déplacent, ils assistent à des réunions, ils rencontrent des gens, ils écoutent, ils prennent des notes, ils posent des questions, ils écrivent les réponses qu’on leur donne, ils prennent des photos. La sociologie, l’anthropologie, l’ethnologie, tout comme la contribution du philosophe John DEWEY, nous ont appris que toute enquête produisait un « objet construit », qui est explicite, et qui est distinct de l’objet réel, qui lui, est implicite. Dans le cas présent, ces deux objets s’éclairent l’un l’autre et font apparaître un tiers dramatiquement exclu : le citoyen.
« Savigny-sur-Orge. Les cartes sont brouillées » (1) Laurence SPICHER-BERNIER, Bernard MÉRIGOT,LES LIENS SOCIAUX NATURELS ONT ÉTÉ ROMPUS
Question. Le titre de l’article signé par Cédric SAINT-DENIS est « A Savigny-sur-Orge, les cartes sont brouillées. Alliances surprenantes, exclusions et trahisons animent la campagne dans la 4e ville du département, tenue par la droite depuis 1983 ». Qu’en pensez-vous ?
Bernard MÉRIGOT. Le titre est à lui seul une analyse de la vie de la démocratie locale. Il est évident que Laurence SPICHER-BERNIER, depuis son élection en septembre 2008 comme maire de la commune, à la suite du décès de Jean MARSAUDON, a abandonné volontairement la mission prioritaire qui incombe à toute élu du suffrage universel qui a la responsabilité d’une commune : rechercher les consensus qui permettent de défendre l’intérêt général. Elle s’est adonnée à toutes les manœuvres de division, d’accusation, d’invective, d’exclusion, d’ostracisme, de poursuite de conseillers municipaux devant les tribunaux… Tout cela pour asseoir un pouvoir personnel en s’appuyant sur une très courte majorité de connivence. Tout est parti de là. De proche en proche, tous les liens sociaux naturels, si bien décrits par John DEWEY, ont été atteints : ils se sont distendus, ils se sont rompus.
LE CITOYEN NE COMPREND PLUS RIEN
Question. Quel est le sens de l’analyse que fait Cédric SAINT-DENIS, le journaliste du Parisien ?
Bernard MÉRIGOT. « Cartes brouillées », « alliances surprenantes », « exclusions », « trahisons »… Il nous dit que le citoyen savinien – qui sera un électeur au mois de mars – ne comprend plus rien. Est-ce normal qu’il ne comprenne plus rien ? Oui, en raison de la situation particulière produite par le pouvoir du maire. Une telle situation d’illisibilité politique est-elle normale ? Non. Ses responsables sont connus : ce sont les élus en place et les partis politiques. Je vous renvoie à mon intervention aux États généraux de la démocratie territoriale organisés par Jean-Pierre BEL au Sénat en 2012. (2) Nous sommes dans la situation décrite par Joseph SCHUMPETER. Pour lui la professionnalisation du personnel politique a transposé la logique économique producteur/consommateur au niveau politique : les électeurs sont devenus des consommateurs de politique, et les hommes politiques sont devenus des producteurs de politique. Cela a pour conséquence, comme en économie, d’amener une adaptation du producteur politique à la demande politique. En d’autres termes : le personnel politique a tendance à privilégier la prise de décisions propre à satisfaire son électorat. Et pas l’électorat de son adversaire. Bien évidemment, la situation d’un candidat sortant, qui se représente, est différente de celle d’un candidat nouveau qui n’a n’exerce pas de mandat. La politique est un marché : il y a une demande des citoyens et il y a une offre des élus. Le problème, c’est que l’offre politique ne correspond pas à la demande politique.
LES CITOYENS SONT MALHEUREUX
L’électeur municipal a une existence éphémère. Il ne vit qu’une fois tous les six ans. Le reste du temps c’est un citoyen : on lui dispense des informations filtrées et on lui demande de soutenir son maire. Cela relève de l’impudence. Le retournement est incroyable : ce ne sont pas aux habitants de soutenir leurs élus, mais c’est aux élus de soutenir les habitants. Les citoyens ont une vision plus saine que celle des élus. Par exemple, ils croient que l’État joue un rôle de régulation à l’égard du pouvoir des maires et que le Préfet exerce un contrôle de légalité. Cette croyance correspond à une exigence démocratique qui est légitime. Malheureusement, la réalité ne correspond pas à l’attente. Il suffit de lire à ce sujet ce qu’écrit le très sérieux Bulletin juridique des collectivités locales. Sa lecture est de nature à faire perdre à tout citoyen les illusions qu’il peut avoir. (3) Au pire, il se résignera. Au mieux, il se mettra en colère.
Les exemples où l’on voit des citoyens malmenés par les pouvoirs locaux ne manquent pas. Les exemples où l’on voit des citoyens malmenés par l’État et par son administration ne manquent pas. Et comme si cela ne suffisait pas, on voit en plus des citoyens malmenés à la fois par les pouvoirs locaux et par l’État et son administration. Une telle violence conjointe du pouvoir local et du pouvoir d’État est une violence généralisée faite à la démocratie. Dans ces conditions, pourquoi feindre de s’étonner de la progression des abstentions lors des élections, et du succès légitime de ceux qui dénoncent le mépris pratiqué à l’égard des citoyens ordinaires.
UN CAS DE NON-ASSISTANCE À DÉMOCRATIE EN DANGER
Question. Pouvez-vous donner un exemple concret de la connivence entre les pouvoirs en place que vous dénoncez ?
Bernard MÉRIGOT. Le fait qu’un maire, Laurence SPICHER-BERNIER en l’ocurence, convoque les séances publiques du conseil municipal de Savigny-sur-Orge un jour ouvrable à 8 heure 30 du matin n’est pas une anecdote amusante. C’est une atteinte portée à la démocratie. Et le fait que le Préfet ne trouve rien à y redire constitue un acte de non-assistance à démocratie en danger.
Conclusion : tout le monde trouve de bonnes raisons pour ne pas lancer une bouée à la démocratie alors qu’elle est en train de se noyer dans le secret, dans la confidentialité, dans l’indifférence.
LA LOGIQUE DES PARTIS EST DÉPASSÉE
Question. Quelle est votre position personnelle à l’égard de la commune qui réunit son conseil municipal à 8 H 30 du matin ?
Bernard MÉRIGOT. L’article écrit : « Le PS Pierre GUYARD, fils de l’ancien maire d’Évry, a été choisi pour mener la liste regroupant socialistes, verts, communistes et radicaux de gauche. Un rassemblement, appuyé fin octobre… par Bernard MÉRIGOT, l’ex-premier adjoint de Laurence SPICHER-BERNIER. « L’avenir de Savigny passe par d’autres voies que des accords d’états majors de partis politiques », explique celui qui a quitté l’UMP et dernièrement DLR. »
Je suis sur la même longueur d’onde que Jean-Paul DELEVOYE, président du Conseil économique social et environnemental, troisième assemblée constitutionnelle après l’Assemblée nationale et le Sénat. Il est maire de Bapaume (Nord). Il a quitté l’UMP et soutien le candidat du PS. Pour quelle raison ? Parce que c’est pour lui le meilleur candidat pour être maire et assurer l’avenir de la ville. Le devoir citoyen n’est pas de soutenir un candidat en fonction de son étiquette, mais en fonction de ses compétences et de son programme. A Savigny-sur-Orge, pour les prochaines élections municipales des mars 2014, le meilleur candidat est Pierre GUYARD.
DOCUMENT
RÉFÉRENCES
1. « A Savigny-sur-Orge, les cartes sont brouillées. Alliances surprenantes, exclusions et trahisons animent la campagne dans la 4e ville du département, tenue par la droite depuis 1983 », Le Parisien Essonne-matin, 7 janvier 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. MÉRIGOT Bernard, « Les élus sont-ils victimes de la professionnalisation de la politique ? », États généraux de la démocratie territoriale, Sénat, 16 février 2012, http://www.democratie-territoriale.fr
MÉRIGOT Bernard, « Les élus sont-ils victimes de la professionnalisation de la politique ? », États généraux de la démocratie territoriale, Sénat, http://www.savigny-avenir.info, 16 février 2012.
Bernard MÉRIGOT contribue aux États généraux de la démocratie territoriale, organisés par le Sénat, à l’initiative de son président Jean-Pierre BEL. http://www.savigny-avenir.fr/2012/02/16/les-elus-sont-ils-victimes-de-la-professionnalisation-de-la-politique/
3. MAILLOT Jean-Marc, « La responsabilité de l’État en matière de contrôle de légalité », Bulletin juridique des collectivités locales, BJCL, n°7-8/13, juillet-août 2013, p.492-496.
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
CONTEXTE. A Savigny-sur-Orge (Essonne), Bernard MÉRIGOT (ex DLR) soutien Pierre GUYARD (PS). A Bapaume (Pas-de-Calais), Jean-Paul DELEVOYE (ex UMP) soutien Jean-Jacques COTTEL (PS). A Paris, dans le 15e arrondissement, Dominique VERSINI (UMP) soutien Anne HIDALGO (PS) aux municipales de 2014.
ENJEUX. Quelles raisons avancent-ils ? Que faut-il penser de l’argument de l’UMP selon lequel il s’agirait de « trahisons » ? Le registre argumentaire dans lequel s’inscrit cette accusation est-il démocratiquement justifiable ?
LA DROITURE, LE PARCOURS,
LA QUALITÉ D’ÉCOUTE, LE TRAVAIL
Question. Quelles raisons sont-elles avancées par des hommes et des femmes politiques ?
Bernard MÉRIGOT. Dominique VERSINI, ex-secrétaire d’État de Jean-Pierre RAFFARIN (UMP), sera candidate sur la liste conduite dans le 15e arrondissement de Paris par Anne HIDALGO, la candidate PS à la mairie de Paris. Quelles raisons donne-t-elle ? « J’ai choisi de m’engager aux côtés d’Anne HIDALGO, tout simplement parce que je suis en accord avec toutes les valeurs qu’elle porte, ainsi qu’avec les grands axes de son projet. La personne qu’elle est : sa droiture, son parcours me séduisent, tout comme sa qualité d’écoute et de travail. Incontestablement elle connaît bien ses dossiers, elle y a beaucoup réfléchi. » (1)
LA FIN DU GAULLISME HUMANISTE
Question. Qui est Dominique VERSINI ?
Bernard MÉRIGOT. Dominique VERSINI vient de la société civile. Elle a créé le Samu social de Paris en 1993. C’est une femme engagée sur le terrain pour les personnes les plus fragiles. C’est Jacques CHIRAC qui lui a permis de faire vivre ce projet lorsqu’il était maire de Paris et elle l’a soutenu en tant que gaulliste humaniste. Pour elle, « la droitisation de l’UMP a compté énormément. Je n’ai jamais été d’accord avec la façon dont l’UMP sarkozyste a traité les questions sociales. »
L’ACCUSATION DE TRAHISON
EST UNE ABOMINATION
Question. Que pensez-vous de ceux qui dénoncent de prétendues « trahisons » de ceux qui soutiennent des socialistes ?
Bernard MÉRIGOT. Dénoncer des « traîtres » rappelle de mauvais souvenirs, ceux de temps troublés que les tous les démocrates exècrent. Il est inquiétant que ceux qui se recommandent de l’UMP se fassent les propagateurs de telles idées. Invoquer de prétendues trahisons est une accusation grave. C’est un retour à l’époque des dénonciations et des lettres anonymes.
L’ENGAGEMENT POLITIQUE
N’EST PAS UN ENGAGEMENT RELIGIEUX
Question. Est-ce que vous reprendriez la phrase « Ils ne savent pas ce qu’ils font » ?
Bernard MÉRIGOT. Vous ne savez pas si bien dire. Sauf que, dans le cas présent, ceux qui dénoncent des «traîtres» savent très bien ce qu’ils font. Le registre de la trahison comprend une dimension religieuse pervertie. L’engagement politique est-il semblable à un engagement religieux ? On est en droit de se le demander à les écouter et à les lire.
Il est contraire aux libertés démocratiques de ne pas reconnaître que l’adhésion que l’on apporte à un mouvement, ou à un parti politique, évolue dans le temps. Est-ce que se reconnaître dans des idées et dans des hommes, et adhérer (en payant une cotisation), doit être assimilé à un engagement perpétuel que l’on prononcerait à l’égard d’une religion ?
LA FRANCE CHANGE …
… L’ENGAGEMENT POLITIQUE CHANGE
Question. Pourquoi ?
Bernard MÉRIGOT. Parce que la France politique de 2013, ni celle de 2003, ni celle de 1993, ni celle de 1983. Pourquoi un engagement politique personnel devrait-il demeurer identique lorsqu’on a 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, et plus…
Question. Que répondez-vous à ceux qui écrivent : « (Cet homme) aujourd’hui, soutien la liste PS. Mais où sont passés la défense des valeurs, l’engagement politique et la crédibilité envers les électeurs ? »
Bernard MÉRIGOT. Les valeurs que je défends sont publiques. Ma crédibilité est publique. Sur le présent site (http://savigny-avenir.info), 700 articles en ligne en témoignent. Voir notamment les articles indiquées en note (2). Ce sont ceux qui pensent toujours la même chose, ceux qui empêchent les autres de changer, et ceux qui dénoncent ceux qui changent qui trahissent la vie démocratique.
POUR UNE DÉMOCRATIE CRÉATRICE
(Creative Democracy)
Question. Quelles sont ces valeurs ?
Bernard MÉRIGOT. Vous le savez, je suis un disciple du philosophe américain John DEWEY. Il a dressé en 1939 un programme politique auquel je souscris entièrement. Le voici.
« L’intolérance, les insultes, les mauvais traitements pour des divergences d’opinion en matière de religion, de politique (…), sont des trahisons du mode de vie démocratique. En effet, tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique.
Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon, l’injure, la peur et la haine.
Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure, qui – l’exemple de l’état totalitaire en témoigne – agit seulement lorsqu’elle parvient à nourrir la haine, la méfiance et l’intolérance dans l’esprit des individus. » (3)
RÉFÉRENCES
1. VERSINI Dominique,« Versini : Kosciusko-Morizet ne connaît pas les dossiers parisiens », Le Journal du Dimanche, http://www.lejdd.fr, 26 novembre 2013. Interview réalisé par Gaspard Dhellemmes.
2. MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Bernard Mérigot apporte son soutien à Pierre Guyard (PS)», http://www.savigny-avenir.info, 31 octobre 2013. OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014, n°7 LES ÉLECTIONS MUNICIPALES COMMANDÉES PAR DES « PATRONS » POLITIQUES ? Question. Vous êtes maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge et, à ce jour, le seul conseiller municipal adhérent à Debout la République (DLR). Que pensez-vous de …
MÉRIGOT Bernard, « Soutenir un candidat socialiste aux élections municipales est une façon de défendre l’intérêt général (Jean-Paul Delevoye), http://www.savigny-avenir.info, 5 novembre 2013. DELEVOYE-MÉRIGOT, MÊME COMBAT ? Question. Le 31 octobre 2013, Bernard MÉRIGOT annonce qu’il soutient Pierre GUYARD, candidat PS à la mairie de Savigny-sur-Orge (Essonne) et qu’il quitte DLR. Le 1er novembre 2013, Jean-Paul DELEVOYE annonce qu’il soutient Jean-Jacques COTTEL, candidat PS…
3. DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édités par Jo Ann Boydston et alii, Southern Illinois University Press, Carbondale (1e édition 1977, broché, 1983).
DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « La démocratie créatrice », Revue du MAUSS 2/2006 (no 28), p. 251-256.
http://www.cairn.info/revue-du-mauss.
Mention du présent article http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/27/municipales-2014-pourquoi-autant-danciens-ump-soutiennent-ils-des-candidats-ps/
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UN AN SANS RIEN FAIRE !
« Depuis cette date également, je n’ai pu obtenir aucune réponse aux questions tant orales qu’écrites ayant trait au domaine qui m’était délégué. Je n’ai été rendu destinataire d’aucun parapheur, d’aucun document de quelque nature qu’il soit, d’aucune invitation à réunion (sic). Tout se passe comme si il (sic) avait été donné au plus haut niveau de la hiérarchie communale des consignes visant à me laisser dans l’ignorance. »
PRIVÉ DE PARAPHEUR (le pauvre !)
« Cette situation est semblable à celle qui prévalait lorsque j’étais délégué aux travaux. Là encore aucun parapheur, aucune contribution à des réunions techniques aucune contribution à la construction budgétaire pendant l’année 2012. Les décisions se prenaient en mon absence. Il est à souligner que la commission des travaux ne s’est pratiquement pas réunie depuis près de deux ans. »
DES QUESTIONS…
Les observateurs de la vie municipale s’étonneront que ce soit en août 2013, six mois avant les élections municipales de 2014, qu’un maire adjoint (élu en 2008) s’aperçoive qu’il n’a rien à faire, alors qu’il touche une indemnité conséquente. Comment se fait-il qu’il ait présenté des délibérations lors des séances du conseil municipal ? Comment se fait-il qu’il les ait toujours votées selon les directives du maire ?
Il est étonnant que, constatant la carence des initiatives du maire, Jean-Michel ZAMPARUTTI n’ait pas pris l’initiative – lui – de convoquer, de son propre chef, une commission dont il était le vice-président.
Prochaines étapes :
Est-ce que, dans les trois cas énumérés ci-dessus, on lui transmet des parapheurs ? Grave question à six mois des élections municipales.
A moins que cela ne soit un tour de passe-passe de plus, pour être sur la liste UMP d’Éric MEHLHORN, ancien adjoint au maire qui est resté plusieurs mois dans le même cas que M. ZAMPARUTTI (en somme, une habitude de Laurence SPICHER-BERNIER), lors des municipales de 2014 ?
Au fait, à combien sommes-nous aujourd’hui de maires adjoints démissionnaire, démis de leur fonction ou réclamant de l’être depuis septembre 2008 ? 1 démissionnaire, 4 démis de leur fonction et remplacés, 1 réclamant le retrait de sa délégation… Au total, 6 adjoints sur 11 soit plus de 54,5 % des adjoints élus avec Jean MARSAUDON en mars 2008 ! Étonnant, non ?
COMMENTAIRE du 30 août 2013
Cet article a été publié dans la nuit du 29 au 30 août. Ce matin, le site www.essonneinfo.fr publie une information sur l’arrivée de Jean-Michel ZAMPARUTTI sur la liste de David FABRE, avec conférence de presse à l’appui la semaine prochaine. L’intox serait-elle plus forte que l’info ? Pour preuves, deux données inexactes sont mentionnées par David FABRE : 1. La lettre à Madame le Maire, publiée ci-dessus, ne mentionne pas la non-intention de son auteur d’aller sur la liste MEHLHORN. 2. M. ZAMPARUTTI n’a pas jamais été pressenti par la majorité de l’époque pour remplacer Jean MARSAUDON au cours des réunions organisées afin de pourvoir à la vacance du siège de maire. Il s’agit d’une rumeur…
RÉFÉRENCES
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
RÉFÉRENCES
« Savigny-sur-Orge. L’opposition dénonce les horaires des conseils », Le Parisien Essonne-matin, 24 juin 2013.
« Savigny-sur-Orge. Le maire empêche les conseillers municipaux minoritaires de participer au conseil municipal », www.savigny-avenir.info, 23 juin 2013.
La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir, 24 juin 2013
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Le conseil municipal de la commune de Savigny-sur-Orge est convoqué en séance publique le :
lundi 25 mars 2013
à 8 heures 30 (du matin)
CONVOCATION ET DOCUMENTS COMMUNIQUÉS. Les 39 membres du conseil municipal ont été destinataires d’un envoi postal à leur domicile comprenant la convocation/ordre du jour (1 page) et les notes de synthèse des huit délibérations (6 pages). Ce courrier constitue les seuls documents diffusés aux conseillers municipaux avant la séance.
DÉLAI DE CONVOCATION. Le courrier, signé par le maire le mardi 19 mars 2013 (et portant l’affranchissement du mardi 19 mars 2013) a été distribué le mercredi 20 mars soit avec un délai de cinq jours francs. Ce délai qui est court est le délai minimal prévu par les textes. Il impose : 1. que les membres du conseil municipal jouissent d’une grande disponibilité (ils sont informés le mercredi soir, lorsque, après leur journée de travail, ils rentrent chez eux, et ouvrent leur boîte à lettres : ils doivent se rendre disponibles le lundi suivant, à 8 heures 30 du matin !), 2. que les personnes souhaitant assister à la séance publique disposent, eux aussi, d’une grande disponibilité et d’une totale liberté à l’égard de leur activité professionnelle. Cette exigence est exorbitante.
Il est à noter que les membres de la majorité municipale et ceux des minorités ne sont pas traités de façon égale : les conseillers municipaux de la majorité sont informés avant ceux de la minorité. Cette pratique est discriminatoire.
CHOIX DU JOUR ET DE L’HEURE DE LA SÉANCE PUBLIQUE. Le choix par le maire de convoquer le conseil municipal un jour de semaine à 8 heures 30 du matin pose un problème. Elle impose aux conseillers municipaux et aux personnes souhaitant assister à la séance, de se dispenser de toute autre activité entre 8 heure 30 du matin et 11 heures du matin, un lundi ! Cette exigence est exorbitante.
RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Conseil municipal du 25 mars 2013. Convocation/Ordre du jour, 1 page. Notes de synthèse, 5 pages.
La convocation pour la commission municipale de l’urbanisme et de l’environnement du vendredi 19 février 2013, 17 heures 30, est datée du samedi 9 février. Elle a été postée le jeudi 14 février (cachet de la poste), soit 5 jours après ! Il aura donc fallu 4 jours (tout le lundi 11, tout le mardi 12, tout le mercredi 13 et une partie du jeudi 14), pour que les enveloppes traversent la cour qui sépare la mairie (sise au 48, avenue Charles de Gaulle) de la Poste (située au 46, avenue Charles de Gaulle). C’est un exploit.
De qui se moquent le maire et les services municipaux ? Avec quel mépris traitent-ils les conseillers municipaux membres des oppositions municipales ? Pour qui se prennent-ils pour s’accaparer ainsi le pouvoir municipal ? Et quel entêtement calculé ils mobilisent pour refuser de transmettre les convocations par mail !
Donc, la convocation est parvenue par voie postale aux conseillers municipaux qui en sont membres, le vendredi 15 février, pour une réunion se tenant le mardi 19 février, soit 4 jours francs… Les textes prévoient que le délai minimum est de 5 jours francs. Tant pis pour ceux qui, prévenus trop tard, ne peuvent pas venir !
Sur la forme, cette convocation est un brouillon qui serait refusé à n’importe quel élève scolarisé en primaire : pas de signature (« Chers Collègues » de qui ?), un trait horizontal sur la partie supérieure (faisant office de quoi ?), une note de synthèse truffée de fautes de français, un usage immodéré des majuscules (nous ne sommes pas en Allemagne, que je sache)… Qui relit les documents envoyés aux élus ?
Sur le fond, un dossier aussi important aurait mérité un minimum d’informations préalables afin que les membres de la commission ne découvrent pas en séance les tenants et les aboutissants du PADD et posent des questions après avoir étudié un dossier. Or, aucun dossier n’a été joint à la convocation…



RÉFÉRENCE
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Commission municipale de l’urbanisme et de l’environnement, Séance du mardi 19 février 2013 à 17 heures 30, Convocation et note de synthèse, 3 pages.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
« La convocation à la séance publique du conseil municipal du vendredi 8 février 2013 à 8 heures 30 (du matin) a été portée à la connaissance des 39 conseillers municipaux de Savigny-sur-Orge quatre jours avant. Ceux-ci ont reçu le lundi 4 février 2013, à leur domicile, la convocation écrite adressée par voie postale. L’enveloppe porte la date d’affranchissement postal du samedi 2 février 2013.
UNE PRATIQUE DISCRIMINATOIRE
Cette situation est le résultat d’une pratique discriminatoire, elle vaut en effet pour les 17 conseillers municipaux de la minorité. Il en est différemment pour les 22 conseillers municipaux de la majorité qui, eux, sont informés à l’avance.
UNE PRÉTENTION EXORBITANTE
Tous les membres du conseil municipal ont des activités et des obligations (professionnelles, familiales, associatives, personnelles, médicales…) qui les empêchent d’être disponibles selon le bon vouloir d’un maire, à 8 heures 30 du matin de surcroît.
Prétendre que tous les membres du conseil municipal doivent se rendre disponibles n’importe quel jour (un vendredi), à n’importe quelle heure (8 heures 30 du matin), et ce, dans un délai très bref (le lundi soir pour le vendredi matin, soit quatre jours francs), est tout simplement exorbitant.
D’autant plus qu’aucun calendrier prévisionnel, ni date, ni heure des réunions du conseil, n’est établi à l’avance, contrairement à la pratique de la majeure partie des communes.
Je vous informe que je ne serai pas présent à la séance du conseil municipal du vendredi 8 février 2013, à 8 heures 30.
Je vous demande de me porter « absent excusé » lors de l’appel des présents ainsi qu’au compte-rendu de la séance du conseil municipal.»
Bernard MÉRIGOT
RÉFÉRENCES
MÉRIGOT Bernard, Lettre à Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge sur le conseil municipal du vendredi 8 février 2013 à 8 heures 30 du matin, 1 p.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
« Expression libre : La tribune du groupe « Imagine Savigny » n’est pas arrivée à la rédaction ». Telle est la phrase qui figure au milieu de la page 30 du dernier numéro de janvier-février 2013 de « Vivre à Savigny-sur-Orge, Magazine municipal », dénomination du bulletin de la commune. (1)
Tribunes de la page 30 (Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Cette page – comme la totalité des pages de ce numéro du bulletin municipal – a été accessible en ligne sur le site officiel de la mairie www.savigny.org au cours du week-end du samedi 5 janvier/dimanche 6 janvier 2013. Il était encore consultable le matin du lundi 7 janvier. Il a été retiré dans la matinée. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Les membres de Mieux Aborder L’Avenir (MALA) ont interrogé Bernard MÉRIGOT.
KREMLINOLOGUE OU SAVIGNOLOGUE ?
Question. Les pages de ce bulletin municipal mis en ligne en ligne sur le site officiel de la mairie, puis retirées aussitôt, constituent un fait singulier. Qu’a-t-il bien pu se passer ?
Bernard MÉRIGOT. Il existe une discipline, la « kremlinologie », qui désigne l’étude de la politique soviétique, et en particulier celle des luttes pour le pouvoir à l’intérieur des instances dirigeantes. Elle s’intéresse au comportement, aux discours et à la stratégie des leaders du Kremlin. Il n’est pas nécessaire d’être « savignologue » pour constater un nouveau coup d’accélérateur/frein, un nouveau coup de volant droite/gauche, un nouveau changement de vitesse marche avant/marche arrière au sein de la mairie de Savigny-sur-Orge.
Il faut savoir qu’à Savigny-sur-Orge, la publication du bulletin municipal relève du « secret défense municipal ». C’est l’une des activités parmi les plus contrôlées par le maire. Mais trop de contrôle tue le contrôle. La mairie devient une passoire. Les informations fuient, et des textes « secret défense municipal » sont mis en ligne et deviennent accessibles à tout le monde !
UN BULLETIN MUNICIPAL CACHÉ
Laurence SPICHER-BERNIER réservait la primeur de ce bulletin pour le spectacle de ses vœux qu’elle organise, pour la plus grande gloire de la majorité municipale, le samedi 12 janvier 2013 à 19 heures, au COSOM. Depuis 2010, l’entrée est réservée aux personnes titulaires d’un carton nominatif… Ainsi, les 39 conseillers municipaux ne sont pas invités ! Il y a les « bons » conseillers municipaux qui sont invités, et les « mauvais » conseillers municipaux qui ne sont pas invités. Pour ma part, actuellement conseiller municipal (et maire-adjoint honoraire, après vingt-six années de mandat continu), aucun carton d’invitation ne m’a été adressé !
Patatras ! Avec le contenu du bulletin dévoilé de façon intempestive sur Internet le 5 janvier, toute la construction s’ écroule. Bonjour la surprise ! Alors, dans la panique, on retire tout du site.
LE BLANC DES ANNÉES NOIRES
Question. Et que pensez-vous de ce « blanc », sur une demi-page, avec la mention « La tribune du groupe n’est pas arrivée à la rédaction » ?
Bernard MÉRIGOT. Cela rappelle des périodes sombres que certains ont pu connaître, ou connaissent aujourd’hui. Il est toujours choquant, à la place des lettres, des mots et des idées, de voir une absence de lettre, une absence de mot, une absence d’idée. 160 cm2 de blanc ! C’est comme si une lessive politique avait lavée le pluralisme démocratique multicolore : il ne reste que le papier blanc. Il est étonnant de voir un service de communication d’une ville de 37 000 habitants, participer au blanchiment des pensées minoritaires.
L’affirmation selon laquelle le texte n’aurait pas été remis est fausse. Je me suis entretenu avec mes collègues conseillers municipaux Jean-Claude LÉOST et Jean-Marc DEFRÉMONT : ils ont transmis leur contribution en temps et en heure par mail.
LA VALEUR DÉMOCRATIQUE EST INÉGALITAIRE
Question. Comment est organisée l’expression des minorités dans les publications municipales ?
Bernard MÉRIGOT. La loi dite « Démocratie de proximité » du 27 février 2002 a organisé, au bénéfice des élus d’opposition, un droit d’expression dans les supports d’information des collectivités territoriales et des EPCI. L’article L.2121-27-1 du CGCT dispose que : « dans les communes de 3500 habitants et plus, lorsque la commune diffuse, sous quelque forme que ce soit, un bulletin d’information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal, un espace est réservé à l’expression des conseillers n’appartenant pas à la majorité municipale. »
Tribune de la page 30 : 19 élus = 268 cm2 (Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
La lecture des pages 30 et 31 du bulletin municipal de janvier-février 2013 de la commune de Savigny-sur-Orge (qui comprend 39 conseillers municipaux), permet de faire les constatations suivantes sur le rapport entre le nombre d’élus et la surface de tribune qui leur est accordée :
Je vous laisse faire le calcul de la valeur démocratique du centimètre carré de tribune de bulletin municipal.
LA DÉMOCRATIE EST FRAGILE
Question. Le groupe « Imagine Savigny » comprend des membres du parti socialiste. Vous n’êtes pas socialiste. Certains vont se demander pourquoi vous les défendez.
Bernard MÉRIGOT. Je ne défends pas ici un groupe politique. Je défends les principes de la démocratie. La loi établit le principe de l’expression des minorités municipales (Code général des collectivités locales). L’idée que la loi est bafouée est intolérable : cela insupporte tous les démocrates. Pourquoi ? Parce que la démocratie est fragile. C’est comme une rangée de dominos : si on n’empêche pas le premier domino de tomber, tous les autres tombent. Lorsqu’une liberté tombe, d’autres libertés tombent à leur tour.
LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
EST LA CONDITION DE LA DÉMOCRATIE
Question. Cet acte n’est pas anodin ?
Bernard MÉRIGOT. Non, car il est en opposition avec deux principes fondateurs de notre démocratie : la libre communication des pensées et des opinions et la liberté d’expression et de communication. Ils ont été formulés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et sont constamment réaffirmés par le Conseil constitutionnel.
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». (2)
« La liberté d’expression et de communication est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés ». (3)
RÉFÉRENCES
1. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Vivre à Savigny-sur-Orge, Magazine municipal, janvier-février 2013, 32 p.
La totalité des pages du magazine a été mise en ligne sur le site officiel de la mairie www.savigny.org. Il était librement consultable le week-end des samedi 5 et dimanche 6 janvier 2013. Il a été retiré dans la matinée du lundi 7 janvier 2012.
2. Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, Article 11.
3. CONSEIL CONSTITUTIONNEL, Question prioritaire de constitutionnalité sur les droits et les libertés (exceptio veritatis), Décision du 20 mai 2011, Journal officiel, 20 mai 2011, p.8890.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
« Pas de petits fours ni de discours de bonne année pour la veuve de Jean Marsaudon. Geneviève Marsaudon, l’épouse de l’ancien député-maire UMP de Savigny-sur-Orge, décédé il y a deux ans, a été privée de cérémonie de voeux, samedi soir. Elle s’est vu refuser l’entrée dans le complexe sportif où Laurence SPICHER-BERNIER, la nouvelle maire UMP, avait réuni près de 1 500 invités. Un incident qui « scandalise » de nombreux habitants. » (1)
Après le premier épisode : « Je fais tous les jours l’éloge de Jean MARSAUDON »,
vous avez aimé le second épisode : « Je mets sa veuve à la porte de la Mairie »,
vous aimerez le troisième épisode : « Je laisse sa veuve à la porte du COSOM ».
Trois films avec, en vedette, Laurence SPICHER-BERNIER !
QUESTIONS
PEUT-ON JUSTIFIER L’INJUSTIFIABLE ?
Comment le pouvoir municipal, représenté par son maire Laurence SPICHER-BERNIER, justifie-t-il cette décision d’interdiction ? Nous avons la réponse dans l’article du journal « Le Parisien » qui relate les propos du cabinet du maire de Savigny-sur-Orge. Rappelons que le cabinet du maire d’une ville de 37 000 habitants comme Savigny-sur-Orge est un organe du pouvoir politique local. Placé sous son autorité directe, il exprime la pensée du maire. Il justifie les décisions du maire. Donc, selon le maire, la cérémonie des voeux du conseil municipal est « une cérémonie privée ». Il ajoute « Madame MARSAUDON n’était pas invitée. C’est la femme de l’ancien maire, mais elle n’a aucune activité politique sur la commune. Elle n’aurait pas dû tenter d’entrer. »
Que pensez-vous de ces propos ?
Comme on dit, le cabinet du maire en rajoute une couche dans le domaine de l’incompétence et du mépris des règles. Reprenons.
« Une cérémonie privée » ? Faux. Les voeux du conseil municipal sont une cérémonie publique. Elle se déroule dans une salle municipale. Elle est organisée par le personnel de la mairie. Tous les frais (installation par le personnel de la mairie, décoration, sonorisation, boissons, nourriture… ) sont entièrement payés par le budget communal. En l’absence de ventilation du budget communal présenté au conseil municipal, on estime que l’ensemble du coût de cette cérémonie publique s’élève, au moins, aux environs de 40 000 euros TTC : coût du personnel communal pour l’installation (dont une partie en heures supplémentaires), décoration, plantes vertes, prestataire pour la sonorisation et l’éclairage, boissons, nourriture… Dire que c’est une cérémonie privée relève soit de l’incompétence, soit du mensonge. Il suffit de se reporter au texte de l’invitation (2).
« Madame MARSAUDON n’était pas invitée ». Quels aveux ! Ce n’est pas une erreur. C’est une décision prise sciemment et assumée.
« Elle n’a aucune activité politique sur le commune ». A bon, parce que pour être invité aux voeux, il faut avoir une activité politique sur la commune ? Quelle sorte d’activité politique ? A l’UMP ? A l’association des amis du maire ?
« Elle n’aurait pas dû tenter d’entrer ». Il faut obéir, même à un ordre inique. On n’a pas le droit de résister, de s’indigner. Conseillons au cabinet de madame le maire et à celle-ci la lecture de l’opuscule Indignez-vous de Stéphane HESSEL (Indigène Editions, 2010) (3).
Étiez-vous présent à la cérémonie publique des voeux du conseil municipal de Savigny-sur-Orge ?
Non. Je l’ai volontairement boycottée.
Le fait que Laurence SPICHER-BERNER, maire de Savigny-sur-Orge, ait donné l’ordre à la police municipale d’interdire l’entrée au COSOM à Geneviève MARSAUDON vous étonne-t-il ?
Cela ne m’étonne pas. Ce n’est pas nouveau, en d’autres lieux et d’autres manifestations, je l’ai vécu personnellement. Geneviève MARSAUDON également lors d’une certaine assemblée générale, mais elle avait alors une sorte de devoir de réserve. Ce n’est donc pas la première fois que Laurence SPICHER-BERNIER pratique de la sorte. L’exclusion et l’ostracisme sont des pratiques habituelles chez elle, chez les élus qui la soutiennent, chez ses amis. Ce procédé me choque profondément.
Mais cela se passe-t-il ailleurs de la même façon ?
Vendredi 7 janvier 2011, à 19 H 30, j’étais aux voeux organisés par Gabriel AMARD, président la communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne (Viry-Châtillon + Grigny = 50 000 habitants), à la patinoire de Viry-Châtillon, sur le bord de la « Nationale 7 ». D’abord, il est toujours intéressant de voir un équipement auquel les habitants d’une commune limitrophe, en intercommunalité, ont accès… et auxquels, les habitants de Savigny-sur-Orge n’ont pas droit en tant que membre d’une intercommunalité, la municipalité ayant refusé de s’inscrire dans un projet intercommunal autre que ceux des syndicats intercommunaux. J’avais en son temps respecté la décision de Jean MARSAUDON.
Ensuite, la cérémonie des voeux s’est déroulée de façon tout à fait détendue. Personne n’a été mis à la porte! Ayant siégé longtemps dans plusieurs syndicats intercommunaux, j’y ai retrouvé plusieurs collègues, élus de droite, de gauche et du centre et d’ailleurs, un maire, un conseiller général, un ancien conseiller municipal de Savigny-sur-Orge, des habitants de Savigny-sur-Orge (très inquiets sur ce qui se passe dans notre commune)… Gabriel AMARD a fait un discours très politique dans la ligne de son parti, Le Front de Gauche dont le président est Jean-Luc MELENCHON. Je n’ai pas les mêmes idées politiques que Gabriel AMARD. Et alors ? Cela ne nous empêche pas de nous saluer et d’avoir parfois des convergences d’opinion sur certains sujets d’intérêt général et sur certaines questions locales.
Pensez-vous que les personnalités politiques du département invitées, et présentes à ces voeux, ont été au courant avant ou pendant cette cérémonie ?
J’espère pour elles que non. J’espère que Xavier DUGOIN, président du Comité du Souvenir Jean MARSAUDON (et dont Geneviève MARSAUDON est membre du conseil d’administration), ne l’a su qu’après… J’ose croire que le conseiller général de Savigny-sur-Orge, Eric MEHLHORN, dont la carrière politique doit tout à Jean MARSAUDON, ne l’a su qu’après cette cérémonie. Aux mots qu’elle emploit dans l’article du Parisien, je pense que la députée de la 7e circonscription, Françoise BRIAND (et dont Geneviève MARSAUDON est membre du conseil d’administration de son club politique), ne l’a su qu’après… Il en est de même pour tous les élus présents de Savigny comme d’ailleurs comme par exemple Jérôme BERANGER, conseiller municpal d’opposition de Viry-Châtillon, dont le blog laudateur pour la maire de Savigny-sur-Orge et le site de l’UMP de Viry présentent la photo de Jean MARSAUDON en page d’accueil, ou, se réfèrent à sa mémoire. Dans le cas contraire, ces personnalités politiques auraient cautionné quelquechose d’inacceptable en participant à une mascarade organisée par madame le maire et les élus de son « camp », qui étaient au courant de l’ostracisme frappant Geneviève MARSAUDON à en lire une remarque de l’un d’entre eux sur la page Facebook d’un élu de Montgerron indigné. Le discours de Laurence SPICHER-BERNIER a duré près d’une heure trente, avec en litanie, de constantes références à Jean MARSAUDON (alors que sa veuve était à la porte), et ce devant 1 500 personnes, selon l’article du Parisien, devant une salle remplie d’amis de Laurence et surtout des fonctionnaires municipaux invités au complet alors que la municipalité organise une deuxième cérémonie pour eux.
INTERPRÉTER L’INTERDICTION D’ENTRER
Comment comprendre l’acte d’ « interdire d’entrer » ?
C’est un interdit de type « policier », un interdit qui met en jeu la parole publique (des policiers municipaux), la menace, la force physique… Il est à ranger après les interdits majeurs des sociétés décrits par les siences humaines et les sciences sociales (on pense, par exemple, à l’interdit de l’inceste). En tout cas, c’est un acte symptomatique qui doit être interprété.
Il présente un aspect enfantin. C’est comme la petite fille qui ne laisse pas son frère – ou un petit camarade – entrer dans sa chambre parce qu’elle ne veut pas qu’il touche à ses poupées. C’est comme si on était en présence d’un souvenir traumatique venant de l’enfance. Que peut craindre Laurence SPICHER-BERNIER de la présence de la veuve de l’ancien maire ? Elle a visiblement peur de quelquechose. Que Geneviève MARSAUDON dise quelque chose ? Que Geneviève MARSAUDON fasse quelque chose ? Mais toute la vie sociale et toute la vie publique sont à la merci de ce genre d’interrogations à l’égard de l’autre. C’est la peur de l’altérité. On ne sait pas ce que les autres vont dire, vont faire… C’est tout simplement du ressort de leur liberté. Rappelons-nous la question que pose René CHAR, « Comment vivre sans inconnu devant soi ? » (Le poème pulvérisé, 1945-1947). Vivre, c’est assumer cette incertitude générale. Et pour cela, il faut être en paix avec soi-même.
Alors, pourquoi cet interdit ?
Laurence SPICHER-BERNIER agit-elle pour elle-même ? Ou agit-elle contre l’autre ? Il s’agit de faire comprendre le « j’ai le pouvoir de t’empêcher d’entrer », « mes policiers municipaux obéissent à mes ordres ». Ou encore contre les autres « vous voyez, je fais ce que je veux », «j’ai le pouvoir d’empêcher d’entrer ceux qui ne me plaisent pas ». Ce n’est pas « face book » (le livre des visages) c’est « face door » (la porte des visages) : celle dont le visage ne me revient pas, reste à la porte !
Symboliquement, c’est « barrer la route », « on ne passe pas ». Comment ne pas faire un lien avec le « casse-toi pauvre con » de Nicolas SARKOSY ? Mais, dans ce cas, on est dans une situation conflictuelle exprimée. Le président de la république l’adresse en retour à une personne physique qu’il a en face de lui et qui l’a interpellé.
Maintenant, quels effets cette interdiction produit-elle ?
Interdire, c’est discriminer. C’est monter la différence qu’il y a entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors.
Interdire, c’est exclure. C’est « circulez, il n’y a rien à voir », « je ne veux pas vous voir », « rentrez chez vous ».
Interdire, c’est diviser.
Discrimination, exclusion, division : nous sommes au coeur de la stratégie du maire de Savigny-sur-Orge depuis qu’elle exerce ses fonctions.
Une rhétorique politique de dénigrement systématique émanant du pouvoir détruit le respect indispensable à la vie démocratique. Comme le constate Marion JUST, professeur de sciences politique au Wellesley College, « A force de considérer ses adversaires comme des cibles, et de multiplier les attaques « ad hominem », on peut donner le sentiment (…) qu’il est légitime de s’en prendre à un élu politique ». En l’occurrence à la veuve d’un élu politique (4).
RÉFÉRENCES
1. « Savigny-sur-Orge. La veuve de Jean MARSAUDON interdite de voeux », Le Parisien Essonne-Matin, 10 janvier 2011.
2. Texte du carton d’invitation : « Madame Laurence Spicher-Bernier, maire de Savigny-sur-Orge et le conseil municipal sont heureux de vous présenter leurs meilleurs voeux pour l’année 2011 et vous prient de bien vouloir assister à la réception qu’ils donneront à cette occasion samedi 8 janvier 2011 à 19 heures 30. Centre sportif Pierre-de-Coubertin, avenue de l’Armée Leclerc »
3. HESSEL Stéphane, Indignez-vous, Indigène Éditions, 2010.
4. JUST Marion, Libération, 10 janvier 2011. Marion Just est professeur de sciences politiques à Wellesley College, Massachusetts, USA.