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Idées politiques – Savigny-Avenir. Territoire et Démocratie Numérique Locale (TDNL) https://savigny-avenir.fr « Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». Christophe de Savigny Wed, 22 Apr 2015 06:20:38 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.1 « Des idées neuves pour un nouveau monde » (Global Conférence 2014, Fontevrault) https://savigny-avenir.fr/2014/06/02/des-idees-neuves-pour-un-nouveau-monde-global-conference-2014-fontevrault/ Mon, 02 Jun 2014 03:00:52 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=13927 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°94, lundi 2 juin 2014

L’ambition de la 9e édition de la Global Conférence des Ateliers de la Terre est de fournir les clés de compréhension pour repenser le « vivre-ensemble ». A cette occasion, des « planetworkers » viendront échanger et proposer leurs solutions sur différents enjeux majeurs permettant d’imaginer un nouveau projet de société autour de trois questions : Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ? Quelle économie pour refonder la société (nouveaux modèles, nouvelles solidarités…) ? Quels choix et quelles actions ? (Synthèses des travaux et recommandations).

Global Conférence est un laboratoire qui regroupe un ensemble de parties-prenantes impliquées dans l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Elle est fondée sur un dialogue entre des acteurs d’horizons divers, mais aussi sur le partage de bonnes pratiques et la valorisation de solutions concrètes et innovantes, constituant un lieu d’échanges et de savoirs.

LA FIN D’UN MODE DE DÉVELOPPEMENT
OU LA FIN D’UN MONDE ?

Partout dans le monde un certain nombre de mouvements sociaux, de tendances politiques, géopolitiques et économiques, laissent présager de la fin d’un mode de développement et de la remise en question d’un mode de vie et de consommation devenus insoutenables.

ACCEPTABLE OU PAS ACCEPTABLE ?

Dans le même temps, de nouveaux projets de société émergent aux quatre coins du globe, redéfinissant le rapport entre l’homme et la nature, inventant de nouveaux modèles économiques et imaginant un nouvel ordre social basé sur de nouvelles valeurs. Comment la société peut-elle se positionner sur ce qu’elle est prête à accepter et ne pas accepter ? Comment définir ensemble un nouveau projet de société plus respectueux de l’homme et de l’environnement, sans pour autant faire table rase du passé ?

Choisir ce qui est acceptable ou non est essentiel pour avancer. Mais ce n’est qu’un point de départ. On crée un projet de société en proposant des idées, des valeurs, des concepts, des principes et en définissant un idéal à atteindre. Il faut donc dans un premier temps identifier ce que l’on ne veut pas, pour ensuite élaborer un idéal commun, qui comporte bien sur une dimension utopique, synonyme d’espoir, de rêve et d’enchantement. Sans une part d’utopie, on ne peut trouver la force et les convictions nécessaires à la création d’un nouveau modèle sociétal.

DÉNONCER OU PROPOSER ?

En s’arrêtant à la première étape, nous n’arrivons qu’au milieu du chemin. Il est d’ailleurs bien plus facile de dénoncer et de stigmatiser, que de proposer, d’innover et de créer. Pour imaginer un renouveau du vivre-ensemble, nous ne pouvons nous contenter d’être juge de l’histoire, mais devons aussi devenir les bâtisseurs d’un futur meilleur. Là est le temps du choix.

Le programme comprend trois séances plénières et dix séances de « focus ».

  • Séance Plénière 1 : Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ?
  • Séance Plénière 2 : Quelle Économie pour refonder la société ? Nouveaux modèles économiques et nouvelles solidarités.
  • Séance Plénière 3 : Du choix aux actions. Synthèses des travaux et recommandations.
  • Focus 1 : Mettre fin au gaspillage alimentaire permettra-t-il de nourrir le monde ?
  • Focus 2 : L’économie collaborative supplée-t-elle l’économie traditionnelle ou la transforme-t-elle ?
  • Focus 3 : Peut-on imaginer un nouveau projet de société sans repenser le rôle de l’éducation ?
  • Focus 4 : Jusqu’où la parole citoyenne a-t-elle un impact à l’heure du « glocal » ?
  • Focus 5 : La place de la science dans la société : que signifie le progrès aujourd’hui ?
  • Focus 6 : Comment mettre en place une politique d’économie circulaire réaliste et efficace ?
  • Focus 7 : Quelles nouvelles politiques de l’eau choisir ?
  • Focus 8 : Nucléaire et hydrocarbures de schiste : quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter ?
  • Focus 9 : Les entreprises détiennent-elles la clé des négociations climatiques internationales ?
  • Focus Spécial : Économie Numérique dans les pays émergents : accélérateur de croissance et/ou de la fracture numérique sud-nord ?

D’autres formats de discussion ont lieu comme : « Best Practice Corners », Faces-à-Faces, « Garden Talks », Témoignages, « Business Innovation Place » …

Mercredi 4  juin 2014

Séance plénière 1. « Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ? »
La multiplication des crises que nous traversons actuellement, économique, financière, sociale, environnementale et politique, se traduit également par une crise des valeurs qui avaient fondé nos sociétés. Celles-ci connaissent des transformations importantes, certaines d’entre-elles étant même profondément remises en question. Un nouveau projet de société nécessite d’identifier, de promouvoir ou de réhabiliter certaines valeurs partagées qui fonderont le nouveau contrat social. Quelles sont donc ces valeurs que nous devrons placer au cœur d’un nouvel idéal commun ?

Focus 1. « L’économie collaborative supplée-t-elle l’économie traditionnelle ou la transforme-t-elle ? »
L’économie collaborative, nouveau modèle économique dans lequel l’usage prédomine sur la propriété, permet aux consommateurs de louer, vendre, échanger, ou donner des biens directement à d’autres consommateurs. En pleine croissance depuis quelques années, ce nouveau pan de l’économie doit son explosion à l’essor d’Internet et des places de marchés « peer-to-peer », mais aussi au développement des systèmes de réputation numérique. Covoiturage, « crowdfunding » et « couchsurfing », ne sont que les exemples les plus célèbres de ces nouvelles pratiques. Incarnée par le succès rapide de certaines entreprises pionnières, l’économie collaborative est aujourd’hui un véritable mouvement de fond qui transforme peu à peu nos modes de consommation. Alors l’économie collaborative remet-elle vraiment en question l’économie traditionnelle ? Risque-t-elle un jour de la faire disparaître ?

Focus 2. « Les entreprises détiennent-elles la clé des négociations climatiques internationales ? »
Malgré les différents sommets internationaux, aucun traité contraignant n’existe à ce jour pour forcer les États à s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique. Malgré quelques légères avancées, le plus dur reste à faire pour obtenir un accord global et engageant pour la première fois tous les États du Monde. Ces négociations internationales, s’inscrivant dans le cadre du Protocole de Kyoto, ne concernent que les États souverains, excluant de facto des négociations d’autres types d’acteurs issus de la société civile. Est-ce à dire que ces autres acteurs n’ont pas voie au chapitre et qu’ils n’ont aucun pouvoir d’influence sur les gouvernements des pays dont ils sont issus ? Quel est le véritable rôle des multinationales dans les négociations climatiques internationales ? Ont-elles le pouvoir de bloquer ou de débloquer ces négociations ? Comment faire des entreprises un atout pour la réussite des négociations ?

Focus 3. « Quelles nouvelles politiques de l’eau choisir ? »
La politique de l’eau doit permettre de répondre à un certain nombre d’enjeux autour de cette ressource vitale : l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous, la prévention des risques, la préservation de la ressource et des milieux aquatiques, la prévention des pollutions et le développement des activités liées à l’eau (industrie, agriculture, transport, loisirs…). Mais pour mettre en place une gestion de l’eau efficace, aussi bien au niveau de la ressource que du service, dans un contexte marqué par les préoccupations sanitaires croissantes des populations, il est essentiel d’élaborer une gouvernance adaptée aux particularités de chaque situation, en y impliquant à la fois les autorités locales, les opérateurs et les usagers. Alors comment répartir les responsabilités entre ces différentes parties-prenantes et comment définir les rôles de chacun ?

Focus 4. « Peut-on imaginer un nouveau projet de société sans repenser le rôle de l’éducation ? »
L’éducation joue un rôle essentiel dans la transmission des valeurs communes et la formation des citoyens. En plus de compter parmi les premières instances de socialisation après la famille, l’école et le monde de l’enseignement contribuent à structurer l’esprit critique des citoyens et doivent leur apporter les connaissances qui leur permettront de comprendre leur monde, pour mieux s’y intégrer et le faire évoluer. Vecteurs incontournables pour faire émerger un nouveau projet de société et renouveler le vivre-ensemble, le système éducatif comme les contenus pédagogiques ne sont cependant pas adaptés aux enjeux de notre temps et ne donnent plus les clés permettant d’imaginer un nouveau modèle sociétal. Repenser le rôle de l’éducation et la replacer au cœur du nouveau contrat social devient donc indispensable. Dans quelle direction faut-il faire évoluer les programmes et les systèmes éducatifs des différents pays et quelle place donner à l’éducation dans l’élaboration d’une nouvelle société ?

Jeudi 5 juin 2014

Focus 5. « Jusqu’où la parole citoyenne a-t-elle un impact à l’heure du glocal ? »
À l’heure où la mondialisation transforme notre relation à l’espace, et où internet et les réseaux sociaux sont devenus des vecteurs de communication instantanée et planétaire, on voit peu à peu émerger de nouvelles formes de mobilisations citoyennes. Que l’on pense aux diverses campagnes de pétitions numériques ou encore aux actions de groupe, on constate un renouveau de la parole citoyenne, aussi bien au niveau local que global.

Mais ces nouvelles formes de mobilisation citoyennes ont-elles réellement un impact lorsqu’il s’agit de faire évoluer différentes politiques et leur mise en œuvre ? La parole citoyenne est-elle véritablement un facteur de changement ? Comment l’expression de la société civile peut-elle être à l’origine d’un nouveau projet de société ?

Focus 6. « Nucléaire et gaz de schiste : quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter ? »
Trois ans après la catastrophe qui a frappé le Japon, la situation n’est pas encore rétablie dans la centrale de Fukushima, rappelant avec force les risques de long terme liés à un accident nucléaire. Malgré l’ambition de certains gouvernement de mettre en œuvre une transition énergétique pour favoriser une sortie progressive du nucléaire et diminuer notre recours aux énergies fossiles, les choses n’avancent que très lentement. Dans le même temps, la révolution des hydrocarbures de schiste pousse certains États à s’intéresser à cette ressource fossile, dont les techniques d’extraction sont fortement contestées et dont les coûts ne sont pas totalement maîtrisés. Inventer un nouveau projet de société implique de repenser notre rapport aux ressources naturelles et de transformer nos modèles d’approvisionnement et de consommation énergétiques. Le risque zéro n’existant pas, quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter dans l’élaboration de ces nouveaux modèles énergétiques ?

Focus 7. « Comment mettre en place une politique d’économie circulaire réaliste et efficace ? »
L’économie circulaire, démarche économique promouvant un système industriel sobre en carbone, en énergie et en ressources naturelles basé sur l’éco-conception et le recyclage, est aujourd’hui présentée comme une solution concrète en réponse à certains défis du développement durable. Si de plus en plus d’acteurs se réclament de ce modèle, on peut néanmoins se demander s’il est possible de mettre en place une véritable politique industrielle axée sur les principes de l’économie circulaire. Comment mettre en place une dynamique d’économie circulaire efficace ? A quelle échelle peut-on mettre en place une politique réaliste d’économie circulaire ? Quels sont les leviers pour faire de ce modèle une réalité sur nos territoires ?

Focus Spécial. « Économie Numérique dans les pays émergents : accélérateur de croissance et/ou de la fracture numérique sud/nord ? »
L’économie numérique est en plein essor dans les pays émergents et ouvre une voie nouvelle pour la croissance et l’entrepreneuriat dans ces pays. Les secteurs dans lesquels internet aura un impact décisif sont les services financiers (paiement mobile), l’éducation (e-learning, e-training, Open University, MOOC…), la santé, le commerce et l’agriculture. Cet essor de l’économie numérique va modifier rapidement et profondément les sociétés des pays émergents. S’appuyant sur les NTIC, une nouvelle économie est donc en train de se construire, tirée par les besoins sociaux et les contraintes environnementales, génératrices d’opportunités pour le développement massif de services, mais aussi d’inégalités en termes d’accès et de maitrise des outils. Alors comment faire pour que cet essor de l’économie numérique profite à tous ? Cette émergence de l’économie numérique peut-elle être génératrice d’une croissance durable tout en permettant de réduire la fracture numérique sud-nord ?

Focus 8. « Mettre fin au gaspillage alimentaire permettra-t-il de nourrir le monde ? »
Chaque année, plus d’1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillés dans le monde, soit près d’un tiers de la production globale de denrées alimentaires dédiées à la consommation. Si ce phénomène touche indéniablement les pays développés (standardisation des produits, dépassement des dates de péremption, non-utilisation de la totalité des aliments), il touche également des pays émergents ou en voie de développement, dans lesquels le problème de la faim et de la sécurité alimentaire n’est pas encore réglé. Dans ces cas, il s’agit bien souvent d’un manque d’infrastructures (systèmes de refroidissement et/ou de conditionnement), empêchant la rencontre entre l’offre et la demande. Face à ce constat, de plus en plus d’acteurs se mobilisent pour lutter contre le gaspillage alimentaire, à la fois pour s’éloigner d’un modèle intensif de production agricole, mais aussi pour permettre aux plus démunis d’accéder à l’alimentation. Alors mettre fin au gaspillage alimentaire pourra-t-il permettre de nourrir tous les habitants de notre planète ? Où alors la lutte contre le gaspillage doit-elle être couplée avec une nouvelle révolution agricole.

Focus 9. « La place de la science dans la société : que signifie le progrès aujourd’hui ? »
Depuis l’avènement de la Révolution industrielle, nos sociétés ont placé tous leurs espoirs dans la science comme facteur de développement économique, social et humain. Les progrès réalisés depuis cette époque ont permis une incroyable amélioration des conditions de vie de la population. Cela a également permis l’essor de la société de consommation et a considérablement transformé les modes vie, contribuant ainsi à sacraliser le progrès scientifique. Mais aujourd’hui, un certain nombre d’innovations scientifiques et technologiques sont questionnées. C’est le cas pour les OGM, les nanotechnologies, les ondes téléphoniques ou encore certaines substances chimiques largement utilisées dans l’industrie. Dans une période marquée par l’incertitude liée à certaines innovations, la science est-elle perçue comme une menace ou comme un facteur de progrès pour le développement durable de nos sociétés ?

Séance Plénière 2. « Quelle économie pour refonder la société ? Nouveaux modèles économiques et nouvelles solidarités. »
La crise que nous traversons questionne la croissance qui avait été érigée en modèle de développement depuis l’avènement de la Révolution Industrielle. La crise économique, devenue sociale et environnementale, devient aussi une crise de sens et de valeurs. Pour refonder la société et élaborer un nouveau modèle de vivre-ensemble, il est impératif de repenser la place de l’économie et donc de l’homme dans la société. De nouveaux modèles économiques connaissent aujourd’hui un essor remarquable et ont le potentiel pour transformer durablement notre relation à l’économie, en sacralisant de nouvelles valeurs de partage, de solidarité et de responsabilité. Ces nouveaux modèles participant à l’émergence d’une nouvelle économie peuvent-ils nous aider à refonder la société ?

Clôture. Séance Plénière 3. « Du choix aux actions » : Synthèse des travaux et recommandations.

 

RÉFÉRENCES
FORUM INTERNATIONAL
POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE, « Des idées neuves pour un nouveau monde », Global Conférence 2014 placée sous le haut patronage de Monsieur François HOLLANDE, Président de la République, Fontevraud, 4-5 juin 2014. http://www.planetworkshops.org/fr/index.html?utm_source=cdurable.info

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°94, lundi 2 juin 2014

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

 

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Comment différencier la droite de la gauche en politique ? (Zeev Sternhell) https://savigny-avenir.fr/2014/05/05/comment-differencier-la-droite-de-la-gauche-en-politique-zeev-sternhell/ Mon, 05 May 2014 03:00:10 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=13797 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°90, lundi 5 mai 2014

Qui est de droite ? Qui est de gauche ? Ces questions sont permanentes. Ceux qui y répondent le font par rapport à ce qu’ils croient penser, et à ce qu’ils pensent croire, laissant de côté le fait qu’ ils ne croient pas qu’ « ils sont pensés » par l’histoire, une histoire qui est à l’échelle, à la fois de plusieurs siècles, et de leur vie propre,  parce que fondatrice de leur éducation, de leur formation, de leurs rencontres, de leurs expériences.

L’historien Zeev STERNHELL, dans un ouvrage devenu un classique de la pensée politique (1), a montré que la France avait un lien spécial avec les pensées extrêmes, c’est-à-dire avec les conceptions totalitaires. Pour lui, cette pensée joue un rôle dans l’invention de l’idéologie fasciste. Il écrit :

« Pour comprendre un système ou un mouvement politique, il faut chercher ce qu’Alexis de TOCQUEVILLE appelait les « idées mères », et que Max WEBER nommait les « idéaux-types ».

L’idée mère de la gauche, c’est que le monde doit être changé parce qu’il est injuste.

L’idée mère de la droite, c’est que le monde représente – à un moment donné – tout ce que l’on peut avoir. Il n’y a rien de mieux à espérer que ce qui existe : on ne peut procéder qu’à des aménagements de détails.

L’idée mère du fascisme est une troisième voie qui entend changer le monde, opérer une révolution morale et spirituelle, et mettre en marche la nation au moyen de mythes, en gardant intactes les structures économiques. Il ne s’agit pas d’abattre la bourgeoisie, mais de la mettre au service de la nation. » (2)

Cet enchainement de concepts, comme dirait Michel de MONTAIGNE «met en branle» (3) notre réflexion, qui est ici politique, au sens où elle concerne la façon dont chaque individu se situe dans un espace collectif citoyen.

Reprenons dans l’ordre. L’idée-mère,  c’est la filiation qui fait qu’un état vécu de la société n’est jamais le produit d’une naissance spontanée. La justice et l’injustice sociale ressenties, ont pour conséquence de légitimer l’acceptation ou le refus, la possibilité même de l’existence d’une autre organisation de la société, l’affirmation qu’il faut maintenir des décisions présentes ou bien envisager des changements à venir.  On change tout, ou bien on passe juste un coup de peinture ? La totalité ou la partie ? Le central ou la périphérie ?

Se pose alors la question : Y a-t-il  deux voies ou bien trois voies ? Ici et maintenant, dans la France de 2014 : UMP et PS ? Ou bien UMP et PS et FN ? Doit-on envisager la  possibilité que le monde soit changé par une révolution morale et spirituelle, par une «mise en marche de la nation», par l’activation de mythes ? Toute réforme des structures économiques nécessite de préciser quel doit être le rôle de la bourgeoisie. Doit-il toujours, consister à tirer profit du pouvoir en place, quel qu’il soit ? Et en quelles circonstances – et dans quelles fonctions –  est-il au  « service de la nation » ?

Autant de questions d’actualité. Rupture ou alliance ? Sociale-démocratie ou  virage à droite ? Autant de questions nationales, qui sont aussi posées à chaque échelon territorial.

RÉFÉRENCES
1. STERNHELL Zeev,
Ni droite, ni gauche. L’idéologie fasciste en France, Folio Histoire, 1983.
STERNHELL Zeev et WEILL Nicolas,
Histoire et Lumières. Changer le monde par la raison, Albin Michel.
2. STERNHELL Zeev,
« Pour les fascistes, les mythes valent mieux que la raison », Philosophie magazine, n°79, mai 2014, p.44. Propos recueillis par  Alexandre LACROIX.
3. MONTAIGNE Michel de, Les Essais, III, 2 (Chapitre Du repentir)
« Le monde n’est qu’une branloire
perenne : toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Ægypte : et du branle public, et du leur. La constance mesme n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis asseurer mon object : il va trouble et chancelant, d’une yvresse naturelle. Je le prens en ce poinct, comme il est, en l’instant que je m’amuse à luy. »

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°90, lundi 5 mai 2014

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

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Savigny-sur-Orge. Les mystères de la fusion de la liste de Laurence Spicher-Bernier et de David Fabre pour le second tour des élections municipales du 30 mars 2014 https://savigny-avenir.fr/2014/03/26/savigny-sur-orge-les-mysteres-de-la-fusion-de-la-liste-de-laurence-spicher-bernier-et-de-david-fabre-pour-le-second-tour-des-elections-municipales-du-30-mars-2014/ Wed, 26 Mar 2014 20:41:52 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=13201 Continuer la lecture ]]> OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014

Quelle est la température de fusion des listes électorales ? La commune de Savigny-sur-Orge manque d’expérience concernant la mystérieuse opération qui consiste à réaliser la « fusion » de deux listes du premier tour pour en constituer une seule au second tour. Cela ne s’est pas vu dans la commune, ni à l’élection municipale de 1983, ni en 1989, ni en 1995, ni en 2001, ni en 2008. Une bien mystérieuse action qu’il convient d’étudier en laboratoire.

La fusion de deux listes aux élections municipales
produit une fracture de la confiance  citoyenne
Comment des candidats en désaccord

le 23 mars peuvent-ils être d’accord le 30 mars ?
(Le mystère de la liste fondue de Savigny-sur-Orge)

CHAISES MUSICALES

Au premier tour, il a deux fois 39 candidats, soit un total de 78 candidats. Au second tour il n’y a plus que 39 candidats. Le taux de désintégration des candidats est de 50%. On imagine les cris et chuchotements qu’une telle réduction produit. Et puis, il y a ceux qui acceptent la fusion et ceux qui la dénoncent…

PROGRAMME

Existe-t-il des ressemblances dans la dissemblance ? Au premier tour, le 23 mars, il y avait deux programmes électoraux : celui de Laurence SPICHER-BERNIER et celui de David FABRE. Au second tour, le 30 mars, il n’y a plus qu’un seul programme électoral, celui de Laurence-David SPICHER-BERNIER-FABRE ! Rien de plus dissemblable que le programme de Laurence SPICHER-BERNIER, ex UMP (exclue), ex Parti radical (exclue), ex CNI, ex UDI (?) et le programme de David FABRE, ex PS (exclu), ex EELV.

Addition ou exclusion ? La question est de savoir si deux programmes électoraux s’additionnent ou bien s’ils se soustraient ? Pour aboutir à un « programme commun » de gouvernement municipal, doit-on rechercher le plus grand diviseur commun (PGDC) ? Ou bien le plus petit diviseur commun (PDCC) ?

Il suffit de consulter les deux programmes.

Laurence SPICHER-BERNIER a publié « 10 engagements pour Savigny-sur-Orge » (1) :

  • 1. Pour une intercommunalité et des services publics utiles, p. 2
  • 2. Pour vivre en sécurité, p. 3
  • 3. Pour habiter dans un cadre de vie préservé, p. 4
  • 4. Pour soutenir l’emploi, l’économie et le commerce, p. 5
  • 5. Pour bien grandir en famille, p. 6
  • 6. Pour renforcer les solidarités, p. 7
  • 7. Pour mieux se déplacer, p. 8
  • 8. Pour se cultiver et se divertir, p. 9
  • 9. Pour s’épanouir ensemble, p. 10
  • 10. Pour des éco-engagements pour embellir Savigny-sur-Orge, p. 11

David FABRE a publié un programme en 11 chapitres (2) :

  • 1. Finances : transparence et bonne gestion de nos impôts, p. 3
  • 2. Emploi, entreprises et commerces de proximité, p. 4
  • 3. La sécurité pour tous, partout, p. 5
  • 4. La réussite républicaine : pour une ville fière et attractive, p. 6
  • 5. Premier âge et école : l’avenir de Savigny, p. 7
  • 6. Culture et sport : pour un Savigny agréable à vivre, p. 8
  • 7. Jeunes, séniors, solidarité des générations, p. 9
  • 8. Santé, social et handicap, p. 10
  • 9. Démocratie locale et vie associative, p. 11
  • 10. Travaux et aménagements, p. 12
  • 11. Urbanisme et cadre de vie : un nouveau souffle à Savigny, p. 13

QUEL SERA LE PROGRAMME COMMUN
SPICHER-BERNIER / FABRE ?

Il suffit d’additionner les 10 + 11 = 21 propositions et on constitue un programme « fourre-tout » : tout le monde retrouve son « goûter de quatre heures » : le pain, le chocolat, la confiture, les mikados, les buenos, le jus d’orange et le coca !

  • Culture : « Pour se cultiver et se divertir » (SPICHER-BERNIER, n°8, p. 7)
  • Culture et sport : pour un Savigny agréable à vivre, (FABRE, n°6, p. 8)
  • Démocratie locale et vie associative, (FABRE, n°9, p. 11)
  • Déplacements : « Pour mieux se déplacer » (SPICHER-BERNIER, n°7, p. 8)
  • Éco-engagements : « Pour des éco-engagements pour embellir Savigny-sur-Orge » (SPICHER-BERNIER, n°10, p. 9)
  • École : « Premier âge et école : l’avenir de Savigny », (FABRE, n°5, p. 7)
  • Emploi, entreprises et commerces de proximité (FABRE, n°2, p. 4)
  • Emploi, l’économie et le commerce (SPICHER-BERNIER, n°4, p. 5)
  • Épanouissement : « Pour s’épanouir ensemble » (SPICHER-BERNIER, n°9, p. 8)
  • Famille : « Pour bien grandir en famille » (SPICHER-BERNIER, n°5, p. 6)
  • Finances : « Transparence et bonne gestion de nos impôts » (FABRE, n°1, p. 3)
  • Habiter dans un cadre de vie préservé (SPICHER-BERNIER, n°3, p. 4)
  • Intercommunalité et des services publics utiles (SPICHER-BERNIER, n°1, p. 2)
  • Jeunes, séniors, solidarité des générations, (FABRE, n°7, p. 9)
  • Réussite républicaine : « Pour une ville fière et attractive », (FABRE, n°4, p. 6)
  • Santé, social et handicap, (FABRE, n°8, p. 10)
  • Sécurité (SPICHER-BERNIER, n°2, p. 3)
  • Sécurité pour tous, partout (FABRE, n°3, p. 5)
  • Solidarités : « Pour renforcer les solidarités » (SPICHER-BERNIER, n°6, p. 7)
  • Travaux et aménagements, (FABRE, n°10, p. 12)
  • Urbanisme et cadre de vie : un nouveau souffle à Savigny (FABRE, n°11, p. 13)

DES DIFFÉRENCES INCONCILIABLES
ET COÛTEUSES

CULTURE ET SPORTS

  • Laurence SPICHER-BERNIER. Racheter les murs du Cinéma Excelsior. Construire une piscine.
  • David FABRE. Créer un centre multiculturel Place Davout. Davantage de transparence sur les subventions aux associations.

DÉMOCRATIE LOCALE

  • Laurence SPICHER-BERNIER. (Rien. Constat évident du mandat 2008-2014)
  • David FABRE. Mettre en place un code de déontologie des élus. Conseils de quartier. Consultation de la population. Réponse à chaque courrier envoyé à la mairie.

ÉCOLES

  • Laurence SPICHER-BERNIER. Refuse la loi sur les rythmes scolaires.
  • David FABRE. Veut mettre en place la loi sur les rythmes scolaires.

FINANCES

  • Laurence SPICHER-BERNIER. (Rien de bien extraordinaire. L’opacité a été de mise tout au long de son mandat)
  • David FABRE. Nouvelle gestion saine, car il y a une « incertitude inquiétante sur l’état des finances de notre ville sur lesquelles la municipalité actuelle refuse de s’exprimer ». Il veut abroger « l’opacité et la dissimulation qui sont aujourd’hui la règle ».

SÉCURITÉ

  • Laurence SPICHER-BERNIER. Doubler les effectifs de la police municipale. Pas de dispositif de prévention (en dehors de celui mis en place sous le mandat de Jean MARSAUDON).
  • David FABRE. Tripler les effectifs de la police municipale. Dispositif de prévention.

RÉUSSITE RÉPUBLICAINE.

  • Laurence SPICHER-BERNIER. (Rien sur ce sujet)
  • David FABRE. Engagement fort.

SOCIAL ET SOLIDARITÉ

  • Laurence SPICHER-BERNIER. Centre d’éducation à la santé avec la ville en utilisant le partenariat public privé (PPP).
  • David FABRE. Maison Vermeil et maison de santé privée.

TRAVAUX ET AMÉNAGEMENTS

  • Laurence SPICHER-BERNIER. (Rien de bien extraordinaire)
  • David FABRE. Plan de circulation et de stationnement. Plan de déneigement. Utilisation maximale des subventions extérieures pour améliorer l’état de la ville. Transfert du réseau routier à la CALPE.

URBANISME

  • Laurence SPICHER-BERNIER. Poursuivre l’urbanisme et la maîtrise de la densification.
  • David FABRE. « Mettre fin à des années d’urbanisme anarchique et non maîtrisé». Redonner un centre à Savigny (Place Davout) en utilisant le «Partenariat public privé (PPP)».

QUEL SLOGAN CHOISIR ?

Les deux candidats vont devoir choisir un slogan. Il y a embarras du choix, comme aux Galleries Lafayette, où, c’est bien connu, « on trouve tout ». Mais, attention aux contrefaçons !

  • Action. « Agir pour vous » (SPICHER-BERNIER, p. 1)
  • Continuer. « Continuons ensemble » (SPICHER-BERNIER, p. 1)
  • Ensemble. « Savigny ensemble » (FABRE, p. 1)
  • Ensemble. « Continuons ensemble » (SPICHER-BERNIER, p. 12)
  • Intérêt partisan. « Une équipe compétente qui se consacre exclusivement à notre ville et qui refuse tout autre intérêt partisan » (FABRE, p. 14)
  • Partis. « Au-delà des partis » (FABRE, p. 1)
  • Projet. « Notre projet municipal est le votre » (FABRE, p. 19)

RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence,
Agir pour vous. Continuons ensemble. 10 engagements pour Savigny-sur-Orge, Le programme 2014-2020, Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI de Savigny-sur-Orge, élections municipales 23 et 30 mars 2014, Format A3, 12 p.
2. FABRE David,
Savigny ensemble, notre programme 2014-2020. Au-delà des partis : d’abord et avant tout au service de notre ville, Savigny-sur-Orge, élections municipales des 23 et 30 mars 2014 , 20 p. Distribué le  17 mars 2014.

ARTICLES EN LIGNE SUR http://www.savigny-avenir.info

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

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Savigny-sur-Orge. Pourquoi je n’appelle pas à voter pour Éric Mehlhorn le 30 mars 2014 ? (Olivier Vagneux) https://savigny-avenir.fr/2014/03/25/savigny-sur-orge-pourquoi-je-nappelle-pas-a-voter-pour-eric-mehlhorn-le-30-mars-2014-olivier-vagneux/ Tue, 25 Mar 2014 17:00:45 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=13141 Continuer la lecture ]]>  

 Olivier VAGNEUX
Liste « Vivons Savigny autrement »
861 voix (6,48 % des 13 290 votes exprimés)
1er tour de l’élection municipale et communautaire du 23 mars 2014
Savigny-sur-Orge

« JE N’APPELLE PAS À VOTER POUR ÉRIC MEHLHORN »

« L’autosuffisance du conseiller général savinien, dans l’édition du Parisien de ce mardi 25 mars 2014, qui compte que les voix de VSA lui reviennent, m’oblige à sortir de mon silence pour affirmer que je n’appelle pas à voter pour Éric MEHLHORN.

Je désapprouve ce « Bébé MARSAUDON », ce pourquoi j’avais demandé, à titre personnel, le 11 février 2013 l’investiture de l’UMP à sa place. Si cet homme était un temps soit peu gaulliste, il saurait que les voix des électeurs n’appartiennent pas à ceux qu’ils désignent.

Manifestement, il l’ignore, comme beaucoup de choses dans sa grande vacuité intellectuelle. C’est pourquoi l’UMP ne croyant pas en lui, misait sur son échec ainsi que le révélait Georges TRON au début du mois de mai 2013. Le président départemental de ce parti affirmait alors devant deux témoins, que Nadège ACHTERGAËLE-GUILLEMETTE, n°2 de la liste UMP, ferait la campagne. Le rejet de la gauche qui perd 1300 voix par rapport à 2008 n’est pas pour rien dans le haut score proportionnel de la liste UMP (pour rappel, Jean MARSAUDON faisait 6000 voix il y a six ans).

L’INTÉRÊT GÉNÉRAL DE SAVIGNY-SUR-ORGE

La liste de VSA est citoyenne et indépendante. Certes, elle a été déclarée DVD par la Préfecture qui a refusée de nous déclarer « sans étiquette ». Mais elle rassemble des citoyens au-delà des clivages traditionnels, avec lesquels nous nous considérons comme sans étiquette. Mes convictions de droite sont personnelles et je suis fier de témoigner de la capacité d’ouverture de VSA qui a su fédérer au nom d’un idéal commun : l’intérêt général de Savigny.

LE MENSONGE

La campagne d’Éric MEHLHORN est basée sur un mensonge car son groupe dissident s’est abstenu sur le vote du budget le 13 avril 2010, lui permettant ainsi d’être adopté et de faire augmenter les impôts saviniens de 18 %. Dans sa grande lâcheté, il n’a pas eu le courage de ses ambitions et n’a pas tenu son cap d’une opposition à ce budget confiscatoire, comme ce fut le cas le 22 mars 2010. Il n’y a qu’à consulter les registres des délibérations, pour preuve. C’est oublier que ce chantre de la transparence, qui l’inscrit en n°1 dans sa charte des élus, n’a rien publié sur son site, du budget ou des délibérations, inaccessibles au commun Savinien. Et pourtant, nous sommes plusieurs à lui avoir écrit et demandé, ce qui prouve sa grande présence, sa haute qualité d’écoute et le respect qu’il a mis à ne pas nous répondre.

Les mêmes valeurs que constatent les Saviniens qui ont dû sous ce mandat en appeler à Étienne CHAUFOUR et à Marjolaine RAUZE pour faire avancer leurs projets… Sa charte des élus est donc hypocrite, puisqu’il ne se l’applique pas à lui-même depuis dix-huit ans.

« Vivons Savigny Autrement »
http://www.vsa2014.fr

UN BILAN DE CONSEILLER GÉNÉRAL PLAT

Son bilan de conseiller général est plat. Ses collègues UMP ont rappelé leur bilan à l’occasion des municipales. Pas lui et on ne se demande pas pourquoi. Son action de conseiller municipal et d’adjoint au cadre de vie fut limité. Qu’a-t-il fait à part installer des « Toutounets » et proposer la fête des voisins dans plusieurs quartiers ? Il a continué à dépenser pour les fleurs et réparti les subventions du Conseil général de l’Essonne, ce que n’importe qui aurait pu faire…

JE VOTERAI BLANC…

En conséquence de tout cela, j’annonce que je voterai blanc ce dimanche, trop déçu des différents candidats contre lesquels je me suis engagé, qui pour la plupart n’ont rien su faire d’autre que de reprendre ce dernier mois une partie de nos idées publiées le 15 août 2013. Nous avons à Savigny une droite électorale médiocre, qui n’est pas très au fait de la sociologie politique. Je réaffirme qu’il est vraiment temps de vivre Savigny autrement.

« JE COMPRENDS MIEUX LE CHOIX DE BERNARD MÉRIGOT »

Je souhaite malgré tout bonne chance à tous les candidats pour le scrutin de dimanche, dont Éric MEHLHORN, hormis le FN et Laurence SPICHER-BERNIER, contre laquelle je me suis engagé. Je surveillerai leur action, au sein du Conseil municipal, notamment l’application des programmes et des chartes des élus.

Admettons que je comprends mieux maintenant pourquoi l’ancien premier adjoint Bernard MÉRIGOT a fait le choix de la gauche pour Savigny. Quant à mes colistiers, ils voteront en leur âme et conscience pour qui ils désirent. Je promets à tous ceux qui nous ont fait confiance, qu’avec l’équipe de VSA, nous restons mobilisés pour la suite et donnons d’ores et déjà rendez-vous à la population pour de futurs échanges et manifestations publiques.

Olivier VAGNEUX
Tête de la liste de « Vivons Savigny autrement »
861 voix (6,48 % des 13 290 voix exprimés)
1er tour de l’élection municipale et communautaire du 23 mars 2014
Savigny-sur-Orge »

NB. Les intertitres sont de la rédaction de Savigny-avenir.

RÉFÉRENCES
VAGNEUX Olivier,
« Pourquoi je n’appelle à voter pour Éric Mehlhorn le 30 mars 2014 ? », Vivons Savigny Autrement. Au plus proche de votre quotidien », http://www.vsa2014.fr. 25 mars 2014. http://vsa2014.fr/spip.php?article246

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

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Savigny-sur-Orge. Premiers remerciements des candidats aux élections suite au premier tour de l’élection municipale (Éric Mehlhorn) https://savigny-avenir.fr/2014/03/25/savigny-sur-orge-premiers-remerciements-des-candidats-aux-elections-suite-au-premier-tour-de-lelection-municipale-eric-mehlhorn/ Tue, 25 Mar 2014 08:54:50 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=13127 Continuer la lecture ]]> OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014

Le second tour de l’élection municipale et communautaire a lieu dimanche prochain, le 30 mars. Suite au premier tour du dimanche 23 mars, les candidats adressent traditionnellement des remerciements aux électeurs.

Le premier des sept candidats de ce premier tour (1) à avoir distribué un tract, trouvé ce matin mardi 25 mars à 6 heures dans les boîtes à lettres, est Éric MEHLHORN, candidat UMP/MODEM/DLR.

Éric MEHLHORN (UMP)
Commune de Savigny-sur-Orge
Élection municipale des 23 et 30 mars 2014
Liste «Le bon sens pour Savigny»
Tract de remerciement après le 1er tour du 23 mars 2014

Rédiger le texte dès que les résultats sont connus (le dimanche 23, à 23 heures…), imprimer (le lundi 24, dans la journée) et distribuer (dans la nuit du 24 au 25…). Les journées sont longues pour les candidats aux élections et les militants qui les soutiennent !

Cette distribution, dans un délai bref, à n’en pas douter, ne peut être interprété que comme un signe évident de réactivité du candidat et de son équipe.

On attend les tracts des autres candidats. (2) Il est à noter que certains candidats publient des articles sur leur site Internet de campagne.

C’est le cas de Pierre GUYARD (PS/EELV/PRG/PC)

« 24 mars 2014
Nous sommes 1ers au 1er tour, nous comptons sur vous pour rester 1ers au second !
Grâce à vous, notre liste est arrivée en tête des suffrages. Je vous remercie pour la confiance que vous avez bien voulu m’accorder hier, dès le premier tour des élections municipales. Mon équipe et moi-même en sommes honorés et déterminés plus que jamais à apporter le renouveau pour Savigny-sur-Orge. Pour cela nous devons mobiliser toutes les forces de progrès dans notre ville. Je compte sur vous pour saisir cette occasion historique de d’offrir une véritable alternative à Savigny-sur-Orge. Chaque voix compte. Rendez-vous dimanche !
Fidèlement,
Pierre Guyard »

http://guyard2014.fr/?p=627

C’est le cas également d’Olivier VAGNEUX, candidat de la liste « Vivre Savigny Autrement (VSA) » qui a mis en ligne sur son site, dès le matin du 24 mars, un bref article :

« AUCUNE CONSIGNE DE VOTE.                        
VSA remercie ses 861 électeurs qui lui ont permis d’atteindre le score de 6,48 % au premier tour des municipales à Savigny. Fidèles à notre éthique, nous ne fusionnerons pas et nous ne donnons aucune consigne de vote pour le second tour. Nous espérons simplement que nos électeurs ne voteront pas Front National, parti extrémiste et creux.

24 mars 2014 par OV »

http://www.vsa2014.fr/spip.php?article245

RÉFÉRENCES
1. MEHLHORN Éric
, « Remerciements. Tract distribué dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. A4 recto.
2.
Pierre GUYARD, Éric MEHLHORN, Laurence SPICHER-BERNIER, Audrey GUIBERT, David FABRE, Olivier VAGNEUX, Jean ESTIVILL

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Savigny-sur-Orge. Qui est candidat aux élections municipales du 23 mars 2014 ? https://savigny-avenir.fr/2014/03/03/savigny-sur-orge-qui-est-candidat-aux-elections-municipales-du-23-mars-2014/ Mon, 03 Mar 2014 03:00:05 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=12570 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°81, lundi  3 mars 2014

OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014

J – 21 jours ! Les grandes étapes du parcours des candidats et des listes pour les élections municipales sont connues : déclaration de candidature, journal de campagne, tract, programme électoral, dépôt de la liste à la sous-préfecture, réunion, profession de foi adressée aux électeurs, sans oublier mails, sites Internet, Facebook, Twitter… Le premier tour a lieu le dimanche 23 mars. Où en sont les listes de l’accomplissement de cet itinéraire à la date du samedi 1er mars, trois semaines avant (J – 21 jours) ?

LISTES DÉPOSÉES A LA SOUS-PRÉFECTURE DE PALAISEAU
à la date du 28/03/2014
Élections municipales de Savigny-sur-Orge (1)

  • Pierre GUYARD (PS/EELV/RG/PC) « Savigny notre ville »
  • Laurence SPICHER-BERNIER (UDI) « Agir pour vous. Continuons ensemble »
  • Éric MEHLHORN (UMP) « Le bon sens pour Savigny »
  • Jean ESTIVILL « Savigny égalité »
  • David FABRE « Savigny ensemble »
  • Audrey GUIBERT (FN) « Savigny Bleu Marine »

Pour la première fois en 2014, il y a deux listes à la suite :

  • liste des conseillers municipaux (39 candidats et candidates : la moitié d’hommes, la moitié de femmes)
  • liste des conseillers communautaires (20 candidats et candidates, la moitié d’hommes, la moitié de femmes)

L’ÉTONNANT RYTHME DE LA CAMPAGNE

Il est à noter que seule Laurence SPICHER-BERNIER, maire sortante, a publié une brochure-bilan de 12 pages. On doit s’interroger sur la surprenante lenteur des candidats. Ainsi, à ce jour, aucune n’a liste n’a encore publié son programme pour le prochain mandat (2014-2020). C’est comme si tout le monde attendait tout le monde, la règle semblant être : le plus tard possible. Avec les surprises que réserve souvent la politique des flux tendus et du «juste-à-temps».

  • semaine n°10 : Lundi 3 mars-Dimanche 9 mars ( – 21 jours/ – 15 jours)
  • semaine n°11 : Lundi 10 mars-Dimanche 16 mars ( – 14 jours/ – 8 jours)
    Plusieurs réunions de présentation de liste de candidats sont prévues.
  • semaine n°12 : Lundi 17 mars-Dimanche 23 mars ( – 7 jours/ 0 jour)
    Distribution des enveloppes de propagande officielle du 1er tour : chaque électeur reçoit à son domicile une enveloppe nominative contenant, pour chaque candidat, une «profession de foi» et un bulletin de vote pour le premier tour du dimanche 23 mars.

    Dimanche 23 mars : 1er tour des élections municipales
  • semaine n°13 : Lundi 24 mars – Dimanche 30 mars
    Quelles listes disparaissent ? Quelles listes se maintiennent ? Dépôt des listes. Distribution des enveloppes de propagande officielle du 2e tour : chaque électeur reçoit à son domicile une enveloppe nominative contenant, pour chaque candidat, une «profession de foi» et un bulletin de vote pour le premier tour du dimanche 30 mars.Dimanche 30 mars : 2e tour des élections municipales.

    Dimanche 30 mars : 2e tour des élections municipales
  • semaine n°14 : Lundi 31 mars – Dimanche 6 avrilAu plus tard le dimanche 6 avril(sous réserve de la date choisie par le maire sortant) :
    1ere séance publique du conseil municipal. Élection du maire et des adjoints.

    (En 2008, la liste de Jean MARSAUDON a été élue le dimanche 9 mars 2008 au 1er tour. Le 1er conseil municipal au cours il a été réélu maire, et où les adjoints ont été élus s’est tenu le 15 mars 2008)

RÉFÉRENCES
1.
Le présent article est rédigé avec les informations dont nous disposons. Merci par avance à ceux qui nous feront part de leurs observations. Il est évident que seuls les récépissés de dépôt font foi.

Articles en ligne concernant les élections municipales de 2014
en ligne sur le présent site http ://www.savigny-avenir.info

DOCUMENT du 3 mars 2014

« Mehlhorn (UMP) a déposé sa liste à Savigny-sur-Orge
Les candidats n’ont pas perdu de temps à Savigny-sur-Orge. Dans la 4e ville du département, où le scrutin s’annonce extrêmement ouvert, six listes ont déjà été déposées et enregistrées par la préfecture. C’est le cas de Laurence SPICHER-BERNIER, la maire (UDI) sortante, Pierre GUYARD (PS-EELV-PCF-PRG), David FABRE (Savigny ensemble), Audrey GUIBERT (FN). Jean ESTIVILL (Savigny égalité) et surtout Éric MEHLHORN (UMP). Les instances départementales de l’UMP avaient invité le conseiller général à rejoindre la liste de la maire (UDI). Malgré un pacte de non-agression, au premier tour, Éric MEHLHORN n’a finalement pas cédé. Deux autres candidats pourraient déposer leur lise d’ici jeudi. Dominic LEBRUN (Parti de gauche) et Olivier VAGNEUX (Vivons Savigny autrement). »
Le Parisien Essonne matin, 3 mars 2014.

COMMENTAIRE du 3 mars 2014

Éric MEHLHORN, tête de la liste « Le bon sens pour Savigny » a complété la page de son site :

« UNE ÉQUIPE D’AVENIR, COMPÉTENTE, SÉRIEUSE ET HUMANISTE
Je suis heureux de vous présenter l’équipe qui a la volonté de remettre Savigny-sur-Orge dans le Bon Sens. Le Bon Sens, c’est faire entrer notre ville dans la modernité, sans renoncer à ce qui forge son caractère et son identité, à ce que nous sommes, nous Saviniens. C’est avancer avec enthousiasme, confiants en nos atouts et dans l’intelligence collective de toutes les forces vives. Le Bon Sens, c’est défendre avec vigueur nos intérêts tout en saisissant l’opportunité d’inscrire nos propositions d’actions dans une communauté de destin intercommunal, pour une ville plus solidaire, plus sûre, plus agréable à vivre pour chacun. Le Bon Sens, c’est vouloir pour notre commune une nouvelle gouvernance animée par des élus ouverts d’esprit, ouverts au dialogue, qui accompliront leur mandat avec discrétion, transparence et sens de l’engagement. Des élus naturellement proches de vous, disponibles et uniquement préoccupés par le service de l’intérêt général. Des élus de tous nos quartiers qui vous rendront régulièrement des comptes sur la gestion du budget et sur la réalisation de nos projets  dans le cadre d’une vie démocratique rénovée et apaisée
Comme moi, toutes et tous, défendent une certaine éthique de l’exercice des responsabilités municipales. C’est pourquoi, ensemble, nous signerons une charte de l’élu de Savigny-sur-Orge. Celle-ci nous engagera pour la durée de la mandature.
En attendant de vous dévoiler l’intégralité de la liste, voici un petit aperçu des membres de notre équipe du Bon Sens : Nadège ACHTERGAELE, Jacques PATAUT, Anne-Marie GERARD, Daniel GUETTO, Réjane MALGUY, Christophe GUILPAIN, Joëlle EUGENE, Sébastien BENETEAU. »

Les neuf premiers candidats de la liste des conseillers municipaux sont, par ordre, les suivants : 1. Éric MEHLHORN, 2. Nadège ACHTERGAELE, 3. Jacques PATAUT, 4. Anne-Marie GERARD, 5. Daniel GUETTO, 6. Réjane MALGUY, 7. Christophe GUILPAIN, 8. Joëlle EUGENE, 9. Sébastien BENETEAU…

RÉFÉRENCES
MEHLHORN Éric,
« Une équipe d’avenir, compétente, sérieuse et humaniste », http://www. bonsens2014.wordpress.com, 3 mars 2014. http://bonsens2014.wordpress.com/le-bon-sens/

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°81, lundi  3 mars 2014

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

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Savigny-sur-Orge. La « mise au point » de Laurence Spicher-Bernier nécessite un décodage https://savigny-avenir.fr/2014/02/11/savigny-sur-orge-la-mise-au-point-de-laurence-spicher-bernier-necessite-un-decodage/ Tue, 11 Feb 2014 14:40:41 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=12224 Continuer la lecture ]]> L’édition du 11 février 2014 du « Parisien Essonne matin » publie une longue interview de Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge. (1) Ses réponses ne sauraient constituer – sans discussion – une vérité établie. Elles nécessitent un décodage afin de les réintroduire dans le débat démocratique, espace de parole pluraliste, ouvert à tous les candidats aux élections municipales des 23 et 30 mars 2014, et à tous les citoyens.

Bernard MÉRIGOT

« Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI)
doit faire face à de multiples divisions dans sa ville »
Le Parisien Essonne matin, 11 février 2014

LA PISCINE COMMUNALE DE SAVIGNY-SUR-ORGE

Laurence SPICHER-BERNIER. « La piscine est un équipement social. Ça coûte nettement moins cher qu’un stade ou qu’un foyer-logement ».

  • DÉCODAGE. La piscine a déjà coûté 500 000 € de frais d’études qui ont été votés au budget primitif 2013 de la commune. Et rien n’est réalisé à ce jour… sinon des plans, des études et des simulations graphiques. Le coût de 9 500 000 € représente les dépenses d’investissement hors taxes (HT). Le montant total sera de 11 000 000 toutes taxes comprises (TTC). Il s’agit d’un coût estimé car nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles dépenses lors de la construction. Le terrain prévu pose des problèmes pour les fondations. A ce montant, il faut ajouter chaque année une dépense de fonctionnement (qui n’a jamais été annoncée de façon détaillée par Laurence SPICHER-BERNIER) comprise entre 500 000 € et 1 000 000 €.

    On se demande quel stade sportif existant dans la commune peut bien coûter aussi cher !
    Une piscine n’a rien à voir avec un foyer-logement pour personnes âgées ! Comme à son habitude, pour imposer ses vues, Laurence SPICHER-BERNIER compare deux réalités différentes, correspondant à des pratiques sociales et à des gestions d’équipements publics qui n’appartiennent pas à un même « ordre de comparaison ». ARISTOTE avait déjà relevé l’usage du « mélange des genres » en rhétorique : il consiste à comparer des choses qui n’ont rien à voir. C’est la pratique de la rupture logique.

LE RECRUTEMENT DES FUTURS EMPLOYÉS DE LA PISCINE

Laurence SPICHER-BERNIER. « Je vais exiger que la priorité des emplois revienne aux Saviniens. »

  • DÉCODAGE. Si chaque collectivité locale se met à recruter comme fonctionnaires territoriaux des personnes habitant exclusivement sur son territoire, nous revenons à une conception féodale de l’emploi public. Établir une priorité fondée sur la résidence, en faveur de certains candidats, au détriment d’autres candidats, est contraire au droit. Cela relève d’une discrimination à l’embauche, d’un racisme économique, d’un chantage à l’emploi qui est inadmissible. « Vous habitez à Savigny-sur-Orge, on vous embauche. Vous habitez à Athis-Mons, on ne vous embauche pas ».

LE MONDE POLITIQUE

Laurence SPICHER-BERNIER. « Le monde politique est particulièrement difficile de manière générale. »

  • DÉCODAGE. Ce n’est pas le monde politique qui est difficile. Ce sont les élus qui le rendent difficile. Laurence SPICHER-BERNIER fait partie des élus qui rendent la vie politique difficile. Pourquoi ? Pendant tout son mandat, de septembre 2008 à mars 2014, Laurence SPICHER-BERNIER a donné dans la surcompensation psycho-politique : elle a été élue maire par le conseil municipal, à la majorité, suite au décès de Jean MARSAUDON, et ce, sans avoir été élu sur son nom propre. Au cours de trente-et-une années de mandat local, j’ai côtoyé des élus et des élues dans les instances intercommunales, dans des colloques, dans des congrès… Je n’y ai jamais rencontré d’arrogance autocrate, de goûts dispendieux. Ils n’ont jamais réuni à 8 H 30 du matin des conseils municipaux placés sous la surveillance de huit policiers municipaux. La lecture du compte rendu des débats publiés dans le Registre des séances du conseil municipal est édifiante. Dans cette perspective, le « monde politique particulièrement difficile » devient une plaisanterie. Est-ce un épisode de « Calimero » ? Est-il utile de rappeler les articles publiés par Le Parisien Essonne matin et, encore dernièrement, la rectification dans l’édition du 14 janvier 2014 (2). N’oublions pas que la côte de confiance des Français dans les élus est en baisse régulière chaque année (3). Les taux d’abstention aux élections augmentent. Les citoyens ne comprennent plus rien aux rivalités politiques, partisanes, des uns et des autres. Sinon qu’elles coûtent chères. Le mot d’ordre est « Je dois à tout prix empêcher ceux qui pensent différemment de moi de s’exprimer, de faire des propositions, de contribuer de façon positive à la vie de la cité. »
    Suivons l’exemple de Pierre RABHI : il prône une « sobriété heureuse ». (4) Le bonheur démocratique local doit renouer avec la sobriété des dépenses publiques et la sérénité des débats.

LES PLAINTES DE LAURENCE SPICHER-BERNIER
CONTRE LES CONSEILLERS MUNICIPAUX

La 17e Chambre du Tribunal de grande instance
Palais de justice de Paris
© BM-Mieux Aborder L’Avenir, 2014

Le Parisien Essonne-matin : « Vous avez récemment décidé de retirer les nombreuses plaintes que vous avez engagées ces dernières années à l’encontre de vos opposants. Pourquoi ? ». Laurence SPICHER-BERNIER : « Ce serait très mal venu de gaspiller son énergie à vouloir régler des comptes aujourd’hui complètement dépassés ».

  • DÉCODAGE. Le conseil municipal de Savigny-sur-Orge est composé de 39 membres (38 + Laurence SPICHER-BERNER). Au cours de son mandat, Laurence SPICHER-BERNIER a poursuivi (pour diffamation, atteinte à sa réputation, demande de démission d’office d’élus…), devant divers tribunaux (Tribunal correctionnel, Tribunal administratif, Cour administrative d’appel, Conseil d’État), 42 % des conseillers municipaux (DLR, UMP, PS). Ceux-ci ont reçu des lettres recommandées et des convocations d’huissiers. Ils ont été parfois mis en examen. Ils ont été convoqués par les tribunaux. Ils ont dû assurer leur défense… A notre connaissance, Laurence SPICHER-BERNIER ne s’est pas désistée de toutes ses actions. D’une part, suite au pourvoi en cassation de Laurence SPICHER-BERNIER auprès du Conseil d’État contre Éric MEHLHORN, au dire de l’intéressé, l’affaire est toujours en cours… D’autre part, suite au pourvoi en cassation au Conseil d’État de Laurence SPICHER-BERNIER contre Bernard MÉRIGOT, quatre dossiers sont toujours pendants devant la cour administrative d’appel de Versailles. Sans oublier, les affaires des élus PS devant la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Paris non close puisque une audience a lieu le 14 février 2014. Et, pour finir, rappelons les actions menées contre des non-élus, telle celle à l’encontre du colistier PS de 2008, François DAMERVAL (Cap 21), dont l’audience est prévue le 25 mars 2014 (même chambre correctionnelle). Il convient de souligner que les frais d’avocat des actions intentées par Laurence SPICHER-BERNIER ont été réglés par le budget de la commune. Alors que les conseillers municipaux doivent faire face personnellement à leur défense. Il est trop simple pour Laurence SPICHER-BERNIER de dire qu’elle se désisté « purement et simplement ». Ses plaintes et ses actions en justice ont causé des dommages irréversibles aux intéressés. Ceux-ci sont légitiment en droit de réclamer des dommages et intérêts.

JE T’AIME MOI NON PLUS
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI) et Éric MEHLORN (UMP)

Laurence SPICHER-BERNIER. « Sur le rassemblement, je suis toujours sur l’idée d’une union avec Monsieur MEHLHORN ».

  • DÉCODAGE. Laurence SPICHER-BERNIER a reçu l’investiture de l’UDI. Éric MEHLHORN a reçu l’investiture de l’UMP. N’oublions pas qu’elle a fait voter par le conseil municipal le retrait des délégations de six adjoints au maire sur onze : Bernard MÉRIGOT (DLR), Éric MEHLHORN (UMP), Anne-Marie GÉRARD (UMP), Daniel GUETTO (UMP), Anissa FERDJIOUI (UMP), Jean-Michel ZAMPARUTTI (UMP). Tous les six continuent de siéger au conseil municipal en tant que conseillers municipaux. Nous ne reviendrons pas sur les déclarations de Laurence SPICHER-BERNIER attaquant très sévèrement Éric MEHLHORN. Elles sont publiées au Registre des délibérations du conseil municipal. Elle a demandé au Tribunal administratif la démission d’office d’Éric MEHLHORN. Et, elle l’a poursuivi à la Cour administrative d’appel. Puis, au Conseil d’État. Aurait-elle la mémoire courte ? Le rapprochement des deux listes est-il inévitable au deuxième tour ? Il faut leur souhaiter du courage ! Ce serait une véritable catastrophe s’ils remportaient les élections : les mêmes problèmes continueront à se poser, tellement les égos des deux candidats sont surdimensionnés.Enfin, nous noterons la phrase figurant dans l’article « A ce jour, seul un pacte de non-agression avant le premier tour a été convenu entre les deux candidats ». Leurs tracts respectifs publiés depuis quelques mois en sont la preuve. Comme l’écrivait GOETHE : « La haine ne se dit pas ». Elle ne s’écrit pas non plus. Alors, connivence ?

LES JOUEURS DE BASE-BALL

Laurence SPICHER-BERNIER. « Je n’ai pas changé mon fusil d’épaule. »

  • DÉCODAGE. Étonnant lapsus lorsque l’on parle de pratique sportive ! Le mot « fusil » appartient au vocabulaire des chasseurs et des soldats. La chasse, la guerre : tout l’opposé de la vie démocratique. On peut ajouter la militarisation de la politique aux neuf trahisons de la vie démocratique établies par John DEWEY : 1. l’intolérance, 2. les insultes, 3. les mauvais traitements pour des divergences d’opinion en matière de religion, 4. de politique, 5. de commerce, 6. en raison de différences de race, 7. de couleur, 8. de fortune, 9. de niveau de culture.

LE CINÉMA EXCELSIOR

Laurence SPICHER-BERNIER. « Nous sommes toujours dans l’optique de récupérer ce cinéma. »

  • DÉCODAGE. « Récupérer » est un drôle de verbe dans le présent contexte. La commune a versé pendant des années des subventions considérables à ce cinéma alors qu’il était ouvert. Et puis, il a fermé. Est-ce que de l’argent public a continué à être versé à cette entreprise privée alors qu’elle n’apportait aucune contrepartie à la commune ? Aucune réponse n’a été apportée par Madame le Maire. Dans tous les cas, les petits Saviniens, et leurs parents, ont en mémoire le fameux ticket d’entrée remis à l’occasion d’un Noël des écoles. Ces tickets auraient été achetés par la commune alors que le cinéma était en travaux… et qu’il n’a pas rouvert depuis !

LA NOTORIÉTÉ ET LA COMMUNICATION POLITIQUE
EN QUESTION

Laurence SPICHER-BERNIER. Ma candidature aux élections législatives de 2012 : « C’était surtout pour moi une campagne de notoriété, et aussi apprendre comment communiquer. »

  • DÉCODAGE. D’abord, la mesure de la notoriété. Arrêtons-nous sur ce concept bizarre en science politique, celui de « campagne de notoriété ». En 2012, Laurence SPICHER-BERNIER est candidate à l’élection législative dans la 7e circonscription de l’Essonne (Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge, Viry-Châtillon). Les résultats sont les suivants :
    •  
    1. Éva SAS
    (PS/EELV) : 8 868 voix (22,34 %)
    •   2. Françoise BRIAND (UMP) : 7 263 voix (18,30 %)
    •   3. François GARCIA (DVG) : 6 396 voix (16,11 %)
    •   4. Audrey GUIBERT (FN) : 6 331 voix (15,95 %)
    •   5. Gabriel AMARD (FDG) : 4 437 voix (11,18 %)
    •   6. Laurence SPICHER-BERNIER (DVD) : 3 955 voix (9,99 %).
    (…)
    On retiendra que la « notoriété » de Laurence SPICHER-BERNIER est de 9,99 %. Sans commentaire. Une précision, au second tour, le 17 juin 2012, Éva SAS (PS-EELV) est élue avec 20 334 voix (53,90 %) contre Françoise BRIAND (UMP) et ses 17 392 voix (46,10%).Ensuite : « apprendre à communiquer ». Cette expression est empruntée au marketing politique, et non pas à la vie démocratique. Les élus n’ont pas à « apprendre à communiquer », c’est-à-dire à imposer leurs vues aux citoyens par des « manières non sincères ». C’est aux citoyens à imposer leurs vues. Les décisions imposées, qui vont du haut vers le bas, relèvent d’une politique révolue. Elles ne sont plus tolérables. Tout au contraire, les élus ont à « apprendre à pratiquer la démocratie », c’est-à-dire à partager le pouvoir avec les citoyens, les informer sur tous les dossiers publics, leur soumettre les projets collectifs, leur donner la parole, les écouter, prendre en compte leurs propositions, débattre, et enfin, rendre compte de l’exercice de leur mandat. Cela porte un nom, c’est la démocratie participative, fondée sur des pratiques contributives de tous les citoyens à la vie de la cité.

UNE DERNIÈRE CITATION POUR LA ROUTE

Le philosophe John DEWEY a écrit : « Tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique ».

« Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (5)

RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence,
« Municipales. La mise au point de la maire de Savigny-sur-Orge. Controversée, Laurence Spicher-Bernier (UDI) doit faire face à de multiples divisions dans sa ville. Pour la première fois, elle s’explique sur tous les dossiers qui fâchent », Le Parisien Essonne matin, 11 février 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2.
« Précision. Une erreur s’est malencontreusement glissée dans l’article paru dans nos colonnes vendredi intitulé : « A Savigny, maire et opposants retournent au tribunal ». Laurence Spicher-Bernier, maire (UDI) de la ville, n’a pas été condamnée, le 6 septembre 2011, à 18 mois de prison avec sursis pour escroquerie en fausse qualité de juriste et exercice illégal de la profession d’avocat mais à 8 mois avec sursis.», Le Parisien Essonne matin, 14 janvier 2014.
3. RESPUBLICA ET HARRIS INTERACTIVE,
Baromètre de la concertation et de la décision publique 2013, janvier 2013, 2e édition, 4 p. Enquête réalisée du 25 juillet au 1er août et du 8 au 15 août 2012. Présentation par Gilles-Laurent Rayssac et Marie-Catherine Bernard, avec les interventions de Jean-Daniel Lévy, Directeur du département politique et opinion à Harris Interactive, Robert Herrmann, Premier adjoint au Maire de Strasbourg en charge de la démocratie locale et Philippe Bilger, Président de l’Institut de la Parole, magistrat honoraire, Paris, Le Cloître, 24 janvier 2013.
4. RABHI Pierre,
Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, 2010, 144 p.
5.
DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John,
« Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

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Savigny-sur-Orge. Décodage-type d’un tract électoral (Laurence Spicher-Bernier, candidate UDI) – 1ère partie – https://savigny-avenir.fr/2014/02/04/savigny-sur-orge-decodage-type-dun-tract-electoral-laurence-spicher-bernier-candidate-udi-1ere-partie/ Tue, 04 Feb 2014 03:00:15 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=12151 Continuer la lecture ]]> OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014 (n°10)

DÉCODAGE

CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts, les distribuent dans la rue et les glissent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale. Ils méritent de faire l’objet d’une lecture critique.
ENJEUX.
Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relève de la « technologie de la démocratie ». S’agit-il de pratiques d’amateurs ou de pratiques de professionnels, artisanales ou bien industrielles ? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?

 Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Haut de la page 1

L’IMAGE ET LES MOTS

  • La photographie électorale est une lutte de tous les instants entre « le pas assez » et « le trop » : elle se situe dans une tension entre les deux. Ce n’est pas un compromis, mais plutôt un juste milieu, un équilibre sans cesse « rectifié » à la façon dont le funambule se sert de sa perche pour rester sur le fil. Une tension permanente qui ne doit pas apparaître, mais qui est « à l’œuvre » dans l’espace singulier de la figuration. Une photo « carrée ». Ni à l’improviste, ni trop posée. Le juste-ce-qu’il faut.
  • Le portrait. Pas de face et pas de trois-quart, alors, visage presque de face avec les épaules dans un faux trois quart. Le maquillage, ni trop, ni trop peu. Juste ce qu’il faut, pour éviter à tout prix que la peau ne brille. Le rouge à lèvres, ni trop, ni trop peu. Pas de rouge à lèvres, ferait négligé. Trop de rouge à lèvre, ferait chargé. Et puis, la coiffure. Là aussi, ni pas coiffée, ni trop coiffée. Se méfier de la laque qui « cartonne ».
  • Et les vêtements ? Un faux col roulé, ni pas montant, ni trop montant. Attention à la couleur. C’est le noir qui a été choisi. Ça va avec tout, le noir : on ne risque pas de se tromper, et puis la lumière ne prend pas sur le noir. Un peu triste, mais sobre. Et avec ça, une veste. Ni trop décontractée, ni trop habillée. Après le col roulé noir, attention à la couleur de la veste. Ça sera marron. En daim ? Peut-être en peau, c’est à voir, on ne voit pas très bien. Ou alors, de la suédine ? Col avec des pointes dépassantes, grosse piqure en fil plus clair. Style un peu « Annie du Far-West ».
  • Enfin, le fond. Important, la photo étant hyper-posée, pour arriver à cet aspect « naturel », il faut un fond naturel. Sans doute le Parc de Champagne à Savigny-sur-Orge. En tout cas, sur la droite, il y a un chemin en forme de S, il part à gauche, il revient à droite, et il repart à gauche… Un S, comme dans la première lettre du nom de la commune, Savigny-sur-Orge. Comme dans la première lettre de SPICHER-BERNIER. Comme dans la quatrième lettre de MARSAUDON. Et si c’était un signe ? Comme le chemin du Magicien d’Oz (The Wizard of Oz). On pense à la route de briques jaunes («road of yellow brick»).
    Il est évident que le portait a été réalisé en studio et a été incrusté sur le paysage en fond. On est ailleurs, dans un monde à la fois réel et « irréel ». La photographie électorale doit réaliser le périlleux exercice de l’entre deux du sens.
  • Les « mots électoraux ». Le premier slogan est « Agir pour vous ». Il sonne comme la seconde partie d’un « enthymème » dont le première partie, non dite, serait « Voter pour moi ». La formule complète serait « Voter pour moi/ Agir pour vous ». Un enthymème est un syllogisme qui repose sur des prémisses seulement probables qui peuvent rester implicites. Pour ARISTOTE, c’est une déduction « tirées de vraisemblances et d’indices » : si elles sont connues, l’auditeur les supplée. L’enthymème est un syllogisme dont on a supprimé, soit l’une des deux prémisses, soit la conclusion car la réalité de la proposition est incontestable et présente par la pensée. Il serait un syllogisme parfait dans l’esprit, mais imparfait dans l’expression, et constituant donc un « accident de langage ». C’est ainsi que le discours politique, sans le savoir, est parsemé d’accidents de langage.
  • Le second slogan est curieusement écrit. « Continuons ENSEMBLE ». Le premier mot en minuscule, le second mot en majuscule. Pourquoi ? Pour donner plus de poids à « ensemble » ? Est-ce bien utile ? Parce qu’il faut préciser que le document original du texte reproduit ci-dessus occupe toute la surface d’une feuille 21 x 29,7 cm, un A4. Les lettres de « ENSEMBLE » mesurent 1,5 cm de hauteur. Serait-ce une édition pour mal-voyants ? Alors, posons-nous la question : Peut-on ne pas voir ?

Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Bas de la page 1

« RACONTER DE BELLES HISTOIRES POLITIQUES… »

 « La gauche va briguer vos suffrages en mars 2014 comme François Hollande en mai 2012. Elle va vous raconter de belles histoires en vous promettant des lendemains qui chantent ! Avant de faire votre choix, il vaut mieux connaître les candidats de la Gauche savinienne ». (1) Les électeurs sont ainsi prévenus, par cette annonce, du dévoilement d’une vérité. Le discours politique accomplit un tour : révéler ce qui est ignoré, contribuer à un « mieux connaître ». Ambitieux programme !

C’est par ces deux phrases que Laurence SPICHER-BERNIER introduit son tract, distribué le 2 février 2014, sept semaines avant le premier tour du 23 mars. Un texte composé de quatre parties, chacune annoncée par un titre : « Un candidat socialiste…venu d’ailleurs », « Un candidat indépendant… exclu du PS et des Verts », « Un candidat populiste du Front de gauche », « Une députée écologiste fantôme… jamais à Savigny-sur-Orge ». Le sens de l’expression « belles histoires » relève de l’antiphrase. « Belles histoires » signifie : les histoires que racontent « la gauche » ne sont pas si belles, et les lendemains promis ne chanteront pas. Il convient alors de s’interroger, en appliquant un simple procédé de réciprocité, sur l’adéquation que ces histoires entretiennent avec la vérité, et sur la crédibilité de la dénonciation des lendemains annoncés par « la droite » de la maire en place, candidate à sa réélection. Une vérité critique, une crédibilité critique.

LE THÈME DU « PATHÈME »

Nous appliquons ici la méthode esquissée précédemment, dans un article en date du 11 décembre 2013 (2). Aux deux questions « Comment analyser les textes que la politique inspire ? », et « Comment décoder le discours politique ? », nous répondons en nous référant à la théorie du « pathème » proposée par Patrick CHARAUDEAU. Pour lui « le recours aux effets pathémiques est constitutif du discours politique». (3) Le pathème désigne une entité sémantique qui appartient au domaine passionnel. Comme l’indique Denis BERTRAND, le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème, -émique. Il  désigne l’unité minimale de description d’un phénomène pertinent à l’égard des sciences du langage. C’est ainsi que l’étude pathémique du discours politique est « une dimension qui fait l’objet de la sémiotique des passions et qui est complémentaire de la dimension pragmatique et cognitive appliquées à la transformation des « états de choses » et qui constituent le ressort de la narrativité » (4). Elle concerne la modulation des états du sujet, c’est-à-dire de ses « états d’âme » politiques.

L’ESPRIT DE CONFRONTATION

Dans un article consacré à l’argumentation et à l’analyse du discours, Alicja KACPRZAK reconnait que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion. Elle note que le discours politique se distingue d’une façon radicale par rapport au discours ordinaire par deux caractéristiques : l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. Pour elle, « la politique constitue un espace où plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation entraîne inévitablement des émotions fortes » (5).

« Si l’argumentation en politique cherche d’une façon générale à émouvoir, un choix est fait par l’auteur politique, orateur ou écrivain, entre les émotions positives et les émotions négatives qu’il veut susciter auprès du public.

  • les systèmes basés sur les valeurs de la démocratie recourent à un langage de conciliation, réunissant les citoyens autour d’objectifs partagés. Et si l’argumentation démocratique aboutit à l’émotivité, celle-ci présente un caractère affirmatif et constructif.
  • les systèmes autoritaires et plus particulièrement totalitaires, développent un tout autre discours fondé sur la confrontation, le refus de l’autre, voire la haine. »

À suivre


RÉFÉRENCES

1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Élections municipales des 23 et 30 mars 2014, Agir pour vous. Continuons ensemble avec Laurence Spicher-Bernier, maire UDI de Savigny-sur-Orge », tract A3 recto verso.
2. MÉRIGOT Bernard,
« Savigny-sur-Orge. Décodage type d’un tract électoral (Éric Mehlhorn, candidat UMP) », http://www.savigny-avenir.info, 11 décembre 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/12/11/savigny-sur-orge-decodage-type-dun-tract-electoral-eric-mehlhorn-candidat-ump/
3. CHARAUDEAU Patrick,
« Le discours politique. Les masques du pouvoir », Vuibert, 2005, 265 p.
4. BERTRAND Denis,
Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000.
5. KACPRZAK Alicja
, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et Analyse du Discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2014

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L’hyperréalisme politique : fausse façade, vraie camera de surveillance https://savigny-avenir.fr/2013/12/23/lhyperrealisme-politique-fausse-facade-vraie-camera-de-surveillance/ Mon, 23 Dec 2013 03:00:09 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=11499 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°71, lundi 23 décembre 2013

Objet peint et objet réel
La braguette de la video-surveillance : fausse façade, vraie camera
Ravalement de la Préfecture de police de Paris, 16 décembre 2013
« Abécédaire photographique de la démocratie »

© BM 2013

LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS
EST UN LIEU STRATÉGIQUE

Le bâtiment de la Préfecture de police de Paris occupe un site stratégique, en pleine île de la cité. Il fait face, le long de la Seine, d’un côté à la cathédrale Notre Dame, de l’autre au Palais de Justice et à la Sainte Chapelle. Il est limité par la rue de la cité, la rue de Lutèce, le boulevard du Palais, et le quai du Marché neuf.

En cette fin d’année 2013, une partie des bâtiments est en travaux de ravalement. Un échafaudage a été installé. Il est bâché. Les responsables du chantier ont eu la bonne idée de faire peindre cette bâche en reproduisant la façade qu’elle cache. L’effet artistique est réussi. Les passants contemplent une façade peinte à l’identique de la vraie façade.

LA CAMERA EST UN OBJET QUI VOIT

Seulement, la bâche ne saurait recouvrir les cameras de surveillance fixées sur la façade. Aussi, des ouvertures ont été pratiquées dans la bâche afin que rien n’occulte les objectifs des cameras de surveillance de la rue. La bâche est à la fois fonctionnelle et artistique. La caméra, elle est fonctionnelle. Il s’agit étymologiquement d’une « braguette » (ouverture verticale) qui laisse voir la caméra, un objet qui n’est pas n’importe quel objet : c’est « un objet qui voit ».


La Préfecture de police de Paris
17 décembre 2013
© BM 2013

La démocratie, elle aussi, présente une réalité peinte qui recouvre, presque à l’identique, une réalité matérielle, celle d’objets physiques et d’objets symboliques qui la constituent. Un bulletin de vote, une urne sont des objets physiques. L’égalité de moyens accordé à tous les candidats, le respect des minorités, le droit à la libre expression, l’accès aux documents publics par les citoyens… sont des objets symboliques. Seulement la figuration ne couvre pas toute la réalité. Des ouvertures laissent voir ce qui ne saurait être occulté. Le monde de la vie sociale et politique est hyperréaliste.

RÉFÉRENCES
MERIGOT Bernard,
«La Représentation hyperréaliste remet en question l’objet et le réel (Bernard Mérigot)», http://www.savigny-avenir.info, 13 décembre 1972. La peinture hyperréaliste a marqué les années 1970. L’interrogation qu’elle a amené sur l’objet de la représentation artistique a déplacé le rapport au réel, comme l’ont montré Jacques LACAN et Serge LECLAIRE dans le cadre de l’expérience psychanalytique. Elle perdure …
On retrouvera cet article avec le lien suivant : http://www.savigny-avenir.fr/1972/12/13/la-representation-hyperrealiste-remet-en-question-lojet-et-le-reel-bernard-merigot/


La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°71, lundi  23 décembre 2013

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2013

 

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Savigny-sur-Orge. Décodage type d’un tract électoral (Éric Mehlhorn, candidat UMP) https://savigny-avenir.fr/2013/12/11/savigny-sur-orge-decodage-type-dun-tract-electoral-eric-mehlhorn-candidat-ump/ Wed, 11 Dec 2013 09:28:23 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=11393 Continuer la lecture ]]> OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014 (n°9)

DÉCODAGE

CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts et les distribuent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale et méritent de faire l’objet d’une lecture critique. (1)
ENJEUX.
Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relèvent des « technologies démocratiques ». Sont-elles des pratiques artisanales ou bien des pratiques industrielles? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et  fabriquées ?

ANALYSER LES TEXTES
QUE LA POLITIQUE INSPIRE

« Pour s’initier à la vie politique française, il faut connaître les partis en présence, leur histoire, leurs chefs, leurs programmes. Mais il faut également chercher à découvrir une orientation politique au style des textes que la politique inspire », écrit Christian GARAUD. Il poursuit en posant une série de questions. Comment distinguer la droite de la gauche ? Comment distinguer une certaine droite ? Comment distinguer une certaine gauche ? Tous les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? Quel rôle le passé joue-t-il dans les tracts ? Quels sont les noms propres cités ? Quels sont les mots qui commencent par une majuscule ? Quels sont les mots présents ? Quels sont les mots sont absents ? (2)

 

Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 1 (3)

La photographie des candidats fait partie du discours politique. Elle mérite une analyse. La photographie du 1er tract d’Éric MEHLHORN fait penser aux peintures du mouvement de l’hyperréalisme. Le terme désigne un courant artistique américain des années 1950-1970 qui se caractérise par un réalisme quasiment photographique qui s’est développé à la suite d’Edward HOPPER et du Pop Art (« photorealism » ou « superrealism » en américain). L’hyperréalisme consiste en la reproduction à l’identique d’une image en peinture, tellement réaliste que le spectateur vient à se demander si la nature de l’œuvre artistique est une peinture ou une photographie. C’est le résultat auquel nous sommes confrontés en regardant la photographie d’Éric MEHLHORN (la netteté de la trame du tissus du veston, le lissé des cheveux, la précision du dessin de la cravate, les deux lampadaires dans le lointain, et ce ciel bleu avec ces nuages blancs, cotonneux, flous…).
Voila le résultat de l’abus des logiciels de retouche : une photographie plus vraie que la réalité, une réalité trop fabriquée ! Il en est de même pour l’abus des retouches du langage : il laisse entrevoir un discours manipulé.

Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 2 (3)

COMMENT DÉCODER
LE DISCOURS POLITIQUE ?

Comment décoder le sens profond d’un discours politique ? Stéphanie BAUDOT répond en proposant une démarche de compréhension et d’analyse du discours politique dans un contexte électoral en fixant quatre objectifs. (4).

  • fournir des outils de lecture fiables, respectant la pensée des auteurs (ou tout du moins ce qu’ils présentent comme telle)
    Exemple : « Savinien de naissance, je connais chaque quartier, chaque rue. C’est pourquoi je suis candidat à l’élection municipale de mars prochain. Cette candidature n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’un longue réflexion autant que d’une passion profondément ancrée pour notre ville ».
    Sommes-nous dans une évidence (la naissance, fruit du hasard…) ou dans une démonstration (le résultat d’une longue réflexion…) ? Pourquoi l’argument « naturel » est-il réfuté comme étant insuffisant ? Pourquoi convoquer l’aboutissement d’une délibération personnelle ? Et pourquoi « longue » ? Sinon, pour se démarquer d’autres candidats, notamment du maire en place, Laurence SPICHER-BERNIER, candidate (UDI) qui, elle, est née à Paris. Et pourquoi cette part égale entre réflexion et passion ?
  • offrir aux lecteurs des tracts la vision la plus claire possible des intentions des candidats pour les années à venir
    Exemple : « Accueil des plus jeunes, écoles, résidences pour nos aînés, mais aussi structures sportives et associatives seront un point majeur de mon mandat ».
    L’accumulation de plusieurs « points majeurs » dilue ce qui est annoncé comme « un » point majeur.
  • nommer les vrais acteurs mis en scène dans le discours politique
    Exemple : C’est pour cela que dès 2010, avec plusieurs élus, j’ai pris volontairement mes distances avec la majorité municipales à laquelle j’appartenais et me suis opposé aux hausses d’impôts ainsi qu’aux nombreux emprunts qui pèsent trop lourdement sur chacun d’ente nous ».
    On a l’impression de se trouver dans un monde innommé. Serait-il innommable, en application d’un interdit de citation ? Pourquoi le nom de l’actuelle maire, Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), n’est-il pas cité par Éric MEHLHORN (UMP) ?
  • dire enfin quels sont leurs rôles, et quels sont les bénéficiaires du discours politique
    Exemple. « Pour mener à bien mes projets, je serai entouré d’une équipe de large rassemblement, forte de tous les quartiers, de toutes les générations, de toutes les couches sociales, de tous les talents ».
    Pourquoi « mes projets » ? Il ne s’agirait donc pas des projets des électeurs, mais de ceux du candidat. Le rôle de l’ « équipe de large rassemblement » serait là non pas pour élaborer un projet, mais uniquement « pour soutenir ». Nous ne sommes pas dans une dynamique de démocratie participative, mais dans la réaffirmation de la démocratie élective la plus classique, celle dans laquelle les projets vont du haut (l’élu, à savoir le maire, seul) vers le bas (l’électeur), sans passer par les autres élus (adjoints au maire, conseillers municipaux). Une démocratie élective sectorisée, puisqu’une quadruple parité est annoncée (quartiers, générations, couches sociales, talents).

LE « NOUS » N’EXISTE PAS
SEUL LE « JE » EXISTE

La candidature à l’élection municipale de Savigny-sur-Orge n’est pas une candidature individuelle mais une candidature collective de 39 personnes qui constituent une liste. On pourrait s’attendre à ce que la liste de l’UMP qui s’intitule « Le bon sens pour Savigny » tienne un discours politique dans lequel dominerait le « nous ». D’autant plus que la tête de liste écrit « Je serai entouré d’une équipe ». On constate que le « nous » n’existe pas. C’est le « je » d’Éric MEHLHORN, tête de liste, qui est omniprésent : en 35 lignes de texte, on compte 15 fois « je », soit une fois toutes les deux lignes.

  • J’agis avec conviction, dynamisme et détermination
  • Je connais chaque quartier, chaque rue
  • Je suis candidat à l’élection
  • Je suis candidat (si)
  • J’ai pour ambition
  • J’ai pris volontairement mes distances avec la majorité municipale
  • J’appartenais (à la majorité municipale)
  • Je me suis opposé à la majorité municipale
  • Je m’engage à faire de Savigny-sur-Orge une ville agréable
  • Je souhaite faire de la proximité une réalité
  • J’oeuvrerai aussi à redonner à Savigny-sur-Orge
  • Je m’engage enfin tout naturellement à être un élu exemplaire, tant dans le comportement que dans l’éthique, dans le respect de la démocratie
  • Je serai maire
  • Je serai entouré d’une équipe
  • Je mettrai toute mon énergie et mon expérience

MOI

Cette focalisation sur une seule personne, manifestée par la disparition du « nous » au profit du « je », se trouve confirmée par la signature. Ce n’est pas un « nous », collectif de 39 candidats, qui signent le tract. Ce n’est pas « moi pour nous ». C’est Éric MEHLHORN seul qui signe, et qui signe « Pour vous et avec vous ». La question politique qui se pose est de savoir si le pouvoir local peut échapper à la personnalisation grandissante pour s’engager dans un partage collectif.

LA FABRICATION DU DISCOURS POLITIQUE

Philippe GUIHENEUC remarquait que les « flyers » des candidats aux élections relevaient du marketing politique : pour avoir la certitude de gagner des voix, il faut respecter des règles de présentation. Il notait que la composition du texte « ressemble comme deux gouttes d’eau à la transposition sur le papier du déroulement d’une allocution dans une réunion politique : 1. Je me présente à la tribune (voilà ma photo), 2. Je présente mes arguments, 3. Je conclus comme je peux, 4. J’espère que les électeurs liront comme ils m’auraient écouté » (5). Coupez. Fin de séquence.

La publication d’un tract, pour symptomatique qu’elle soit, n’est pas en soit complétement significative. Elle s’inscrit dans une temporalité qui comprend les tracts déjà publiés par les autres candidats ainsi que les tracts à venir. Mêmes si les candidats s’en défendent, tous se précipitent sur la production de leurs adversaires. Ils se lisent entre eux, ils se répondent les uns les autres. Dans le cas présent, qui est celui d’un tract d’annonce de candidature, le problème est de savoir s’il ne contient pas déjà, en filigrane, les tracts suivants. Comme s’il y avait un « ADN politique » qui détermine les caractéristiques de cellules qui n’existent pas encore. Autrement dit : la prédictivité politique existe-t-elle ?

Dans le cas présent, lorsqu’on lit le tract signé par Éric MEHLHORN, on ne retrouve ni le conseiller général, ni l’ancien adjoint au maire, ni l’actuel conseiller municipal tel qu’on l’entend parler lors des séances du conseil général, du conseil municipal, des réunions. Il suffit de lire les comptes rendus des débats figurant au Registre des délibérations, notamment depuis 2008. On a l’impression qu’une autre voix parle, que quelqu’un d’autre est l’auteur de ce texte.

Les mots employés sont en nombre limité. Ils ont tous un « environnement » prédéterminé par le marketing électoral. A chaque mot : un adjectif, une expression… qui sont autant d’automatismes du langage politique. Ainsi, le mot « dépenses » ne peut pas être prononcé sans lui associer automatiquement « maîtrisées », « cadre de vie » avec « agréable », « homme » avec « de terrain », constituant un dictionnaire des idées reçues politiques. Nous relevons ici ce qui pour nous constitue une matrice (6). Un candidat peut-il s’en affranchir ? Peut-il s’adapter au débat ? Peut-il infléchir son discours ? Introduire de nouveaux mots ? Le « nous » remplacera-t-il le « je » ? Ou bien impose-t-il, quoi qu’il advienne, un modèle extérieur préexistant qu’il s’est approprié ? Autant de questions que les prochaines productions discursives nous révèleront.

LA MATRICE
DU DISCOURS POLITIQUE D’ÉRIC MEHLHORN

Accueil (des plus jeunes, point majeur de mon mandat)
Âges de la vie (cadre de vie agréable à tous les)
Ambition (j’ai pour ambition de redonner à la ville…)
Apaisée (faire de Savigny-sur-Orge une ville)
Atouts (nombreux)
Attentes (toujours mieux répondre à vos)
Avenir (de notre ville)
Avenir (mieux s’organiser pour l’)
Avenir (rendez-vous pour l’)
Cadre de vie (agréable)
Comportement (je m’engage à être un élu exemplaire dans mon)
Concertation (mener dans la concertation le mandat que vous m’aurez confié)
Confiance (si vous m’accordez votre)
Conviction (avec)
Couches sociales (une équipe de toutes les)
Décisions (peser sur toutes les décisions prises par la CALPE)
Démocratie (respect de la)
Démographie (en hausse constante)
Dépenses (maîtrisées)
Détermination (avec)
Dynamisme (avec)
Distances (j’ai pris mes)
Écoles (point majeur de mon mandat)
Écoute (être à votre)
Écoute (je serai à votre)
Élection (une élection n’est pas une exclusion)
Élu exemplaire (je m’engage à être un élu exemplaire)
Emprunts (nombreux, qui pèsent trop lourdement)
Énergie (je mettrai toute mon)
Équipe (je serai entouré d’une)
Éthique (je m’engage à être un élu exemplaire dans mon)
Exclusion (une élection n’est pas une exclusion)
Exclusivité (je serai le maire de tous sans)
Expérience (je mettrai toute mon)
Générations (une équipe forte de toute les)
Hasard (ma candidature n’est pas le fruit du)
Hausses des impôts (je me suis opposé aux)
Idées (ceux qui ne partagent pas nos)
Léser (ne jamais léser les Saviniennes et les Saviniens)
Majorité municipale (j’ai pris mes distances avec la)
Mal (notre ville va)
Naissance (Savinien de)
Passion (profondément ancrée pour notre ville)
Place (il y aura toujours la place de s’exprimer)
Place (redonner à Savigny-sur-Orge la)
Point (majeur de mon mandat)
Posture (politicienne)
Privilège (je serai le maire de tous sans)
Projets (pour mener à bien mes projets)
Proximité (faire de la proximité une réalité quotidienne)
Qualités des services (préservés)
Quartier (je connais chaque)
Quartiers (une équipe forte de tous les)
Rassemblement (une équipe de large)
Réflexion (ma candidature est le résultat d’une longue)
Rendez-vous (capital)
Résidences (pour nos aînés, point majeur de mon mandat)
Respect (de chacun)
Responsabilité (candidature de)
Rue (je connais chaque)
Sens (le bon)
Simplicité (en toute)
Situation financière saine (redonner à notre ville une)
Situation fiscale saine (redonner à notre ville une)
Structures associatives (point majeur de mon mandat)
Structures sportives (point majeur de mon mandat)
Talents (une équipe de tous les)
Terrain (homme de)
Vie politique (locale)
Vous (avec)
Vous (pour)

LES ARGUMENTS FALACIEUX

« La construction socialisée des discours passe par des coopérations incessantes, plus ou moins harmonieusement négociées par les sujets en interaction, pris dans la praxis sociale. Mais il arrive aussi qu’il y ait des ratés, des déficits, dans la mesure où les re-présentations des événements, ou encore l’organisation des débats reposent sur des comportements discursifs, des choix de topics, d’argumentaires ou d’arguments plus ou moins fallacieux, entrainant des relations biaisées aux interlocuteurs, au monde, au langage.
Ce sont ces dysfonctionnements qu’il me semble intéressant de mettre au jour, en alliant description linguistique et critique éthique, non pas pour substituer une vérité partielle ou un dogme à un autre, mais pour participer à des approches plus respectueuses de la complexité des choses et des êtres et plus attentives aux formats de discussion et de coopération. »
RABATEL Alain,
« L’engagement du chercheur, entre « éthique d’objectivité » et « éthique de subjectivité », Argumentation et Analyse du Discours, 11/2013, http://aad.revues.org/1526

CONFRONTATION, REFUS DE L’AUTRE, HAINE

« Chaque mouvement politique, quelle que soit son orientation, dans sa quête du pouvoir ou dans le désir de le conserver, recourt à différentes stratégies, matérielles ou symboliques, qui trouvent leur expression langagière.
Comme le constate Patrick Charaudeau,
« Le recours aux effets pathémiques (7) est constitutif du discours politique», ce qui indique l’une des caractéristiques majeure de ce type de discours. Il est indéniable que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion.
Le discours politique se distingue du discours ordinaire par l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. La politique constitue un espace où, plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation, entraîne inévitablement des émotions fortes, dont le propre est, en plus, d’être exprimées. Cependant, si l’argumentation en politique cherche d’habitude à émouvoir, le choix est fait entre les émotions positives et négatives à susciter auprès du public.
Les systèmes basés sur les valeurs de la démocratie recourent à un langage de conciliation, censé réunir les citoyens autour d’objectifs partagés. Si l’argumentation démocratique aboutit à l’émotivité, celle-ci présente un caractère affirmatif et constructif. Il n’en est pas de même pour les systèmes autoritaires, et plus particulièrement totalitaires, qui, indépendamment de leurs origines, semblent développer un tout autre discours, fondé sur la confrontation, le refus de l’autre, voire la haine. »

KACPRZAK Alicja
, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et analyse du discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427

DOCUMENT

« Chère Savinienne, cher Savinien,
Les élections municipales seront un rendez-vous capital pour l’avenir de notre ville.
Depuis 1995, date de mon implication dans la vie politique locale, j’agis avec conviction, dynamisme et détermination, pour vous, dans le respect de chacun.
Savinien de naissance, je connais chaque quartier, chaque rue. C’est pourquoi je suis candidat à l’élection municipale de mars prochain. Cette candidature n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une longue réflexion autant que d’une passion profondément ancrée pour notre ville. C’est une candidature de responsabilité pour Savigny-sur-Orge car aujourd’hui, malgré ses nombreux atouts, notre ville va mal.
Si je suis candidat aujourd’hui, c’est parce que j’ai pour ambition de redonner à notre ville une situation fiscale et financière saine, avec des dépenses maîtrisées tout en préservant la qualité des services proposés. C’est pour cela que dès 2010, avec plusieurs élus, j’ai pris volontairement mes distances avec la majorité municipale à laquelle j’appartenais et me suis opposé aux hausses d’impôts ainsi qu’aux nombreux emprunts qui pèsent trop lourdement sur chacun d’entre nous.
Pour Savigny-sur-Orge, il s’agit aussi de mieux s’organiser pour l’avenir. Avec près de 40 000 habitants, la démographie, en hausse constante, doit être anticipée pour garantir à chacun un cadre de vie agréable, à tous les âges de la vie. Accueil des plus jeunes, écoles, résidences pour nos ainés mais aussi structures sportives et associatives seront un point majeur de mon mandat.
Je m’engage à faire de Savigny-sur-Orge une ville agréable à vivre, apaisée, sécurisée, saine financièrement et indépendante.
Je souhaite faire de la proximité une réalité quotidienne et non une posture politicienne. Homme de terrain, je suis et serai à votre écoute, en toute simplicité, afin de toujours mieux répondre à vos attentes.
J’oeuvrerai aussi à redonner à Savigny-sur-Orge la place qui aurait dû être la sienne au sein de la Communauté d’agglomération « Les Portes de l’Essonne », intégrée en janvier 2013, afin de peser sur toutes les décisions prises et ainsi veiller à ne jamais léser les Saviniennes et les Saviniens.
Je m’engage enfin tout naturellement à être un élu exemplaire, tant dans le comportement que dans l’éthique, dans le respect de la démocratie. Parce qu’une élection n’est pas l’exclusion de ceux qui ne partagent pas nos idées, chacun aura toujours la place de s’exprimer.
Si vous m’accordez votre confiance en mars prochain, je serai le Maire de tous, sans exclusivité ni privilège.
Pour mener à bien mes projets, je serai entouré d’une équipe de large rassemblement, forte de tous les quartiers, de toutes les générations, de toutes les couches sociales, de tous les talents. Une équipe regroupant des membres de l’UMP, du MoDem, de Debout la République ainsi que des non-inscrits.
Je mettrai toute mon énergie et mon expérience pour être à votre écoute et mener dans la concertation le mandat que vous m’aurez confié.
Avec l’équipe du « Bon Sens », nous vous donnons dès à présent rendez-vous pour l’avenir.
Je souhaite faire de la proximité une réalité quotidienne et non une posture politicienne. Homme de terrain, je suis et serai à votre écoute, en toute simplicité, afin de toujours mieux répondre à vos attentes.
Pour vous et avec vous,
Eric MEHLHORN »

RÉFÉRENCES

1. Un tract, un prospectus, ou encore un flyer, est un texte ou une publicité imprimée sur un support en papier qui est distribué de la main à la main dans les espaces publics, sur les trottoirs, déposé dans les boîtes à lettres. Ceux qui les distribuent sont employés à cette tâche ou bien agissent par militantisme pour diffuser des idées, promouvoir un produit, annoncer un événement artistique, culturel, politique…
2. GARAUD Christian,
« Lecture de deux tracts électoraux », The French Review, Vol. 57, n°3, February 1984, American Association of Teachers of French, p.336-343.
Christian GARAUD pose plusieurs questions : 1. Les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? 2. Quels rôles jouent le passé et le patriotisme dans ces tracts ? Quels sont les dates ? Quels sont les noms propres ? Quels mots commencent par une majuscule ? Quels sont les mots répétés ? Quels mots sont présents ? Quels mots sont absents ?
3. MEHLHORN Éric
, « Éric Mehlhorn, élections municipales 23 et 30 mars 2014, UMP Le Bon sens à Savigny », A4 recto verso, 2 p. Distribué dans les boîtes à lettres de la commune de Savigny-sur-Orge le 9 décembre 2013.
Sur l’hyperréalisme, voir :
MÉRIGOT,
«La représentation hyperréaliste remet en question l’objet et le réel», http://savigny-avenir.info, 13 décembre 1972. La peinture hyperréaliste a marqué les années 1970. L’interrogation qu’elle a amené sur l’objet de la représentation artistique a déplacé le rapport au réel, comme l’ont montré Jacques LACAN et Serge LECLAIRE dans le cadre de l’expérience psychanalytique. Elle perdure … http://www.savigny-avenir.fr/1972/12/13/la-representation-hyperrealiste-remet-en-question-lojet-et-le-reel-bernard-merigot/
4. BAUDOT Stéphanie, DETOBER Perrine et NIZET Jean,
« L’analyse structurale pour décoder les discours politiques », Esperluette, n°51, janvier-février-mars 2007.
PIRET A., NIZET J. et BOURGEOIS E.,
L’analyse structurale, une méthode d’analyse de contenu pour les sciences humaines, De Boeck université, 1996.
GREIMAS A.J.,
Du sens, Paris, Seuil, 1970
PALMAS J.,
Le modèle actantiel. Méthode d’analyse du politique, Liège, Études et recherche, n°48, 1990.
5. GUIHENEUNC Philippe,
« Marketing politique. Flyers des candidats », http://www.marketing.digischool.fr, 19 avri 2012.
6. Matrice (du latin matrix, matricis), élément qui fournit un appui ou une structure qui sert à entourer, à reproduire ou a construire.
7. Pathéme, Pathémique.
Le « pathème » est une unité sémantique du domaine passionnel. L’étude pathémique du discours concerne la modulation des états du sujet, ses « états d’âme ». Cette dimension fait l’objet de la sémiotique des passions. Elle est complémentaire des dimensions pragmatique et cognitive qui concernent la transformation des «états de choses» constituant le ressort de la narrativité. Le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème,-émique. Ce suffixe, que l’on trouve en linguistique dans « phonème », « sème »,  « sémème »… (et par extension en anthropologie dans « mythème »), désigne l’unité minimale de description d’un phénomène dans le champ de pertinence des sciences du langage. (BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000).

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2013

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