L’ambition de la 9e édition de la Global Conférence des Ateliers de la Terre est de fournir les clés de compréhension pour repenser le « vivre-ensemble ». A cette occasion, des « planetworkers » viendront échanger et proposer leurs solutions sur différents enjeux majeurs permettant d’imaginer un nouveau projet de société autour de trois questions : Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ? Quelle économie pour refonder la société (nouveaux modèles, nouvelles solidarités…) ? Quels choix et quelles actions ? (Synthèses des travaux et recommandations).
Global Conférence est un laboratoire qui regroupe un ensemble de parties-prenantes impliquées dans l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Elle est fondée sur un dialogue entre des acteurs d’horizons divers, mais aussi sur le partage de bonnes pratiques et la valorisation de solutions concrètes et innovantes, constituant un lieu d’échanges et de savoirs.
LA FIN D’UN MODE DE DÉVELOPPEMENT
OU LA FIN D’UN MONDE ?
Partout dans le monde un certain nombre de mouvements sociaux, de tendances politiques, géopolitiques et économiques, laissent présager de la fin d’un mode de développement et de la remise en question d’un mode de vie et de consommation devenus insoutenables.
ACCEPTABLE OU PAS ACCEPTABLE ?
Dans le même temps, de nouveaux projets de société émergent aux quatre coins du globe, redéfinissant le rapport entre l’homme et la nature, inventant de nouveaux modèles économiques et imaginant un nouvel ordre social basé sur de nouvelles valeurs. Comment la société peut-elle se positionner sur ce qu’elle est prête à accepter et ne pas accepter ? Comment définir ensemble un nouveau projet de société plus respectueux de l’homme et de l’environnement, sans pour autant faire table rase du passé ?
Choisir ce qui est acceptable ou non est essentiel pour avancer. Mais ce n’est qu’un point de départ. On crée un projet de société en proposant des idées, des valeurs, des concepts, des principes et en définissant un idéal à atteindre. Il faut donc dans un premier temps identifier ce que l’on ne veut pas, pour ensuite élaborer un idéal commun, qui comporte bien sur une dimension utopique, synonyme d’espoir, de rêve et d’enchantement. Sans une part d’utopie, on ne peut trouver la force et les convictions nécessaires à la création d’un nouveau modèle sociétal.
DÉNONCER OU PROPOSER ?
En s’arrêtant à la première étape, nous n’arrivons qu’au milieu du chemin. Il est d’ailleurs bien plus facile de dénoncer et de stigmatiser, que de proposer, d’innover et de créer. Pour imaginer un renouveau du vivre-ensemble, nous ne pouvons nous contenter d’être juge de l’histoire, mais devons aussi devenir les bâtisseurs d’un futur meilleur. Là est le temps du choix.
Le programme comprend trois séances plénières et dix séances de « focus ».
D’autres formats de discussion ont lieu comme : « Best Practice Corners », Faces-à-Faces, « Garden Talks », Témoignages, « Business Innovation Place » …
Mercredi 4 juin 2014
Séance plénière 1. « Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ? »
La multiplication des crises que nous traversons actuellement, économique, financière, sociale, environnementale et politique, se traduit également par une crise des valeurs qui avaient fondé nos sociétés. Celles-ci connaissent des transformations importantes, certaines d’entre-elles étant même profondément remises en question. Un nouveau projet de société nécessite d’identifier, de promouvoir ou de réhabiliter certaines valeurs partagées qui fonderont le nouveau contrat social. Quelles sont donc ces valeurs que nous devrons placer au cœur d’un nouvel idéal commun ?
Focus 1. « L’économie collaborative supplée-t-elle l’économie traditionnelle ou la transforme-t-elle ? »
L’économie collaborative, nouveau modèle économique dans lequel l’usage prédomine sur la propriété, permet aux consommateurs de louer, vendre, échanger, ou donner des biens directement à d’autres consommateurs. En pleine croissance depuis quelques années, ce nouveau pan de l’économie doit son explosion à l’essor d’Internet et des places de marchés « peer-to-peer », mais aussi au développement des systèmes de réputation numérique. Covoiturage, « crowdfunding » et « couchsurfing », ne sont que les exemples les plus célèbres de ces nouvelles pratiques. Incarnée par le succès rapide de certaines entreprises pionnières, l’économie collaborative est aujourd’hui un véritable mouvement de fond qui transforme peu à peu nos modes de consommation. Alors l’économie collaborative remet-elle vraiment en question l’économie traditionnelle ? Risque-t-elle un jour de la faire disparaître ?
Focus 2. « Les entreprises détiennent-elles la clé des négociations climatiques internationales ? »
Malgré les différents sommets internationaux, aucun traité contraignant n’existe à ce jour pour forcer les États à s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique. Malgré quelques légères avancées, le plus dur reste à faire pour obtenir un accord global et engageant pour la première fois tous les États du Monde. Ces négociations internationales, s’inscrivant dans le cadre du Protocole de Kyoto, ne concernent que les États souverains, excluant de facto des négociations d’autres types d’acteurs issus de la société civile. Est-ce à dire que ces autres acteurs n’ont pas voie au chapitre et qu’ils n’ont aucun pouvoir d’influence sur les gouvernements des pays dont ils sont issus ? Quel est le véritable rôle des multinationales dans les négociations climatiques internationales ? Ont-elles le pouvoir de bloquer ou de débloquer ces négociations ? Comment faire des entreprises un atout pour la réussite des négociations ?
Focus 3. « Quelles nouvelles politiques de l’eau choisir ? »
La politique de l’eau doit permettre de répondre à un certain nombre d’enjeux autour de cette ressource vitale : l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous, la prévention des risques, la préservation de la ressource et des milieux aquatiques, la prévention des pollutions et le développement des activités liées à l’eau (industrie, agriculture, transport, loisirs…). Mais pour mettre en place une gestion de l’eau efficace, aussi bien au niveau de la ressource que du service, dans un contexte marqué par les préoccupations sanitaires croissantes des populations, il est essentiel d’élaborer une gouvernance adaptée aux particularités de chaque situation, en y impliquant à la fois les autorités locales, les opérateurs et les usagers. Alors comment répartir les responsabilités entre ces différentes parties-prenantes et comment définir les rôles de chacun ?
Focus 4. « Peut-on imaginer un nouveau projet de société sans repenser le rôle de l’éducation ? »
L’éducation joue un rôle essentiel dans la transmission des valeurs communes et la formation des citoyens. En plus de compter parmi les premières instances de socialisation après la famille, l’école et le monde de l’enseignement contribuent à structurer l’esprit critique des citoyens et doivent leur apporter les connaissances qui leur permettront de comprendre leur monde, pour mieux s’y intégrer et le faire évoluer. Vecteurs incontournables pour faire émerger un nouveau projet de société et renouveler le vivre-ensemble, le système éducatif comme les contenus pédagogiques ne sont cependant pas adaptés aux enjeux de notre temps et ne donnent plus les clés permettant d’imaginer un nouveau modèle sociétal. Repenser le rôle de l’éducation et la replacer au cœur du nouveau contrat social devient donc indispensable. Dans quelle direction faut-il faire évoluer les programmes et les systèmes éducatifs des différents pays et quelle place donner à l’éducation dans l’élaboration d’une nouvelle société ?
Jeudi 5 juin 2014
Focus 5. « Jusqu’où la parole citoyenne a-t-elle un impact à l’heure du glocal ? »
À l’heure où la mondialisation transforme notre relation à l’espace, et où internet et les réseaux sociaux sont devenus des vecteurs de communication instantanée et planétaire, on voit peu à peu émerger de nouvelles formes de mobilisations citoyennes. Que l’on pense aux diverses campagnes de pétitions numériques ou encore aux actions de groupe, on constate un renouveau de la parole citoyenne, aussi bien au niveau local que global.
Mais ces nouvelles formes de mobilisation citoyennes ont-elles réellement un impact lorsqu’il s’agit de faire évoluer différentes politiques et leur mise en œuvre ? La parole citoyenne est-elle véritablement un facteur de changement ? Comment l’expression de la société civile peut-elle être à l’origine d’un nouveau projet de société ?
Focus 6. « Nucléaire et gaz de schiste : quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter ? »
Trois ans après la catastrophe qui a frappé le Japon, la situation n’est pas encore rétablie dans la centrale de Fukushima, rappelant avec force les risques de long terme liés à un accident nucléaire. Malgré l’ambition de certains gouvernement de mettre en œuvre une transition énergétique pour favoriser une sortie progressive du nucléaire et diminuer notre recours aux énergies fossiles, les choses n’avancent que très lentement. Dans le même temps, la révolution des hydrocarbures de schiste pousse certains États à s’intéresser à cette ressource fossile, dont les techniques d’extraction sont fortement contestées et dont les coûts ne sont pas totalement maîtrisés. Inventer un nouveau projet de société implique de repenser notre rapport aux ressources naturelles et de transformer nos modèles d’approvisionnement et de consommation énergétiques. Le risque zéro n’existant pas, quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter dans l’élaboration de ces nouveaux modèles énergétiques ?
Focus 7. « Comment mettre en place une politique d’économie circulaire réaliste et efficace ? »
L’économie circulaire, démarche économique promouvant un système industriel sobre en carbone, en énergie et en ressources naturelles basé sur l’éco-conception et le recyclage, est aujourd’hui présentée comme une solution concrète en réponse à certains défis du développement durable. Si de plus en plus d’acteurs se réclament de ce modèle, on peut néanmoins se demander s’il est possible de mettre en place une véritable politique industrielle axée sur les principes de l’économie circulaire. Comment mettre en place une dynamique d’économie circulaire efficace ? A quelle échelle peut-on mettre en place une politique réaliste d’économie circulaire ? Quels sont les leviers pour faire de ce modèle une réalité sur nos territoires ?
Focus Spécial. « Économie Numérique dans les pays émergents : accélérateur de croissance et/ou de la fracture numérique sud/nord ? »
L’économie numérique est en plein essor dans les pays émergents et ouvre une voie nouvelle pour la croissance et l’entrepreneuriat dans ces pays. Les secteurs dans lesquels internet aura un impact décisif sont les services financiers (paiement mobile), l’éducation (e-learning, e-training, Open University, MOOC…), la santé, le commerce et l’agriculture. Cet essor de l’économie numérique va modifier rapidement et profondément les sociétés des pays émergents. S’appuyant sur les NTIC, une nouvelle économie est donc en train de se construire, tirée par les besoins sociaux et les contraintes environnementales, génératrices d’opportunités pour le développement massif de services, mais aussi d’inégalités en termes d’accès et de maitrise des outils. Alors comment faire pour que cet essor de l’économie numérique profite à tous ? Cette émergence de l’économie numérique peut-elle être génératrice d’une croissance durable tout en permettant de réduire la fracture numérique sud-nord ?
Focus 8. « Mettre fin au gaspillage alimentaire permettra-t-il de nourrir le monde ? »
Chaque année, plus d’1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillés dans le monde, soit près d’un tiers de la production globale de denrées alimentaires dédiées à la consommation. Si ce phénomène touche indéniablement les pays développés (standardisation des produits, dépassement des dates de péremption, non-utilisation de la totalité des aliments), il touche également des pays émergents ou en voie de développement, dans lesquels le problème de la faim et de la sécurité alimentaire n’est pas encore réglé. Dans ces cas, il s’agit bien souvent d’un manque d’infrastructures (systèmes de refroidissement et/ou de conditionnement), empêchant la rencontre entre l’offre et la demande. Face à ce constat, de plus en plus d’acteurs se mobilisent pour lutter contre le gaspillage alimentaire, à la fois pour s’éloigner d’un modèle intensif de production agricole, mais aussi pour permettre aux plus démunis d’accéder à l’alimentation. Alors mettre fin au gaspillage alimentaire pourra-t-il permettre de nourrir tous les habitants de notre planète ? Où alors la lutte contre le gaspillage doit-elle être couplée avec une nouvelle révolution agricole.
Focus 9. « La place de la science dans la société : que signifie le progrès aujourd’hui ? »
Depuis l’avènement de la Révolution industrielle, nos sociétés ont placé tous leurs espoirs dans la science comme facteur de développement économique, social et humain. Les progrès réalisés depuis cette époque ont permis une incroyable amélioration des conditions de vie de la population. Cela a également permis l’essor de la société de consommation et a considérablement transformé les modes vie, contribuant ainsi à sacraliser le progrès scientifique. Mais aujourd’hui, un certain nombre d’innovations scientifiques et technologiques sont questionnées. C’est le cas pour les OGM, les nanotechnologies, les ondes téléphoniques ou encore certaines substances chimiques largement utilisées dans l’industrie. Dans une période marquée par l’incertitude liée à certaines innovations, la science est-elle perçue comme une menace ou comme un facteur de progrès pour le développement durable de nos sociétés ?
Séance Plénière 2. « Quelle économie pour refonder la société ? Nouveaux modèles économiques et nouvelles solidarités. »
La crise que nous traversons questionne la croissance qui avait été érigée en modèle de développement depuis l’avènement de la Révolution Industrielle. La crise économique, devenue sociale et environnementale, devient aussi une crise de sens et de valeurs. Pour refonder la société et élaborer un nouveau modèle de vivre-ensemble, il est impératif de repenser la place de l’économie et donc de l’homme dans la société. De nouveaux modèles économiques connaissent aujourd’hui un essor remarquable et ont le potentiel pour transformer durablement notre relation à l’économie, en sacralisant de nouvelles valeurs de partage, de solidarité et de responsabilité. Ces nouveaux modèles participant à l’émergence d’une nouvelle économie peuvent-ils nous aider à refonder la société ?
Clôture. Séance Plénière 3. « Du choix aux actions » : Synthèse des travaux et recommandations.
RÉFÉRENCES
FORUM INTERNATIONAL POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE, « Des idées neuves pour un nouveau monde », Global Conférence 2014 placée sous le haut patronage de Monsieur François HOLLANDE, Président de la République, Fontevraud, 4-5 juin 2014. http://www.planetworkshops.org/fr/index.html?utm_source=cdurable.info
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°94, lundi 2 juin 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Qui est de droite ? Qui est de gauche ? Ces questions sont permanentes. Ceux qui y répondent le font par rapport à ce qu’ils croient penser, et à ce qu’ils pensent croire, laissant de côté le fait qu’ ils ne croient pas qu’ « ils sont pensés » par l’histoire, une histoire qui est à l’échelle, à la fois de plusieurs siècles, et de leur vie propre, parce que fondatrice de leur éducation, de leur formation, de leurs rencontres, de leurs expériences.
L’historien Zeev STERNHELL, dans un ouvrage devenu un classique de la pensée politique (1), a montré que la France avait un lien spécial avec les pensées extrêmes, c’est-à-dire avec les conceptions totalitaires. Pour lui, cette pensée joue un rôle dans l’invention de l’idéologie fasciste. Il écrit :
« Pour comprendre un système ou un mouvement politique, il faut chercher ce qu’Alexis de TOCQUEVILLE appelait les « idées mères », et que Max WEBER nommait les « idéaux-types ».
L’idée mère de la gauche, c’est que le monde doit être changé parce qu’il est injuste.
L’idée mère de la droite, c’est que le monde représente – à un moment donné – tout ce que l’on peut avoir. Il n’y a rien de mieux à espérer que ce qui existe : on ne peut procéder qu’à des aménagements de détails.
L’idée mère du fascisme est une troisième voie qui entend changer le monde, opérer une révolution morale et spirituelle, et mettre en marche la nation au moyen de mythes, en gardant intactes les structures économiques. Il ne s’agit pas d’abattre la bourgeoisie, mais de la mettre au service de la nation. » (2)
Cet enchainement de concepts, comme dirait Michel de MONTAIGNE «met en branle» (3) notre réflexion, qui est ici politique, au sens où elle concerne la façon dont chaque individu se situe dans un espace collectif citoyen.
Reprenons dans l’ordre. L’idée-mère, c’est la filiation qui fait qu’un état vécu de la société n’est jamais le produit d’une naissance spontanée. La justice et l’injustice sociale ressenties, ont pour conséquence de légitimer l’acceptation ou le refus, la possibilité même de l’existence d’une autre organisation de la société, l’affirmation qu’il faut maintenir des décisions présentes ou bien envisager des changements à venir. On change tout, ou bien on passe juste un coup de peinture ? La totalité ou la partie ? Le central ou la périphérie ?
Se pose alors la question : Y a-t-il deux voies ou bien trois voies ? Ici et maintenant, dans la France de 2014 : UMP et PS ? Ou bien UMP et PS et FN ? Doit-on envisager la possibilité que le monde soit changé par une révolution morale et spirituelle, par une «mise en marche de la nation», par l’activation de mythes ? Toute réforme des structures économiques nécessite de préciser quel doit être le rôle de la bourgeoisie. Doit-il toujours, consister à tirer profit du pouvoir en place, quel qu’il soit ? Et en quelles circonstances – et dans quelles fonctions – est-il au « service de la nation » ?
Autant de questions d’actualité. Rupture ou alliance ? Sociale-démocratie ou virage à droite ? Autant de questions nationales, qui sont aussi posées à chaque échelon territorial.
RÉFÉRENCES
1. STERNHELL Zeev, Ni droite, ni gauche. L’idéologie fasciste en France, Folio Histoire, 1983.
STERNHELL Zeev et WEILL Nicolas, Histoire et Lumières. Changer le monde par la raison, Albin Michel.
2. STERNHELL Zeev, « Pour les fascistes, les mythes valent mieux que la raison », Philosophie magazine, n°79, mai 2014, p.44. Propos recueillis par Alexandre LACROIX.
3. MONTAIGNE Michel de, Les Essais, III, 2 (Chapitre Du repentir)
« Le monde n’est qu’une branloire perenne : toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Ægypte : et du branle public, et du leur. La constance mesme n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis asseurer mon object : il va trouble et chancelant, d’une yvresse naturelle. Je le prens en ce poinct, comme il est, en l’instant que je m’amuse à luy. »
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°90, lundi 5 mai 2014
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Quelle est la température de fusion des listes électorales ? La commune de Savigny-sur-Orge manque d’expérience concernant la mystérieuse opération qui consiste à réaliser la « fusion » de deux listes du premier tour pour en constituer une seule au second tour. Cela ne s’est pas vu dans la commune, ni à l’élection municipale de 1983, ni en 1989, ni en 1995, ni en 2001, ni en 2008. Une bien mystérieuse action qu’il convient d’étudier en laboratoire.
La fusion de deux listes aux élections municipales
produit une fracture de la confiance citoyenne
Comment des candidats en désaccord
le 23 mars peuvent-ils être d’accord le 30 mars ?
(Le mystère de la liste fondue de Savigny-sur-Orge)
CHAISES MUSICALES
Au premier tour, il a deux fois 39 candidats, soit un total de 78 candidats. Au second tour il n’y a plus que 39 candidats. Le taux de désintégration des candidats est de 50%. On imagine les cris et chuchotements qu’une telle réduction produit. Et puis, il y a ceux qui acceptent la fusion et ceux qui la dénoncent…
PROGRAMME
Existe-t-il des ressemblances dans la dissemblance ? Au premier tour, le 23 mars, il y avait deux programmes électoraux : celui de Laurence SPICHER-BERNIER et celui de David FABRE. Au second tour, le 30 mars, il n’y a plus qu’un seul programme électoral, celui de Laurence-David SPICHER-BERNIER-FABRE ! Rien de plus dissemblable que le programme de Laurence SPICHER-BERNIER, ex UMP (exclue), ex Parti radical (exclue), ex CNI, ex UDI (?) et le programme de David FABRE, ex PS (exclu), ex EELV.
Addition ou exclusion ? La question est de savoir si deux programmes électoraux s’additionnent ou bien s’ils se soustraient ? Pour aboutir à un « programme commun » de gouvernement municipal, doit-on rechercher le plus grand diviseur commun (PGDC) ? Ou bien le plus petit diviseur commun (PDCC) ?
Il suffit de consulter les deux programmes.
Laurence SPICHER-BERNIER a publié « 10 engagements pour Savigny-sur-Orge » (1) :
David FABRE a publié un programme en 11 chapitres (2) :
QUEL SERA LE PROGRAMME COMMUN
SPICHER-BERNIER / FABRE ?
Il suffit d’additionner les 10 + 11 = 21 propositions et on constitue un programme « fourre-tout » : tout le monde retrouve son « goûter de quatre heures » : le pain, le chocolat, la confiture, les mikados, les buenos, le jus d’orange et le coca !
DES DIFFÉRENCES INCONCILIABLES
ET COÛTEUSES
CULTURE ET SPORTS
DÉMOCRATIE LOCALE
ÉCOLES
FINANCES
SÉCURITÉ
RÉUSSITE RÉPUBLICAINE.
SOCIAL ET SOLIDARITÉ
TRAVAUX ET AMÉNAGEMENTS
URBANISME
QUEL SLOGAN CHOISIR ?
Les deux candidats vont devoir choisir un slogan. Il y a embarras du choix, comme aux Galleries Lafayette, où, c’est bien connu, « on trouve tout ». Mais, attention aux contrefaçons !
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, Agir pour vous. Continuons ensemble. 10 engagements pour Savigny-sur-Orge, Le programme 2014-2020, Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI de Savigny-sur-Orge, élections municipales 23 et 30 mars 2014, Format A3, 12 p.
2. FABRE David, Savigny ensemble, notre programme 2014-2020. Au-delà des partis : d’abord et avant tout au service de notre ville, Savigny-sur-Orge, élections municipales des 23 et 30 mars 2014 , 20 p. Distribué le 17 mars 2014.
ARTICLES EN LIGNE SUR http://www.savigny-avenir.info
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Olivier VAGNEUX
Liste « Vivons Savigny autrement »
861 voix (6,48 % des 13 290 votes exprimés)
1er tour de l’élection municipale et communautaire du 23 mars 2014
Savigny-sur-Orge
« JE N’APPELLE PAS À VOTER POUR ÉRIC MEHLHORN »
« L’autosuffisance du conseiller général savinien, dans l’édition du Parisien de ce mardi 25 mars 2014, qui compte que les voix de VSA lui reviennent, m’oblige à sortir de mon silence pour affirmer que je n’appelle pas à voter pour Éric MEHLHORN.
Je désapprouve ce « Bébé MARSAUDON », ce pourquoi j’avais demandé, à titre personnel, le 11 février 2013 l’investiture de l’UMP à sa place. Si cet homme était un temps soit peu gaulliste, il saurait que les voix des électeurs n’appartiennent pas à ceux qu’ils désignent.
Manifestement, il l’ignore, comme beaucoup de choses dans sa grande vacuité intellectuelle. C’est pourquoi l’UMP ne croyant pas en lui, misait sur son échec ainsi que le révélait Georges TRON au début du mois de mai 2013. Le président départemental de ce parti affirmait alors devant deux témoins, que Nadège ACHTERGAËLE-GUILLEMETTE, n°2 de la liste UMP, ferait la campagne. Le rejet de la gauche qui perd 1300 voix par rapport à 2008 n’est pas pour rien dans le haut score proportionnel de la liste UMP (pour rappel, Jean MARSAUDON faisait 6000 voix il y a six ans).
L’INTÉRÊT GÉNÉRAL DE SAVIGNY-SUR-ORGE
La liste de VSA est citoyenne et indépendante. Certes, elle a été déclarée DVD par la Préfecture qui a refusée de nous déclarer « sans étiquette ». Mais elle rassemble des citoyens au-delà des clivages traditionnels, avec lesquels nous nous considérons comme sans étiquette. Mes convictions de droite sont personnelles et je suis fier de témoigner de la capacité d’ouverture de VSA qui a su fédérer au nom d’un idéal commun : l’intérêt général de Savigny.
LE MENSONGE
La campagne d’Éric MEHLHORN est basée sur un mensonge car son groupe dissident s’est abstenu sur le vote du budget le 13 avril 2010, lui permettant ainsi d’être adopté et de faire augmenter les impôts saviniens de 18 %. Dans sa grande lâcheté, il n’a pas eu le courage de ses ambitions et n’a pas tenu son cap d’une opposition à ce budget confiscatoire, comme ce fut le cas le 22 mars 2010. Il n’y a qu’à consulter les registres des délibérations, pour preuve. C’est oublier que ce chantre de la transparence, qui l’inscrit en n°1 dans sa charte des élus, n’a rien publié sur son site, du budget ou des délibérations, inaccessibles au commun Savinien. Et pourtant, nous sommes plusieurs à lui avoir écrit et demandé, ce qui prouve sa grande présence, sa haute qualité d’écoute et le respect qu’il a mis à ne pas nous répondre.
Les mêmes valeurs que constatent les Saviniens qui ont dû sous ce mandat en appeler à Étienne CHAUFOUR et à Marjolaine RAUZE pour faire avancer leurs projets… Sa charte des élus est donc hypocrite, puisqu’il ne se l’applique pas à lui-même depuis dix-huit ans.
« Vivons Savigny Autrement »
http://www.vsa2014.fr
UN BILAN DE CONSEILLER GÉNÉRAL PLAT
Son bilan de conseiller général est plat. Ses collègues UMP ont rappelé leur bilan à l’occasion des municipales. Pas lui et on ne se demande pas pourquoi. Son action de conseiller municipal et d’adjoint au cadre de vie fut limité. Qu’a-t-il fait à part installer des « Toutounets » et proposer la fête des voisins dans plusieurs quartiers ? Il a continué à dépenser pour les fleurs et réparti les subventions du Conseil général de l’Essonne, ce que n’importe qui aurait pu faire…
JE VOTERAI BLANC…
En conséquence de tout cela, j’annonce que je voterai blanc ce dimanche, trop déçu des différents candidats contre lesquels je me suis engagé, qui pour la plupart n’ont rien su faire d’autre que de reprendre ce dernier mois une partie de nos idées publiées le 15 août 2013. Nous avons à Savigny une droite électorale médiocre, qui n’est pas très au fait de la sociologie politique. Je réaffirme qu’il est vraiment temps de vivre Savigny autrement.
« JE COMPRENDS MIEUX LE CHOIX DE BERNARD MÉRIGOT »
Je souhaite malgré tout bonne chance à tous les candidats pour le scrutin de dimanche, dont Éric MEHLHORN, hormis le FN et Laurence SPICHER-BERNIER, contre laquelle je me suis engagé. Je surveillerai leur action, au sein du Conseil municipal, notamment l’application des programmes et des chartes des élus.
Admettons que je comprends mieux maintenant pourquoi l’ancien premier adjoint Bernard MÉRIGOT a fait le choix de la gauche pour Savigny. Quant à mes colistiers, ils voteront en leur âme et conscience pour qui ils désirent. Je promets à tous ceux qui nous ont fait confiance, qu’avec l’équipe de VSA, nous restons mobilisés pour la suite et donnons d’ores et déjà rendez-vous à la population pour de futurs échanges et manifestations publiques.
Olivier VAGNEUX
Tête de la liste de « Vivons Savigny autrement »
861 voix (6,48 % des 13 290 voix exprimés)
1er tour de l’élection municipale et communautaire du 23 mars 2014
Savigny-sur-Orge »
NB. Les intertitres sont de la rédaction de Savigny-avenir.
RÉFÉRENCES
VAGNEUX Olivier, « Pourquoi je n’appelle à voter pour Éric Mehlhorn le 30 mars 2014 ? », Vivons Savigny Autrement. Au plus proche de votre quotidien », http://www.vsa2014.fr. 25 mars 2014. http://vsa2014.fr/spip.php?article246
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Le second tour de l’élection municipale et communautaire a lieu dimanche prochain, le 30 mars. Suite au premier tour du dimanche 23 mars, les candidats adressent traditionnellement des remerciements aux électeurs.
Le premier des sept candidats de ce premier tour (1) à avoir distribué un tract, trouvé ce matin mardi 25 mars à 6 heures dans les boîtes à lettres, est Éric MEHLHORN, candidat UMP/MODEM/DLR.
Éric MEHLHORN (UMP)
Commune de Savigny-sur-Orge
Élection municipale des 23 et 30 mars 2014
Liste «Le bon sens pour Savigny»
Tract de remerciement après le 1er tour du 23 mars 2014
Rédiger le texte dès que les résultats sont connus (le dimanche 23, à 23 heures…), imprimer (le lundi 24, dans la journée) et distribuer (dans la nuit du 24 au 25…). Les journées sont longues pour les candidats aux élections et les militants qui les soutiennent !
Cette distribution, dans un délai bref, à n’en pas douter, ne peut être interprété que comme un signe évident de réactivité du candidat et de son équipe.
On attend les tracts des autres candidats. (2) Il est à noter que certains candidats publient des articles sur leur site Internet de campagne.
C’est le cas de Pierre GUYARD (PS/EELV/PRG/PC)
C’est le cas également d’Olivier VAGNEUX, candidat de la liste « Vivre Savigny Autrement (VSA) » qui a mis en ligne sur son site, dès le matin du 24 mars, un bref article :
RÉFÉRENCES
1. MEHLHORN Éric, « Remerciements. Tract distribué dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. A4 recto.
2. Pierre GUYARD, Éric MEHLHORN, Laurence SPICHER-BERNIER, Audrey GUIBERT, David FABRE, Olivier VAGNEUX, Jean ESTIVILL
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OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014
J – 21 jours ! Les grandes étapes du parcours des candidats et des listes pour les élections municipales sont connues : déclaration de candidature, journal de campagne, tract, programme électoral, dépôt de la liste à la sous-préfecture, réunion, profession de foi adressée aux électeurs, sans oublier mails, sites Internet, Facebook, Twitter… Le premier tour a lieu le dimanche 23 mars. Où en sont les listes de l’accomplissement de cet itinéraire à la date du samedi 1er mars, trois semaines avant (J – 21 jours) ?
LISTES DÉPOSÉES A LA SOUS-PRÉFECTURE DE PALAISEAU
à la date du 28/03/2014
Élections municipales de Savigny-sur-Orge (1)
Pour la première fois en 2014, il y a deux listes à la suite :
L’ÉTONNANT RYTHME DE LA CAMPAGNE
Il est à noter que seule Laurence SPICHER-BERNIER, maire sortante, a publié une brochure-bilan de 12 pages. On doit s’interroger sur la surprenante lenteur des candidats. Ainsi, à ce jour, aucune n’a liste n’a encore publié son programme pour le prochain mandat (2014-2020). C’est comme si tout le monde attendait tout le monde, la règle semblant être : le plus tard possible. Avec les surprises que réserve souvent la politique des flux tendus et du «juste-à-temps».
RÉFÉRENCES
1. Le présent article est rédigé avec les informations dont nous disposons. Merci par avance à ceux qui nous feront part de leurs observations. Il est évident que seuls les récépissés de dépôt font foi.
Articles en ligne concernant les élections municipales de 2014
en ligne sur le présent site http ://www.savigny-avenir.info
DOCUMENT du 3 mars 2014
COMMENTAIRE du 3 mars 2014
Éric MEHLHORN, tête de la liste « Le bon sens pour Savigny » a complété la page de son site :
Les neuf premiers candidats de la liste des conseillers municipaux sont, par ordre, les suivants : 1. Éric MEHLHORN, 2. Nadège ACHTERGAELE, 3. Jacques PATAUT, 4. Anne-Marie GERARD, 5. Daniel GUETTO, 6. Réjane MALGUY, 7. Christophe GUILPAIN, 8. Joëlle EUGENE, 9. Sébastien BENETEAU…
RÉFÉRENCES
MEHLHORN Éric, « Une équipe d’avenir, compétente, sérieuse et humaniste », http://www. bonsens2014.wordpress.com, 3 mars 2014. http://bonsens2014.wordpress.com/le-bon-sens/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°81, lundi 3 mars 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Bernard MÉRIGOT
LA PISCINE COMMUNALE DE SAVIGNY-SUR-ORGE
Laurence SPICHER-BERNIER. « La piscine est un équipement social. Ça coûte nettement moins cher qu’un stade ou qu’un foyer-logement ».
LE RECRUTEMENT DES FUTURS EMPLOYÉS DE LA PISCINE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je vais exiger que la priorité des emplois revienne aux Saviniens. »
LE MONDE POLITIQUE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Le monde politique est particulièrement difficile de manière générale. »
LES PLAINTES DE LAURENCE SPICHER-BERNIER
CONTRE LES CONSEILLERS MUNICIPAUX
Le Parisien Essonne-matin : « Vous avez récemment décidé de retirer les nombreuses plaintes que vous avez engagées ces dernières années à l’encontre de vos opposants. Pourquoi ? ». Laurence SPICHER-BERNIER : « Ce serait très mal venu de gaspiller son énergie à vouloir régler des comptes aujourd’hui complètement dépassés ».
JE T’AIME MOI NON PLUS
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI) et Éric MEHLORN (UMP)
Laurence SPICHER-BERNIER. « Sur le rassemblement, je suis toujours sur l’idée d’une union avec Monsieur MEHLHORN ».
LES JOUEURS DE BASE-BALL
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je n’ai pas changé mon fusil d’épaule. »
LE CINÉMA EXCELSIOR
Laurence SPICHER-BERNIER. « Nous sommes toujours dans l’optique de récupérer ce cinéma. »
LA NOTORIÉTÉ ET LA COMMUNICATION POLITIQUE
EN QUESTION
Laurence SPICHER-BERNIER. Ma candidature aux élections législatives de 2012 : « C’était surtout pour moi une campagne de notoriété, et aussi apprendre comment communiquer. »
UNE DERNIÈRE CITATION POUR LA ROUTE
Le philosophe John DEWEY a écrit : « Tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique ».
« Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (5)
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Municipales. La mise au point de la maire de Savigny-sur-Orge. Controversée, Laurence Spicher-Bernier (UDI) doit faire face à de multiples divisions dans sa ville. Pour la première fois, elle s’explique sur tous les dossiers qui fâchent », Le Parisien Essonne matin, 11 février 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. « Précision. Une erreur s’est malencontreusement glissée dans l’article paru dans nos colonnes vendredi intitulé : « A Savigny, maire et opposants retournent au tribunal ». Laurence Spicher-Bernier, maire (UDI) de la ville, n’a pas été condamnée, le 6 septembre 2011, à 18 mois de prison avec sursis pour escroquerie en fausse qualité de juriste et exercice illégal de la profession d’avocat mais à 8 mois avec sursis.», Le Parisien Essonne matin, 14 janvier 2014.
3. RESPUBLICA ET HARRIS INTERACTIVE, Baromètre de la concertation et de la décision publique 2013, janvier 2013, 2e édition, 4 p. Enquête réalisée du 25 juillet au 1er août et du 8 au 15 août 2012. Présentation par Gilles-Laurent Rayssac et Marie-Catherine Bernard, avec les interventions de Jean-Daniel Lévy, Directeur du département politique et opinion à Harris Interactive, Robert Herrmann, Premier adjoint au Maire de Strasbourg en charge de la démocratie locale et Philippe Bilger, Président de l’Institut de la Parole, magistrat honoraire, Paris, Le Cloître, 24 janvier 2013.
4. RABHI Pierre, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, 2010, 144 p.
5. DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/
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DÉCODAGE
CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts, les distribuent dans la rue et les glissent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale. Ils méritent de faire l’objet d’une lecture critique.
ENJEUX. Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relève de la « technologie de la démocratie ». S’agit-il de pratiques d’amateurs ou de pratiques de professionnels, artisanales ou bien industrielles ? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?
Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Haut de la page 1
L’IMAGE ET LES MOTS

Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Bas de la page 1
« RACONTER DE BELLES HISTOIRES POLITIQUES… »
« La gauche va briguer vos suffrages en mars 2014 comme François Hollande en mai 2012. Elle va vous raconter de belles histoires en vous promettant des lendemains qui chantent ! Avant de faire votre choix, il vaut mieux connaître les candidats de la Gauche savinienne ». (1) Les électeurs sont ainsi prévenus, par cette annonce, du dévoilement d’une vérité. Le discours politique accomplit un tour : révéler ce qui est ignoré, contribuer à un « mieux connaître ». Ambitieux programme !
C’est par ces deux phrases que Laurence SPICHER-BERNIER introduit son tract, distribué le 2 février 2014, sept semaines avant le premier tour du 23 mars. Un texte composé de quatre parties, chacune annoncée par un titre : « Un candidat socialiste…venu d’ailleurs », « Un candidat indépendant… exclu du PS et des Verts », « Un candidat populiste du Front de gauche », « Une députée écologiste fantôme… jamais à Savigny-sur-Orge ». Le sens de l’expression « belles histoires » relève de l’antiphrase. « Belles histoires » signifie : les histoires que racontent « la gauche » ne sont pas si belles, et les lendemains promis ne chanteront pas. Il convient alors de s’interroger, en appliquant un simple procédé de réciprocité, sur l’adéquation que ces histoires entretiennent avec la vérité, et sur la crédibilité de la dénonciation des lendemains annoncés par « la droite » de la maire en place, candidate à sa réélection. Une vérité critique, une crédibilité critique.
LE THÈME DU « PATHÈME »
Nous appliquons ici la méthode esquissée précédemment, dans un article en date du 11 décembre 2013 (2). Aux deux questions « Comment analyser les textes que la politique inspire ? », et « Comment décoder le discours politique ? », nous répondons en nous référant à la théorie du « pathème » proposée par Patrick CHARAUDEAU. Pour lui « le recours aux effets pathémiques est constitutif du discours politique». (3) Le pathème désigne une entité sémantique qui appartient au domaine passionnel. Comme l’indique Denis BERTRAND, le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème, -émique. Il désigne l’unité minimale de description d’un phénomène pertinent à l’égard des sciences du langage. C’est ainsi que l’étude pathémique du discours politique est « une dimension qui fait l’objet de la sémiotique des passions et qui est complémentaire de la dimension pragmatique et cognitive appliquées à la transformation des « états de choses » et qui constituent le ressort de la narrativité » (4). Elle concerne la modulation des états du sujet, c’est-à-dire de ses « états d’âme » politiques.
L’ESPRIT DE CONFRONTATION
Dans un article consacré à l’argumentation et à l’analyse du discours, Alicja KACPRZAK reconnait que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion. Elle note que le discours politique se distingue d’une façon radicale par rapport au discours ordinaire par deux caractéristiques : l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. Pour elle, « la politique constitue un espace où plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation entraîne inévitablement des émotions fortes » (5).
« Si l’argumentation en politique cherche d’une façon générale à émouvoir, un choix est fait par l’auteur politique, orateur ou écrivain, entre les émotions positives et les émotions négatives qu’il veut susciter auprès du public.
À suivre
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Élections municipales des 23 et 30 mars 2014, Agir pour vous. Continuons ensemble avec Laurence Spicher-Bernier, maire UDI de Savigny-sur-Orge », tract A3 recto verso.
2. MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Décodage type d’un tract électoral (Éric Mehlhorn, candidat UMP) », http://www.savigny-avenir.info, 11 décembre 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/12/11/savigny-sur-orge-decodage-type-dun-tract-electoral-eric-mehlhorn-candidat-ump/
3. CHARAUDEAU Patrick, « Le discours politique. Les masques du pouvoir », Vuibert, 2005, 265 p.
4. BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000.
5. KACPRZAK Alicja, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et Analyse du Discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427
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Objet peint et objet réel
La braguette de la video-surveillance : fausse façade, vraie camera
Ravalement de la Préfecture de police de Paris, 16 décembre 2013
« Abécédaire photographique de la démocratie »
© BM 2013
LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS
EST UN LIEU STRATÉGIQUE
Le bâtiment de la Préfecture de police de Paris occupe un site stratégique, en pleine île de la cité. Il fait face, le long de la Seine, d’un côté à la cathédrale Notre Dame, de l’autre au Palais de Justice et à la Sainte Chapelle. Il est limité par la rue de la cité, la rue de Lutèce, le boulevard du Palais, et le quai du Marché neuf.
En cette fin d’année 2013, une partie des bâtiments est en travaux de ravalement. Un échafaudage a été installé. Il est bâché. Les responsables du chantier ont eu la bonne idée de faire peindre cette bâche en reproduisant la façade qu’elle cache. L’effet artistique est réussi. Les passants contemplent une façade peinte à l’identique de la vraie façade.
LA CAMERA EST UN OBJET QUI VOIT
Seulement, la bâche ne saurait recouvrir les cameras de surveillance fixées sur la façade. Aussi, des ouvertures ont été pratiquées dans la bâche afin que rien n’occulte les objectifs des cameras de surveillance de la rue. La bâche est à la fois fonctionnelle et artistique. La caméra, elle est fonctionnelle. Il s’agit étymologiquement d’une « braguette » (ouverture verticale) qui laisse voir la caméra, un objet qui n’est pas n’importe quel objet : c’est « un objet qui voit ».

La Préfecture de police de Paris
17 décembre 2013
© BM 2013
La démocratie, elle aussi, présente une réalité peinte qui recouvre, presque à l’identique, une réalité matérielle, celle d’objets physiques et d’objets symboliques qui la constituent. Un bulletin de vote, une urne sont des objets physiques. L’égalité de moyens accordé à tous les candidats, le respect des minorités, le droit à la libre expression, l’accès aux documents publics par les citoyens… sont des objets symboliques. Seulement la figuration ne couvre pas toute la réalité. Des ouvertures laissent voir ce qui ne saurait être occulté. Le monde de la vie sociale et politique est hyperréaliste.
RÉFÉRENCES
MERIGOT Bernard, «La Représentation hyperréaliste remet en question l’objet et le réel (Bernard Mérigot)», http://www.savigny-avenir.info, 13 décembre 1972. La peinture hyperréaliste a marqué les années 1970. L’interrogation qu’elle a amené sur l’objet de la représentation artistique a déplacé le rapport au réel, comme l’ont montré Jacques LACAN et Serge LECLAIRE dans le cadre de l’expérience psychanalytique. Elle perdure …
On retrouvera cet article avec le lien suivant : http://www.savigny-avenir.fr/1972/12/13/la-representation-hyperrealiste-remet-en-question-lojet-et-le-reel-bernard-merigot/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°71, lundi 23 décembre 2013
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DÉCODAGE
CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts et les distribuent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale et méritent de faire l’objet d’une lecture critique. (1)
ENJEUX. Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relèvent des « technologies démocratiques ». Sont-elles des pratiques artisanales ou bien des pratiques industrielles? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?
ANALYSER LES TEXTES
QUE LA POLITIQUE INSPIRE
« Pour s’initier à la vie politique française, il faut connaître les partis en présence, leur histoire, leurs chefs, leurs programmes. Mais il faut également chercher à découvrir une orientation politique au style des textes que la politique inspire », écrit Christian GARAUD. Il poursuit en posant une série de questions. Comment distinguer la droite de la gauche ? Comment distinguer une certaine droite ? Comment distinguer une certaine gauche ? Tous les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? Quel rôle le passé joue-t-il dans les tracts ? Quels sont les noms propres cités ? Quels sont les mots qui commencent par une majuscule ? Quels sont les mots présents ? Quels sont les mots sont absents ? (2)
Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 1 (3)
La photographie des candidats fait partie du discours politique. Elle mérite une analyse. La photographie du 1er tract d’Éric MEHLHORN fait penser aux peintures du mouvement de l’hyperréalisme. Le terme désigne un courant artistique américain des années 1950-1970 qui se caractérise par un réalisme quasiment photographique qui s’est développé à la suite d’Edward HOPPER et du Pop Art (« photorealism » ou « superrealism » en américain). L’hyperréalisme consiste en la reproduction à l’identique d’une image en peinture, tellement réaliste que le spectateur vient à se demander si la nature de l’œuvre artistique est une peinture ou une photographie. C’est le résultat auquel nous sommes confrontés en regardant la photographie d’Éric MEHLHORN (la netteté de la trame du tissus du veston, le lissé des cheveux, la précision du dessin de la cravate, les deux lampadaires dans le lointain, et ce ciel bleu avec ces nuages blancs, cotonneux, flous…).
Voila le résultat de l’abus des logiciels de retouche : une photographie plus vraie que la réalité, une réalité trop fabriquée ! Il en est de même pour l’abus des retouches du langage : il laisse entrevoir un discours manipulé.
Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 2 (3)
COMMENT DÉCODER
LE DISCOURS POLITIQUE ?
Comment décoder le sens profond d’un discours politique ? Stéphanie BAUDOT répond en proposant une démarche de compréhension et d’analyse du discours politique dans un contexte électoral en fixant quatre objectifs. (4).
LE « NOUS » N’EXISTE PAS
SEUL LE « JE » EXISTE
La candidature à l’élection municipale de Savigny-sur-Orge n’est pas une candidature individuelle mais une candidature collective de 39 personnes qui constituent une liste. On pourrait s’attendre à ce que la liste de l’UMP qui s’intitule « Le bon sens pour Savigny » tienne un discours politique dans lequel dominerait le « nous ». D’autant plus que la tête de liste écrit « Je serai entouré d’une équipe ». On constate que le « nous » n’existe pas. C’est le « je » d’Éric MEHLHORN, tête de liste, qui est omniprésent : en 35 lignes de texte, on compte 15 fois « je », soit une fois toutes les deux lignes.
MOI
Cette focalisation sur une seule personne, manifestée par la disparition du « nous » au profit du « je », se trouve confirmée par la signature. Ce n’est pas un « nous », collectif de 39 candidats, qui signent le tract. Ce n’est pas « moi pour nous ». C’est Éric MEHLHORN seul qui signe, et qui signe « Pour vous et avec vous ». La question politique qui se pose est de savoir si le pouvoir local peut échapper à la personnalisation grandissante pour s’engager dans un partage collectif.
LA FABRICATION DU DISCOURS POLITIQUE
Philippe GUIHENEUC remarquait que les « flyers » des candidats aux élections relevaient du marketing politique : pour avoir la certitude de gagner des voix, il faut respecter des règles de présentation. Il notait que la composition du texte « ressemble comme deux gouttes d’eau à la transposition sur le papier du déroulement d’une allocution dans une réunion politique : 1. Je me présente à la tribune (voilà ma photo), 2. Je présente mes arguments, 3. Je conclus comme je peux, 4. J’espère que les électeurs liront comme ils m’auraient écouté » (5). Coupez. Fin de séquence.
La publication d’un tract, pour symptomatique qu’elle soit, n’est pas en soit complétement significative. Elle s’inscrit dans une temporalité qui comprend les tracts déjà publiés par les autres candidats ainsi que les tracts à venir. Mêmes si les candidats s’en défendent, tous se précipitent sur la production de leurs adversaires. Ils se lisent entre eux, ils se répondent les uns les autres. Dans le cas présent, qui est celui d’un tract d’annonce de candidature, le problème est de savoir s’il ne contient pas déjà, en filigrane, les tracts suivants. Comme s’il y avait un « ADN politique » qui détermine les caractéristiques de cellules qui n’existent pas encore. Autrement dit : la prédictivité politique existe-t-elle ?
Dans le cas présent, lorsqu’on lit le tract signé par Éric MEHLHORN, on ne retrouve ni le conseiller général, ni l’ancien adjoint au maire, ni l’actuel conseiller municipal tel qu’on l’entend parler lors des séances du conseil général, du conseil municipal, des réunions. Il suffit de lire les comptes rendus des débats figurant au Registre des délibérations, notamment depuis 2008. On a l’impression qu’une autre voix parle, que quelqu’un d’autre est l’auteur de ce texte.
Les mots employés sont en nombre limité. Ils ont tous un « environnement » prédéterminé par le marketing électoral. A chaque mot : un adjectif, une expression… qui sont autant d’automatismes du langage politique. Ainsi, le mot « dépenses » ne peut pas être prononcé sans lui associer automatiquement « maîtrisées », « cadre de vie » avec « agréable », « homme » avec « de terrain », constituant un dictionnaire des idées reçues politiques. Nous relevons ici ce qui pour nous constitue une matrice (6). Un candidat peut-il s’en affranchir ? Peut-il s’adapter au débat ? Peut-il infléchir son discours ? Introduire de nouveaux mots ? Le « nous » remplacera-t-il le « je » ? Ou bien impose-t-il, quoi qu’il advienne, un modèle extérieur préexistant qu’il s’est approprié ? Autant de questions que les prochaines productions discursives nous révèleront.
LA MATRICE
DU DISCOURS POLITIQUE D’ÉRIC MEHLHORN
LES ARGUMENTS FALACIEUX
« La construction socialisée des discours passe par des coopérations incessantes, plus ou moins harmonieusement négociées par les sujets en interaction, pris dans la praxis sociale. Mais il arrive aussi qu’il y ait des ratés, des déficits, dans la mesure où les re-présentations des événements, ou encore l’organisation des débats reposent sur des comportements discursifs, des choix de topics, d’argumentaires ou d’arguments plus ou moins fallacieux, entrainant des relations biaisées aux interlocuteurs, au monde, au langage.
Ce sont ces dysfonctionnements qu’il me semble intéressant de mettre au jour, en alliant description linguistique et critique éthique, non pas pour substituer une vérité partielle ou un dogme à un autre, mais pour participer à des approches plus respectueuses de la complexité des choses et des êtres et plus attentives aux formats de discussion et de coopération. »
RABATEL Alain, « L’engagement du chercheur, entre « éthique d’objectivité » et « éthique de subjectivité », Argumentation et Analyse du Discours, 11/2013, http://aad.revues.org/1526
CONFRONTATION, REFUS DE L’AUTRE, HAINE
« Chaque mouvement politique, quelle que soit son orientation, dans sa quête du pouvoir ou dans le désir de le conserver, recourt à différentes stratégies, matérielles ou symboliques, qui trouvent leur expression langagière.
Comme le constate Patrick Charaudeau, « Le recours aux effets pathémiques (7) est constitutif du discours politique», ce qui indique l’une des caractéristiques majeure de ce type de discours. Il est indéniable que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion.
Le discours politique se distingue du discours ordinaire par l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. La politique constitue un espace où, plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation, entraîne inévitablement des émotions fortes, dont le propre est, en plus, d’être exprimées. Cependant, si l’argumentation en politique cherche d’habitude à émouvoir, le choix est fait entre les émotions positives et négatives à susciter auprès du public.
Les systèmes basés sur les valeurs de la démocratie recourent à un langage de conciliation, censé réunir les citoyens autour d’objectifs partagés. Si l’argumentation démocratique aboutit à l’émotivité, celle-ci présente un caractère affirmatif et constructif. Il n’en est pas de même pour les systèmes autoritaires, et plus particulièrement totalitaires, qui, indépendamment de leurs origines, semblent développer un tout autre discours, fondé sur la confrontation, le refus de l’autre, voire la haine. »
KACPRZAK Alicja, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et analyse du discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427
DOCUMENT
RÉFÉRENCES
1. Un tract, un prospectus, ou encore un flyer, est un texte ou une publicité imprimée sur un support en papier qui est distribué de la main à la main dans les espaces publics, sur les trottoirs, déposé dans les boîtes à lettres. Ceux qui les distribuent sont employés à cette tâche ou bien agissent par militantisme pour diffuser des idées, promouvoir un produit, annoncer un événement artistique, culturel, politique…
2. GARAUD Christian, « Lecture de deux tracts électoraux », The French Review, Vol. 57, n°3, February 1984, American Association of Teachers of French, p.336-343.
Christian GARAUD pose plusieurs questions : 1. Les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? 2. Quels rôles jouent le passé et le patriotisme dans ces tracts ? Quels sont les dates ? Quels sont les noms propres ? Quels mots commencent par une majuscule ? Quels sont les mots répétés ? Quels mots sont présents ? Quels mots sont absents ?
3. MEHLHORN Éric, « Éric Mehlhorn, élections municipales 23 et 30 mars 2014, UMP Le Bon sens à Savigny », A4 recto verso, 2 p. Distribué dans les boîtes à lettres de la commune de Savigny-sur-Orge le 9 décembre 2013.
Sur l’hyperréalisme, voir :
MÉRIGOT, «La représentation hyperréaliste remet en question l’objet et le réel», http://savigny-avenir.info, 13 décembre 1972. La peinture hyperréaliste a marqué les années 1970. L’interrogation qu’elle a amené sur l’objet de la représentation artistique a déplacé le rapport au réel, comme l’ont montré Jacques LACAN et Serge LECLAIRE dans le cadre de l’expérience psychanalytique. Elle perdure … http://www.savigny-avenir.fr/1972/12/13/la-representation-hyperrealiste-remet-en-question-lojet-et-le-reel-bernard-merigot/
4. BAUDOT Stéphanie, DETOBER Perrine et NIZET Jean,« L’analyse structurale pour décoder les discours politiques », Esperluette, n°51, janvier-février-mars 2007.
PIRET A., NIZET J. et BOURGEOIS E., L’analyse structurale, une méthode d’analyse de contenu pour les sciences humaines, De Boeck université, 1996.
GREIMAS A.J., Du sens, Paris, Seuil, 1970
PALMAS J., Le modèle actantiel. Méthode d’analyse du politique, Liège, Études et recherche, n°48, 1990.
5. GUIHENEUNC Philippe, « Marketing politique. Flyers des candidats », http://www.marketing.digischool.fr, 19 avri 2012.
6. Matrice (du latin matrix, matricis), élément qui fournit un appui ou une structure qui sert à entourer, à reproduire ou a construire.
7. Pathéme, Pathémique. Le « pathème » est une unité sémantique du domaine passionnel. L’étude pathémique du discours concerne la modulation des états du sujet, ses « états d’âme ». Cette dimension fait l’objet de la sémiotique des passions. Elle est complémentaire des dimensions pragmatique et cognitive qui concernent la transformation des «états de choses» constituant le ressort de la narrativité. Le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème,-émique. Ce suffixe, que l’on trouve en linguistique dans « phonème », « sème », « sémème »… (et par extension en anthropologie dans « mythème »), désigne l’unité minimale de description d’un phénomène dans le champ de pertinence des sciences du langage. (BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000).
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