L’histoire d’une commune, de son territoire et de ses habitants n’est pas un savoir constitué qui existe « en soi », d’une façon évidente ou spontanée.
Comment savons-nous ce que l’on sait ? L’histoire de Savigny-sur-Orge est un objet singulier qui est un produit complexe et mouvant, résultant d’un travail, d’une recherche, d’une construction, à la fois individuelle et collective. Elle a un nom : c’est « l’histoire de l’histoire de Savigny-sur-Orge ».
Bernard MÉRIGOT
Responsable de la recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale » (TDNL)
Savigny-sur-Orge, Mémoires en images, 2005
Patrimoine et recherches en histoire locales, 2007La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°97, lundi 23 juin 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
« AVERTISSEMENT. Les déclarations et les votes, notamment au conseil municipal, sous le signe du groupe Savigny-Égalité ou Gauche républicaine n’engagent nullement le Front de gauche de Savigny. Nous ne saurions être l’objet d’aucune récupération. »
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RÉFÉRENCES
FRONT DE GAUCHE SAVIGNY, « Avec le Front de gauche, Savigny, Place au Peuple, L’alternative à l’austérité, c’est possible », Tract A4 recto verso, Sans date. Distribué dans les boîtes à lettres de la commune le 28 mai 2013.
COMMENTAIRE DU 15 juin 2013
Les responsables du Front de gauche de Savigny-sur-Orge, Louisette DA SILVA, Dominic LEBRUN et Michel GALIN, viennent d’adresser une lettre en date du 11 juin 2013 qui confirment leur désaveux à l’égard de Jean ESTIVILL, de ses déclarations et de ses votes.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
Que retenons nous du passé ? Qu’en racontons-nous ? Quelles promesses en tirons-nous ? Peut-on s’appuyer sur lui pour ne plus répéter les erreurs anciennes ?
La mémoire sert-elle à définir ce que nous sommes ? Ce que nous voulons faire ensemble ? Ou bien sert-elle à imposer une vision en dépréciant toute autre pensée ?
Existe-t-il des débats publics sans l’utilisation inévitable, comme argument, d’une référence au passé politique ?
ABUS DE MÉMOIRE
ABUS D’OUBLI
Notre époque se caractérise à la fois par un abus de mémoire et un abus d’oubli.
D’un côté, nous avons la prolifération des commémorations, la manipulation idéologique des identités, la patrimonialisation des lieux de mémoire, le rêve insensé de musées où le passé serait stocké et sauvegardé dans son intégralité, pour l’éternité.
De l’autre côté, nous assistons à la disparition, à un rythme accéléré, des mémoires marginales, celles des vaincus, celles des minorités; à l’amnésie généralisée apportée par tous ceux qui prétendent abolir le passé. Comme le relève l’historien Olivier ABEL, «les modes de vie nous amène à jeter ce qui nous alourdit, sans plus rien chercher à réparer».
Alors, plus on échange dans une société de vitesse, d’instantanéité des communications, d’ouverture généralise des données et des réseaux, et plus on a besoin d’avoir de l’inéchangeable, et donc de clôturer les mémoires.
LA POLITIQUE INSTITUE
LES CONFLITS
Peut-on accepter l’idée que «la politique consiste à instituer les conflits» ? Une communauté n’existe qu’à partir du moment où elle détermine ce qu’elle garde en mémoire. Les institutions politiques sont-elles capables d’introduire une distance, les obligeant à cohabiter avec d’autres, dans un espace de civilité ? Et cette fonction n’ouvre-t-elle pas la voie à de dangereuses manipulations des fausses mémoires et de l’oubli fabriqué ?
FAUSSES MÉMOIRES
D’un côté nous trouvons la démagogie du populisme identitaire, qui joue sur les peurs et les ressentiments, en fabriquant des fausses mémoires qui peuvent enfler jusqu’à éclater, comme des bulles imaginaires et dangereuses. Mais même les politiques les plus démocratiques, qui s’abritent sous le désir légitime de transmettre aux jeunes générations un langage commun, courent le risque de n’investir que dans la pédagogie des moyens de communication, en évacuant le débat sur le contenu de ce qui est transmis. Comme si on prenait les gens pour des enfants, comme s’il fallait à tout prix surtout écarter les conflits.
OUBLIS FABRIQUÉS
De l’autre côté, nous trouvons la démagogie des politiques de l’amnésie, quand on efface d’un territoire toutes les traces de l’existence de ce qu’on veut oublier, en nettoyant toutes les couches archéologiques contaminées par ce qui devrait n’avoir jamais existé, et en bétonnant un paysage tout neuf, méconnaissable, d’où le passé réel est à jamais banni. Nombreuses sont les figures récentes de ces recommencements à zéro, de ces amnisties ou de ces prescriptions.
N’oublions pas que l’on ne se souvient jamais tout seul. Et que la mémoire vive se constitue toujours dans le dissensus. Sans cela, on est dans un « politiquement correct » qui refoule les mémoires réelles indésirables.
RÉFÉRENCES
ABEL Olivier, « La mémoire en politique », Atelier international de recherche sur les usages publics du passé, www.ehess.dynamiques.fr, 20 avril 2010.
La Lettre du lundi, 17 décembre 2012
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2012
MÉMOIRE DU LIEU
La mémoire du lieu – qu’elle soit individuelle, collective ou savante – évoque, pour toute société locale, une généalogie d’émotions organisées autour de l’histoire des hommes, des femmes et des enfants de l’endroit. C’est elle, au fil des âges, qui a bâti « le pays d’ici », en inscrivant au travers de façons de faire et de façons de dire, des oeuvres, des chroniques, des témoignages pour composer l’atlas mystérieux des chemins du monde. D’une génération à l’autre, c’est cette mémoire qui porte l’héritage et qui fortifie chez chacun le « dur désir de durer ».
MÉMOIRE DU LIEN
La mémoire réveille cette sagesse millénaire qui tient en ces mots : « Si tu veux savoir où tu vas, garde-toi d’oublier d’où tu viens. » Aucune cité future ne peut s’édifier sans emprunter à la ville mémoire : elle lui emprunte obligatoirement un fonds d’identité, une assise de développement, un corps homogène de valeurs et de références. La mémoire de ce lien est déterminante pour l’avenir de ce lieu.
LA VILLE QUI CHANGE
George MOORE (1) écrivait « La vie n’est qu’un changement : la mort et la vie se chevauchent, s’entremêlent inextricablement, rien n’a de sens, rien n’existe qu’un flot changeant à la surface duquel les choses arrivent ». Oui, la ville où nous habitons change chaque jour : des immeubles sont rénovés ou modifiés, des maisons disparaissent pour faire place à des constructions nouvelles. Des aménagements sont réalisés, les rues se transforment.
LA VILLE QUI DEMEURE
Mais possédons-nous la disponibilité et l’attention qui permet de voir ces changements alors qu’ils sont en train de se réaliser ? Car tout changement est en lutte avec ce qui résiste. À l’idée première de la ville qui change doit-être associée celle de la ville qui demeure. Les lieux sont à la fois changeants et persistants, éphémères et durables.
RENOUER LES FILS DU TEMPS
La vie est ainsi : un mélange de nouveauté et d’intangibilité. D’innovations et de continuités. Il importe de renouer les fils du temps qui relient les hommes dans leurs préoccupations communes. Par-delà la vie quotidienne, les passions humaines s’obstinent. Chaque lieu réalise une accumulation prodigieuse du temps au travers de trois dimensions
La dimension de l’espace géographique, c’est celle de l’espace qui ne change pas. La dimension de l’espace temporel, c’est celle qui voit les changements apportés par les occupations successives du territoire : site préhistorique, villa gallo-romaine, village du Moyen-Age, logis du XVIIIe siècle, pavillon de 1930, immeuble de 2000… La dimension de la relation que les habitants entretiennent aujourd’hui avec ceux qui les ont précédé construisant la banale et extraordinaire chronique des temps.
POUR UNE RECHERCHE ACTIVE SUR NOTRE PATRIMOINE
Chaque fois que nous progressons dans le savoir, nous prenons la mesure des limites de nos connaissances. D’où la nécessité d’engager enquêtes et recherches, individuelles et collectives, sur l’histoire locale. Ce qui vient du passé n’est jamais un acquit, il est un devenir.
Un patrimoine commun est un domaine à construire à partir d’objets matériels et immatériels disséminés, à partir de souvenirs qu’il faut rassembler, d’objets qu’il faut collecter, de mémoires que nous devons confronter, et de vérités que seul un travail critique peut construire.
Bernard MÉRIGOT
20 novembre 2007
RÉFÉRENCES
1. George Augustus Moore (1852-1933) est un romancier, poète, auteur dramatique et critique d’art irlandais. Né dans une famille catholique, et désirant très jeune devenir un artiste, il étudie l’art à Paris durant (1870) et se lie avec d’autres artistes français comme Manet. Il fréquente le salon littéraire de Geneviève Halévy et rencontre Rejane, Lucien Guitry, Paul Bourget, Edgar Degas.
Reproduction des pages 1 et 2.
RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Savigny-sur-Orge au siècle dernier. Les commerces, les écoles, la Savinière. Exposition de cartes postales, de documents et d’objets, Journées européennes du patrimoine 2007, La mémoire de Savigny-sur-Orge, n°16, octobre 2007, 12 p.
Reproduction de la page 1
RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Les écoles d’autrefois, Journées européennes du patrimoine, La mémoire de Savigny-sur-Orge, n°13, septembre 2006, 12 p.
Mémoire en images : Savigny-sur-Orge (2005)Jean MARSAUDON (1) a rédigé deux préfaces différentes aux deux éditions successives du livre «Mémoire en images : Savigny-sur-Orge» publiées en 2005 et en 2008. Le texte ci-dessous est celui de la première préface de 2005 (2). Seuls les intertitres ont été ajoutés.
PRÉFACE
Qu’est-ce qu’une carte postale ? C’est d’abord, un objet ancien, daté, un petit morceau de bristol d’environ 10 centimètres sur 15 centimètres sur lequel figurent le plus souvent sur le verso une photographie, accompagnée parfois d’une légende, et sur le recto un espace de correspondance, l’adresse du destinataire et un timbre postal affranchi.
UN OBJET LOCALISÉ
C’est ensuite un objet actuel, localisé, une image singulière qui provoque un effet immédiat de reconnaissance d’un lieu qui nous est familier. Cette image nous interpelle parce qu’elle concerne la ville où nous habitons, où nous vivons, où nous travaillons, la ville dont nous parcourons les rues pour nos diverses activités, pour nous rendre dans ses commerces, pour aller à l’école, au collège, au lycée, pour prendre le train à la gare.
LA CARTE POSTALE PARLE DU PRÉSENT ET DU PASSÉ
La carte postale nous parle à la fois du présent et du passé. En la regardant, on identifie ce qui demeure inchangé. On reconnaît l’église Saint-Martin, le château du maréchal Davout. On constate la transformation ou la disparition d’une maison, d’un commerce. On mesure l’évolution de notre ville et de son urbanisation. Des champs sont devenus des lotissements, des pavillons se sont transformés en immeubles, des équipements publics ont été construits.
LES HABITANTS SAISIS DANS LEURS ACTIVITÉS QUOTIDIENNES
En ce début du XXe siècle, le photographe de cartes postales saisit les habitants de Savigny-sur-Orge dans leurs activités quotidiennes : le paysan sur sa charrette à cheval, les élèves de l’école Ferdinand-Buisson avenue de la Gare, les premiers communiants sortant du presbytère de l’église Saint-Martin, les clients du café L’Ami Gaston et ceux du restaurant Le Grand Panorama, des terrassiers au travail, des blanchisseuses sur les bords de l’Orge… Le passage du photographe ne passe pas inaperçu : l’épicière et le patron du café sortent sur le pas de leur porte, les clients et les passants s’arrêtent et prennent la pose.
On estime que la commune de Savigny-sur-Orge a fait l’objet d’environ 1 200 cartes postales dont les prises de vue ont été réalisées entre 1890 et 2000. Il convient de saluer l’initiative du groupe qui s’est constitué et qui a entrepris ce travail de collecte. Nos remerciements vont, en particulier, à Sylvie MONNIOTTE qui a mené à bien la finalisation de l’édition de ce livre, rédigeant les légendes et les notices historiques.
DEUX MÉMOIRES POUR MIEUX ABORDER L’AVENIR
L’historien Raoul GIRARDET fait la remarque suivante : « Il existe une mémoire officialisée, codifiée, pérennisée : celle d’une démarche historique reconnue dans sa spécificité méthodologique qui étend sa curiosité jusqu’aux premiers pas de l’aventure humaine. Mais il existe aussi une mémoire d’une plus courte durée, parcellisée, individualisée : celle du souvenir personnel, d’une réalité momentanément vécue et dont l’image et le récit se trouvent retransmis de génération en génération ».
Par cette publication, ces deux mémoires se trouvent réunies. D’une part, la mémoire de l’histoire globale, reconstituée, intellectualisée, interprétée. D’autre part, la mémoire de l’histoire locale, partielle, héritée, riche d’un passé vécu, personnel, familial. Leur rencontre constitue des repères précieux pour mieux aborder l’avenir.
Jean Marsaudon
député-maire de Savigny-sur-Orge »
RÉFÉRENCES
1. Jean MARSAUDON, député-maire de Savigny-sur-Orge (1947-2008).
2. GROUPE D’ÉTUDE SUR L’HISTOIRE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2005, 180 p. Préface de Jean MARSAUDON, p. 7. Quatrième de couverture de Bernard MÉRIGOT, p. 130. ISBN 2-84910-340-3.
Première édition : septembre 2005. Deuxième édition : 1er trimestre 2008
Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge : Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT.
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Le Chemin de fer de Paris à Orléans (1843-2005)LE TRAIN DE LA VIE
Le train, avec son mode de traction électrique, est un moyen de transport d’actualité : il apporte des réponses durables aux questions aussi diverses que celles de l’augmentation du coût des carburants automobiles, de la pollution causée par les gaz d’échappement (gaz carbonique, oxyde d’azote, particules des moteurs diesel…), de la diminution des rejets contribuant à l’effet de serre, de la saturation des accès routiers et autoroutiers des villes, des difficultés généralisées de stationnement, du temps perdu chaque jour dans les bouchons par un nombre toujours croissant d’automobilistes et de chauffeurs de poids lourds, etc.
Les usagers de la gare SNCF de Savigny-sur-Orge qui empruntent la ligne du RER-C pour se rendre à Paris ont suivi les évolutions récentes : la construction de la gare souterraine d’Austerlitz (1971), la prolongation au-delà de la station Quai d’Orsay vers Invalides (1979), l’ouverture de la station Bibliothèque François Mitterrand (1998), l’augmentation du nombre de dessertes, l’évolution des rames de voyageurs…
Depuis plus d’un siècle, les lignes de chemin de fer font partie des grands équipements publics modernes. Ce sont des éléments structurants du paysage des communes qu’elles traversent. Il est intéressant de savoir comment l’État, au nom de l’intérêt collectif, a exproprié les terrains privés, quel rôle ont joué les communes, comment les grands ouvrages ont été réalisés. Ces débats sont toujours actuels, comme on a pu le constater en 1990 avec le projet de la SNCF de passage de 4 à 6 voix entre Juvisy-sur-Orge et Brétigny-sur-Orge, ou bien avec le projet de construction d’une ligne nouvelle dite “tangentielle” en Essonne.
Le chemin de fer suit le chemin de la vie, la vie des individus comme la vie des collectivités. Ces derniers sont porteurs de multiples interrogations : régularité du trafic, sécurité des voyageurs, construction de nouvelles infrastructures, défense des riverains, effets de la mise en concurrence européenne de la SNCF, etc.
L’histoire du chemin de fer n’est pas figée, elle continue à s’écrire.
Bernard MÉRIGOT
RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, « Le Chemin de fer de Paris à Orléans (1843-2005). Journées européennes du patrimoine 2005. Exposition. Conférences », La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, 2005, 8 p. Texte complet en pdf : SSO Memoire 2005 n 10
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Allocution de Monsieur Bernard MÉRIGOT
Maire-adjoint chagé du Patrimoine et des Syndicats intercommunaux
La ville de Savigny-sur-Orge a participé, à la “Journée Nationale du Patrimoine” qui s’est déroulée le samedi 18 septembre. Plusieurs manifestations ont été organisées par le service du Patrimoine, le service des Archives et de la Documentation, la Bibliothèque-Médiathèque André Malraux, l’Office du Tourisme-Syndicat d’Initiative, le Musée du Patrimoine :
Cette journée a connu un important succès, puisque plus de cent personnes ont assisté à la conférence-promenade dans les rues de Savigny-sur-Orge et que trois groupes ont du être organisés, animés respectivement par Madame Élisabeth CHEVRIER, Monsieur Joseph BRASEY et Monsieur Georges GRULOIS. Le but de ce parcours d’un peu plus de cinq kilomètres était de répondre à cette question : Que savons-nous sur les lieux où nous vivons ?
QU’EST-CE QU’UN LIEU ?
Quoi de plus simple, et à la fois de plus difficile, que d’expliquer ce qu’est un lieu ? Un lieu, c’est tout à la fois un paysage, un quartier, une rue, une maison, les personnes que l’on rencontre, les paroles échangées, les activités professionnelles qui y sont exercées, un article de journal se rapportant à un événement local, une carte postale, un objet au fond d’un tiroir…
Un lieu, c’est quelque chose qui est tour à tour proche et lointain, familier dans l’instant, et étranger lorsque le temps passe.
Il suffit de l’oublier pour qu’un jour il s’impose, de façon soudaine et puissante.
LIEUX CHOISIS, LIEUX SUBITS
Il y a des lieux du cœur, des lieux de la raison, des lieux choisis et lieux subis… Lieux vécus et temps vécus, selon les déplacements de la vie : lieu de naissance, lieu où l’on passe son enfance, lieu où l’on accomplit ses études, lieu du service militaire, lieu où l’on travaille, lieu où l’on se marie, lieu où l’on vit en famille, lieu où l’on prend sa retraite…
Lorsque l’on habite – ou que l’on exerce une activité professionnelle – quelque part, du fait des contraintes du travail ainsi que des habitudes de la vie, la connaissance de notre environnement se trouve limitée. Il y a des rues, pourtant proches, où l’on ne passe jamais, des voisins que l’on ne connaît pas, des maisons que l’on voit par habitude sans les regarder.
LIEUX CAHNGEANTS, LIEUX PERSISTANTS
Or Savigny-sur-Orge change chaque jour. La ville change : des immeubles sont rénovés ou modifiés, des maisons disparaissent pour faire place à des constructions nouvelles. Des aménagements sont réalisés, les rues se transforment.
Les lieux sont à la fois changeants et persistants, éphémères et durables. A l’idée première de la ville qui change doit-être associée celle de la ville qui demeure. Par delà les temps, les préoccupations et les passions humaines s’obstinent. Il importe de renouer les fils qui relient les hommes dans ce qu’ils ont en commun.
VAINCRE L’OUBLI, VAINCRE LA DESTRUCTION
Pour résister au temps, la mémoire a besoin de remporter chaque jour deux victoires : une victoire contre l’oubli, une victoire contre la destruction.
UNE CONSTRUCTION COLLECTIVE
N’oublions jamais que la mémoire demeure une construction collective sans cesse recommencée.
Le concours “Les rues de Savigny-sur-Orge” qui était organisé a été l’occasion pour ses participants de porter témoignage de cette persistance du savoir et ils doivent être félicités pour la connaissance de l’histoire de notre commune dont ils ont témoigné.
J’appelle les quatre lauréats : Madame Mauricette BRASEY, Monsieur Éric DUMEZ, Madame PERRIN, et Monsieur Jacques SILLY.
Je leurs adresses les félicitations de la ville de Savigny-sur-Orge.
Bernard MÉRIGOT
14 novembre 1993
Le Musée du Patrimoine
Le Musée du Patrimoine
Le Musée du PatrimoineRÉFÉRENCES
MÉRIGOT Bernard et JOSSEAUME Françoise, « A la recherche de notre histoire », Musée du patrimoine, Association Musée du patrimoine, Savigny-sur-Orge, septembre 1989, format 14,8 x 21, 4 p.
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BNF. Dépôt légal du numérique