OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014
J – 21 jours ! Les grandes étapes du parcours des candidats et des listes pour les élections municipales sont connues : déclaration de candidature, journal de campagne, tract, programme électoral, dépôt de la liste à la sous-préfecture, réunion, profession de foi adressée aux électeurs, sans oublier mails, sites Internet, Facebook, Twitter… Le premier tour a lieu le dimanche 23 mars. Où en sont les listes de l’accomplissement de cet itinéraire à la date du samedi 1er mars, trois semaines avant (J – 21 jours) ?
LISTES DÉPOSÉES A LA SOUS-PRÉFECTURE DE PALAISEAU
à la date du 28/03/2014
Élections municipales de Savigny-sur-Orge (1)
Pour la première fois en 2014, il y a deux listes à la suite :
L’ÉTONNANT RYTHME DE LA CAMPAGNE
Il est à noter que seule Laurence SPICHER-BERNIER, maire sortante, a publié une brochure-bilan de 12 pages. On doit s’interroger sur la surprenante lenteur des candidats. Ainsi, à ce jour, aucune n’a liste n’a encore publié son programme pour le prochain mandat (2014-2020). C’est comme si tout le monde attendait tout le monde, la règle semblant être : le plus tard possible. Avec les surprises que réserve souvent la politique des flux tendus et du «juste-à-temps».
RÉFÉRENCES
1. Le présent article est rédigé avec les informations dont nous disposons. Merci par avance à ceux qui nous feront part de leurs observations. Il est évident que seuls les récépissés de dépôt font foi.
Articles en ligne concernant les élections municipales de 2014
en ligne sur le présent site http ://www.savigny-avenir.info
DOCUMENT du 3 mars 2014
COMMENTAIRE du 3 mars 2014
Éric MEHLHORN, tête de la liste « Le bon sens pour Savigny » a complété la page de son site :
Les neuf premiers candidats de la liste des conseillers municipaux sont, par ordre, les suivants : 1. Éric MEHLHORN, 2. Nadège ACHTERGAELE, 3. Jacques PATAUT, 4. Anne-Marie GERARD, 5. Daniel GUETTO, 6. Réjane MALGUY, 7. Christophe GUILPAIN, 8. Joëlle EUGENE, 9. Sébastien BENETEAU…
RÉFÉRENCES
MEHLHORN Éric, « Une équipe d’avenir, compétente, sérieuse et humaniste », http://www. bonsens2014.wordpress.com, 3 mars 2014. http://bonsens2014.wordpress.com/le-bon-sens/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°81, lundi 3 mars 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
DÉCODAGE
CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts, les distribuent dans la rue et les glissent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale. Ils méritent de faire l’objet d’une lecture critique.
ENJEUX. Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relève de la « technologie de la démocratie ». S’agit-il de pratiques d’amateurs ou de pratiques de professionnels, artisanales ou bien industrielles ? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?
Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Haut de la page 1
L’IMAGE ET LES MOTS

Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Bas de la page 1
« RACONTER DE BELLES HISTOIRES POLITIQUES… »
« La gauche va briguer vos suffrages en mars 2014 comme François Hollande en mai 2012. Elle va vous raconter de belles histoires en vous promettant des lendemains qui chantent ! Avant de faire votre choix, il vaut mieux connaître les candidats de la Gauche savinienne ». (1) Les électeurs sont ainsi prévenus, par cette annonce, du dévoilement d’une vérité. Le discours politique accomplit un tour : révéler ce qui est ignoré, contribuer à un « mieux connaître ». Ambitieux programme !
C’est par ces deux phrases que Laurence SPICHER-BERNIER introduit son tract, distribué le 2 février 2014, sept semaines avant le premier tour du 23 mars. Un texte composé de quatre parties, chacune annoncée par un titre : « Un candidat socialiste…venu d’ailleurs », « Un candidat indépendant… exclu du PS et des Verts », « Un candidat populiste du Front de gauche », « Une députée écologiste fantôme… jamais à Savigny-sur-Orge ». Le sens de l’expression « belles histoires » relève de l’antiphrase. « Belles histoires » signifie : les histoires que racontent « la gauche » ne sont pas si belles, et les lendemains promis ne chanteront pas. Il convient alors de s’interroger, en appliquant un simple procédé de réciprocité, sur l’adéquation que ces histoires entretiennent avec la vérité, et sur la crédibilité de la dénonciation des lendemains annoncés par « la droite » de la maire en place, candidate à sa réélection. Une vérité critique, une crédibilité critique.
LE THÈME DU « PATHÈME »
Nous appliquons ici la méthode esquissée précédemment, dans un article en date du 11 décembre 2013 (2). Aux deux questions « Comment analyser les textes que la politique inspire ? », et « Comment décoder le discours politique ? », nous répondons en nous référant à la théorie du « pathème » proposée par Patrick CHARAUDEAU. Pour lui « le recours aux effets pathémiques est constitutif du discours politique». (3) Le pathème désigne une entité sémantique qui appartient au domaine passionnel. Comme l’indique Denis BERTRAND, le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème, -émique. Il désigne l’unité minimale de description d’un phénomène pertinent à l’égard des sciences du langage. C’est ainsi que l’étude pathémique du discours politique est « une dimension qui fait l’objet de la sémiotique des passions et qui est complémentaire de la dimension pragmatique et cognitive appliquées à la transformation des « états de choses » et qui constituent le ressort de la narrativité » (4). Elle concerne la modulation des états du sujet, c’est-à-dire de ses « états d’âme » politiques.
L’ESPRIT DE CONFRONTATION
Dans un article consacré à l’argumentation et à l’analyse du discours, Alicja KACPRZAK reconnait que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion. Elle note que le discours politique se distingue d’une façon radicale par rapport au discours ordinaire par deux caractéristiques : l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. Pour elle, « la politique constitue un espace où plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation entraîne inévitablement des émotions fortes » (5).
« Si l’argumentation en politique cherche d’une façon générale à émouvoir, un choix est fait par l’auteur politique, orateur ou écrivain, entre les émotions positives et les émotions négatives qu’il veut susciter auprès du public.
À suivre
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Élections municipales des 23 et 30 mars 2014, Agir pour vous. Continuons ensemble avec Laurence Spicher-Bernier, maire UDI de Savigny-sur-Orge », tract A3 recto verso.
2. MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Décodage type d’un tract électoral (Éric Mehlhorn, candidat UMP) », http://www.savigny-avenir.info, 11 décembre 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/12/11/savigny-sur-orge-decodage-type-dun-tract-electoral-eric-mehlhorn-candidat-ump/
3. CHARAUDEAU Patrick, « Le discours politique. Les masques du pouvoir », Vuibert, 2005, 265 p.
4. BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000.
5. KACPRZAK Alicja, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et Analyse du Discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427
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LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°77, lundi 3 février 2013
Qu’est-ce qu’un programme électoral pour les élections municipales et communautaires de 2014 ? Une triple opération de formulation, de proposition, et de soumission à un vote, d’une expérience/aptitude à gérer la « chose publique » locale, pour aboutir à un droit d’exercice du pouvoir accordé selon un bail d’une durée de six ans.
DE PLUS EN PLUS DE
CAMPAGNES ÉLECTORALES CONFLICTUELLES
Il y a de moins en moins de campagnes électorales sereines. On les rencontre dans les collectivités d’interconnaissance et de partage. En revanche, il y a de plus en plus de campagnes électorales conflictuelles, parce que la multiplication des rivalités autour de la « chose publique » ne touche pas seulement les programmes électoraux. Elle touche tous les projets et toutes les décisions des collectivités territoriales, des administrations, des services publics…
Cette situation est-elle normale ? Oui, lorsque l’on considère le décalage qui existe entre les attentes citoyennes et les dispositifs de concertation. Ces derniers peuvent en effet soit être totalement absents, soit être insuffisants, ou pire, être manipulateurs.
Cette situation peut-elle être changée ? Oui, si on suit les trois principes que Catherine FORET énonce : lucidité, élasticité, pragmatisme. (1)
1. LA LUCIDITÉ
Il faut prendre la mesure du changement qui travaille en profondeur les « sociétés d’individus ». Il faut aussi admettre que les formes d’action collective (spontanées, ou issues de la base…) sont en phase avec notre temps : les citoyens sont de plus en plus autonomes. De plus les outils numériques leur fournissent « des ressources considérables de publicisation et d’échanges de points de vue. » comme le note Hélène HATZFELD (2).
LES MOBILISATIONS
SONT DES FORMES D’EXPRESSION POLITIQUE
Tous les pouvoirs publics doivent, de plus en plus, « faire avec l’imprévisible », et considérer les mobilisations comme des modes légitimes d’expression politique. Cela implique de « déchirer le voile de la non-représentativité » prêtée à certains groupes de citoyens, comme le préconisait Michel ANSELME dans un texte toujours d’actualité. (3)
Mener un « travail de repérage du vif », et être « attentif aux groupes en ascension » : telle est la condition pour voir apparaître des collectifs puisant leurs forces à l’intérieur des groupes de la société, comme par exemple, de nouveaux porte-parole de la vie de quartiers.
La lucidité consiste à voir le conflit comme un événement normal de la vie collective, contribuant à l’invention de nouvelles normes communes : toute mobilisation conflictuelle produit des effets sur l’action publique.
LES VERTUS CONSTRUCTIVES DES CONFLITS
2. L’ÉLASTICITÉ
Georges SIMMEL mettait en avant les vertus constructives des conflits. (4) Il expliquait au début du XXe siècle que des forces de dissociation et des forces d’unification sont toujours à l’oeuvre dans les situations antagoniques. Et il insistait sur l’importance de « l’élasticité de la forme sociale » qui permet à certaines institutions de résister aux risques de rupture que l’expression des dissidences fait courir.
Une collectivité ou une organisation rigide ou dogmatique ne parvient jamais à s’ouvrir à des innovations. Alors qu’une société fluide y parvient. Dans ce domaine, les travaux en sciences humaines et en sciences sociales sur les activités de négociation, de conciliation ou de recherche de compromis sont précieuses.
3. LE PRAGMATISME
La remise en question de plus en plus fréquente, par des citoyens, de la légitimité des savoirs techniques centralisés, conduit aussi à insister, avec celui-ci pour que les collectivités locales et les administrations publiques se donnent les moyens de tirer les enseignements des épreuves que subissent en permanence leurs projets, grâce à des processus fondés sur l’expérience.
APPRENDRE PAR LES EXPÉRIENCES
« Il faut (…) imaginer un pouvoir nouveau, qui ne se définisse ni par son savoir, ni par son aptitude à trancher, mais par sa capacité à suivre les expériences en cours et à estimer la qualité de leur apprentissage ».
Catherine FORET conclut qu’ « il faut considérer les situations conflictuelles, auxquelles l’action publique se trouve confrontée, comme des épreuves collectives ». Ce qui doit permettre d’ « accueillir les initiatives et les savoirs citoyens dans l’élaboration des politiques publiques ».
RÉFERENCES
1. FORET Catherine, « Conflictualité et dynamique démocratique : l’action publique au défi des mobilisations collectives », Revue M3, janvier 2014.
2. HATZFELD Hélène, « Les légitimités ordinaires. Au nom de quoi devrions-nous nous taire ? » L’Harmattan-ADELS 2011.
3. ANSELME Michel, « Institutions, associations d’habitants et espace public : la représentativité introuvable », Du bruit à la parole, La scène politique des cités, Éditions de l’Aube, 2000.
4. LATOUR Bruno, Préface in : LOLIVE Jacques, Les contestations du TGV Méditerranée, Paris, L’Harmattan.
5. SIMMEL Georges, Le conflit, Circé poche, 2003.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°77, lundi 3 février 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
DÉCODAGE
CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts et les distribuent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale et méritent de faire l’objet d’une lecture critique. (1)
ENJEUX. Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relèvent des « technologies démocratiques ». Sont-elles des pratiques artisanales ou bien des pratiques industrielles? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?
ANALYSER LES TEXTES
QUE LA POLITIQUE INSPIRE
« Pour s’initier à la vie politique française, il faut connaître les partis en présence, leur histoire, leurs chefs, leurs programmes. Mais il faut également chercher à découvrir une orientation politique au style des textes que la politique inspire », écrit Christian GARAUD. Il poursuit en posant une série de questions. Comment distinguer la droite de la gauche ? Comment distinguer une certaine droite ? Comment distinguer une certaine gauche ? Tous les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? Quel rôle le passé joue-t-il dans les tracts ? Quels sont les noms propres cités ? Quels sont les mots qui commencent par une majuscule ? Quels sont les mots présents ? Quels sont les mots sont absents ? (2)
Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 1 (3)
La photographie des candidats fait partie du discours politique. Elle mérite une analyse. La photographie du 1er tract d’Éric MEHLHORN fait penser aux peintures du mouvement de l’hyperréalisme. Le terme désigne un courant artistique américain des années 1950-1970 qui se caractérise par un réalisme quasiment photographique qui s’est développé à la suite d’Edward HOPPER et du Pop Art (« photorealism » ou « superrealism » en américain). L’hyperréalisme consiste en la reproduction à l’identique d’une image en peinture, tellement réaliste que le spectateur vient à se demander si la nature de l’œuvre artistique est une peinture ou une photographie. C’est le résultat auquel nous sommes confrontés en regardant la photographie d’Éric MEHLHORN (la netteté de la trame du tissus du veston, le lissé des cheveux, la précision du dessin de la cravate, les deux lampadaires dans le lointain, et ce ciel bleu avec ces nuages blancs, cotonneux, flous…).
Voila le résultat de l’abus des logiciels de retouche : une photographie plus vraie que la réalité, une réalité trop fabriquée ! Il en est de même pour l’abus des retouches du langage : il laisse entrevoir un discours manipulé.
Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 2 (3)
COMMENT DÉCODER
LE DISCOURS POLITIQUE ?
Comment décoder le sens profond d’un discours politique ? Stéphanie BAUDOT répond en proposant une démarche de compréhension et d’analyse du discours politique dans un contexte électoral en fixant quatre objectifs. (4).
LE « NOUS » N’EXISTE PAS
SEUL LE « JE » EXISTE
La candidature à l’élection municipale de Savigny-sur-Orge n’est pas une candidature individuelle mais une candidature collective de 39 personnes qui constituent une liste. On pourrait s’attendre à ce que la liste de l’UMP qui s’intitule « Le bon sens pour Savigny » tienne un discours politique dans lequel dominerait le « nous ». D’autant plus que la tête de liste écrit « Je serai entouré d’une équipe ». On constate que le « nous » n’existe pas. C’est le « je » d’Éric MEHLHORN, tête de liste, qui est omniprésent : en 35 lignes de texte, on compte 15 fois « je », soit une fois toutes les deux lignes.
MOI
Cette focalisation sur une seule personne, manifestée par la disparition du « nous » au profit du « je », se trouve confirmée par la signature. Ce n’est pas un « nous », collectif de 39 candidats, qui signent le tract. Ce n’est pas « moi pour nous ». C’est Éric MEHLHORN seul qui signe, et qui signe « Pour vous et avec vous ». La question politique qui se pose est de savoir si le pouvoir local peut échapper à la personnalisation grandissante pour s’engager dans un partage collectif.
LA FABRICATION DU DISCOURS POLITIQUE
Philippe GUIHENEUC remarquait que les « flyers » des candidats aux élections relevaient du marketing politique : pour avoir la certitude de gagner des voix, il faut respecter des règles de présentation. Il notait que la composition du texte « ressemble comme deux gouttes d’eau à la transposition sur le papier du déroulement d’une allocution dans une réunion politique : 1. Je me présente à la tribune (voilà ma photo), 2. Je présente mes arguments, 3. Je conclus comme je peux, 4. J’espère que les électeurs liront comme ils m’auraient écouté » (5). Coupez. Fin de séquence.
La publication d’un tract, pour symptomatique qu’elle soit, n’est pas en soit complétement significative. Elle s’inscrit dans une temporalité qui comprend les tracts déjà publiés par les autres candidats ainsi que les tracts à venir. Mêmes si les candidats s’en défendent, tous se précipitent sur la production de leurs adversaires. Ils se lisent entre eux, ils se répondent les uns les autres. Dans le cas présent, qui est celui d’un tract d’annonce de candidature, le problème est de savoir s’il ne contient pas déjà, en filigrane, les tracts suivants. Comme s’il y avait un « ADN politique » qui détermine les caractéristiques de cellules qui n’existent pas encore. Autrement dit : la prédictivité politique existe-t-elle ?
Dans le cas présent, lorsqu’on lit le tract signé par Éric MEHLHORN, on ne retrouve ni le conseiller général, ni l’ancien adjoint au maire, ni l’actuel conseiller municipal tel qu’on l’entend parler lors des séances du conseil général, du conseil municipal, des réunions. Il suffit de lire les comptes rendus des débats figurant au Registre des délibérations, notamment depuis 2008. On a l’impression qu’une autre voix parle, que quelqu’un d’autre est l’auteur de ce texte.
Les mots employés sont en nombre limité. Ils ont tous un « environnement » prédéterminé par le marketing électoral. A chaque mot : un adjectif, une expression… qui sont autant d’automatismes du langage politique. Ainsi, le mot « dépenses » ne peut pas être prononcé sans lui associer automatiquement « maîtrisées », « cadre de vie » avec « agréable », « homme » avec « de terrain », constituant un dictionnaire des idées reçues politiques. Nous relevons ici ce qui pour nous constitue une matrice (6). Un candidat peut-il s’en affranchir ? Peut-il s’adapter au débat ? Peut-il infléchir son discours ? Introduire de nouveaux mots ? Le « nous » remplacera-t-il le « je » ? Ou bien impose-t-il, quoi qu’il advienne, un modèle extérieur préexistant qu’il s’est approprié ? Autant de questions que les prochaines productions discursives nous révèleront.
LA MATRICE
DU DISCOURS POLITIQUE D’ÉRIC MEHLHORN
LES ARGUMENTS FALACIEUX
« La construction socialisée des discours passe par des coopérations incessantes, plus ou moins harmonieusement négociées par les sujets en interaction, pris dans la praxis sociale. Mais il arrive aussi qu’il y ait des ratés, des déficits, dans la mesure où les re-présentations des événements, ou encore l’organisation des débats reposent sur des comportements discursifs, des choix de topics, d’argumentaires ou d’arguments plus ou moins fallacieux, entrainant des relations biaisées aux interlocuteurs, au monde, au langage.
Ce sont ces dysfonctionnements qu’il me semble intéressant de mettre au jour, en alliant description linguistique et critique éthique, non pas pour substituer une vérité partielle ou un dogme à un autre, mais pour participer à des approches plus respectueuses de la complexité des choses et des êtres et plus attentives aux formats de discussion et de coopération. »
RABATEL Alain, « L’engagement du chercheur, entre « éthique d’objectivité » et « éthique de subjectivité », Argumentation et Analyse du Discours, 11/2013, http://aad.revues.org/1526
CONFRONTATION, REFUS DE L’AUTRE, HAINE
« Chaque mouvement politique, quelle que soit son orientation, dans sa quête du pouvoir ou dans le désir de le conserver, recourt à différentes stratégies, matérielles ou symboliques, qui trouvent leur expression langagière.
Comme le constate Patrick Charaudeau, « Le recours aux effets pathémiques (7) est constitutif du discours politique», ce qui indique l’une des caractéristiques majeure de ce type de discours. Il est indéniable que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion.
Le discours politique se distingue du discours ordinaire par l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. La politique constitue un espace où, plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation, entraîne inévitablement des émotions fortes, dont le propre est, en plus, d’être exprimées. Cependant, si l’argumentation en politique cherche d’habitude à émouvoir, le choix est fait entre les émotions positives et négatives à susciter auprès du public.
Les systèmes basés sur les valeurs de la démocratie recourent à un langage de conciliation, censé réunir les citoyens autour d’objectifs partagés. Si l’argumentation démocratique aboutit à l’émotivité, celle-ci présente un caractère affirmatif et constructif. Il n’en est pas de même pour les systèmes autoritaires, et plus particulièrement totalitaires, qui, indépendamment de leurs origines, semblent développer un tout autre discours, fondé sur la confrontation, le refus de l’autre, voire la haine. »
KACPRZAK Alicja, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et analyse du discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427
DOCUMENT
RÉFÉRENCES
1. Un tract, un prospectus, ou encore un flyer, est un texte ou une publicité imprimée sur un support en papier qui est distribué de la main à la main dans les espaces publics, sur les trottoirs, déposé dans les boîtes à lettres. Ceux qui les distribuent sont employés à cette tâche ou bien agissent par militantisme pour diffuser des idées, promouvoir un produit, annoncer un événement artistique, culturel, politique…
2. GARAUD Christian, « Lecture de deux tracts électoraux », The French Review, Vol. 57, n°3, February 1984, American Association of Teachers of French, p.336-343.
Christian GARAUD pose plusieurs questions : 1. Les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? 2. Quels rôles jouent le passé et le patriotisme dans ces tracts ? Quels sont les dates ? Quels sont les noms propres ? Quels mots commencent par une majuscule ? Quels sont les mots répétés ? Quels mots sont présents ? Quels mots sont absents ?
3. MEHLHORN Éric, « Éric Mehlhorn, élections municipales 23 et 30 mars 2014, UMP Le Bon sens à Savigny », A4 recto verso, 2 p. Distribué dans les boîtes à lettres de la commune de Savigny-sur-Orge le 9 décembre 2013.
Sur l’hyperréalisme, voir :
MÉRIGOT, «La représentation hyperréaliste remet en question l’objet et le réel», http://savigny-avenir.info, 13 décembre 1972. La peinture hyperréaliste a marqué les années 1970. L’interrogation qu’elle a amené sur l’objet de la représentation artistique a déplacé le rapport au réel, comme l’ont montré Jacques LACAN et Serge LECLAIRE dans le cadre de l’expérience psychanalytique. Elle perdure … http://www.savigny-avenir.fr/1972/12/13/la-representation-hyperrealiste-remet-en-question-lojet-et-le-reel-bernard-merigot/
4. BAUDOT Stéphanie, DETOBER Perrine et NIZET Jean,« L’analyse structurale pour décoder les discours politiques », Esperluette, n°51, janvier-février-mars 2007.
PIRET A., NIZET J. et BOURGEOIS E., L’analyse structurale, une méthode d’analyse de contenu pour les sciences humaines, De Boeck université, 1996.
GREIMAS A.J., Du sens, Paris, Seuil, 1970
PALMAS J., Le modèle actantiel. Méthode d’analyse du politique, Liège, Études et recherche, n°48, 1990.
5. GUIHENEUNC Philippe, « Marketing politique. Flyers des candidats », http://www.marketing.digischool.fr, 19 avri 2012.
6. Matrice (du latin matrix, matricis), élément qui fournit un appui ou une structure qui sert à entourer, à reproduire ou a construire.
7. Pathéme, Pathémique. Le « pathème » est une unité sémantique du domaine passionnel. L’étude pathémique du discours concerne la modulation des états du sujet, ses « états d’âme ». Cette dimension fait l’objet de la sémiotique des passions. Elle est complémentaire des dimensions pragmatique et cognitive qui concernent la transformation des «états de choses» constituant le ressort de la narrativité. Le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème,-émique. Ce suffixe, que l’on trouve en linguistique dans « phonème », « sème », « sémème »… (et par extension en anthropologie dans « mythème »), désigne l’unité minimale de description d’un phénomène dans le champ de pertinence des sciences du langage. (BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000).
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Le « local » a été longtemps ignoré par les études de sciences politiques. Lucie BARGEL et Stéphane LATTÉ (1) se sont penchés sur l’ «approche ethnographique de la politique locale». Ils ont relevé, pour la période des trente années 1980-2010, quatre axes de recherche qui ont concerné les objectifs suivants :
THÈMES DE RECHERCHE
SUR LA POLITIQUE LOCALE
Ils observent qu’à partir des années 2000, la sociologie des espaces politiques locaux s’est nourrie des transformations de son objet : développement de l’intercommunalité et de la régionalisation, professionnalisation des entourages politiques, instauration de la parité homme / femmes. Voici quelques thèmes de recherches :
ÉTUDIER
L’ « ENTRE-SOI » POLITIQUE
La notion d’ « entre-soi politique local » est définie comme l’ensemble des formes de sociabilités, non nécessairement politiques, souvent trans-partisanes, qui sont produites par l’insertion durable dans le métier d’élu local. (SAWICKI, 1997 ; BRIQUET, 1997)
Les réseaux informels et les cercles affinitaires produisent deux effets :
EN ÊTRE ?
OU NE PAS EN ÊTRE ?
L’entre-soi politique municipal présente un enjeu de frontières. Comment ses acteurs les ferment-ils ? Comment les ouvrent-ils ? Cette frontière de l’entre-soi politique local est particulièrement visible lorsqu’un « outsider » s’essaie à la franchir.
LE PRÉSIDENTIALISME MUNICIPAL
Il faut se départir de l’influence prépondérante du « présidentialisme municipal » qui concentre l’attention sur les têtes d’affiche, les « notables », les maires « cumulants » ; au détriment des seconds rôles et des figurants, les conseillers municipaux « de base », les « petits élus » aux fonctions silencieuses, aux carrières discrètes, aux mandats brefs.
Les divers appels au renouvellement et à la diversification du personnel politique amène à s’interroger sur les conditions d’entrée dans l’espace de la sociabilité politique, sur les stratégies et les ressources nécessaires pour participer aux jeux locaux. Ceux-ci sont fondés sur des pratiques qui se donnent une apparence d’amateurisme.
DES ALLÉGEANCES IMPORTÉES ?
Quelle est la spécificité de la sociabilité politique locale ? Quelle est son autonomie ? Existe-t-il une « communauté politique » distincte dans ses pratiques des réseaux sociaux qui la charpente ? Les acteurs politiques locaux forment-ils une population politique ? Un groupe qui possède des coutumes et des rituels, dont les membres entretiennent, au-delà des différences affichées, des relations de sociabilité ? (ABÉLÈS, 1989)
Pour la recherche en sciences politiques, l’entre-soi politique local serait « un décalque», ou bien « ou un point de jonction » qui mêlerait :
Quels enjeux propres les élus locaux importent-ils dans le jeu politique ?
Quelle allégeances construisent-ils ?
RÉFÉRENCES
1. BARGEL Lucie et LATTÉ Stéphane, « L’Entre-soi politique local : approches ethnographiques », Présentation de la section thématique n°13, Congrès, Association française de science politique, Strasbourg, 2011.
BIBLIOGRAPHIE
établie par Lucie BARGEL (Université de Nice/CESSP) et Stéphane LATTÉ (Université de Haute Alsace/GSPE)
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°68, lundi 2 décembre 2013
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DÉCODAGE
CONTEXTE. L’augmentation considérable depuis les années 2000 des budgets de communication des collectivités territoriales (communes, communautés, syndicats intercommunaux, conseils généraux…) a eu pour effet de transformer les citoyens en cibles d’une propagande permanente (luxueux bulletins municipaux, journaux de collectivités, plaquettes diverses, sites Internet, Twitter, Facebook…).
ENJEUX. Le discours d’auto glorification que les pouvoirs en place tiennent sur leur action est devenu un discours territorialement dominant. On est en droit de se demander si une expression pluraliste et une appréciation critique ont encore une place. Est-elle encore tout simplement légitime ?
UNE MUNICIPALISATION DE LA PROPAGANDE ?
Les dispositifs sont connus. Les maires et les présidents des assemblées exécutives territoriales disposent de moyens considérables pour diffuser les informations qu’ils souhaitent, et cela sans aucun contrôle, si ce n’est de leur propre majorité. Les citoyens et les élus minoritaires se demandent si une pensée différente du discours dominant est tout simplement possible.
L’idée s’est lentement et discrètement imposée aux esprits des citoyens : le bulletin municipal (et les sites Internet officiels, abonnements automatiques aux Lettres, News et autres comptes Twitter…) sont le seul moyen qui s’impose à eux pour être informés de ce qui se passe dans leur commune ou leur communauté. Il s’agit d’une source qui présente trois caractéristiques : institutionnelle, unique et non-contradictoire. Le maire, comme le président de la communauté, sont des directeurs de publications entièrement financées par des fonds publics. Ils disposent de collaborateurs pour rédiger, d’un service de communication pour « communiquer », de photographes pour illustrer, de maquettistes pour présenter, d’imprimeurs pour éditer, de distributeurs pour déposer dans toutes les boîtes à lettres bulletins, guides, lettres du maire…, de webmasters pour mettre en ligne 24 heure sur 24…
DISCRÉDITER LA MINORITÉ
C’est ainsi que l’on peut voir durant toute la durée d’un mandat (6 ans, ce qui est long…), un maire et sa petite majorité du conseil municipal, représentant 53% du conseil municipal, disposer de tous les moyens pour imposer une vision unique de la politique locale. Le problème commence à partir du moment où la ligne éditoriale ne consiste pas seulement à présenter la vie de la commune, mais à la justifier de façon manichéenne :
On a alors droit à toute une série de variations sous-tendues par des propositions comme :
Un pas supplémentaire est souvent franchi lorsque la majorité discrédite les membres de la minorité (ou des minorités) :
UNE MAIRIE PEUT MAL FONCTIONNER
Une mairie peut-elle mal fonctionner ? Oui, répond le sociologue Paul CHOMBART DE LAUWE. Il est intéressant de lire dans son livre Pour comprendre la France, au chapitre qu’il consacre au « Guide Aide-mémoire » de l’enquête sociale, cette phrase « La mairie, maison commune. Son organisation et son bon ou mauvais fonctionnement ». (1) Ainsi, l’enquêteur de terrain doit envisager qu’une mairie peut mal fonctionner. La question est donc légitime.
LE DROIT D’INVENTAIRE
Paul CHOMBART DE LAUWE a proposé cette démarche dans le cadre de l’École des cadres d’Uriage en 1947. Une étude critique de terrain concernant une institution publique est toujours légitime. Aujourd’hui, on écrirait que « l’inventaire de la gouvernance locale est un préalable de toute sociologie urbaine ». Il y a une différence entre deux attitudes. On voit certains membres de la classe politique s’interroger sur le « droit d’inventaire » concernant des actions politiques passées. On voit la recherche universitaire reconnaître le principe de l’examen critique («bon / mauvais») du fonctionnement des institutions publiques. Cette dernière position est conforme au principe d’égalité d’accès aux connaissances, à l’idéal démocratique et au fondement de la liberté citoyenne.
RÉFÉRENCES
CHOMBART DE LAUWE Paul, Pour comprendre la France, Les Presses de l’Ile-de-France, 1947, p.73
Paul-Henry Chombart de Lauwe (1913-1998). Sociologue, précurseur de la sociologie urbaine en France. Après avoir étudié l’anthropologie avec Marcel MAUSS, il effectue une recherche de terrain au Cameroun. Après la défaite de 1940, il participe à l’École des cadre d’Uriage puis rejoint la Résistance, quitte la France et s’engage dans l’armée française en Afrique du Nord en 1942. Pilote dans un groupe de chasse, il fait les campagnes d’Italie, des Vosges et d’Allemagne. Il reçoit à ce titre la Légion d’honneur et la Croix de guerre.
En 1945, il conduit ses premiers travaux au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sur la sociologie urbaine. En 1949, il fonde le Groupe d’ethnologie sociale et s’intéresse au milieu ouvrier. En 1952, le groupe publie un ouvrage sur Paris et son agglomération. De nombreuses enquêtes sociologiques aboutissent à la publication en 1956 de la Vie quotidienne des familles ouvrières. En 1959, le groupe devient le Centre d’ethnologie sociale. Entré à l’École pratique des hautes études, il y dirige, en tant que directeur d’études, un séminaire sur les transformations de la vie sociale et les processus d’interaction entre les individus, les groupes, la société. Après mai 1968, il oriente ses recherches vers les mouvements sociaux et le rôle des intellectuels.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°54, lundi 26 août 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
Question. Les élections municipales ont lieu en mars 2014. A six mois du scrutin, des personnes « bien informées » évoquent des sondages qui annoncent des résultats en faveur de tel ou tel candidat (ou telle candidate), que celui-ci se soit ou non déclaré (ou que celle-ci ne se soit pas déclarée). Que faut-il en penser ? Les jeux sont-ils déjà faits ?
Bernard MÉRIGOT. La croyance dans les résultats prévus par de prétendus sondages constitue une dérive de la démocratie. Prêtez attention à ce que vous entendez et répondez à ces simples questions : Le sondage a-t-il été publié ? Par qui a-t-il été fait ? A quelle date ? Selon quelle méthodologie ? Et surtout, par qui a-t-il été payé ? Si vous ne pouvez pas répondre, c’est que vous êtes en présence d’une rumeur.
Sur le sujet général des sondages, je recommande la lecture du livre d’Alain GARRIGOU et d’Alain BROUSSE intitulé « Manuel anti-sondages. La démocratie n’est pas à vendre » (Éditions La Ville brûle, 2011). Alain GARRIGOU est professeur de sciences sociales à l’Université de Paris Ouest Nanterre. Il est directeur de l’observatoire des sondages. C’est l’un des rares chercheurs français qui poursuit une recherche critique à l’égard des usages politiques des sondages d’opinion. Il est reconnu comme l’un des principaux spécialistes français du vote et des sondages. Il s’inspire à la fois de la sociologie de Pierre BOURDIEU et de la socio-histoire de Norbert ELIAS. Il contribue à la compréhension des ressorts cachés, exercée par la domination politique sur les citoyens-électeurs. (1)
LA TRIPLE « CONVOCATIO » ÉLECTORALE
Question. On parle souvent en politique de « posture ». Comment caractériser la posture d’un maire qui se présente à sa propre succession pour un nouveau mandat ?
Bernard MÉRIGOT. C’est une posture particulière. Il y a deux « convocations ». Le terme de convocation vient du latin « convocatio », c’est-à-dire l’appel, la convocation. Celle-ci est triple.
ÉLECTEUR = CONSOMMATEUR
ÉLU = PRODUCTEUR
Question. Peut-on pour autant considérer au niveau municipal que l’activité politique est un marché économique?
Bernard MÉRIGOT. Pourquoi le niveau municipal serait-il différent du niveau national ? C’est un marché économique en raison des effets qu’il produit. Pour Joseph SCHUMPETER, la professionnalisation a transposé la logique économique producteur/consommateur au niveau politique : 1. les électeurs deviennent des consommateurs de politique, 2. les hommes politiques deviennent des producteurs de politique. Cela entraîne, comme en économie, une conséquence : l’adaptation du producteur politique à la demande politique.
En d’autres termes : le personnel politique a tendance à privilégier la prise de décisions propres à satisfaire son électorat. On doit s’interroger au passage sur cette idée qu’un électorat puisse être un objet de possession. Elle doit être examinée dans son rapport de compatibilité avec la théorie démocratique. Parce qu’observons-nous ? L’électorat, peu à peu, se segmente. Ses composantes deviennent doublement captives : captive d’avantages acquis et captive d’avantages promis. Les élus et les électeurs deviennent de plus en plus conditionnés par des relations catégorielles. (2) Ces questions ont déjà été abordées, depuis plusieurs années, dans des articles publiés sur le présent site www.savigny-avenir.info (3).
L’INSTRUMENTALISATION
DU POUVOIR POLITIQUE
Question. Est-ce que vous n’êtes pas en train de décrire un « univers impitoyable » qui serait davantage celui d’un feuilleton télévisé que celui de la réalité ?
Bernard MÉRIGOT. Ce que je dis est le résultat de travaux d’universitaires en sciences politique. Pour Daniel GAXIE, la professionnalisation de l’exercice du pouvoir politique le constitue comme une source de revenu. « Lorsque des femmes politiques ou des hommes politiques sont tentés de faire passer les intérêts de leur carrière (communication, cumul des mandats, publicité personnelle, réélection…) avant les intérêts de leurs mandants, on est en présence d’une instrumentalisation du pouvoir politique ». (4)
Les travaux de Daniel GAXIE sur la sociologie du vote mettent en évidence deux concepts, l’ « auto-exclusion » et le « cens caché » :
L’INVESTITURE ÉLECTORALE
Question. Qu’est-ce que cela veut dire d’entendre les candidats parler constamment d’investitures ?
Bernard MÉRIGOT. L’investiture vient du latin médiéval du IXe siècle. Elle signifie « la mise en possession officielle d’un fief ou d’un apanage qui se déroule le plus souvent par une cérémonie symbolique ». Aujourd’hui, elle désigne l’acte par lequel un parti politique ou un syndicat désigne un candidat à une fonction élective. Mais, la démocratie a conservé un sens monarchique au mot : on a toujours l’impression que c’est le pouvoir qui descend du haut en bas, du parti politique vers le candidat. C’est la mise en acte de « l’esprit de parti ». La première condition pour obtenir une éventuelle investiture est bien évidemment d’être candidat. Pour ma part, je n’ai sollicité aucune investiture. Je parle donc en toute liberté.
LA CONDITION DÉCEPTIVE DE LA DÉMOCRATIE
Question. Quelle est, selon vous, la première priorité politique territoriale ?
Bernard MÉRIGOT. Indéniablement lutter contre ce que Myriam REVAULT D’ALLONNES nomme la condition déceptive de la démocratie. Elle la définit de la façon suivante : « L’expérience démocratique fait de nous des sujets qui ne veulent pas être ainsi gouvernés : « Pas comme ça, pas pour ça, pas par eux ». (5) Tout un programme.
RÉFÉRENCES
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
A quel domaine du savoir rattacher une interrogation, question, un dossier ? Comment définir la discipline de rattachement d’une connaissance intellectuelle, ou bien d’une recherche, d’un enseignement universitaire ?
Il est utile de prendre en considération la façon dont les acteurs de la pensée, de la réflexion, de la pédagogie se définissent eux-mêmes. Il est fréquent que ceux-ci se situent de façon décalée par rapport au monde. Ainsi, Hannah ARENDT ne se définissait pas comme « philosophe », mais comme « professeur de théorie politique » (Political theorist). (1) Elle n’enseignait pas et n’écrivait pas en tant que philosophe politique, mais en tant que praticienne de la théorie politique. Cela l’a amené à reconsidérer de façon critique les fondements de la discipline de la philosophie politique. Elle écrivait que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s’interpréterait aisément comme une série d’essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d’une évasion définitive de la politique. » C’est-à-dire qu’elle formulait l’idée que l’ensemble des textes fondateurs de la philosophie politique remplissait une fonction paradoxale d’évitement et d’exclusion de ce qu’ils étaient censés constituer.
RÉFÉRENCES
1. ARENDT Hannah, The Human Condition, London, Chicago, University of Chicago Press, 1958.
ARENDT Hannah, Condition de l’homme moderne, Calmann-Lévy, 1983, p. 285. Traduction de G. Fradier. Réédition Presse-Pocket 1988, 1992. Préface de Paul Ricoeur.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°52, lundi 12 août 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
UN ANNIVERSAIRE. Je me réjouis de la publication du cinquantième numéro de la « Lettre du lundi ». Depuis le lundi 20 août 2012 (date du premier numéro) et aujourd’hui, lundi 20 juillet 2013, cinquante lundis se sont succédé : chaque fois une nouvelle lettre a été mise en ligne sur « www.savigny-avenir.info », le site qui publie les travaux de la recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale ». Ce site est reconnu officiellement, puisqu’il dispose d’un ISSN et fait l’objet d’un dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France.
Merci aux visiteurs d’Internet, qu’ils habitent dans des régions proches ou bien dans des pays éloignés. Ce sont eux qui font « exister » ce site et les textes qui y sont publiés. Merci pour leur fidélité. Merci pour leurs questions. Merci à tous nos partenaires institutionnels (leur liste indicative figure en rubrique « Références »). Merci aux membres de la communauté universitaire qui manifestent leur intérêt pour nos travaux. Merci aux participants à nos réunions de travail et de recherche. Merci pour leurs contributions. Merci aux adhérents de Mieux Aborder L’Avenir (MALA). Merci à ceux qui lisent avec patience nos articles, avant et après leur mise en ligne, et nous communiquent leurs observations (Rubrique « Questions »).
Merci à tous et à toutes. Grace à vous, nous sommes en route pour la centième « Lettre du Lundi de Mieux Aborder L’Avenir », dont la publication est prévue le 14 juillet 2014 !
Bernard MÉRIGOT
ACTION PUBLIQUE TERRITORIALE
ET POUVOIR LOCAL
Cette cinquantième Lettre du lundi est consacrée à l’examen d’une question cruciale qui est posée pour les prochaines élections municipales de mars 2014 : « Comment l’action publique territoriale s’articule-t-elle aujourd’hui avec la problématique du pouvoir local ? ». Afin d’y répondre, deux questions préalables doivent-être soulevées.
Quelle méthode utiliser ? Pour nous, la réponse est celle qui a été apportée par John DEWEY : celle de la démocratie expérimentale, fondée notamment sur l’enquête. Nous avons déjà développé ce sujet à plusieurs reprises (voir les articles sur ce site).
Quels concepts, quelles idées et quelles théories mobiliser ? Les acteurs locaux, quels que soient leurs désirs ou leurs ambitions, ne disposent pas de l’expertise leur permettant de répondre. Il faut se tourner vers la recherche universitaire dans les domaines des sciences sociales et des sciences humaines : les travaux qu’elle conduit sont précieux et éclairants.
Nous nous référerons ici aux réflexions élaborées par le Centre de recherche sur l’action locale (CERAL) de l’Université de Paris 13 entrepris dans le cadre d’une démarche interdisciplinaire (sociologie, droit, science politique, géographie, urbanisme, histoire…) (1). Elles permettent de placer le cadre local dans le cadre général dont il dépend.
LA PENSÉE MAJORITAIRE UNIQUE (PMU)
EN POLITIQUE
Un pouvoir en place local se révèle souvent moniste, ne tolérant qu’une vision unique, une parole unique exprimée par une majorité, voire par un seul leader politique. Ce cadre local est alors fermé à toute pensée autre. Toute recherche-action se trouve engagée dans une configuration de combat : il lui faut lutter, non pas pour imposer telle ou telle idée, mais pour permettre la possibilité d’expression d’idées susceptibles d’être utiles à l’action locale. Ce qui est loin d’être gagné ! Les tenants de ce que l’on pourrait appeler la pensée majoritaire unique (la PMU) s’expriment parfois d’une façon abrupte à l’égard de tout ce qui vient troubler le prêt-à-porter territorial quotidien. Un adjoint au maire appartenant à une majorité municipale, pour empêcher toute prise en considération d’idées politiquement autres (les IPA, seule alternative à la PMU), ainsi que toute prise en compte de réflexions «ouvertes», déclarait avec une franchise qui doit être relevée : « Tout ça, c’est des conneries ». C’était sa façon de repousser les incertitudes et d’affirmer son attachement à l’action concréte, but unique de l’activité des élus.
Un cadre général apparaît plus facilement pluraliste. Il est évident, que dans une démarche démocratique, les majorités respectent les minorités. Elles permettent à toute opinion constructive de s’exprimer. Ce qui est important, car en matière d’étude de l’action publique, toute opinion a un sens.
LE PARADIGME CONSTRUCTIVISTE
On peut partir du constat que l’étude de l’action publique prend appui – plus ou moins explicitement, et à des degrés divers – sur ce que l’on nomme un « paradigme constructiviste » (Hassenteufel, 2007). Celui-ci se définit à partir de quatre constatations :
Quatre considérations à l’égard du monde politique et des territoires en découlent :
VRAIE COMPLEXITÉ
FAUX POUVOIR
La superposition des échelons territoriaux de pouvoirs, ainsi que l’enchevêtrement des compétences, sont perçus comme des facteurs cumulatifs de complexité et de désordre dans la production de l’action publique.
La problématique du pouvoir est d’emblée présente. Mais, où se trouve vraiment le pouvoir ? Qui gouverne ? Une capacité d’action collective existe-t-elle ? Quelle place et quel rôle y tient le politique ?
Ces questions sont au cœur de la recherche sur la dimension territoriale du politique dont le traitement a connu un important développement et des évolutions notables depuis une quarantaine d’années (1970-2010).
LA FIN DE LA « COMMUNE »
Aujourd’hui, l’objet de la recherche de la dimension territoriale du politique apparaît paradoxalement, d’une façon simultanée, à la fois dans une situation de « fin de règne » et dans celle d’un « regain critique » (Négrier, 2009).
LOCAL OU TERRITORIAL ?
On peut observer une « évolution sémantique du local vers le territorial » (Faure, 2011). On voit en lui une tentative de « réenchantement de l’action publique » s’appuyant autant sur la professionnalisation des collectivités locales que sur la valorisation de la proximité et de formes plus actives et participatives de la démocratie.
Dans ce contexte, une des tendances majeures de la recherche concernant les collectivités locales est :
RECOMPOSITIONS
I. Quelle est la dimension territoriale des recompositions de l’État contemporain ? Il s’agit de prendre en considération les « migrations des tâches, de missions, de fonctions de l’État à des niveaux supra- et infra-étatiques » (King et Le Galès, 2011). Ce mouvement se traduit dans des réformes institutionnelles de décentralisation, déconcentration ou fédéralisation (Marcou, 2012) qui consistent à redistribuer le pouvoir, ici entendu comme compétences juridiques ou responsabilités dans la gestion des affaires publiques.
L’entrelacement de « dynamiques de reproduction institutionnelle et de dynamiques de changement » (Bezes et Le Lidec, 2010) constitue ici un défi : quel sens donner à de telles évolutions hybrides et en apparence peu cohérentes ?
Ces dynamiques contradictoires ont abouti à la généralisation de procédures formelles de coopération entre acteurs et de coordination multi-niveaux. Mais quels effets produisent-ils sur l’exercice du pouvoir ? Ces procédures sont souvent appréhendées comme des « instruments » de gouvernement d’un nouveau type (Lascoumes et Le Galès, 2004), mais dont les caractéristiques divergent selon les points de vue adoptés (Gaudin, 1999 ; Pinson, 2009 ; Bezes et Siné, 2011).
CONSTRUCTION DE
L’ACTION PUBLIQUE TERRITORIALE (APT)
II. Comment se construit l’action publique territoriale ? Autrement dit, comment la gestion des affaires s’ajuste-t-elle aux caractéristiques d’un territoire ? Le fait que les territoires soient « des configurations complexes et toujours spécifiques d’enjeux et d’acteurs multiples » implique que la territorialisation de la gestion publique « est prioritairement affaire de connaissance et d’intelligence des situations » (Duran, 2011), « difficilement cernable dans des savoirs experts » (id.).
L’action publique territoriale interroge ainsi l’autonomie des acteurs dans :
• leur capacité à élaborer des référentiels partagés, des arrangements institutionnels et des instruments d’action propres,
• leur aptitude à mobiliser et à « mettre en scène » territorialement le droit (Collectif, 2006 ; Caillosse, 2009).
L’IMPOSSIBLE POSTULATION
La territorialisation doit être évaluée à l’aune des logiques de différenciation/standardisation observables dans chaque situation locale (Douillet). Autrement dit, la territorialisation est un processus qui ne peut pas être postulé. Postuler, c’est admettre à titre d’hypothèse (dans une recherche ou dans une théorie), admettre de façon plus ou moins implicite. Ses synonymes sont présupposer, réclamer, requérir, impliquer.
À quel titre la référence au territoire ou à la territorialité est-elle mobilisée pour organiser localement de l’action collective ? Comment ? Dans quelle mesure est-elle prescrite ou est-elle voulue ? Par qui et sous quelle forme ? Le pouvoir est essentiellement appréhendé en tant qu’enjeu, matériel et symbolique, dans les jeux d’acteurs impliqués au niveau local. Ces processus d’institutionnalisation sont plus forts que la simple utilisation ponctuelle et délimitée de procédures de coordination multi-acteurs et multi-niveaux.
QUELLE TERRITORIALISATION
POUR L’ACTION PUBLIQUE ?
Assiste-t-on à la création institutionnelle d’acteurs collectifs, générateurs de mécanismes de coopération contraignants ? Quelle est leur visibilité, aussi bien leur visibilité propre (le regard qu’ils portent sur l’avenir), que leur visibilité depuis l’extérieur (la façon dont ils sont vus, compris, vécus). L’enjeu de la territorialisation sur l’action publique est déterminant.
Les réponses locales peuvent-elles cesser d’être contingentes ? Le « contingent », c’est par exemple une quantité qui est attribuée. On dit ainsi qu’un magasin n’a pas reçu son contingent habituel de marchandises. C’est aussi la troupe qui est fournie par un État ou un territoire. C’est également « la part qui incombe à une collectivité locale et qui fixe sa contribution au financement de certaines dépenses ».
GOUVERNANCES TERRITORIALES CROISÉES
Nous sommes en pleine actualité à la fois territoriale et locale. Comment un «terrain», génère-t-il des programmes ?
Qu’est-ce qu’un programme communal à l’heure des communautés ? Qu’en est-il, par exemple, d’une collectivité de 37 700 habitants (commune de Savigny-sur-Orge) insérée dans une autre collectivité de 102 000 habitants (communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne) ? Quels débats citoyens ? Quels projets ? Quels partenariats ? Quels arbitrages ? Quelles décisions ? Quelles identités emboîtées ? En un mot : quelles gouvernances territoriales croisées ? Nous aurons l’occasion de revenir sur les travaux actuellement menés sur les économies territoriales contributives.
NB. Nous sommes redevables au Centre de recherche sur l’action locale (CERAL) de ses analyses. Un prochain article évoquera la journée d’études organisée à l’automne sur l’action publique territoriale à l’épreuve de la complexité. Que les membres du CERAL trouvent ici une marque de notre reconnaissance.
RÉFÉRENCES
1. CENTRE DE RECHERCHE SUR L’ACTION LOCALE (CERAL), Université de Paris 13, « L’action publique territoriale et les jeunes chercheurs à l’épreuve de la complexité », Journée d’étude doctorale, 4 octobre 2013, Université de Paris 13.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°50, lundi 29 juillet 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
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Comment les Français voient-ils les américains et les États-Unis ? A quels stéréotypes culturels ont-ils recours dans leurs jugements et appréciations ? Sur quelles bases se fonde le dialogue entre les deux cultures ?
De grandes affaires récentes comme celle du Watergate ou de l’atterrissage de l’avion Concorde à New York ont montré de façon évidente le décalage qui existait entre l’actualité américaine et la conscience que les Français an avaient. D’autres distorsions expliquent la vision que les américains ont de la France.
Trois universitaires, deux français (Michel BEAUJOUR et Bernard MÉRIGOT), et un américain (Amiel P. VAN TESLAAR), se sont réunis autour de Cyrille MAKINSKY, délégué général de l’Association France-États Unis pour débattre de ces questions. On lira ici le texte complet de cette table ronde qui s’est déroulée à Paris dans les salons de France-Amérique, 9 avenue Franklin Roosevelt, le 26 mars 1979.
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RÉFÉRENCES
BEAUJOUR Michel, VAN TESLAAR Amiel P., MÉRIGOT Bernard, MAKINSKY Cyrille (1979). Fiction et réalité des mythes franco-américains, Éditions France-États Unis, 1979. Texte complet de la conférence organisée le 26 mars 1979 dans les salons de France-Amérique, 9 avenue Franklin Roosevelt, 75008 PARIS. Présentation de France-États Unis par Jacques CHABAN-DELMAS, ancien Premier ministre. ISBN 978-2-903199-01-02
MITCHELL Margaret, Autant en emporte le vent, Gallimard, Paris, 1939, 735 p. Traduction de Pierre-François Caillé. 1ere de couverture.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013