Le transport des marchandises (le fret) doit-il se faire en France sur de longues distances par la route, ou bien par la voie ferrée ? Dispose-t-on des infrastructures nécessaires ? Mais passer d’un mode de transport à un autre ne constitue-t-il pas un transfert de nuisances ?
Il faut revenir à ce qui constitue le fondement et l’esprit d’une enquête publique concernant les équipements structurant l’espace public. Celle-ci ne constitue ni une simple formalité, sans portée, ni une concession du pouvoir à l’égard des citoyens. Le philosophe John DEWEY définit l’enquête («inquire») comme « une transformation contrôlée et dirigée qui opère une conversion d’une situation originelle dont l’attribut principal est l’indétermination, en une situation finale marquée par l’unification et la cohérence ». Elle comporte quatre étapes : 1. la situation indéterminée constituée par l’antécédent de l’enquête, 2. l’institution du problème, 3. la détermination de la solution au problème, 4. le raisonnement, 5. l’expérimentation.
Les enquêtes publiques sont-elles des dispositifs démocratiques d’apparence, ou bien des modes d’élaboration des décisions publiques qui permettent d’aboutir véritablement à des solutions « uniformes et cohérentes » évoqué par John DEWEY ?
Autoroute ferroviaireEntre le 23 juin 2014 et le 23 juillet 2014, une enquête publique a eu lieu, faisant suite à une première enquête publique qui a eu lieu du 5 mai 2014 au 5 juin 2014. Elle soumet aux citoyens le projet d’une autoroute ferroviaire Atlantique (AFA) d’une longueur de 1 050 kilomètres, entre Dourges (Pas-de-Calais) et Tarnos (Landes), traversant la région parisienne par la ligne du RER C pour 2016. A terme, l’Espagne sera reliée à la Belgique.
Un contrat de concession entre l’État et VIIA Atlantique, filiale de la SNCF, a été signé le 20 mars 2014. En faisant transporter l’équivalent de 60 semi-remorques par train (sur l’AFA seules les semi-remorques sont embarquées, pas les chauffeurs et les tracteurs), les convois atteindraient plus de 1 km de long en 2019, une première en France. En principe, quatre trains dans chaque sens assureraient une navette quotidienne.
LES RAISONS DE L’AVIS DÉFAVORABLE
Quatre associations (Ile-de-France Environnement, Essonne Nature Environnement, Portes de l’Essonne Environnement, Culture Arts Découverte) ont coécrit et cosigné un avis commun. Celui-ci été adressé par lettre recommandée avec accusé de réception au Commissaire-enquêteur en préfecture du Pas-de-Calais, siège de la commission, le 22 juillet 2014 et enregistré le 23 juillet 2014. Il est en ligne sur le site du registre électronique de la préfecture. (2 et 3)
DOCUMENT
Autoroute ferroviaire AtlantiqueLE TEXTE DE L’AVIS DÉFAVORABLE
RÉFÉRENCES
1. PRÉFECTURE DU PAS-DE-CALAIS, Enquête publique relative à l’autoroute ferroviaire atlantique (AFA), Préfecture du Pas-de-Calais, 23 juin 2014 / 23 juillet 2014. Le dossier d’enquête publique est consultable sur le site www.viia.fr ainsi que sur le site www.pas-de-calais.gouv.fr.
2. ILE-DE-FRANCE ENVIRONNEMENT (IDFE), ESSONNE NATURE ENVIRONNEMENT (ENE), CULTURE, ARTS, DÉCOUVERTE (CAD), PORTES DE L’ESSONNE PEE, « Avis de sur l’enquête publique relative à l’autoroute ferroviaire atlantique (AFA) », Lettre recommandée avec accusé de réception en date du 21 juillet 2014 adressée au Commissaire enquêteur. Document en pdf : 2014-07-21 Avis AFA EP2 IDFE-ENE-CAD-PEE definitif.
3. Registre électronique d’observations de l’enquête publique 23 juin 2014 / 23 juillet 2014. Le pdf est sur le site internet www.pas-de-calais.gouv.fr : Observations au 23 juillet. Voir pages 93-97.
ARTICLES EN LIGNE
http://www.savigny-avenir.info
http://www.portes-essonne-environnement.fr
http://www.ene91.fr/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°102, lundi 28 juillet 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
ANALYSE SWOT
ANALYSE SWOT
DU PROJET D’AUTOROUTE FERROVIAIRE
ATLANTIQUE
FORCES
FAIBLESSES
OPPORTUNITÉS
MENACES
RÉFÉRENCES
Articles en ligne sur le site http://www.savigny-avenir.info
Articles en ligne sur le site de l’association « Portes de l’Essonne Environnement (PEE) » http://portes-essonne-environnement.fr
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
L’autoroute ferroviaire Atlantique emprunte la ligne C du RER
L’avis défavorable de Portes de l’Essonne Environnement
à l’enquête publique (5 mai-5 juin 2014)
La SNCF et sa filiale VIIA Atlantique ont pour objectif de faire circuler à partir de 2019 l’équivalent de 60 semi-remorques par train. Les convois atteindraient plus de 1 km de long. L’idée de transport ferroviaire est intéressante mais elle est proposée dans un cadre qui manque de cohérence.
DES TRAINS DE FRET TRACTÉS AU DIÉSEL !
Il faut savoir qu’aujourd’hui, en 2014, tous les jours, des « trains de fret » – que l’on appelait avant des « trains de marchandises » – circulent sur les voies du RER C, tractés non pas par des motrices électriques, mais par des motrices diésel ! Ce qui assure un maximum de pollution pour les populations riveraines.
L’AVIS DÉFAVORABLE EST EN LIGNE
Après avoir consulté les pièces du dossier, Portes de l’Essonne Environnement a constaté que de nombreuses questions demeuraient sans réponse. Citons : saturation du réseau ferré en Ile-de France, obsolescence du réseau, défauts d’entretien des infrastructures (on se souvient de l’accident mortel de Brétigny-sur-Orge en juillet 2013), accident du train radioactif à Drancy en 2013) nuisances sonores liées à l’augmentation du trafic, vibrations causées la nuit par des trains « longs et lents ». Elle a émis un avis défavorable. Il est en ligne sur le site de la préfecture du Pas-de-Calais. (1)
On lira l’article complet consacré à cette question (2). http://portes-essonne-environnement.fr/lautoroute-ferroviaire-atlantique-passera-t-elle-par-la-ligne-du-rer-c/
DOCUMENT
L’AVIS DÉFAVORABLE DE L’ASSOCIATION CAD
SUR L’AUTOROUTE FERROVIAIRE ATLANTIQUE
ADRESSÉ AU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE (3)
RÉFÉRENCES
1. PORTES DE L’ESSONNE ENVIRONNEMENT, « Observations sur le projet d’autoroute ferroviaire Atlantique. Enquête publique 5 mai-5 juin 2014 », 3 pages (p. 145-147) in PRÉFECTURE DU PAS-DE-CALAIS, Projet d’autoroute ferroviaire Atlantique. Enquête publique 5 mai-5 juin 2014, Registre électronique. Observations émises à la date du 5 juin 2014, 188 p. http://www.pas-de-calais.gouv.fr/content/download/11998/79240/file/enquête autoroute ferroviaire – Atlantique – Avis reçus.pdf
PRÉFECTURE DU PAS-DE-CALAIS, Projet d’autoroute ferroviaire Atlantique. Enquête publique 5 mai-5 juin 2014, Registre électronique. Observations émises à la date du 5 juin 2014, 188 p. (5 juin 2014, minuit). http://www.pas-de-calais.gouv.fr/content/download/11998/79240/file/enquête autoroute ferroviaire – Atlantique – Avis reçus.pdf
2. PORTES DE L’ESSONNE ENVIRONNEMENT, « L’autoroute ferroviaire atlantique passera-t-elle par la ligne du RER C », http://portes-essonne-environnement.fr/lautoroute-ferroviaire-atlantique-passera-t-elle-par-la-ligne-du-rer-c/
PORTES DE L’ESSONNE ENVIRONNEMENT, Avis sur l’enquête publique relative à l’autoroute ferroviaire Atlantique (AFA), Lettre en date du 2 juin 2014 adressée avec accusé de réception au ture du Pas de Calais, 3 p
3. CULTURE ARTS DÉCOUVERTE / CONSEILS ET ACTIONS POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE (CAD), « Avis défavorable de l’association CAD sur l’autoroute ferroviaire atlantique adressé au président de la commission d’enquête », 2 juin 2014, 3 p.
ASSOCIATION JUVISY UNIS POUR LA VILLE (AJUV), Lettre en date du 6 juin 2014 adressée au maire de Juvisy-sur-Orge, 1 p.
COMMENTAIRE du 6 juin 2014
François CHOLLEY, maire de Villemoisson-sur-Orge
« Les convois de l’autoroute ferroviaire emprunteront le tronçon entre Juvisy-sur-Orge et Brétigny-sur-Orge. Il s’agit de deux fois deux voies totalement saturées aux heures de pointe par les trains de la ligne C du RER.
L’étude n’aborde pas les conséquences sur le trafic de voyageurs du passage de plusieurs convois de grande longueur plusieurs fois par jour. Or ce tronçon, faute d’entretien suffisant, fait déjà l’objet de nombreuses perturbations (retards, suppression de mission, ralentissements…) avec un taux de régularité très faible inférieur à 80%/
La commune de Villemoisson-sur-Orge émet donc un avis défavorable tant que les conséquences sur le temps de transport des voyageurs n’auront pas été abordées et traitées pour les réduite, voire les éviter. »
François CHOLLEY
Maire de Villemoisson-sur-Orge
Vice-Président de la Communauté d’agglomération du Val d’Orge
COMMENTAIRE du 6 juin 2014
Alain VILLEMEUR, Président de Juvisy Unis pour la Ville (AJUV)
Pour l’association que je préside, « Juvisy Unis pour la ville (AJUV », ce projet suscite légitiment trois interrogations.
1. La sécurité du transport de camions pouvant contenir des substances dangereuses et une première interrogation, d’autant plus forte qu’a ce stade du projet, aucune disposition de sécurité n’est annoncée.
2. La nuisance sonore des trains circulant la nuit est également une interrogation, la pose de protections phoniques n’étant pas envisagée.
3. Enfin, l’utilisation des voies de la ligne C, déjà surchargées et victimes de trop fréquents dysfonctionnements, font craindre des répercussions sur le trafic en journée.
Force est de constater le peu d’informations sur ces préoccupations, alors que le projet d’autoroute ferroviaire est le premier à envisager des trains d’un kilomètre de long.
Pour l’AJUV, ce projet présente un réel intérêt écologique et constitue une suite prometteuse du Grenelle de l’environnement. Cependant, il aurait du être l’occasion d’une information plus complète et d’un débat. Nous regrettons que la municipalité de Juvisy-sur-Orge n’ait pas manifesté le moindre intérêt critique pour cette enquête publique et pour ce projet concernant les Juvisiens. »
Alain VILLEMEUR
Président de l’Association Juvisy Unis pour la ville (AJUV)
COMMENTAIRE DU 10 juin 2014
PORTES DE L’ESSONNE ENVIRONNEMENT, Lettre en date du 10 juin 2014 adressée au Maire de Savigny-sur-Orge, 1 p.
PORTES DE L’ESSONNE ENVIRONNEMENT, Lettre en date du 10 juin 2014 adressée au Président de la Communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne (CALPE), 1 p.
Références du présent article :
« Avis défavorable sur l’enquête publique d’autoroute ferroviaire Atlantique (portes de l’Essonne) », http://www.savigny-avenir.info, 6 juin 2014. http://www.savigny-avenir.fr/2014/06/06/avis-defavorable-sur-lenquete-publique-dautoroute-ferroviaire-atlantique-portes-de-lessonne/
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
DÉCODAGE
CONTEXTE. Le gouvernement français a donné à ÉTALAB la mission de « moderniser l’action publique par l’open data » (1).
ENJEUX. Un projet de mise à disposition de données publiques permet-il d’améliorer les services publics au niveau territorial local ? Non, répond Simon CHIGNARD, pas tant que n’est pas mise en œuvre une « boucle de rétroaction » (feedback loop) (2).
ON OUBLIE LA RÉTROACTION
On sait que pour un territoire, toute réalisation d’open data doit obéir à un préalable : que toutes les données publiques concernant la gouvernance de la collectivité publique soient accessibles en ligne. Pour une commune, une communauté, un syndicat intercommunal, un département, un service public…, il s’agit de tous les actes administratifs (délibérations, pièces visées, conventions, notes de synthèses, rapports, budgets, arrêtés, règlements publications…)
Ensuite, lorsqu’un open data s’ouvre, qu’est-ce qui fait défaut ? Le modèle actuel est le suivant : un acteur public (ou privé) met à la disposition de réutilisateurs des données ouvertes. Ceux-ci développent des services, des applications, souvent utiles, mais bien souvent ces utilisations ne produisent aucun effet sur les pratiques de l’organisation, de la collectivité, du service public. Disposer de tous les horaires des transports en commun (train, bus…) et de leur fréquentation est une première étape. Mais proposer aux gestionnaires des réseaux de transport des améliorations destinées aux usagers constitue la seconde étape.
Si on s’arrête à la première étape, on s’arrête à mi-course. Nous ne bouclons pas la boucle !
OPEN DATA 1, OPEN DATA 2…
Ce qui manque le plus souvent à l’open data, c’est l’application d’une boucle de rétroaction (feedback loop), principe fondateur de la cybernétique. Comment « boucler la boucle » de l’open data ? En révisant la façon de procéder. Il ne faut pas partir des données disponibles, mais plutôt des questions et des problèmes concrets. Ceux-ci ne peuvent pas être définis par la seule puissance publique. Nous sommes dans une pratique de démocratie participative : il appartient à la société civile d’exprimer ses besoins, et la puissance publique doit les prendre en compte, proposer des scénarios, et les soumettre au débat citoyen.
UN PLAN DE ROUTE POUR L’OPEN DATA 2
Quel peut-être le plan de route à suivre ?
L’OPEN DATA ET LA VILLE INTELLIGENTE
La donnée est le premier élément constitutif de la ville intelligente. Une ville intelligente ne peut se limiter à être seulement « une ville numérique ». Dans une ville intelligente, les nouvelles technologies n’ont de sens qu’à partir du moment où un usage collectif, citoyen, est en capacité de capter, d’interpréter, de transformer, et de restituer des données créatrices de valeur.
PAS D’OPEN DATA SANS BESOIN
Mais cette valeur ne se crée que si elle rencontre un usage ou un besoin. « C’est à celui qui saura capter et interpréter de la meilleure manière les données disponibles et la restituer sous forme innovante, enrichie par d’autres. » (3) Dans la ville intelligente, il y a certes, de nouvelles technologies, mais aussi un fonctionnement en réseau de la ville. Chacun est à la fois générateur et consommateur de données.
L’open data s’inscrit dans une logique contributive. Ne l’oublions pas.
RÉFÉRENCES
1. ÉTALAB (Service du Premier ministre chargé de l’ouverture des données publiques et du développement de la plateforme française Opendata), « Open data. Le gouvernement confirme la poursuite des demandes d’ouverture des données publiques. Communiqué de presse, 31 octobre 2012 », www.etalab.fr
2. CHIGNARD Simon, « Moderniser l’action publique par l’Open data ? », www.donneesouvertes.info, 3 janvier 2013.
CHIGNARD Simon, L’Open data, comprendre l’ouverture des données publiques, Fyp Éditions.
3. DAVID Thimothée, « La donnée : carburant de la ville intelligente », Direction de la prospective et du dialogue public, Grand Lyon Communauté urbaine, 18 décembre 2012.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°56, lundi 9 septembre 2013
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
Pour la présidente de l’association et pour son conseil d’administration le projet pénalise fortement la commune de Savigny-sur-Orge, ses habitants et les usagers du RER-C8 :
De nombreuses questions restent sans réponse et l’association souhaite que les études diligentées après l’enquête publique contribuent autant à l’intérêt général qu’à celui des Saviniens et des usagers des transports en commun, notamment ceux de la ligne du RER-C8.
Le dossier complet, ainsi que les documents annexes, sont téléchargeables sur le site www.elan-savigny-envrionnement.org.
Il est impératif que le plus grand nombre d’habitants de Savigny-sur-Orge se manifeste par écrit auprès du commissaire enquêteur avant le 11 février 2013 inclus. Il est possible de le faire sans déplacement en lui adressant un courrier :
M. le Président de la Commission
Enquête publique Tram-train Massy-Évry,
Hôtel de Ville
91 rue de Paris
91120 PALAISEAU
RÉFÉRENCES
ÉLAN- SAVIGNY ENVIRONNEMENT, Tram-Train Massy-Évry, enquête d’utilité publique du 7 janvier au 11 février 2013, observations de l’association, Savigny-sur-Orge, 2013, 13 p + 45 p. (Téléchargeable sur http://www.elan-savigny-environnement). ISBN 979-10-91106-01-6.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013