Le Groupe de Recherche sur le Marais Breton Vendéen a pour mission de développer toutes recherche portant sur la région du marais qui s’étend sur 24 communes situées au Nord du département de la Vendée, en bordure de l’océan atlantique.
Les 24 communes du marais Breton-vendéenLA MISE EN LIGNE DES ARCHIVES ACTUALISÉES
Les archives actualisées du Groupe de recherche sur le Marais Breton Vendéen et de Culture Arts Découverte sont mises en ligne progressivement sur le site http://www.savigny-avenir.info dans le cadre du programme « Éditorialisation des territoires ». On trouvera ci-dessous les références des premiers articles récemment publiés.
NB. Ils ont tous indexés dans les catégories « Groupe de Recherche sur le Marais Breton Vendéen » et « Culture Arts Découverte ».
Le logo « historique » de Culture Arts Découverte (CAD), 1980Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Ce sont ces questions que le recteur Yves DURAND, professeur d’histoire à la Sorbonne, a traité au cours de la conférence qu’il a donnée le 9 août 1990 sur « Vivre au Pays dans l’Ouest de la France au XVIIIe siècle et au XIXe siècle », à l’invitation de la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et du Groupe de recherche sur le marais Breton-Vendéen.
Bernard MÉRIGOT

LE POIDS DU PASSÉ
Comment vit-on en France à la veille de la Révolution ? Les habitants du Bas-Poitou (qui deviendront les Vendéens à partir de 1793) sont en très grande partie des ruraux vivant dans une France de 30 000 000 d’habitants. Comme tous les Français, ils naissent, se marient et meurent au même endroit. Leur espace de connaissance correspond à un territoire qui est un peu plus vaste que la paroisse. C’est ce que l’on appelle un « pays », une sorte de micro-région dont la taille est variable et qui correspond à un ou plusieurs cantons actuels.
Pour se représenter les cadres de la vie de la société traditionnelle, il faut imaginer des paysages différents de ceux d’aujourd’hui, alors que les chemins creux du bocage ont disparu et que des routes traversent les marais. Au XVIIIe et encore au XIXe siècle la perception de l’espace n’est pas géométrique comme aujourd’hui. Celle-ci dépend du temps de déplacement d’un point à un autre, essentiellement à pied, et plus rarement à cheval. Les ponts sont rares et on ne peut franchir les cours d’eau qu’à gué ou grâce à un passeur en barque. Une rivière en crue devient un obstacle infranchissable.
Vivre au pays au XVIIIe siècle.IMBRICATIONS ET CHEVAUCHEMENTS DE TERRITOIRES
Les Vendéens du XVIIIe siècle vivent dans des cadres administratifs qui se superposent : Parlement (Cour de justice), Généralité (Finances), Gouvernement (Armée), Évêché… Les paysans connaissent d’une façon globale l’imbrication et les chevauchements de toutes ces juridictions. Mais par-delà leur complexité, ce qu’ils vivent au quotidien, c’est le partage d’une même identité territoriale. Le « pays » est défini en 1771 par le Dictionnaire de TREVOUX, publié en 1771, de la façon suivante : « patrie, lieu où l’on est né ».
Au XVIIIe siècle, les deux tiers des Français parlent patois. Le français de Versailles est une langue minoritaire. Comme le souligne Yves DURAND : « Se sentir du pays, c’est savoir les lieux-dits, le nom de ceux qui les habitent, connaître la généalogie des différentes familles, de la famille du seigneur, savoir le nom local des objets, des unités de mesure, des costumes, de l’habitat, du mobilier, des usages locaux ».

LES PAYS ET SES RACINES
Yves DURAND insiste sur le rôle rempli par les subdélégués des intendants. Ils étaient établis au XVIIIe siècle à Challans, aux Sables-d’Olonne, à La Chataigneraie, à Pouzauges, à Fontenay-le-Comte, à Luçon… Leur territoire constituait une unité administrative relativement proche de celle des «pays». Ils ont fait partie des dispositifs qui ont contribué à créer des unités de connaissance et de reconnaissance, au sein desquelles se sont développées aussi bien les stratégies des différents pouvoirs en place, que les stratégies individuelles et collectives développées par à l’égard du pouvoir.
LA PATRIE EST UNE AMITIÉ
De nombreuses questions furent posées au professeur Yves DURAND. Est-ce que l’Europe des régions amènera la disparition progressive des pays alors que ni la centralisation progressive des pays, ni celle du Premier Empire n’ont réussi à supprimer ?
L’historien constate que les hommes ne peuvent pas vivre sans racines. Le cadre normal de la vie collective a toujours été, durant des siècles, le «pays». Yves DURAND conclut : « Les sentiments d’identité que le «pays» développe chez les hommes sont la meilleure garantie contre tous les totalitarismes, quels qu’ils soient. Parce que se retrouver au pays, c’est lutter contre les germes de mort de la société éclatée, c’est redécouvrir que la patrie est avant tout une amitié ».
Bernard MÉRIGOT
Après la conférence, le professeur Yves DURAND a dédicacé son livre Vivre au « pays » édité aux Presses universitaires de France.

RÉFÉRENCES
DURAND Yves, Vivre au pays au XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Essai sur la notion de pays dans l’Ouest de la France, PUF, 1981, 340 p. Préface de Pierre CHAUNU.
MÉRIGOT Bernard, « Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Vivre au Pays au XVIIIe siècle », Vendée matin, 9 août 1990.
Annonce de la conférence d’Yves DURAND, ancien recteur, professeur d’histoire à la Sorbonne organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, « Qu’est-ce qu’un « pays » dans l’Ouest de la France au XVIIIe et au XIXe siècle ? », jeudi 9 août 1990, Salle de la Paix, 85300 SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE.
MÉRIGOT Bernard, « Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Les Racines du futur. Conférence du recteur Yves Durand, professeur d’histoire à la Sorbonne ? Vivre au Pays au XVIIIe siècle et au XIXe siècle», Vendée matin, 21 août 1990.
Compte rendu de la conférence d’Yves DURAND, ancien recteur, professeur d’histoire à la Sorbonne organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, « Qu’est-ce qu’un « pays » dans l’Ouest de la France au XVIIIe et au XIXe siècle ? », jeudi 9 août 1990, Salle de la Paix, 85300 SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE.

Yves Durand (1932-2004), professeur d’histoire moderne à la Sorbonne-Université de Paris IV, recteur de l’Académie de Rouen et d’Aix-en-Provence, ancien conseiller pour l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche auprès du premier ministre Jacques Chirac (1986-1988).
NB. Il ne doit pas être confondu avec son homonyme Yves Durand (1929 – ), professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans.
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
L’oeuvre de Ferdinand DUVIARD (1899-1965), qui fut professeur de Lettres au Lycée de La-Roche-sur-Yon, se compose de romans, d’études littéraires, d’anthologies poétiques, d’articles… Il manifesta un attachement particulier à la Vendée et au port de Croix-de-Vie, aujourd’hui commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Ferdinand DUVIARD (1899-1965)Entre les deux guerres, de 1918 à 1939, le littoral français en général, et le littoral vendéen en particulier, est touché par l’arrivée saisonnière de personnages jusqu’alors inconnus : les «baigneurs» (qui deviendront des «estivants», puis des «vacanciers»). Ils habitent durant l’été «les chalets de la côte». Chaque année, une nouvelle communauté humaine se mêle aux habitants. Elle arrive, demeure, puis repart. Ses membres ont leur mode de vie, leur langage, leurs rites…
Deux romans majeurs de Ferdinand DUVIARD, Les Cotillons barrés (1928) et Les Sauvagesses (1932) témoignent de ce phénomène : un nouveau regard est porté sur le monde local, sur les lieux et sur les hommes et les femmes qui y vivent de façon continue.
Saint-Gilles-sur-VieFerdinand DUVIARD s’intéresse successivement à deux «lieux» singuliers : les salles de bal, ou encore selon l’expression qu’il emploie, «les dansoirs». D’un part, «le casino des marins», en planches, où marins et sardinières – les ouvrières des usines de conserve – se retrouvent pour danser (valse, polka, scottish, maraîchine, fox-trot…) – au son du piano mécanique. D’autre part, le «casino» des vacanciers, de 5 à 7 et de 9 à minuit dansent (fox-trot, ta,go, boston, valse, blues, slow-fox…) au son d’un petit orchestre.
Croix-de-VieIl porte un regard sur deux mondes qui se mêlent. Ceux qui fréquentent ces deux casinos y viennent à la fois pour voir et pour être vus. Par-delà les stratégies d’approche, les couples qui se font et qui se défont, les séductions et les malentendus, Ferdinand DUVIARD nous donne à voir – et à entendre – le dévoilement des différences : différences des groupes, différences des générations.
Bernard MÉRIGOT

RÉFÉRENCES
MÉRIGOT Bernard,« Avec Ferdinand Duviard (1899-1965) : images de Croix-de-Vie dans les années 1930 », conférence organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et le Groupe de Recherche sur le Marais Breton Vendéen, jeudi 16 août 1990, Salle de la Paix, rue de la Paix, 85300 SAINT GILLES CROIX DE VIE, 21 h.
DUVIARD Ferdinand, Les Cotillons barrés, Paris, Bibliothèque Charpentier Eugène Fasquelle Éditeur, 1928, 188 p.
DUVIARD Ferdinand, Les Cotillons barrés, Olonne-sur-Mer, Le Cercle d’Or, (36) + 188p. Préface de Dominique DUVIARD, non paginé (15 p.).
DUVIARD Ferdinand, Le Lycée sentimental, Paris, 1933, Éditions Montaigne, 224 p.
DUVIARD Ferdinand, Les Sauvagesses, Roman, Paris, Éditions Montaigne, 223 p.
DUVIARD Ferdinand, La Fille au cotillon barré, Pièce en 4 actes. Paris, (1942), Albert Messein Éditeur, p. Illustrations de Henry SIMON. 86 p. Illustrations de Henry SIMON.
Sur le site http://www.savigny-avenir.info : extrait de l’Anthologie des poètes français XVIe et XVIe siècle de Ferdinand DUVIARD http://www.savigny-avenir.fr/2011/02/25/france-est-francais-sont/
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Roger DUPUY,Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
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