OBSERVATOIRE DES CONSEILS MUNICIPAUX ET COMMUNAUTAIRES
DÉCODAGE
CONTEXTE. Tous les conseils municipaux de France, durant ces deux semaines des 24 et 31 mars 2014 ont tenu leur première séance à la suite des deux tours des élections municipales des 23 et 30 mars 2014. Elles comprenaient toutes : l’« installation » des conseillers municipaux élus, l’élection du maire, l’élection des adjoints.
ENJEUX. Les réunions de ces assemblées se situent dans la continuité temporelle des élections. Mais doit-on considérer pour autant qu’elles sont deux étapes d’une même pratique de la démocratie ? Est-ce le même acteur qui interprète d’abord le rôle de candidat, puis de celui de maire ? Ou bien s’agit-il de deux acteurs différents ? Et les qualités mobilisées, les discours tenus, les actes attendus, sont-ils de même nature ? Ou bien sont-ils radicalement différents ?
Élection d’Éric MEHLHORN, maire de Savigny-sur-Orge
6 avril 2014
LIBERTÉ INSTANTANÉE ET LIBERTÉ DURABLE
Jean-Jacques ROUSSEAU écrit : « Les Anglais croient qu’ils sont libres parce qu’ils élisent des représentants tous les cinq ans, mais ils ne sont libres qu’un jour pendant cinq ans. » Cornelius CASTORIADIS commente cette phrase par cette réflexion : « Rien ne garantit que quelqu’un qui accède au pouvoir sache gouverner. » Nous la doublerons par sa phrase miroir. « Rien ne garantit que quelqu’un qui sache gouverner accède pour autant au pouvoir. (1)
La démocratie serait-elle alors peuplée, d’une part d’hommes et de femmes qui savent gouverner et qui ne parviennent pas à accéder au pouvoir, et d’autre part d’hommes et de femmes qui accèdent au pouvoir et qui ne savent pas gouverner ? Le destin de la démocratie serait alors tragique.
Pourquoi ? Parce que, comme l’écrit Cornelius CASTORIADIS, « accéder au pouvoir signifie être télégénique, flairer l’opinion publique. » Une mystérieuse alchimie s’opère. Elle fait que, pendant la journée d’un dimanche, le pouvoir « se dissout » et le soir, ou la semaine d’après, « se réincarne ». C’est ce qu’il appelle l’hypostase, c’est-à-dire le principe premier, de la délégation du peuple à l’égard de ses représentants, marqué par deux temps symboliques : celui de la désincarnation, puis celui de la réincarnation.
RÉFÉRENCES
CASTORIADIS Cornelius, « Contre le conformisme généralisé. Stopper la montée de l’insignifiance, Le monde diplomatique », août 1998, p. 22-23. http://www.monde-diplomatique.fr/1998/08/CASTORIADIS/10826
Texte établi à partir de l’entretien accordé en novembre 1996 par Cornelius Castoriadis à Daniel Mermet pour l’ émission de la radio France-Inter « Là-bas, si j’y suis » à la suite de la publication de La Montée de l’insignifiance (Seuil, Paris, 1996).
CASTORIADIS Cornelius, La Montée de l’insignifiance, Seuil, 1996.
CASTORIADIS Cornelius, Post-sciptum sur l’insignifiance, Entretiens avec Daniel Mermet, Éditions de l’Aube, La Tour-d’Aigues, 1998.
Article sur le même sujet en ligne sur http://www.savigny-avenir.fr.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°86, lundi 7 avril 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 BNF. Dépôt légal du numérique, 2014
OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014
J – 21 jours ! Les grandes étapes du parcours des candidats et des listes pour les élections municipales sont connues : déclaration de candidature, journal de campagne, tract, programme électoral, dépôt de la liste à la sous-préfecture, réunion, profession de foi adressée aux électeurs, sans oublier mails, sites Internet, Facebook, Twitter… Le premier tour a lieu le dimanche 23 mars. Où en sont les listes de l’accomplissement de cet itinéraire à la date du samedi 1er mars, trois semaines avant (J – 21 jours) ?
LISTES DÉPOSÉES A LA SOUS-PRÉFECTURE DE PALAISEAU
à la date du 28/03/2014
Élections municipales de Savigny-sur-Orge (1)
Pour la première fois en 2014, il y a deux listes à la suite :
L’ÉTONNANT RYTHME DE LA CAMPAGNE
Il est à noter que seule Laurence SPICHER-BERNIER, maire sortante, a publié une brochure-bilan de 12 pages. On doit s’interroger sur la surprenante lenteur des candidats. Ainsi, à ce jour, aucune n’a liste n’a encore publié son programme pour le prochain mandat (2014-2020). C’est comme si tout le monde attendait tout le monde, la règle semblant être : le plus tard possible. Avec les surprises que réserve souvent la politique des flux tendus et du «juste-à-temps».
RÉFÉRENCES
1. Le présent article est rédigé avec les informations dont nous disposons. Merci par avance à ceux qui nous feront part de leurs observations. Il est évident que seuls les récépissés de dépôt font foi.
Articles en ligne concernant les élections municipales de 2014
en ligne sur le présent site http ://www.savigny-avenir.info
DOCUMENT du 3 mars 2014
COMMENTAIRE du 3 mars 2014
Éric MEHLHORN, tête de la liste « Le bon sens pour Savigny » a complété la page de son site :
Les neuf premiers candidats de la liste des conseillers municipaux sont, par ordre, les suivants : 1. Éric MEHLHORN, 2. Nadège ACHTERGAELE, 3. Jacques PATAUT, 4. Anne-Marie GERARD, 5. Daniel GUETTO, 6. Réjane MALGUY, 7. Christophe GUILPAIN, 8. Joëlle EUGENE, 9. Sébastien BENETEAU…
RÉFÉRENCES
MEHLHORN Éric, « Une équipe d’avenir, compétente, sérieuse et humaniste », http://www. bonsens2014.wordpress.com, 3 mars 2014. http://bonsens2014.wordpress.com/le-bon-sens/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°81, lundi 3 mars 2014
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Jeudi 27 février 2014. Ce matin, il pleut sur Savigny-sur-Orge. Ce n’est pas cela qui arrête les distributeurs du journal électoral de Laurence SPICHER-BERNIER qui font la tournée des boîtes à lettres de la commune. « Une nouvelle perturbation pluvieuse traverse l’Ile-de-France toute la matinée » annonçait ce matin le journal Le Parisien Essonne matin. A cause de la pluie, le papier glacé de la brochure est mouillé. Qu’importe ? Rien n’arrête la marche de la démocratie. Une boîte à lettre, et hop ! Une brochure. C’est sûr, les distributeurs de tracts politiques constituent une perturbation pour la vie paisible des boîtes à lettres.
Quel est le contenu de cette publication de 12 pages ? Elle est composée de cinq chapitres auxquels sont appliqués un curieux algorithme : « Nous nous somme engagés, nous l’avons réalisé ». Il devient un opérateur qui transforme les actions passées en vérités présentes.
Cinq domaines sont analysés :
100% de RÉUSSITE !
« Oui, nous l’avons fait ! » titre le journal électoral. Il poursuit par « Un programme accompli à 100% : objectif réussi ». On peut constater ici que tout est dans la nuance, dans la modestie, dans l’objectivité. Question : qu’est-ce qui caractérise le discours qu’une maire sortante candidate tient pour un nouveau mandat ? La réponse est évidente : c’est un discours 100% vrai. Un discours qui ne peut pas mentir. La preuve, c’est l’expérience. Tout ce qui a été annoncé a été réalisé.
On s’interrogera néanmoins pour savoir quel est le statut de ce qui a été réalisé par rapport à ce qui n’a pas été réalisé. Et le statut de ce qui a été annoncé par rapport à ce qui n’a pas été annoncé. Ainsi n’y a-t-il pas un espace contraint empêchant que ce qui n’a pas été annoncé en 2008) ait été réalisé (entre 2008 et 2014) ?
La photographie nécessite un commentaire. Impression d’une photo-montage : les conseillers municipaux du second rang sont peu éclairés, sans relief. Au premier rang, trois semblent ne pas être au même niveau que les autres : Élise ALOUR, Corinne POTIER, Alain RAKOTO-ANDRIANTSILAVO. Leur visage paraît plus net, il sont éclairés différemment. Quelle est la signification de cet mise en scène ? Un favoritisme ?
UN BILAN POLITIQUE PEUT-IL EST VRAI ?
Qu’est-ce qui fait qu’un discours est vrai ou bien qu’il est politique ? Pour répondre, interrogeons-nous sur ce qui constitue un discours comme politique dans l’espace public, tel que l’ont défini notamment Emmanuel KANT, Hannah ARENDT et Jürgens HABERMAS : « processus au cours duquel le public, constitué d’individus faisant usage de leur raison, s’approprie la sphère publique contrôlée par l’autorité et la transforme en une sphère où la critique s’exerce contre le pouvoir de l’État. »
Pour Jürgens HABERMAS, l’espace public du XVIIIe siècle qui était « gouverné par la raison » est de plus en plus en déclin, puisque la publicité critique laisse peu à peu la place à une publicité « de démonstration et de manipulation », au service d’intérêts privés. Aujourd’hui, la démocratie délibérative, aussi bien que la démocratie participative, sont obligées de composer avec un débat commandé par des intérêts particuliers. Et en période électorale par celui du maire sortant, candidat à sa réélection.
L’EFFACEMENT ÉNONCIATIF
La question n’est pas ici de savoir si ce qui est dit est vrai ou faux, mais si ce qui est dit produit ou non un effet de vérité. (2) Il faudrait faire l’histoire des lentes et difficiles prises de conscience de l’entourloupe des discours politiques (la « tromperie », le « mauvais tour », que les américains nomment « Dirty Trick »). Les linguistes, parlent d’ « effacement énonciatif » lorsqu’ils considèrent la subjectivité dans le langage complexité des mécanismes énonciatifs : 1. « l’impossibilité de l’objectivité discursive », 2. la « dynamique argumentative », 3. la manifestation graduelle de la subjectivité dans le langage. (3)
Pour Robert VION « l’effet d’objectivité » concerne la manière dont l’énonciateur agence lui-même son propre effacement énonciatif, procédé par lequel il se construire un « énonciateur universel », porteur de la raison et de l’objectivité » (4). Il associait également ce type de stratégie au discours scientifique et théorique, mais aussi au discours publicitaire, juridique ou journalistique. L’effacement énonciatif est un simulacre linguistique, 1. qui relève d’une stratégie énonciative prise dans une continuité entre la subjectivation et l’effet d’objectivité ; 2. que ce type de stratégie est propre à certains genres de discours dans lesquels le locuteur a intérêt à afficher un ethos (le caractère, la manière d’être) de neutralité et d’objectivité, 3. que cet ethos apparent dissimule souvent des effets argumentatifs plus complexes, dont les enjeux sont inter-actionnels, interprétatifs, voire éthiques. Nous reviendrons sur le fond du message. A suivre.
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Oui nous l’avons fait ! Un programme accompli à 100%. Objectif réussi », Agir pour vous. Bilan 2008-2014. Continuons ensemble avec Laurence Spicher-Bernier, maire de Savigny-sur-Orge, Élections municipales 23 et 30 mars 2014, A4, 11 p. Document distribué dans les boîtes à lettres de la commune le 27 février 2014.
2. PROVENZANO François, « Effacement énonciatif et doxa dans le discours théorique : l’exemple de Julia Kristeva », Argumentation et Analyse du Discours, 2010, http://aad.revues.org/973. Consulté le 27 février 2014.
3. KERBRAT-ORECCHIONI Catherine, L’énonciation. De la subjectivité dans le langage, 4e edition, Armand Colin, 2009.
4. VION Robert. « Effacement énonciatif et stratégies discursives », in De Mattia, Monique et André Joly, De la syntaxe à la narratologie énonciative, Ophrys, Paris/Gap, 2001, p.331-354.
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2013
Le 31 octobre 2013, un nouveau blog est mis en ligne sur Savigny-sur-Orge. Officiellement, il est consacré à la ville et à ses habitants. Officieusement, ce site loue les actions de Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI, puisque tous les articles la concerne en bien. L’auteur de ce blog se nomme Xavier Roger DUGOIN. (1)
Hiver 2013-2014, Laurence SPICHER-BERNIER lance son matériel de campagne, tracts et site internet. Son slogan : « Savigny avance. Aujourd’hui et demain. Continuons ensemble ».
Le 30 janvier 2014, Jean-Philippe DUGOIN, maire UDI de Mennecy, adresse une lettre à ses administrés afin de présenter sa candidature aux prochaines municipales. Son slogan : « Mennecy avance. Ensemble continuons ! ». (2)
Le 1er février 2014, la maire sortante et candidate à sa réélection, Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), inaugure sa permanence de campagne dans un local proche de celui de l’UMP. La cérémonie se déroule en présence de Vincent DELAHAYE, sénateur maire de Massy (à gauche sur les photographies), et de Xavier DUGOIN, président du SIARCE (au centre et à droite sur les photographies). (3)
Inauguration du local de campagne de Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
le 1er février 2014. htpp://www.laurencespicherbernier2014.fr
Le 13 février 2014, Karl LASKE, journaliste à Médiapart.fr, publie un article intitulé : « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires ». (4)
Article de Karl LASKE, http://www.mediapart.fr, page 1
2014-02-13 Article de Médiapart.fr pdf
Quel est le proverbe déjà ? … A suivre.
COMMENTAIRE du 11 mars 2014
COMMENTAIRE du 19 mars 2014
« Mobile à parents (2)
Ex-patron du département et maire de Mennecy (Essonne) dès 1989, Xavier Dugoin a dû lacher ses mandats en 2001. Un court séjour à l’ombre pour avoir piqué de bonnes bouteilles dans les caves du conseil général.
En 2008, il reconquiert la mairie, et en janvier 2011, il passe la main à son fils, Jean-Philippe. Lequel se représente avec, comme colistier, en 10e position, son père, évidemment.
Non loin de là, à Savigny-sur-Orge, un autre fils de Xavier, prénommé Xavier-Roger, se présente. A Echarcon, sa fille Marie-Christine, épouse Cloix, est candidate. Si le tir groupé fait mouche, Jean-Philippe pourrait devenir président de la communauté de communes. Et papa, Xavier continuer d’exercer ses fonctions de président du syndicat des eaux.
C’est moins nocif que le pinard… »
« Mobile à parents (2) », Le Canard enchaîné, n°4873, 19 mars 2014, p.4
RÉFÉRENCES
1. Http://www.savignyblog.over-blog.com.
2. DUGOIN-CLÉMENT Jean-Philippe, « Mennecy avance. Ensemble continuons », 30 janvier 2014, 2 p.
3. Http://www.laurencespicherbernier2014.fr, 1er février 2014.
4. LASKE Karl, « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires », 13 février 2014, 4 pages, http://www.mediapart.fr.
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DÉCODAGE
CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts, les distribuent dans la rue et les glissent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale. Ils méritent de faire l’objet d’une lecture critique.
ENJEUX. Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relève de la « technologie de la démocratie ». S’agit-il de pratiques d’amateurs ou de pratiques de professionnels, artisanales ou bien industrielles ? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?
Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Haut de la page 1
L’IMAGE ET LES MOTS

Laurence SPICHER-BERNIER
Candidate UDI aux élections municipales de Savigny-sur-Orge
23 et 30 mars 2014
Journal électoral, A3 recto verso, 2 p. Bas de la page 1
« RACONTER DE BELLES HISTOIRES POLITIQUES… »
« La gauche va briguer vos suffrages en mars 2014 comme François Hollande en mai 2012. Elle va vous raconter de belles histoires en vous promettant des lendemains qui chantent ! Avant de faire votre choix, il vaut mieux connaître les candidats de la Gauche savinienne ». (1) Les électeurs sont ainsi prévenus, par cette annonce, du dévoilement d’une vérité. Le discours politique accomplit un tour : révéler ce qui est ignoré, contribuer à un « mieux connaître ». Ambitieux programme !
C’est par ces deux phrases que Laurence SPICHER-BERNIER introduit son tract, distribué le 2 février 2014, sept semaines avant le premier tour du 23 mars. Un texte composé de quatre parties, chacune annoncée par un titre : « Un candidat socialiste…venu d’ailleurs », « Un candidat indépendant… exclu du PS et des Verts », « Un candidat populiste du Front de gauche », « Une députée écologiste fantôme… jamais à Savigny-sur-Orge ». Le sens de l’expression « belles histoires » relève de l’antiphrase. « Belles histoires » signifie : les histoires que racontent « la gauche » ne sont pas si belles, et les lendemains promis ne chanteront pas. Il convient alors de s’interroger, en appliquant un simple procédé de réciprocité, sur l’adéquation que ces histoires entretiennent avec la vérité, et sur la crédibilité de la dénonciation des lendemains annoncés par « la droite » de la maire en place, candidate à sa réélection. Une vérité critique, une crédibilité critique.
LE THÈME DU « PATHÈME »
Nous appliquons ici la méthode esquissée précédemment, dans un article en date du 11 décembre 2013 (2). Aux deux questions « Comment analyser les textes que la politique inspire ? », et « Comment décoder le discours politique ? », nous répondons en nous référant à la théorie du « pathème » proposée par Patrick CHARAUDEAU. Pour lui « le recours aux effets pathémiques est constitutif du discours politique». (3) Le pathème désigne une entité sémantique qui appartient au domaine passionnel. Comme l’indique Denis BERTRAND, le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème, -émique. Il désigne l’unité minimale de description d’un phénomène pertinent à l’égard des sciences du langage. C’est ainsi que l’étude pathémique du discours politique est « une dimension qui fait l’objet de la sémiotique des passions et qui est complémentaire de la dimension pragmatique et cognitive appliquées à la transformation des « états de choses » et qui constituent le ressort de la narrativité » (4). Elle concerne la modulation des états du sujet, c’est-à-dire de ses « états d’âme » politiques.
L’ESPRIT DE CONFRONTATION
Dans un article consacré à l’argumentation et à l’analyse du discours, Alicja KACPRZAK reconnait que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion. Elle note que le discours politique se distingue d’une façon radicale par rapport au discours ordinaire par deux caractéristiques : l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. Pour elle, « la politique constitue un espace où plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation entraîne inévitablement des émotions fortes » (5).
« Si l’argumentation en politique cherche d’une façon générale à émouvoir, un choix est fait par l’auteur politique, orateur ou écrivain, entre les émotions positives et les émotions négatives qu’il veut susciter auprès du public.
À suivre
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Élections municipales des 23 et 30 mars 2014, Agir pour vous. Continuons ensemble avec Laurence Spicher-Bernier, maire UDI de Savigny-sur-Orge », tract A3 recto verso.
2. MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Décodage type d’un tract électoral (Éric Mehlhorn, candidat UMP) », http://www.savigny-avenir.info, 11 décembre 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/12/11/savigny-sur-orge-decodage-type-dun-tract-electoral-eric-mehlhorn-candidat-ump/
3. CHARAUDEAU Patrick, « Le discours politique. Les masques du pouvoir », Vuibert, 2005, 265 p.
4. BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000.
5. KACPRZAK Alicja, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et Analyse du Discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427
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DÉCODAGE
CONTEXTE. Les commentaires médiatiques résument la vie politique nationale et locale en un affrontement entre la « droite » et la « gauche ». Un tel positionnement droite/gauche est simpliste. Peut-on l’accepter pour décrire une réalité au demeurant complexe et mouvante ?
ENJEUX. Nous sommes dans une situation classique qui relève de la théorie des choix restreints : réélire un sortant (ou une sortante), ou voter pour un nouveau candidat (ou une nouvelle candidate) ? En fin de compte, ne vote-on pas à la fois pour les idées qui semblent les meilleures, et pour les candidats qui semblent les meilleurs ?
L’OFFRE ET LA DEMANDE POLITIQUE
La vie politique se compose de deux parts égales : l’offre politique (celle des partis, des programmes, des candidats…) et la demande citoyenne (les attentes, les désirs, les inquiétudes, les revendications…). Comment rendre compte du positionnement des partis au sein du marché concurrentiel de la politique ?
Cartographie du paysage politique français (2011)
Alain COHEN-DUMOUCHEL (1)
(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Cette carte prétend dessiner le paysage politique français sur deux axes :
• en abscisse, le traditionnel droite-gauche, incontournable curseur médiatique du positionnement politique ;
• en ordonnée, le degré de libéralisme des partis politiques, à savoir l’importance qu’ils accordent à la liberté individuelle ou au dirigisme.
L’auteur précise que :
LIBERTÉ ÉCONOMIQUE (Axe horizontal)
LIBERTÉ INDIVIDUELLE (Axe vertical)
Comme le précise Alain COHEN-DUMOUCHEL, la Cartographie du paysage politique français (2011) n’est pas un diagramme de Nolan, bien qu’il s’inspire de sa méthodologie. David NOLAN, expert en sciences politiques, ancien élève du Massachussetts Institute of Technology (MIT) a eu l’idée de créer un diagramme en ajoutant à l’axe gauche-droite, un deuxième axe liberté-contrainte allant de l’étatisme (point zéro) au libertarianisme. Le diagramme représente les « libertés économiques » (faible niveau des impôts, marché libre, services privés) sur l’axe des abscisses, et les « libertés personnelles » (liberté de circulation, d’opinion, libre disposition de soi) sur l’axe des ordonnées. Plus on s’éloigne du point zéro, plus le positionnement idéologique est favorable à certaines libertés.
LIBERTÉS OU CONTRAINTES ?
Pour Damien THEILLIER, on voit apparaître sur l’axe liberté-contrainte :
VOTER « À DROITE »
OU VOTER « À GAUCHE ?
L’économiste et député Frédéric BASTIAT disait qu’il votait « tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, selon le projet de loi discuté. » Cela ne voulait pas dire qu’il était centriste ou social-démocrate. Frédéric BASTIAT était fermement opposé à tout étatisme, à tout dirigisme quel qu’il soit. Il était favorable à un maximum de libertés économiques et de libertés personnelles compatibles avec le respect d’autrui, car il considérait que l’ordre social pouvait émerger d’en-bas, par l’initiative privée, la coopération sociale et la responsabilité individuelle, avec un minimum de lois.
Question. Que pensez-vous de cette représentation du paysage politique français ?
Bernard MÉRIGOT. La démarche est intéressante et si certains veulent la discuter, qu’ils proposent d’autres représentations. Il est sain d’abandonner la représentation linéaire (la règle graduée droite/gauche, qui ne possède qu’une pertinence journalistique), pour une représentation topologique. Les partis politiques deviennent des surfaces, des espaces qui se touchent, qui se recouvrent les uns les autres, pour partie : l’UMP se superpose au FN et à DLR, DLR à l’UMP et aux Gaullistes de gauche, le MODEM au Nouveau centre et au PS. Pour ce qui le concerne, le PS a un ancrage PCF, LO, NPA, PG, EELV, mais aussi MRC, Gaullistes de gauche et MODEM…
Question. Est-ce que l’on peut dire que tout cela est incohérent ?
Bernard MÉRIGOT. Au nom de quoi réclamer une cohérence ? C’est un artifice. Il y a une plasticité des engagements en fonction des idées et des débats. Pourquoi la vie collective devrait être « cohérente ». Comme le chantait il y a quelques temps Guy BÉART, il y a d’une part les grands principes et d’autre part les grands sentiments. L’important c’est que le plus grand nombre connaisse le bonheur citoyen. (3)
RÉFÉRENCES
1. COHEN-DUMOUCHEL Alain, « Cartographie du paysage politique français », http://www.contepoints.org, 7 novembre 2011. Alain Cohen-Dumouchel anime le site Gauche libérale. Il a été candidat au bureau d’Alternative libérale sur la liste « Pour un libéralisme de progrès ».
2. THEILLIER Damien, «Test politique : positionnez-vous en quelques instants », http://contrepoints.org, 29 décembre 2013.
3. MÉRIGOT Bernard, «Les nouvelles exigences du bonheur citoyen. Voeux 2014», La Lettre de Bernard Mérigot, 1er janvier 2014, 1 p. http://www.savigny-avenir.fr/2014/01/02/les-nouvelles-exigences-du-bonheur-citoyen-la-lettre-de-bernard-merigot-1er-janvier-2014/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°74, lundi 13 janvier 2014
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DÉCODAGE
CONTEXTE. Il n’existe pas de campagne pour des élections municipales sans que les candidats éditent des tracts et les distribuent dans les boîtes à lettres des habitants de la commune. Ces tracts sont une composante essentielle de la vie démocratique locale et méritent de faire l’objet d’une lecture critique. (1)
ENJEUX. Quels sont les mots employés dans ces tracts ? Que disent-t-ils ? Que taisent-ils ? Que révèlent les photographies ? Autant de questions essentielles sur des pratiques qui appartiennent à une discipline dont on parle peu et qui relèvent des « technologies démocratiques ». Sont-elles des pratiques artisanales ou bien des pratiques industrielles? Sont-elles individualisées et sincères ou bien sont-elles collectivisées et fabriquées ?
ANALYSER LES TEXTES
QUE LA POLITIQUE INSPIRE
« Pour s’initier à la vie politique française, il faut connaître les partis en présence, leur histoire, leurs chefs, leurs programmes. Mais il faut également chercher à découvrir une orientation politique au style des textes que la politique inspire », écrit Christian GARAUD. Il poursuit en posant une série de questions. Comment distinguer la droite de la gauche ? Comment distinguer une certaine droite ? Comment distinguer une certaine gauche ? Tous les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? Quel rôle le passé joue-t-il dans les tracts ? Quels sont les noms propres cités ? Quels sont les mots qui commencent par une majuscule ? Quels sont les mots présents ? Quels sont les mots sont absents ? (2)
Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 1 (3)
La photographie des candidats fait partie du discours politique. Elle mérite une analyse. La photographie du 1er tract d’Éric MEHLHORN fait penser aux peintures du mouvement de l’hyperréalisme. Le terme désigne un courant artistique américain des années 1950-1970 qui se caractérise par un réalisme quasiment photographique qui s’est développé à la suite d’Edward HOPPER et du Pop Art (« photorealism » ou « superrealism » en américain). L’hyperréalisme consiste en la reproduction à l’identique d’une image en peinture, tellement réaliste que le spectateur vient à se demander si la nature de l’œuvre artistique est une peinture ou une photographie. C’est le résultat auquel nous sommes confrontés en regardant la photographie d’Éric MEHLHORN (la netteté de la trame du tissus du veston, le lissé des cheveux, la précision du dessin de la cravate, les deux lampadaires dans le lointain, et ce ciel bleu avec ces nuages blancs, cotonneux, flous…).
Voila le résultat de l’abus des logiciels de retouche : une photographie plus vraie que la réalité, une réalité trop fabriquée ! Il en est de même pour l’abus des retouches du langage : il laisse entrevoir un discours manipulé.
Le 1er tract d’Éric MEHLHORN (UMP)
Candidat à l’élection municipale des 23 et 30 mars 2014
à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Tract distribué le 10 décembre 2013, page 2 (3)
COMMENT DÉCODER
LE DISCOURS POLITIQUE ?
Comment décoder le sens profond d’un discours politique ? Stéphanie BAUDOT répond en proposant une démarche de compréhension et d’analyse du discours politique dans un contexte électoral en fixant quatre objectifs. (4).
LE « NOUS » N’EXISTE PAS
SEUL LE « JE » EXISTE
La candidature à l’élection municipale de Savigny-sur-Orge n’est pas une candidature individuelle mais une candidature collective de 39 personnes qui constituent une liste. On pourrait s’attendre à ce que la liste de l’UMP qui s’intitule « Le bon sens pour Savigny » tienne un discours politique dans lequel dominerait le « nous ». D’autant plus que la tête de liste écrit « Je serai entouré d’une équipe ». On constate que le « nous » n’existe pas. C’est le « je » d’Éric MEHLHORN, tête de liste, qui est omniprésent : en 35 lignes de texte, on compte 15 fois « je », soit une fois toutes les deux lignes.
MOI
Cette focalisation sur une seule personne, manifestée par la disparition du « nous » au profit du « je », se trouve confirmée par la signature. Ce n’est pas un « nous », collectif de 39 candidats, qui signent le tract. Ce n’est pas « moi pour nous ». C’est Éric MEHLHORN seul qui signe, et qui signe « Pour vous et avec vous ». La question politique qui se pose est de savoir si le pouvoir local peut échapper à la personnalisation grandissante pour s’engager dans un partage collectif.
LA FABRICATION DU DISCOURS POLITIQUE
Philippe GUIHENEUC remarquait que les « flyers » des candidats aux élections relevaient du marketing politique : pour avoir la certitude de gagner des voix, il faut respecter des règles de présentation. Il notait que la composition du texte « ressemble comme deux gouttes d’eau à la transposition sur le papier du déroulement d’une allocution dans une réunion politique : 1. Je me présente à la tribune (voilà ma photo), 2. Je présente mes arguments, 3. Je conclus comme je peux, 4. J’espère que les électeurs liront comme ils m’auraient écouté » (5). Coupez. Fin de séquence.
La publication d’un tract, pour symptomatique qu’elle soit, n’est pas en soit complétement significative. Elle s’inscrit dans une temporalité qui comprend les tracts déjà publiés par les autres candidats ainsi que les tracts à venir. Mêmes si les candidats s’en défendent, tous se précipitent sur la production de leurs adversaires. Ils se lisent entre eux, ils se répondent les uns les autres. Dans le cas présent, qui est celui d’un tract d’annonce de candidature, le problème est de savoir s’il ne contient pas déjà, en filigrane, les tracts suivants. Comme s’il y avait un « ADN politique » qui détermine les caractéristiques de cellules qui n’existent pas encore. Autrement dit : la prédictivité politique existe-t-elle ?
Dans le cas présent, lorsqu’on lit le tract signé par Éric MEHLHORN, on ne retrouve ni le conseiller général, ni l’ancien adjoint au maire, ni l’actuel conseiller municipal tel qu’on l’entend parler lors des séances du conseil général, du conseil municipal, des réunions. Il suffit de lire les comptes rendus des débats figurant au Registre des délibérations, notamment depuis 2008. On a l’impression qu’une autre voix parle, que quelqu’un d’autre est l’auteur de ce texte.
Les mots employés sont en nombre limité. Ils ont tous un « environnement » prédéterminé par le marketing électoral. A chaque mot : un adjectif, une expression… qui sont autant d’automatismes du langage politique. Ainsi, le mot « dépenses » ne peut pas être prononcé sans lui associer automatiquement « maîtrisées », « cadre de vie » avec « agréable », « homme » avec « de terrain », constituant un dictionnaire des idées reçues politiques. Nous relevons ici ce qui pour nous constitue une matrice (6). Un candidat peut-il s’en affranchir ? Peut-il s’adapter au débat ? Peut-il infléchir son discours ? Introduire de nouveaux mots ? Le « nous » remplacera-t-il le « je » ? Ou bien impose-t-il, quoi qu’il advienne, un modèle extérieur préexistant qu’il s’est approprié ? Autant de questions que les prochaines productions discursives nous révèleront.
LA MATRICE
DU DISCOURS POLITIQUE D’ÉRIC MEHLHORN
LES ARGUMENTS FALACIEUX
« La construction socialisée des discours passe par des coopérations incessantes, plus ou moins harmonieusement négociées par les sujets en interaction, pris dans la praxis sociale. Mais il arrive aussi qu’il y ait des ratés, des déficits, dans la mesure où les re-présentations des événements, ou encore l’organisation des débats reposent sur des comportements discursifs, des choix de topics, d’argumentaires ou d’arguments plus ou moins fallacieux, entrainant des relations biaisées aux interlocuteurs, au monde, au langage.
Ce sont ces dysfonctionnements qu’il me semble intéressant de mettre au jour, en alliant description linguistique et critique éthique, non pas pour substituer une vérité partielle ou un dogme à un autre, mais pour participer à des approches plus respectueuses de la complexité des choses et des êtres et plus attentives aux formats de discussion et de coopération. »
RABATEL Alain, « L’engagement du chercheur, entre « éthique d’objectivité » et « éthique de subjectivité », Argumentation et Analyse du Discours, 11/2013, http://aad.revues.org/1526
CONFRONTATION, REFUS DE L’AUTRE, HAINE
« Chaque mouvement politique, quelle que soit son orientation, dans sa quête du pouvoir ou dans le désir de le conserver, recourt à différentes stratégies, matérielles ou symboliques, qui trouvent leur expression langagière.
Comme le constate Patrick Charaudeau, « Le recours aux effets pathémiques (7) est constitutif du discours politique», ce qui indique l’une des caractéristiques majeure de ce type de discours. Il est indéniable que le discours ordinaire est souvent marqué par l’émotion.
Le discours politique se distingue du discours ordinaire par l’intensité des émotions et de la fréquence des affects exprimés. La politique constitue un espace où, plus qu’ailleurs, l’esprit de confrontation, entraîne inévitablement des émotions fortes, dont le propre est, en plus, d’être exprimées. Cependant, si l’argumentation en politique cherche d’habitude à émouvoir, le choix est fait entre les émotions positives et négatives à susciter auprès du public.
Les systèmes basés sur les valeurs de la démocratie recourent à un langage de conciliation, censé réunir les citoyens autour d’objectifs partagés. Si l’argumentation démocratique aboutit à l’émotivité, celle-ci présente un caractère affirmatif et constructif. Il n’en est pas de même pour les systèmes autoritaires, et plus particulièrement totalitaires, qui, indépendamment de leurs origines, semblent développer un tout autre discours, fondé sur la confrontation, le refus de l’autre, voire la haine. »
KACPRZAK Alicja, « Le pathos négatif en tant que trait du discours politique totalitaire », Argumentation et analyse du discours, 10 | 2013,10 avril 2013, http://aad.revues.org/1427
DOCUMENT
RÉFÉRENCES
1. Un tract, un prospectus, ou encore un flyer, est un texte ou une publicité imprimée sur un support en papier qui est distribué de la main à la main dans les espaces publics, sur les trottoirs, déposé dans les boîtes à lettres. Ceux qui les distribuent sont employés à cette tâche ou bien agissent par militantisme pour diffuser des idées, promouvoir un produit, annoncer un événement artistique, culturel, politique…
2. GARAUD Christian, « Lecture de deux tracts électoraux », The French Review, Vol. 57, n°3, February 1984, American Association of Teachers of French, p.336-343.
Christian GARAUD pose plusieurs questions : 1. Les candidats s’adressent-ils aux électeurs de la même façon ? Comment essaient-ils de les influencer ? Quel est l’emploi des pronoms personnels, les modes et les temps des verbes ? 2. Quels rôles jouent le passé et le patriotisme dans ces tracts ? Quels sont les dates ? Quels sont les noms propres ? Quels mots commencent par une majuscule ? Quels sont les mots répétés ? Quels mots sont présents ? Quels mots sont absents ?
3. MEHLHORN Éric, « Éric Mehlhorn, élections municipales 23 et 30 mars 2014, UMP Le Bon sens à Savigny », A4 recto verso, 2 p. Distribué dans les boîtes à lettres de la commune de Savigny-sur-Orge le 9 décembre 2013.
Sur l’hyperréalisme, voir :
MÉRIGOT, «La représentation hyperréaliste remet en question l’objet et le réel», http://savigny-avenir.info, 13 décembre 1972. La peinture hyperréaliste a marqué les années 1970. L’interrogation qu’elle a amené sur l’objet de la représentation artistique a déplacé le rapport au réel, comme l’ont montré Jacques LACAN et Serge LECLAIRE dans le cadre de l’expérience psychanalytique. Elle perdure … http://www.savigny-avenir.fr/1972/12/13/la-representation-hyperrealiste-remet-en-question-lojet-et-le-reel-bernard-merigot/
4. BAUDOT Stéphanie, DETOBER Perrine et NIZET Jean,« L’analyse structurale pour décoder les discours politiques », Esperluette, n°51, janvier-février-mars 2007.
PIRET A., NIZET J. et BOURGEOIS E., L’analyse structurale, une méthode d’analyse de contenu pour les sciences humaines, De Boeck université, 1996.
GREIMAS A.J., Du sens, Paris, Seuil, 1970
PALMAS J., Le modèle actantiel. Méthode d’analyse du politique, Liège, Études et recherche, n°48, 1990.
5. GUIHENEUNC Philippe, « Marketing politique. Flyers des candidats », http://www.marketing.digischool.fr, 19 avri 2012.
6. Matrice (du latin matrix, matricis), élément qui fournit un appui ou une structure qui sert à entourer, à reproduire ou a construire.
7. Pathéme, Pathémique. Le « pathème » est une unité sémantique du domaine passionnel. L’étude pathémique du discours concerne la modulation des états du sujet, ses « états d’âme ». Cette dimension fait l’objet de la sémiotique des passions. Elle est complémentaire des dimensions pragmatique et cognitive qui concernent la transformation des «états de choses» constituant le ressort de la narrativité. Le néologisme est formé à partir de la racine pathos et du suffixe -ème,-émique. Ce suffixe, que l’on trouve en linguistique dans « phonème », « sème », « sémème »… (et par extension en anthropologie dans « mythème »), désigne l’unité minimale de description d’un phénomène dans le champ de pertinence des sciences du langage. (BERTRAND Denis, Précis de sémiotique, Paris, Nathan, 2000).
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2013