L’ambition de la 9e édition de la Global Conférence des Ateliers de la Terre est de fournir les clés de compréhension pour repenser le « vivre-ensemble ». A cette occasion, des « planetworkers » viendront échanger et proposer leurs solutions sur différents enjeux majeurs permettant d’imaginer un nouveau projet de société autour de trois questions : Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ? Quelle économie pour refonder la société (nouveaux modèles, nouvelles solidarités…) ? Quels choix et quelles actions ? (Synthèses des travaux et recommandations).
Global Conférence est un laboratoire qui regroupe un ensemble de parties-prenantes impliquées dans l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Elle est fondée sur un dialogue entre des acteurs d’horizons divers, mais aussi sur le partage de bonnes pratiques et la valorisation de solutions concrètes et innovantes, constituant un lieu d’échanges et de savoirs.
LA FIN D’UN MODE DE DÉVELOPPEMENT
OU LA FIN D’UN MONDE ?
Partout dans le monde un certain nombre de mouvements sociaux, de tendances politiques, géopolitiques et économiques, laissent présager de la fin d’un mode de développement et de la remise en question d’un mode de vie et de consommation devenus insoutenables.
ACCEPTABLE OU PAS ACCEPTABLE ?
Dans le même temps, de nouveaux projets de société émergent aux quatre coins du globe, redéfinissant le rapport entre l’homme et la nature, inventant de nouveaux modèles économiques et imaginant un nouvel ordre social basé sur de nouvelles valeurs. Comment la société peut-elle se positionner sur ce qu’elle est prête à accepter et ne pas accepter ? Comment définir ensemble un nouveau projet de société plus respectueux de l’homme et de l’environnement, sans pour autant faire table rase du passé ?
Choisir ce qui est acceptable ou non est essentiel pour avancer. Mais ce n’est qu’un point de départ. On crée un projet de société en proposant des idées, des valeurs, des concepts, des principes et en définissant un idéal à atteindre. Il faut donc dans un premier temps identifier ce que l’on ne veut pas, pour ensuite élaborer un idéal commun, qui comporte bien sur une dimension utopique, synonyme d’espoir, de rêve et d’enchantement. Sans une part d’utopie, on ne peut trouver la force et les convictions nécessaires à la création d’un nouveau modèle sociétal.
DÉNONCER OU PROPOSER ?
En s’arrêtant à la première étape, nous n’arrivons qu’au milieu du chemin. Il est d’ailleurs bien plus facile de dénoncer et de stigmatiser, que de proposer, d’innover et de créer. Pour imaginer un renouveau du vivre-ensemble, nous ne pouvons nous contenter d’être juge de l’histoire, mais devons aussi devenir les bâtisseurs d’un futur meilleur. Là est le temps du choix.
Le programme comprend trois séances plénières et dix séances de « focus ».
D’autres formats de discussion ont lieu comme : « Best Practice Corners », Faces-à-Faces, « Garden Talks », Témoignages, « Business Innovation Place » …
Mercredi 4 juin 2014
Séance plénière 1. « Quelles valeurs pour fonder un nouveau projet de société ? »
La multiplication des crises que nous traversons actuellement, économique, financière, sociale, environnementale et politique, se traduit également par une crise des valeurs qui avaient fondé nos sociétés. Celles-ci connaissent des transformations importantes, certaines d’entre-elles étant même profondément remises en question. Un nouveau projet de société nécessite d’identifier, de promouvoir ou de réhabiliter certaines valeurs partagées qui fonderont le nouveau contrat social. Quelles sont donc ces valeurs que nous devrons placer au cœur d’un nouvel idéal commun ?
Focus 1. « L’économie collaborative supplée-t-elle l’économie traditionnelle ou la transforme-t-elle ? »
L’économie collaborative, nouveau modèle économique dans lequel l’usage prédomine sur la propriété, permet aux consommateurs de louer, vendre, échanger, ou donner des biens directement à d’autres consommateurs. En pleine croissance depuis quelques années, ce nouveau pan de l’économie doit son explosion à l’essor d’Internet et des places de marchés « peer-to-peer », mais aussi au développement des systèmes de réputation numérique. Covoiturage, « crowdfunding » et « couchsurfing », ne sont que les exemples les plus célèbres de ces nouvelles pratiques. Incarnée par le succès rapide de certaines entreprises pionnières, l’économie collaborative est aujourd’hui un véritable mouvement de fond qui transforme peu à peu nos modes de consommation. Alors l’économie collaborative remet-elle vraiment en question l’économie traditionnelle ? Risque-t-elle un jour de la faire disparaître ?
Focus 2. « Les entreprises détiennent-elles la clé des négociations climatiques internationales ? »
Malgré les différents sommets internationaux, aucun traité contraignant n’existe à ce jour pour forcer les États à s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique. Malgré quelques légères avancées, le plus dur reste à faire pour obtenir un accord global et engageant pour la première fois tous les États du Monde. Ces négociations internationales, s’inscrivant dans le cadre du Protocole de Kyoto, ne concernent que les États souverains, excluant de facto des négociations d’autres types d’acteurs issus de la société civile. Est-ce à dire que ces autres acteurs n’ont pas voie au chapitre et qu’ils n’ont aucun pouvoir d’influence sur les gouvernements des pays dont ils sont issus ? Quel est le véritable rôle des multinationales dans les négociations climatiques internationales ? Ont-elles le pouvoir de bloquer ou de débloquer ces négociations ? Comment faire des entreprises un atout pour la réussite des négociations ?
Focus 3. « Quelles nouvelles politiques de l’eau choisir ? »
La politique de l’eau doit permettre de répondre à un certain nombre d’enjeux autour de cette ressource vitale : l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous, la prévention des risques, la préservation de la ressource et des milieux aquatiques, la prévention des pollutions et le développement des activités liées à l’eau (industrie, agriculture, transport, loisirs…). Mais pour mettre en place une gestion de l’eau efficace, aussi bien au niveau de la ressource que du service, dans un contexte marqué par les préoccupations sanitaires croissantes des populations, il est essentiel d’élaborer une gouvernance adaptée aux particularités de chaque situation, en y impliquant à la fois les autorités locales, les opérateurs et les usagers. Alors comment répartir les responsabilités entre ces différentes parties-prenantes et comment définir les rôles de chacun ?
Focus 4. « Peut-on imaginer un nouveau projet de société sans repenser le rôle de l’éducation ? »
L’éducation joue un rôle essentiel dans la transmission des valeurs communes et la formation des citoyens. En plus de compter parmi les premières instances de socialisation après la famille, l’école et le monde de l’enseignement contribuent à structurer l’esprit critique des citoyens et doivent leur apporter les connaissances qui leur permettront de comprendre leur monde, pour mieux s’y intégrer et le faire évoluer. Vecteurs incontournables pour faire émerger un nouveau projet de société et renouveler le vivre-ensemble, le système éducatif comme les contenus pédagogiques ne sont cependant pas adaptés aux enjeux de notre temps et ne donnent plus les clés permettant d’imaginer un nouveau modèle sociétal. Repenser le rôle de l’éducation et la replacer au cœur du nouveau contrat social devient donc indispensable. Dans quelle direction faut-il faire évoluer les programmes et les systèmes éducatifs des différents pays et quelle place donner à l’éducation dans l’élaboration d’une nouvelle société ?
Jeudi 5 juin 2014
Focus 5. « Jusqu’où la parole citoyenne a-t-elle un impact à l’heure du glocal ? »
À l’heure où la mondialisation transforme notre relation à l’espace, et où internet et les réseaux sociaux sont devenus des vecteurs de communication instantanée et planétaire, on voit peu à peu émerger de nouvelles formes de mobilisations citoyennes. Que l’on pense aux diverses campagnes de pétitions numériques ou encore aux actions de groupe, on constate un renouveau de la parole citoyenne, aussi bien au niveau local que global.
Mais ces nouvelles formes de mobilisation citoyennes ont-elles réellement un impact lorsqu’il s’agit de faire évoluer différentes politiques et leur mise en œuvre ? La parole citoyenne est-elle véritablement un facteur de changement ? Comment l’expression de la société civile peut-elle être à l’origine d’un nouveau projet de société ?
Focus 6. « Nucléaire et gaz de schiste : quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter ? »
Trois ans après la catastrophe qui a frappé le Japon, la situation n’est pas encore rétablie dans la centrale de Fukushima, rappelant avec force les risques de long terme liés à un accident nucléaire. Malgré l’ambition de certains gouvernement de mettre en œuvre une transition énergétique pour favoriser une sortie progressive du nucléaire et diminuer notre recours aux énergies fossiles, les choses n’avancent que très lentement. Dans le même temps, la révolution des hydrocarbures de schiste pousse certains États à s’intéresser à cette ressource fossile, dont les techniques d’extraction sont fortement contestées et dont les coûts ne sont pas totalement maîtrisés. Inventer un nouveau projet de société implique de repenser notre rapport aux ressources naturelles et de transformer nos modèles d’approvisionnement et de consommation énergétiques. Le risque zéro n’existant pas, quelle part d’incertitude pouvons-nous accepter dans l’élaboration de ces nouveaux modèles énergétiques ?
Focus 7. « Comment mettre en place une politique d’économie circulaire réaliste et efficace ? »
L’économie circulaire, démarche économique promouvant un système industriel sobre en carbone, en énergie et en ressources naturelles basé sur l’éco-conception et le recyclage, est aujourd’hui présentée comme une solution concrète en réponse à certains défis du développement durable. Si de plus en plus d’acteurs se réclament de ce modèle, on peut néanmoins se demander s’il est possible de mettre en place une véritable politique industrielle axée sur les principes de l’économie circulaire. Comment mettre en place une dynamique d’économie circulaire efficace ? A quelle échelle peut-on mettre en place une politique réaliste d’économie circulaire ? Quels sont les leviers pour faire de ce modèle une réalité sur nos territoires ?
Focus Spécial. « Économie Numérique dans les pays émergents : accélérateur de croissance et/ou de la fracture numérique sud/nord ? »
L’économie numérique est en plein essor dans les pays émergents et ouvre une voie nouvelle pour la croissance et l’entrepreneuriat dans ces pays. Les secteurs dans lesquels internet aura un impact décisif sont les services financiers (paiement mobile), l’éducation (e-learning, e-training, Open University, MOOC…), la santé, le commerce et l’agriculture. Cet essor de l’économie numérique va modifier rapidement et profondément les sociétés des pays émergents. S’appuyant sur les NTIC, une nouvelle économie est donc en train de se construire, tirée par les besoins sociaux et les contraintes environnementales, génératrices d’opportunités pour le développement massif de services, mais aussi d’inégalités en termes d’accès et de maitrise des outils. Alors comment faire pour que cet essor de l’économie numérique profite à tous ? Cette émergence de l’économie numérique peut-elle être génératrice d’une croissance durable tout en permettant de réduire la fracture numérique sud-nord ?
Focus 8. « Mettre fin au gaspillage alimentaire permettra-t-il de nourrir le monde ? »
Chaque année, plus d’1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillés dans le monde, soit près d’un tiers de la production globale de denrées alimentaires dédiées à la consommation. Si ce phénomène touche indéniablement les pays développés (standardisation des produits, dépassement des dates de péremption, non-utilisation de la totalité des aliments), il touche également des pays émergents ou en voie de développement, dans lesquels le problème de la faim et de la sécurité alimentaire n’est pas encore réglé. Dans ces cas, il s’agit bien souvent d’un manque d’infrastructures (systèmes de refroidissement et/ou de conditionnement), empêchant la rencontre entre l’offre et la demande. Face à ce constat, de plus en plus d’acteurs se mobilisent pour lutter contre le gaspillage alimentaire, à la fois pour s’éloigner d’un modèle intensif de production agricole, mais aussi pour permettre aux plus démunis d’accéder à l’alimentation. Alors mettre fin au gaspillage alimentaire pourra-t-il permettre de nourrir tous les habitants de notre planète ? Où alors la lutte contre le gaspillage doit-elle être couplée avec une nouvelle révolution agricole.
Focus 9. « La place de la science dans la société : que signifie le progrès aujourd’hui ? »
Depuis l’avènement de la Révolution industrielle, nos sociétés ont placé tous leurs espoirs dans la science comme facteur de développement économique, social et humain. Les progrès réalisés depuis cette époque ont permis une incroyable amélioration des conditions de vie de la population. Cela a également permis l’essor de la société de consommation et a considérablement transformé les modes vie, contribuant ainsi à sacraliser le progrès scientifique. Mais aujourd’hui, un certain nombre d’innovations scientifiques et technologiques sont questionnées. C’est le cas pour les OGM, les nanotechnologies, les ondes téléphoniques ou encore certaines substances chimiques largement utilisées dans l’industrie. Dans une période marquée par l’incertitude liée à certaines innovations, la science est-elle perçue comme une menace ou comme un facteur de progrès pour le développement durable de nos sociétés ?
Séance Plénière 2. « Quelle économie pour refonder la société ? Nouveaux modèles économiques et nouvelles solidarités. »
La crise que nous traversons questionne la croissance qui avait été érigée en modèle de développement depuis l’avènement de la Révolution Industrielle. La crise économique, devenue sociale et environnementale, devient aussi une crise de sens et de valeurs. Pour refonder la société et élaborer un nouveau modèle de vivre-ensemble, il est impératif de repenser la place de l’économie et donc de l’homme dans la société. De nouveaux modèles économiques connaissent aujourd’hui un essor remarquable et ont le potentiel pour transformer durablement notre relation à l’économie, en sacralisant de nouvelles valeurs de partage, de solidarité et de responsabilité. Ces nouveaux modèles participant à l’émergence d’une nouvelle économie peuvent-ils nous aider à refonder la société ?
Clôture. Séance Plénière 3. « Du choix aux actions » : Synthèse des travaux et recommandations.
RÉFÉRENCES
FORUM INTERNATIONAL POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE, « Des idées neuves pour un nouveau monde », Global Conférence 2014 placée sous le haut patronage de Monsieur François HOLLANDE, Président de la République, Fontevraud, 4-5 juin 2014. http://www.planetworkshops.org/fr/index.html?utm_source=cdurable.info
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°94, lundi 2 juin 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
La démarche d’enquête-action participante entreprise par Armel LE COZ a pour objet de regarder vivre les pratiques de la démocratie. Elle est particulièrement originale. (1) Du 1er octobre 2013 au 30 mars 2014, il a voyagé à travers la France pour rencontrer et interviewer un total de 111 élus ou candidats aux élections municipales sélectionnés sur un critère simple : être porteur d’un projet local alternatif. Avec son sac à dos et une caméra, il a parcouru plus de 8 000 km en auto-stop, rencontrant près de 500 automobilistes différents qui l’on pris.
Nous avons participé ensemble le 23 avril 2013 au congrès organisé par l’Université de Nantes sur « Démocratie participative, citoyenneté et nouveaux medias/ Medias 2030. (2) ou j’animais une table ronde. Son expérience est intéressante. Il lance un « Appel pour des territoires hautement citoyens » et prépare un livre. (3)
Il fait partie d’une génération pour qui « faire de la politique » prend un sens nouveau.
Bernard MÉRIGOT
LA GOUVERNANCE LOCALE EST EN CRISE
« Durant ce périple, j’ai eu l’impression d’être au cœur de ce qui se passe en ce moment même dans notre pays : une mutation profonde de la société », déclare-t-il. A la suite des enquêtes qu’il a menées, il pense que « nous avons les moyens de résoudre collectivement la crise que nous vivons, car ce qui est en crise, c’est avant tout notre modèle de gouvernance, c’est à dire la manière dont nous nous organisons pour vivre ensemble, pour échanger, pour communiquer, pour se projeter, bref pour « faire société », pour construire un monde dans lequel nous puissions nous épanouir collectivement ».
Il s’est lancé dans la rédaction d’une proposition concrète pour accélérer la transition qui, silencieusement, est à l’œuvre en France. Son objectif est de permettre à davantage de citoyens, et à davantage d’élus, d’y jouer un rôle. Il détaille son expérience dans un livre intitulé « Le monde de demain s’invente aujourd’hui » dont la sortie est prévue pour l’été 2014.
DE NOUVEAUX TERRITOIRES
Pour Armel LE COZ « la société française est prête politiquement à passer au collaboratif. Celle-ci s’expérimente déjà un peu partout. De nombreuses initiatives d’économie sociale et solidaire, de nombreuses associations, des plateformes d’échange « pair à pair », des sites web participatifs, des monnaies complémentaires, des espaces partagés et beaucoup de collectifs participent de ce renouveau démocratique. »
Des précurseurs sont en train de changer leurs comportements et inventent de nouveaux territoires, plus collaboratifs, plus citoyens, plus ouverts, plus responsables et plus autonomes. Que ce soit avec ou sans le concours d’élus et d’institutions, il lance un appel.
Armel LE COZ, Le Monde de demain s’invente aujourd’hui
(Parution août 2014)
DOCUMENT
APPEL À DES TERRITOIRES HAUTEMENT CITOYENS (THT)
RÉFÉRENCES
1. LE COZ Armel,
2. « Démocratie participative, citoyenneté et nouveaux medias », Medias 2030, 3e Rencontres, Nantes, 38 rue Gustave Roch, 23 avril 2013. Journée d’études organisée par l’Université de Nantes, la Fondation Internet nouvelle génération (FING) et le cluster du Quartier de la création. Coordination assurée par Walter Bonomo, chargé de mission « Territoires numériques » à l’Université de Nantes (Formation Continue). www.medias2030.org.
http://www.savigny-avenir.fr/2013/04/23/nouveaux-medias-democratie-participative-quelles-realites-dans-les-territoires-medias-2030-universite-de-nantes-fing/
3. LE COZ Armel, « Appel à des territoires hautement citoyens », http://www.tourdescandidatsetmairesdefrance.fr/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°92, lundi 19 mai 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
UN TRACT « ABSURDE »
D’abord, il y a un tract de Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), maire de Savigny-sur-Orge, candidate à sa réélection. Il est intitulé « La vérité sur les mensonges du PS ». (1) Le titre, étonnant, relève de la figure de style de l’oxymore (que les grecs nomment oxymoron), qui consiste à rassembler deux termes opposés pour exprimer quelque chose d’inconcevable. « La vérité sur un mensonge », c’est comme « Le mensonge sur une vérité », c’est-à-dire, un discours qui rend compte de l’absurde : Laurence SPICHER-BERNIER annonce qu’elle dit la vérité sur des mensonges ! On aura tout vu.
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
« La vérité sur les mensonges du PS »
Élection municipale de Savigny-sur-Orge du 23 mars 2014
Tract distribué le 16 mars 2014, page 1
Sur la page du recto, rien de bien original. « En 2012, François HOLLANDE vous a menti. En 2014, le candidat PS à Savigny Pierre GUYARD vous ment ». Et une accusation : Pierre GUYARD ne pratique pas la démocratie d’une façon honnête ! Suivent quatre « pavés » : le projet pharaonique du parti socialiste de centre culturel, les rythmes scolaires (« La réforme PEILLON, c’est nous qui payons »), les transports en commun (Tram train et ligne du bus 492), les logements sociaux.
RECTO SEUL ou RECTO + VERSO ?
Il est à noter que ce tract est à «géométrie variable». Le dimanche 16 mars, le tract ne comprend que le recto (le verso est blanc). Il faut attendre les jours suivants (le vendredi 21 mars, en l’occurrence) pour disposer d’un exemplaire complet : le tract comprend l’impression d’un recto + un verso. Certains pensent que cette édition en deux temps (16 Mars : la page 1, 21 mars : la page 1 + la page 2) ne relève en aucun cas d’une erreur d’impression, mais d’une mise en scéne. Autant la page 1 est généraliste, autant la page 2 se livre à des attaques personnelles contre Jacques GUYARD et Pierre GUYARD. Dites-nous si nous nous trompons…
Puisque la version complète est connue, un constat s’impose : les choses se gâtent dans le bas de la seconde page.
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
« La vérité sur les mensonges du PS »
Élection municipale de Savigny-sur-Orge du 23 mars 2014
Tract distribué le 21 mars 2014, page 2
UNE DÉNONCIATION INDIGNE CONTRE JACQUES GUYARD
(Le père)
Et oui, vous avez bien lu. Laurence SPICHER-BERNIER attaque Jacques GUYARD, le père de Pierre GUYARD. Une partie de ses propos ne sont pas nouveaux : ils avaient déjà été tenus par Laurence SPICHER-BERNIER sur son compte Facebook le 23 novembre 2013, il y a maintenant quatre mois. Elle écrivait ceci :
Nous avons fait une analyse critique de ces assertions sur ce site. (3) http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/savigny-sur-orge-laurence-spicher-bernier-udi-fait-entrer-pierre-guyard-ps-dans-lhyperpolitique-inter-municipale/
ATTAQUER LA POLITIQUE DU FILS
OU ATTAQUER LA POLITIQUE DU PÈRE ?
Sur la liste UDI/MPF/UPF «Union de la droite républicaine et du centre » conduite à Savigny-sur-Orge par Laurence SPICHER-BERNIER, figure en 12e position Xavier-Roger DUGOIN. (4) C’est l’un des fils de Xavier DUGOIN.
Quel candidat pourrait avoir l’idée de venir reprocher quoi que ce soit au fils concernant son père ? Aucun candidat – à ma connaissance – n’a attaqué le fils Xavier-Roger DUGOIN à propos de son père Xavier DUGOIN. Ce n’est pas le cas de Laurence SPICHER-BERNIER qui elle, attaque Pierre GUYARD à propos de son père Jacques GUYARD. Mais Laurence SPICHER-BERNIER n’en a pas fini.
UNE DÉNONCIATION INDIGNE CONTRE PIERRE GUYARD
(Le fils)
Question. Que pensez-vous de tout cela ?
Bernard MÉRIGOT. Je reprendrai ce qu’a écrit, le 19 mars 2014, Christian SCHOETTL sur son site : « Il ne vous aura peut être pas échappé qu’il y a des élections municipales dimanche. Pour ma part, je n’ai jamais compris la violence qui préside a ce qui devrait une sorte de moment de grâce, cette période où chacun souhaite et se propose pour travailler au bien être de la collectivité.
C’est comme un bon plat que l’on va partager entre amis, chacun donne sa recette, explique comment il va accommoder pour les autres, et puis enfin de compte, collégialement, on confie les fourneaux a l’un ou l’autre, avec le bonheur anticipé de ce que l’on va déguster ensemble.
En fait pour déguster, on déguste ! Et on assiste a un spectacle d’une violence folle, coups bas, ragots, mensonges, toute la lie de l’humanité n’y retrouverait pas ses petits ». (6)
LA CULTURE DE L’INVECTIVE POLITIQUE
Question. Quelle analyse faite-vous dans le cadre de votre recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale ».
Bernard MÉRIGOT. Les réflexions que je poursuis se situent dans la tradition de la démocratie expérimentale du philosophe John DEWEY. Elles consistent :
1. à poser les questions qui anticipent les débats à venir et,
2. à éclairer les réponses susceptibles d’être apportées dans l’espace public.
La France, en ce mois de mars 2014, vit une situation qui est tragiquement attentatoire à la démocratie, avec cette affaire des écoutes téléphoniques des conversations de Nicolas SARKOZY avec son avocat.
Tout le monde sait, depuis des années, qu’il n’y a jamais eu aucun débat citoyen sur cette question. Les pouvoirs en place pensent qu’ils peuvent continuer à prendre des décisions à la petite semaine, de façon autocratique.
Or, la vie de toute communauté humaine est faite de franchissements d’étapes. Chaque étape est un moment de constitution d’un consensus. Que font les politiques ? Ils pratiquent la gouvernance du « saute-mouton ». Ils savent que cela se révèle toujours catastrophique à terme. Qu’importe ! Exemple : un problème nouveau survient. Cela m’embête de prendre une décision Alors, je déclare : « La question ne se pose pas ». Je refuse tout dialogue. Et hop ! Je saute l’étape. Je passe par-dessus. Notre-Dame des Landes et la mise en place des portiques pour l’écotaxe sur les autoroutes en sont des exemples emblématiques.
Ce qu’il faut bien voir, c’est que chaque fois qu’un débat public n’a pas lieu, chaque fois des citoyens sont malmenés : ils souffrent. Alors, par un effet rebond, les élus politiques entrent en polémique contre tout et contre tout le monde, les uns contre les autres. C’est à celui qui accusera, dénoncera, stigmatisera… le mieux. Avec une conséquence : l’augmentation constante du taux d’abstention aux élections municipales.
Élections municipales
Taux d’abstention (Deuxième tour)
Question. Des prévisions pour la journée du 23 mars ?
Bernard MÉRIGOT. « Une France coupée en deux. L’instabilité et les averses se généraliseront dans les terres. Orages sur l’Ile-de-France » (Le Parisien, 22 mars 2014). Mais est-ce qu’il s’agit de la météo ?
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, La vérité sur les mensonges du PS. Ce que la gauche invente pour ces élections municipales, A4, 2 p. Tract distribué dans les boîtes à lettres le 21 mars 2014.
2. SPICHER-BERNIER Laurence, www.facebook.com/laurence.spicherbernier, 23 novembre 2013.
3. MÉRIGOT Bernard, Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI) fait entrer Pierre Guyard (PS) dans l’hyperpolitique inter-municipale Posted on 25 novembre 2013 by Bernard MÉRIGOT Nous savons que la politique en France est une dramatisation de la parole : ceux qui font de la politique pensent que l’hyper, l’outré et l’exagéré leur donnent confiance, et qu’il est de nature à leur attirer la faveur de l’électeur. …
4. « Mobile à parents (2) », Le Canard enchaîné, n°4873, 19 mars 2014, p.4
LASKE Karl, « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires », 13 février 2014, 4 pages, http://www.mediapart.fr.
MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI) et associés », Posted on 23 février 2014 by Bernard MÉRIGOT OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014 Le 31 octobre 2013, un nouveau blog est mis en ligne sur Savigny-sur-Orge. Officiellement, il est consacré à la ville et à ses habitants. Officieusement, ce site loue les actions de Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI, …
5. SPICHER-BERNIER Laurence, La vérité sur les mensonges du PS. Ce que la gauche invente pour ces élections municipales, A4, 2 p. Tract distribué dans les boîtes à lettres le 21 mars 2014.
6. SCHOETTL Christian, « Élections municipales. Il y a de la rumba dans l’air », http://www.christianschoettl.com, 19 mars 2014.
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014
La première liste pour les élections municipales de Savigny-sur-Orge à avoir été déposée à la sous-préfecture de Palaiseau, le vendredi 21 février 2014, est celle de Pierre GUYARD (PS/EELV/PCF/PRG). Elle a fait l’objet dès le lendemain d’un article dans Le Parisien Essonne-matin du 22 février 2014. (RÉFÉRENCE 1). Sans révéler la liste dans son intégralité, quelques informations et quelques commentaires ont été livrés.
Ce dévoilement partiel a produit d’immédiates interrogations émanant des habitants de la commune. D’autant plus que le site du candidat était muet sur la composition de la liste. Depuis samedi, de nombreux lecteurs du présent media numérique http://www.savigny-avenir.info nous ont adressé de nombreuses questions. (On les lira en fin d’article, dans la partie « Commentaires »). Ils portent sur le « cumul », sur « les candidats », sur « la réserve » et sur les rapports que « le pouvoir » entretient, de façon réciproque, avec « les contre-pouvoirs ».
Dans la tradition de la démocratie expérimentale de John DEWEY, nous posons les questions qui permettent d’anticiper les débats à venir et d’éclairer les réponses susceptibles d’être apportées dans l’espace public. Cette réflexion – notamment sur pouvoir/contre pouvoir – est conduite dans l’esprit de notre recherche-action qui porte sur les fondement de la « democratia localis ».
CUMUL OR NOT CUMUL
L’ordre de présentation des noms des candidats d’une liste pour les élections municipales constitue une matière stratégique. Sa révélation est porteuse d’effets. C’est ainsi que la présence d’Éva SAS (EELV/PS), députée de la 7e circonscription de l’Essonne, en 2e position de la liste de Pierre GUYARD, retient l’attention. Cette place n’est pas anodine puisque, traditionnellement, il s’agit de celle de 1ere adjointe au maire.
Élections municipales à Savigny-sur-Orge
des 23 et 30 mars 2014
« La députée Éva SAS, 2e de liste à Savigny » (liste Pierre GUYARD)
Cette question du cumul de mandat se pose à toutes les listes (dans la mesure où elles sont élues, bien évidemment). Comment annonceront-elles le cumul maire + vice-président de la CALPE et adjoint au maire + vice-président de la CALPE ?
La société civile, et les électeurs, sont de plus en plus sensibles au non-cumul des mandats, sans cesse réaffirmé comme une exigence démocratique et une attente de transparence concernant les actes d’un corps élu au suffrage universel et qui a des comptes à rendre à ses électeurs.
LA RÉSERVE PARLEMENTAIRE
MISE EN CAUSE…
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), maire candidate de Savigny-sur-Orge, a déjà attaqué la présence d’Éva SAS sur la liste de Pierre GUYARD. Le 18 février 2014, elle publie sous le titre de « La transparence opaque de notre députée » un article sur son compte Facebook. Prenant comme prétexte le tableau d’attribution des 130 000 € de la réserve parlementaire d’Éva SAS à des associations locales, elle écrit : « Dans ce tableau qui se veut transparent de son action, bizarrement n’apparait pas la subvention accordée à l’association «Elan Environnement » dont le trésorier M. Jacques LAGRANGE n’est autre, par le plus grand des hasards, que le mandataire financier de la campagne électorale du candidat Pierre GUYARD (PS-EELV-PCF-PRG), ou la députée Éva SAS figurera sur sa liste ». Allusion à la subvention de 3 500 € versée à l’association Élan – Savigny Environnement en 2013. Elle poursuivait : « Petits arrangements financiers entre amis sur le dos des citoyens. Les membres PS-EELV drapés dans leur position de donneur de leçons prônent la transparence, mais une transparence très opaque en ce qui les concerne. Bienvenue dans le monde du mensonge de la « démagauchie verte ». (RÉFÉRENCE 2)
Cet article n’a pas amené à ce jour, et à notre connaissance, de réponse de l’association concernée. Un communiqué de Dominique CATÉRINI, le président d’Élan – Savigny Environnement, serait en préparation, expliquant que tout est transparent dans l’association, et démentant que Jacques LAGRANGE (mandataire financier de Pierre GUYARD) soit également son trésorier. Comment sera-t-il diffusé ? Figurera-t-il sur le site, sur le Facebook ou sur le Twitter de la liste ? La logistique éditoriale de ce communiqué entrera-t-elle dans les comptes de campagne ? Mais, d’où Laurence SPICHER-BERNIER peut-t-elle bien tenir que Jacques LAGRANGE remplit des fonctions de trésorier ? (COMMENTAIRE 3).
L’association Élan – Savigny Environnement a pour objet « de tout mettre en oeuvre pour faire respecter et protéger la nature, l’environnement et la qualité de la vie ; de lutter contre les nuisances de toutes sortes, en particulier le bruit et les autres nuisances résultant des trafics aérien, routier et ferroviaire ; de faire respecter les dispositions régissant l’urbanisme à Savigny et dans ses environs… ». Elle appartient à la catégorie des associations environnementales dites «de contre-pouvoir».
QU’EST-CE QUE LE CONTRE-POUVOIR ?
Fondement de la « democratia localis »
La définition du contre-pouvoir a été formulée très clairement par John HOLLOWAY en 2002 : le contre-pouvoir est un pouvoir qui s’organise face à une autorité établie (politique, économique, sociale…). Son rôle est de restreindre l’exercice du pouvoir en place et de proposer une alternative aux décisions de cette autorité. (RÉFÉRENCE 3)
Ceux qui s’emparent d’un pouvoir institutionnel, sont toujours conduits à une impasse, le pouvoir nouveau substituant un pouvoir-domination à un autre. Alors que chacun peut changer le monde par le pouvoir-action, fondé sur des actes de résistance ancrés dans le quotidien. On peut ici reprendre le slogan des révolutionnaires zapatistes « Questionner en marchant ». Le changement (la révolution, en l’occurrence) doit être d’abord pensé comme un questionnement avant de l’être comme une réponse. John HOLLOWAY écrit « Nous nous posons des questions, non pas seulement parce que nous ne connaissons pas le chemin, mais parce que nous mettons en question le chemin. »
Cette réflexion est poursuivie par Miguel BENASAYAG et Diego SZTULWARK. Dans leur ouvrage « Du contre-pouvoir », ils considèrent que « le politique » consiste en une capacité à imaginer le monde de demain. Il est toujours tenu par les contre-pouvoirs qui, par le biais d’actions militantes (« le militantisme situationnel »), jouent un rôle dans l’évolution des aspirations de la société. (RÉFÉRENCE 4)
C’est encore, comme le relève François-Bernard HUYGHE, un véritable retournement qui se produit : les contre-pouvoirs sont le pouvoir car les organisations de la société civile agissent sur les esprits et les représentations du monde en faisant évoluer la société dans le sens qu’elle désigne elle-même. Nous sommes passés d’ « une société d’autorité », dominée par la notion de chef, à une « démocratie d’influence », dans laquelle la puissance est désormais fondée sur une capacité d’adhésion et de diffusion. (RÉFÉRENCE 5)
Tout cela n’est pas sans cause. Tout cela n’est pas sans effet. Doit-on attendre que les événements adviennent, ou bien doit-on les anticiper ? Les associations locales sont, par essence, des contre-pouvoirs municipaux. Quelle est la juste distance du pouvoir municipal par rapport aux pouvoirs associatifs locaux ? Qui cherche à manipuler qui ? Qui l’emporte ? N’oublions pas que la democratia localis est une résultante, celle d’un équilibre lisible fondé sur le respect de l’intérêt collectif.
Bernard MÉRIGOT
DOCUMENT du 18 février 2014
« La transparence très opaque de notre députée.
Notre invisible députée piquée au vif, nous démontre tableau à l’appui qu’elle a royalement octroyé 24 000 € (en 2 ans) de sa réserve parlementaire de 130 000 € à des associations de notre ville.
Devons nous, nous prosterner à ses pieds ?
Dans ce tableau qui se veut transparent de son action, bizarrement n’apparait pas la subvention accordée à l’association «Elan Environnement» dont le trésorier M. Jacques Lagrange n’est autre, par le plus grand des hasards, que le mandataire financier de la campagne électorale du candidat Pierre GUYARD (PS-EELV-PCF-PRG), ou la députée Éva SAS figurera sur sa liste.
Petits arrangements financiers entre amis sur le dos des citoyens. Les membres PS-EELV drapés dans leur position de donneur de leçons prônent la transparence, mais une transparence très opaque en ce qui les concerne. Bienvenue dans le monde du mensonge de la « démagauchie verte ».
Laurence SPICHER-BERNIER, 18 février 2014 »
http://www.facebook.com/laurence.spicherbernier
Vous posez de bonnes questions, toutes légitimes. Il est vrai que la parité – inscrite dans la loi – complique tout. Bernard MÉRIGOT, 23 février 2014
Une recherche-action ne peut jamais prétendre être en-dehors de tout engagement politique. Seulement celui-ci doit répondre à trois exigences : être clairement affiché, être formulé de façon critique, accepter la confrontation pluraliste. C’est ce à quoi répond notamment La Lettre du lundi de Mieux aborder l’avenir n°79 du 17 février 2014. Bernard MÉRIGOT, 23 février 2014.
Depuis sa démission, l’ancienne présidente – qui n’est pas colistière – s’est mise en congé du conseil d’administration. Il en est de même pour l’ancien trésorier. Tout en restant administrateurs et adhérents, ils sont absents excusés aux réunions du CA le temps de la campagne électorale. Cela n’a malheureusement pas été compris par le CA et le bureau actuel qui emploient à l’égard des anciens dirigeants, des méthodes très proches de celles employées par Madame le Maire à l’égard de son oppositions, empruntées aux 45 agissements du harcèlement (mobbing) de Heinz LEYMANN. Ces administrateurs, aux méthodes peu démocratiques et peu républicaines tant dénoncées par l’opposition au maire seraient maintenant dans la sphère du candidat PS/EELV/PRG/PCF. Il faut lui demander pourquoi ces colistiers et son mandataire ne se sont pas mis en retrait. C’est effectivement un problème pour l’indépendance de cette association et pour les adhérents qui n’ont pas été consultés.
La réponse est doublement oui. Sur 14 administrateurs : un est mandataire financier de Pierre GUYARD (PS). Deux sont colistiers EELV de Pierre GUYARD. Un est colistier d’Olivier VAGNEUX (sans étiquette), l’ancien trésorier-webmaster. Deux ont figuré sur des listes municipales autrefois (PS, Vert) et leur sympathie pour le PS et EELV sont de notoriété publique. Au moins six sont sympathisants PS/EELV/PG. Enfin, le président actuel aurait des sympathies « vertes » mais, autre notoriété publique, on le voit naviguer entre toutes les réunions de listes. Par ailleurs, il suffirait que le maire en place modifie le plan de circulation pour faire pression sur l’association. Alors, quelle indépendance après cela ?
Tout à fait. C’est peut-être ce que ne voulaient pas les adhérents qui ont dit non à la réserve parlementaire d’Eva SAS en 2013. Or, si le président et son CA se justifient maintenant par un communiqué (un démenti) ou lors de la prochaine assemblée générale, ils feront entrer de plein fouet l’association dans la politique électorale ! Élan – Savigny Environnement est aujourd’hui une communicante politique au profit de Pierre GUYARD. Laurence SPICHER-BERNIER s’en servira. Il est trop tard pour réagir, il fallait le faire à l’automne 2013.
Lorsque la politique électorale nuit à une association environnementale de contre-pouvoir, c’est à ses dirigeants – avec ou sans fonction particulière – de prendre leurs responsabilités et de s’effacer pour l’intérêt de l’association en question et de ses adhérents. Il est regrettable que, le temps des élections, les administrateurs d’Élan – Savigny Environnement concernés par ce cumul liste politique – mandataire/conseil d’administration n’aient pas fait comme dans beaucoup d’associations environnementales de contre-pouvoir local où les potentiels administrateurs colistiers de candidats aux élections municipales se mettent en congés ou en disponibilité temporaire. Cela aurait évité bien débats, questions, réactions au détriment du soutien des dossiers en cours…
DOCUMENT du 24 février 2014
L’association ELAN-Savigny Environnement a mis en ligne le 24 février 2014 un «Communiqué» comportant la mention «Sans commentaire» ainsi qu’un «Document joint» constitué par le scan d’une lettre en date du 19 février adressée à Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge. Une pièce jointe (PJ 1) est indiquée mais ne figure pas. (6).
NB. Aucun pièce jointe ne figure
RÉFÉRENCES
1. « Échos de campagne. La députée Eva Sas, 2e de liste à Savigny-sur-Orge », Le Parisien Essonne matin, 22 février 2014.
2. SPICHER-BERNIER Laurence, « La transparence très opaque de notre députée », http://www.facebook.com/laurence.spicherbernier, 18 février 2014.
3. HOLLOWAY John, Change the World Without Takin Power, 2002
4. BENASAYAG Miguel et SZTULWARK, Dia-ego, Du contre-pouvoir, La Découverte, 2000, ISBN 2-7071-3316-7
5. HUYGHE. François-Bernard, « Démocratie d’autorité, démocratie d’influence. En quoi consistent les nouveaux pouvoirs », www.huyghe.fr, 12 août 2010.
6. ELAN-SAVIGNY ENVIRONNEMENT, Lettre en date du 19 février 2014 adressée à Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge, http://www.elan-savigny-environnement.org, 24 février 2014 (pdf 308 ko). http://www.elan-savigny-environnement.org/IMG/pd/communiquetresorerieese19022014.pdf
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°80, lundi 24 février 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
FORMULER DES VŒUX
EST UNE FAÇON D’INVOQUER LE BONHEUR
Frédéric LENOIR rappelle que pour l’Antiquité, comme pour l’Orient, le bonheur n’existe pas de façon isolée. Les Grecs conçoivent l’harmonie politique comme étant supérieure à l’équilibre individuel : on ne peut être heureux sans participer de manière active au bien de la cité. Les stoïciens lient le bonheur du sage à son engagement et à son civisme. « Le bonheur individuel prôné par Platon, Aristote, Confucius ou Bouddha ne se conçoit que dans une vision holistique où l’individu n’est pas séparé du groupe, de la cité et de la communauté. » (2)
LE BONHEUR DÉMOCRATIQUE EXISTE-IL ?
Saint-Just qualifie le bonheur d’ « idée neuve ». Quant aux fondateurs de la Déclaration d’indépendance américaine, ils érigent cette idée neuve en principe constitutionnel. Les représentants de 13 états signent le 4 juillet 1776 une « Déclaration unanime » dans laquelle ils écrivent :
« Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. » (3)
Par deux fois le droit au bonheur (Happiness) est affirmé. Le bonheur individuel est une part inséparable des conditions qui permettent le bonheur de la société. Dans ces conditions, tout ce qui s’oppose au bonheur social, s’oppose aussi au bonheur individuel.
Le philosophe américain John DEWEY, créateur notamment de la « démocratie expérimentale », formule en 1939 les principes d’une « démocratie créatrice » qu’il défend en combattant tout ce qui lui porte atteinte et en énonçant les trahisons de la vie démocratique.
LES 9 TRAHISONS DE LA VIE DÉMOCRATIQUE
« L’intolérance, les insultes, les mauvais traitements pour des divergences d’opinion en matière de religion, de politique ou de commerce, et en raison de différences de race, de couleur, de fortune ou de niveau de culture sont des trahisons du mode de vie démocratique. Tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique.
Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine.
Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure, qui – l’exemple des états totalitaires en témoigne – agit seulement lorsqu’elle parvient à nourrir la haine, la méfiance et l’intolérance dans l’esprit des individus. » (4)
Les neuf trahisons de la vie démocratique sont :
LES NOUVELLES EXIGENCES
DU BONHEUR CITOYEN
Alexis de TOCQUEVILLE pense que la vie politique des démocraties se dirige vers une simplification, se ramenant à des questions d’arithmétique pour compter les suffrages. Nous constatons aujourd’hui que l’évolution est allée, à l’inverse, vers la complexification. Comme le constate Pierre ROSANVALLON, aujourd’hui « aucun parti ne peut prétendre incarner le peuple à lui tout seul » (5)
La légitimité des régimes démocratiques doit sans cesse être reformulée. Trois conditions impératives doivent-être remplies.
La vie démocratique exige l’organisation d’un dualisme entre, d’une part, les institutions du monde de la décision majoritaire, et d’autre part, les institutions qui se rattachent à un impératif de justification appartenant à un autre ordre.
La participation et la proximité sont de nouvelles exigences que les citoyens manifestent à l’égard de ceux qui exercent le pouvoir. La démocratie n’est plus un pouvoir qui se juge à l’aune des décisions qu’il prend. Les citoyens sont de plus en plus exigeants à l’égard de la façon dont les pouvoirs locaux les respectent et les prennent en considération.
L’urgence commande de quitter les formes intermittentes de la démocratie pour rejoindre et développer la démocratie permanente.
Que l’année 2014 soit propice à ces évolutions indispensables.
Bernard MÉRIGOT
RÉFÉRENCES
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
CONTEXTE. A Savigny-sur-Orge (Essonne), Bernard MÉRIGOT (ex DLR) soutien Pierre GUYARD (PS). A Bapaume (Pas-de-Calais), Jean-Paul DELEVOYE (ex UMP) soutien Jean-Jacques COTTEL (PS). A Paris, dans le 15e arrondissement, Dominique VERSINI (UMP) soutien Anne HIDALGO (PS) aux municipales de 2014.
ENJEUX. Quelles raisons avancent-ils ? Que faut-il penser de l’argument de l’UMP selon lequel il s’agirait de « trahisons » ? Le registre argumentaire dans lequel s’inscrit cette accusation est-il démocratiquement justifiable ?
LA DROITURE, LE PARCOURS,
LA QUALITÉ D’ÉCOUTE, LE TRAVAIL
Question. Quelles raisons sont-elles avancées par des hommes et des femmes politiques ?
Bernard MÉRIGOT. Dominique VERSINI, ex-secrétaire d’État de Jean-Pierre RAFFARIN (UMP), sera candidate sur la liste conduite dans le 15e arrondissement de Paris par Anne HIDALGO, la candidate PS à la mairie de Paris. Quelles raisons donne-t-elle ? « J’ai choisi de m’engager aux côtés d’Anne HIDALGO, tout simplement parce que je suis en accord avec toutes les valeurs qu’elle porte, ainsi qu’avec les grands axes de son projet. La personne qu’elle est : sa droiture, son parcours me séduisent, tout comme sa qualité d’écoute et de travail. Incontestablement elle connaît bien ses dossiers, elle y a beaucoup réfléchi. » (1)
LA FIN DU GAULLISME HUMANISTE
Question. Qui est Dominique VERSINI ?
Bernard MÉRIGOT. Dominique VERSINI vient de la société civile. Elle a créé le Samu social de Paris en 1993. C’est une femme engagée sur le terrain pour les personnes les plus fragiles. C’est Jacques CHIRAC qui lui a permis de faire vivre ce projet lorsqu’il était maire de Paris et elle l’a soutenu en tant que gaulliste humaniste. Pour elle, « la droitisation de l’UMP a compté énormément. Je n’ai jamais été d’accord avec la façon dont l’UMP sarkozyste a traité les questions sociales. »
L’ACCUSATION DE TRAHISON
EST UNE ABOMINATION
Question. Que pensez-vous de ceux qui dénoncent de prétendues « trahisons » de ceux qui soutiennent des socialistes ?
Bernard MÉRIGOT. Dénoncer des « traîtres » rappelle de mauvais souvenirs, ceux de temps troublés que les tous les démocrates exècrent. Il est inquiétant que ceux qui se recommandent de l’UMP se fassent les propagateurs de telles idées. Invoquer de prétendues trahisons est une accusation grave. C’est un retour à l’époque des dénonciations et des lettres anonymes.
L’ENGAGEMENT POLITIQUE
N’EST PAS UN ENGAGEMENT RELIGIEUX
Question. Est-ce que vous reprendriez la phrase « Ils ne savent pas ce qu’ils font » ?
Bernard MÉRIGOT. Vous ne savez pas si bien dire. Sauf que, dans le cas présent, ceux qui dénoncent des «traîtres» savent très bien ce qu’ils font. Le registre de la trahison comprend une dimension religieuse pervertie. L’engagement politique est-il semblable à un engagement religieux ? On est en droit de se le demander à les écouter et à les lire.
Il est contraire aux libertés démocratiques de ne pas reconnaître que l’adhésion que l’on apporte à un mouvement, ou à un parti politique, évolue dans le temps. Est-ce que se reconnaître dans des idées et dans des hommes, et adhérer (en payant une cotisation), doit être assimilé à un engagement perpétuel que l’on prononcerait à l’égard d’une religion ?
LA FRANCE CHANGE …
… L’ENGAGEMENT POLITIQUE CHANGE
Question. Pourquoi ?
Bernard MÉRIGOT. Parce que la France politique de 2013, ni celle de 2003, ni celle de 1993, ni celle de 1983. Pourquoi un engagement politique personnel devrait-il demeurer identique lorsqu’on a 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans, et plus…
Question. Que répondez-vous à ceux qui écrivent : « (Cet homme) aujourd’hui, soutien la liste PS. Mais où sont passés la défense des valeurs, l’engagement politique et la crédibilité envers les électeurs ? »
Bernard MÉRIGOT. Les valeurs que je défends sont publiques. Ma crédibilité est publique. Sur le présent site (http://savigny-avenir.info), 700 articles en ligne en témoignent. Voir notamment les articles indiquées en note (2). Ce sont ceux qui pensent toujours la même chose, ceux qui empêchent les autres de changer, et ceux qui dénoncent ceux qui changent qui trahissent la vie démocratique.
POUR UNE DÉMOCRATIE CRÉATRICE
(Creative Democracy)
Question. Quelles sont ces valeurs ?
Bernard MÉRIGOT. Vous le savez, je suis un disciple du philosophe américain John DEWEY. Il a dressé en 1939 un programme politique auquel je souscris entièrement. Le voici.
« L’intolérance, les insultes, les mauvais traitements pour des divergences d’opinion en matière de religion, de politique (…), sont des trahisons du mode de vie démocratique. En effet, tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique.
Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon, l’injure, la peur et la haine.
Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure, qui – l’exemple de l’état totalitaire en témoigne – agit seulement lorsqu’elle parvient à nourrir la haine, la méfiance et l’intolérance dans l’esprit des individus. » (3)
RÉFÉRENCES
1. VERSINI Dominique,« Versini : Kosciusko-Morizet ne connaît pas les dossiers parisiens », Le Journal du Dimanche, http://www.lejdd.fr, 26 novembre 2013. Interview réalisé par Gaspard Dhellemmes.
2. MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Bernard Mérigot apporte son soutien à Pierre Guyard (PS)», http://www.savigny-avenir.info, 31 octobre 2013. OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014, n°7 LES ÉLECTIONS MUNICIPALES COMMANDÉES PAR DES « PATRONS » POLITIQUES ? Question. Vous êtes maire adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge et, à ce jour, le seul conseiller municipal adhérent à Debout la République (DLR). Que pensez-vous de …
MÉRIGOT Bernard, « Soutenir un candidat socialiste aux élections municipales est une façon de défendre l’intérêt général (Jean-Paul Delevoye), http://www.savigny-avenir.info, 5 novembre 2013. DELEVOYE-MÉRIGOT, MÊME COMBAT ? Question. Le 31 octobre 2013, Bernard MÉRIGOT annonce qu’il soutient Pierre GUYARD, candidat PS à la mairie de Savigny-sur-Orge (Essonne) et qu’il quitte DLR. Le 1er novembre 2013, Jean-Paul DELEVOYE annonce qu’il soutient Jean-Jacques COTTEL, candidat PS…
3. DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édités par Jo Ann Boydston et alii, Southern Illinois University Press, Carbondale (1e édition 1977, broché, 1983).
DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « La démocratie créatrice », Revue du MAUSS 2/2006 (no 28), p. 251-256.
http://www.cairn.info/revue-du-mauss.
Mention du présent article http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/27/municipales-2014-pourquoi-autant-danciens-ump-soutiennent-ils-des-candidats-ps/
http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2013
DÉCODAGE
CONTEXTE. Comment appréhender les caractéristiques des productions participatives d’information sur Internet ?
ENJEUX. Dans quelle mesure constituent-elles des expressions citoyennes ? Quel rôle remplissent-elles dans les pratiques démocratiques ?
LA PRODUCTION PARTICIPATIVE
D’INFORMATION SUR INTERNET (PPII)
La production participative d’information sur Internet est un « phénomène sociotechnique » qui a donné lieu à de nombreux travaux ces dernières années. La pluralité des dynamiques et des pratiques qui traversent ce phénomène ont amené les chercheurs à l’envisager selon des perspectives variées, depuis les réflexions sur le « journalisme participatif ou citoyen » (Aubert, 2009 ; Canu et Datchary, 2010), la « communication de masse individuelle » (Castells, 2009) ou les « mobilisations informationnelles » (Cardon et Granjon, 2010).
Julie DENOUËL propose une étude dont l’objectif est d’aborder la production participative d’information à partir des expressions citoyennes en tant qu’elles sont le fait d’individus qui revendiquent leur position de citoyen. Ceux-ci se situent par rapport à un éloignement de la sphère journalistique traditionnelle et par la mise en visibilité de points de vue spécifiques et autonomes au sein d’espaces numériques propres (sites, blogs, réseaux socio-numériques…).
QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES
DES EXPRESSIONS CITOYENNES ?
Les expressions citoyennes ont pour particularité de reposer sur la production de contenus informationnels jugés porteurs des caractéristiques de l’intérêt commun, visant à dévoiler des principes singuliers de visions du monde social, et s’écartant de ceux exposés à part les médias « de masse ».
Une de recherche conduite par Julie DENOËL repose sur une enquête ethnographique menée depuis le début de l’année 2010. Ce dispositif d’enquête qualitatif repose sur la conjugaison de deux types de données : des entretiens semi-directifs approfondis réalisés auprès d’une vingtaine d’individus et un corpus de textes regroupant l’ensemble des énoncés (billets et commentaires issus des échanges avec le public) visibles sur les espaces numériques des informateurs.
Cette méthodologie permet d’explorer les différents discours mis en ligne et, ainsi, de saisir les modalités de mise en forme et de « mise en sens » mobilisées par les producteurs d’information, par ceux-là même qui revendiquent une prise de parole libérée et ouvertement subjective, désolidarisée de l’écriture journalistique censément construite selon les principes de distanciation, de neutralité et d’objectivité.
Le matériau d’enquête propose d’appréhender les différentes logiques (discursives, interactionnelles, relationnelles) qui structurent ces expressions citoyennes autonomes.
TROIS QUESTIONS
Trois questions se posent à l’égard des productions participatives d’information.
RÉFÉRENCES
DENOUËL Julie, « Expressions citoyennes et expressions de soi sur les médias numériques. Une approche socio-discursive et interractionnelle », Intervention au séminaire de l’équipe de recherche Praxiling, Université de Montpellier 3, lundi 10 décembre 2012.
Praxiling est une équipe de recherche qui regroupe des doctorants, des chercheurs, des enseignants-chercheurs en sciences du langage, en information et communication, en psychologie / ergonomie cognitive, l’UMR 5267 CNRS, Université de Montpellier 3. Ses membres se réferent à la section 34 du CNRS (Langues, langage, discours).
Praxiling a pour objet d’étude la production de sens en discours, qu’elle met en relation avec ses modes de textualisation et le contexte de communication. Elle comprend trois équipes : 1. Production de langue en discours, 2. Inter-action et environnement technologisés, 3. Langues, discours, cultures. Elle est dirigée par Bruno BONI. http://www.univ-montp3.fr
Les travaux menés par Julie DENOUËL sont particulièrement intéressants. Nous publions ci-dessous une liste de ses publications (2008-2013).
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°63, lundi 28 octobre 2013
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2013
Question. Les élections municipales ont lieu en mars 2014. A six mois du scrutin, des personnes « bien informées » évoquent des sondages qui annoncent des résultats en faveur de tel ou tel candidat (ou telle candidate), que celui-ci se soit ou non déclaré (ou que celle-ci ne se soit pas déclarée). Que faut-il en penser ? Les jeux sont-ils déjà faits ?
Bernard MÉRIGOT. La croyance dans les résultats prévus par de prétendus sondages constitue une dérive de la démocratie. Prêtez attention à ce que vous entendez et répondez à ces simples questions : Le sondage a-t-il été publié ? Par qui a-t-il été fait ? A quelle date ? Selon quelle méthodologie ? Et surtout, par qui a-t-il été payé ? Si vous ne pouvez pas répondre, c’est que vous êtes en présence d’une rumeur.
Sur le sujet général des sondages, je recommande la lecture du livre d’Alain GARRIGOU et d’Alain BROUSSE intitulé « Manuel anti-sondages. La démocratie n’est pas à vendre » (Éditions La Ville brûle, 2011). Alain GARRIGOU est professeur de sciences sociales à l’Université de Paris Ouest Nanterre. Il est directeur de l’observatoire des sondages. C’est l’un des rares chercheurs français qui poursuit une recherche critique à l’égard des usages politiques des sondages d’opinion. Il est reconnu comme l’un des principaux spécialistes français du vote et des sondages. Il s’inspire à la fois de la sociologie de Pierre BOURDIEU et de la socio-histoire de Norbert ELIAS. Il contribue à la compréhension des ressorts cachés, exercée par la domination politique sur les citoyens-électeurs. (1)
LA TRIPLE « CONVOCATIO » ÉLECTORALE
Question. On parle souvent en politique de « posture ». Comment caractériser la posture d’un maire qui se présente à sa propre succession pour un nouveau mandat ?
Bernard MÉRIGOT. C’est une posture particulière. Il y a deux « convocations ». Le terme de convocation vient du latin « convocatio », c’est-à-dire l’appel, la convocation. Celle-ci est triple.
ÉLECTEUR = CONSOMMATEUR
ÉLU = PRODUCTEUR
Question. Peut-on pour autant considérer au niveau municipal que l’activité politique est un marché économique?
Bernard MÉRIGOT. Pourquoi le niveau municipal serait-il différent du niveau national ? C’est un marché économique en raison des effets qu’il produit. Pour Joseph SCHUMPETER, la professionnalisation a transposé la logique économique producteur/consommateur au niveau politique : 1. les électeurs deviennent des consommateurs de politique, 2. les hommes politiques deviennent des producteurs de politique. Cela entraîne, comme en économie, une conséquence : l’adaptation du producteur politique à la demande politique.
En d’autres termes : le personnel politique a tendance à privilégier la prise de décisions propres à satisfaire son électorat. On doit s’interroger au passage sur cette idée qu’un électorat puisse être un objet de possession. Elle doit être examinée dans son rapport de compatibilité avec la théorie démocratique. Parce qu’observons-nous ? L’électorat, peu à peu, se segmente. Ses composantes deviennent doublement captives : captive d’avantages acquis et captive d’avantages promis. Les élus et les électeurs deviennent de plus en plus conditionnés par des relations catégorielles. (2) Ces questions ont déjà été abordées, depuis plusieurs années, dans des articles publiés sur le présent site www.savigny-avenir.info (3).
L’INSTRUMENTALISATION
DU POUVOIR POLITIQUE
Question. Est-ce que vous n’êtes pas en train de décrire un « univers impitoyable » qui serait davantage celui d’un feuilleton télévisé que celui de la réalité ?
Bernard MÉRIGOT. Ce que je dis est le résultat de travaux d’universitaires en sciences politique. Pour Daniel GAXIE, la professionnalisation de l’exercice du pouvoir politique le constitue comme une source de revenu. « Lorsque des femmes politiques ou des hommes politiques sont tentés de faire passer les intérêts de leur carrière (communication, cumul des mandats, publicité personnelle, réélection…) avant les intérêts de leurs mandants, on est en présence d’une instrumentalisation du pouvoir politique ». (4)
Les travaux de Daniel GAXIE sur la sociologie du vote mettent en évidence deux concepts, l’ « auto-exclusion » et le « cens caché » :
L’INVESTITURE ÉLECTORALE
Question. Qu’est-ce que cela veut dire d’entendre les candidats parler constamment d’investitures ?
Bernard MÉRIGOT. L’investiture vient du latin médiéval du IXe siècle. Elle signifie « la mise en possession officielle d’un fief ou d’un apanage qui se déroule le plus souvent par une cérémonie symbolique ». Aujourd’hui, elle désigne l’acte par lequel un parti politique ou un syndicat désigne un candidat à une fonction élective. Mais, la démocratie a conservé un sens monarchique au mot : on a toujours l’impression que c’est le pouvoir qui descend du haut en bas, du parti politique vers le candidat. C’est la mise en acte de « l’esprit de parti ». La première condition pour obtenir une éventuelle investiture est bien évidemment d’être candidat. Pour ma part, je n’ai sollicité aucune investiture. Je parle donc en toute liberté.
LA CONDITION DÉCEPTIVE DE LA DÉMOCRATIE
Question. Quelle est, selon vous, la première priorité politique territoriale ?
Bernard MÉRIGOT. Indéniablement lutter contre ce que Myriam REVAULT D’ALLONNES nomme la condition déceptive de la démocratie. Elle la définit de la façon suivante : « L’expérience démocratique fait de nous des sujets qui ne veulent pas être ainsi gouvernés : « Pas comme ça, pas pour ça, pas par eux ». (5) Tout un programme.
RÉFÉRENCES
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
L’historien François Weil rappelle que la démocratie n’est pas un système d’institutions, mais une forme de société caractérisée par « le refus de l’incorporation, les divisions, l’hétérogénéité et l’indétermination ». Reprenant la formule de Claude LEFORT, il note que la démocratie « est un lieu vide, fondamentalement précaire et révocable, instable et transitoire, inachevé, par vocation et par nature, ouvert aux interrogations, aux contestations et à la pluralité ».
EN POLITIQUE,
IL EXISTE UN SEUIL D’ALERTE CRITIQUE DE LA RECHERCHE
Comment mesurons-nous – en tant que chercheurs et en tant que citoyens – les conséquences de ces propositions ? Par la reconnaissance de l’existence d’une consonance entre la conception de la société démocratique et la manière dont nous jugeons indispensables la fonction d’alerte critique de la recherche en sciences humaines et sociales. A l’évidence, les évolutions et les tensions que connaissent aujourd’hui les sociétés démocratiques invitent tous les acteurs de la vie sociale et politique à pénétrer dans l’atelier du philosophe et à penser, et repenser constamment, le chantier démocratique ainsi que sa pratique nécessairement renouvelée.
UN RÉGIME À HAUT RISQUE
Qui dit incertitude, dit risque. Un risque à la fois fécond et menaçant, parce que la démocratie est un régime à haut risque. « La démocratie ne peut vivre que des contestations et des critiques qu’elle suscite ».
LA SOUFFRANCE DE LA DÉMOCRATIE
Lorsque contestations et critiques peuvent s’exprimer, nous sommes en démocratie. Lorsqu’il ne peut y avoir ni contestation ni critique, nous ne sommes plus en démocratie. Leur répression retire à la démocratie son fondement, celui qui lui permet d’exister.
Le problème surgit, à l’échelle de n’importe quel territoire, lorsque les pouvoirs en place empêchent l’expression des contestations et des critiques, lorsqu’ils les censurent, lorsqu’ils les répriment : la démocratie est malade, elle souffre.
La porte pour toutes les méfiances, de toutes les défiances, de tous les extrémismes, est tous les intégrismes, est ouverte.
RÉFÉRENCES
WEIL François, Allocution, Fragilité et fécondité des démocraties, la dissolution des repères de la culture, conférence de Claude Lefort, XXXIe conférence Marc Bloch, Grand amphithéâtre de la Sorbonne, 9 juin 2009.
François Weil est historien, directeur d’études à l’EHESS, président de l’EHESS, recteur de l’Académie de Paris.
LEFORT Claude, Fragilité et fécondité des démocraties, la dissolution des repères de la culture, conférence de Claude Lefort, XXXIe conférence Marc Bloch, Grand amphithéâtre de la Sorbonne, 9 juin 2009. www.cmb.ehess.fr
La Lettre du lundi de Mieux Aborder L’Avenir, lundi 10 juin 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
DÉCODAGE
CONTEXTE. Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge depuis 2009, ne manque pas une occasion :
– 1. pour s’auto-féliciter de la qualité de sa gestion et de la pertinence de la politique budgétaire et financière qu’elle pratique,
– 2. pour accuser de façon permanente les membres de la minorité du conseil municipal : « Si vous étiez au pouvoir à ma place, la politique que vous mèneriez, conduirait la commune à sa perte».
On doit s’interroger sur une telle fiction polémique. Qu’est-ce qui permet à une majorité d’auto-juger ses propres actions ? Quelle est la portée de telles appréciations ? Qu’est-ce qui lui permet de dévaloriser les effets d’idées minoritaires ? Que signifie une phrase comme « si vous étiez à ma place, la politique que vous mèneriez conduirait la commune à sa perte » ? Nous sommes en présence d’un double abus du pouvoir argumentaire.
ENJEUX. Le « pouvoir municipal en place » d’une ville de 37 000 habitants dispose de moyens importants (administration communale, cabinet, conseillers, avocats, cabinets d’audits extérieurs, service de communication, moyens financiers pour éditer des bulletins municipaux et les distribuer dans toutes les boîtes à lettres, des « journaux du maire » en veux-tu en-voila, des sites Internet…)… tout cela, pour vanter constamment ses mérites et critiquer ses opposants, présents et futurs. « Moi. Moi, je sais. Mois seule, je sais ».
La vérité sur le bien public et sur l’intérêt général (c’est-à-dire sur le contrôle des politiques communales, communautaires, départementales, régionales…) appartient-elle exclusivement au discours du pouvoir et aux majorités ? Ou bien s’établit-elle dans une construction critique, contradictoire et participative, prenant en compte les minorités ? Qui peut soutenir que tous les opposants ont toujours tort ? Que leurs idées sont en permanence, par essence, fausses ? Et donc que le mensonge les inspire.
Porter un regard critique sur la chose publique : c’est à cet exercice citoyen qui relève de la démocratie expérimentale, telle que l’a définie John DEWEY, auquel se sont livrés six conseillers minoritaires (PS et EELV) du conseil municipal de Savigny-sur-Orge. On lira ci-dessous l’audit qu’ils ont effectué sur le budget 2013 de la commune et sur la gestion de Laurence SPICHER-BERNIER (UMP, Parti radical, UDI, CNI…).
Audit du budget de la commune de Savigny-sur-Orge (2008-2013)
Audit du budget de la commune de Savigny-sur-Orge (2008-2013)
RÉFÉRENCES
SEMDANI Chadia, LEOST Jean-Claude, NEDJAR Gisèle, LACOSTE Michel, TERRES Béatrice, DEFRÉMONT Jean-Marc,« Fiscalité, budget, intercommunalité : la majorité municipale accumule mensonges et manipulations pour masquer sa déroute financière», Tract A4 recto verso, sans date (4 juin 2013), 2 p.
La Lettre du Lundi de Mieux Aborder l’Avenir, lundi 3 juin 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013