DÉCODAGE
CONTEXTE. Les nouvelles majorités communales et communautaires issues des élections des 23 et 30 mars 2014 viennent d’être élues. Passée l’euphorie de la victoire électorale, les maires, les municipalités (les adjoints au maire), les présidents d’agglomération et leurs vice-présidents, sont désormais confrontés aux aléas des décisions politiques qu’ils prennent, que ce soit au sein des assemblées délibérantes (conseils municipaux, conseils communautaires), ou bien auprès des électeurs.
ENJEUX. Qu’est-ce qui institue (au sens latin d’ «institutio») les minorités face aux différents pouvoirs majoritaires en place ? Qu’est-ce qui détermine leur action ? Qu’est-ce qui fait qu’une décision d’une majorité est acceptée ou refusée par les minorités ? L’opposition politique (droite/gauche) est-elle la seule qui produise un effet clivant ?
LA FIN DE l’ÉTAT DE GRÂCE MUNICIPAL
Tout s’est passé très vite. 23 mars 2014. 1er tour de l’élection municipale. 30 mars 2014. 2e tour de l’élection municipale. 6 avril 2014. Élection d’Éric MEHLHORN, maire et de sept adjoints au maire. Pas de problème. 16 avril 2014. Fixation du montant des indemnités du maire et des adjoints. Problème. Les trois minorités siégeant au conseil municipal attaquent Éric MEHLHORN, qui décide d’augmenter les indemnités des adjoints au maire de 1 200 € à 2 100 €.
Le journal Le Parisien titre « Savigny-sur-Orge. Tollé après la hausse de 75 % des indemnités d’adjoints ». L’état de grâce aura duré dix jours. (1)

Augmentation des indemnités des élus : + 75 %
Savigny-sur-Orge. Conseil municipal du 16 avril 2014.
Qu’est- ce qui fait consensus? Qu’est-ce qui fait dissensus?
ANALYSE DU TOLLÉ
« CONSENSUS » ET « DISSENSUS »
MONTENT DANS UN BATEAU…
Nous proposons à tous ceux qui aspirent à vivre de façon consciente et responsable l’action politique, de méditer. C’est-à-dire de se retirer dans le silence, d’écouter ce que l’on a au plus profond de sa vie, de ses expériences, de ses aspirations. Deux mots sont au fondement de la « chose publique », deux mots clefs au coeur de toute démocratie authentique, participative et collaborative. Il s’agit des mots « consensus » et « dissensus ».
Que cette méditation – que nous qualifierons de pascale, en ce jour du 18 avril 2014, vendredi saint – soit profitable aux élus des pouvoirs en place et à leurs oppositions. Pour les citoyens. Tous les citoyens. Joyeuses Pâques !
DOCUMENT
Savigny-sur-Orge : tollé après la hausse de 75 % des indemnités d’adjoints
RÉFÉRENCES
1. « Savigny-sur-Orge. Tollé après la hausse de 75 % des indemnités d’adjoints », Le Parisien Essonne matin, 18 avril 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Registre des délibérations du conseil municipal, Séance du 16 avril 2014. (Document non établi à ce jour)
3. COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DU PLATEAU DE SACLAY (CAPS), Conseil communautaire, Séance du 17 avril 2014.
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
UN TRACT « ABSURDE »
D’abord, il y a un tract de Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), maire de Savigny-sur-Orge, candidate à sa réélection. Il est intitulé « La vérité sur les mensonges du PS ». (1) Le titre, étonnant, relève de la figure de style de l’oxymore (que les grecs nomment oxymoron), qui consiste à rassembler deux termes opposés pour exprimer quelque chose d’inconcevable. « La vérité sur un mensonge », c’est comme « Le mensonge sur une vérité », c’est-à-dire, un discours qui rend compte de l’absurde : Laurence SPICHER-BERNIER annonce qu’elle dit la vérité sur des mensonges ! On aura tout vu.
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
« La vérité sur les mensonges du PS »
Élection municipale de Savigny-sur-Orge du 23 mars 2014
Tract distribué le 16 mars 2014, page 1
Sur la page du recto, rien de bien original. « En 2012, François HOLLANDE vous a menti. En 2014, le candidat PS à Savigny Pierre GUYARD vous ment ». Et une accusation : Pierre GUYARD ne pratique pas la démocratie d’une façon honnête ! Suivent quatre « pavés » : le projet pharaonique du parti socialiste de centre culturel, les rythmes scolaires (« La réforme PEILLON, c’est nous qui payons »), les transports en commun (Tram train et ligne du bus 492), les logements sociaux.
RECTO SEUL ou RECTO + VERSO ?
Il est à noter que ce tract est à «géométrie variable». Le dimanche 16 mars, le tract ne comprend que le recto (le verso est blanc). Il faut attendre les jours suivants (le vendredi 21 mars, en l’occurrence) pour disposer d’un exemplaire complet : le tract comprend l’impression d’un recto + un verso. Certains pensent que cette édition en deux temps (16 Mars : la page 1, 21 mars : la page 1 + la page 2) ne relève en aucun cas d’une erreur d’impression, mais d’une mise en scéne. Autant la page 1 est généraliste, autant la page 2 se livre à des attaques personnelles contre Jacques GUYARD et Pierre GUYARD. Dites-nous si nous nous trompons…
Puisque la version complète est connue, un constat s’impose : les choses se gâtent dans le bas de la seconde page.
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
« La vérité sur les mensonges du PS »
Élection municipale de Savigny-sur-Orge du 23 mars 2014
Tract distribué le 21 mars 2014, page 2
UNE DÉNONCIATION INDIGNE CONTRE JACQUES GUYARD
(Le père)
Et oui, vous avez bien lu. Laurence SPICHER-BERNIER attaque Jacques GUYARD, le père de Pierre GUYARD. Une partie de ses propos ne sont pas nouveaux : ils avaient déjà été tenus par Laurence SPICHER-BERNIER sur son compte Facebook le 23 novembre 2013, il y a maintenant quatre mois. Elle écrivait ceci :
Nous avons fait une analyse critique de ces assertions sur ce site. (3) http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/savigny-sur-orge-laurence-spicher-bernier-udi-fait-entrer-pierre-guyard-ps-dans-lhyperpolitique-inter-municipale/
ATTAQUER LA POLITIQUE DU FILS
OU ATTAQUER LA POLITIQUE DU PÈRE ?
Sur la liste UDI/MPF/UPF «Union de la droite républicaine et du centre » conduite à Savigny-sur-Orge par Laurence SPICHER-BERNIER, figure en 12e position Xavier-Roger DUGOIN. (4) C’est l’un des fils de Xavier DUGOIN.
Quel candidat pourrait avoir l’idée de venir reprocher quoi que ce soit au fils concernant son père ? Aucun candidat – à ma connaissance – n’a attaqué le fils Xavier-Roger DUGOIN à propos de son père Xavier DUGOIN. Ce n’est pas le cas de Laurence SPICHER-BERNIER qui elle, attaque Pierre GUYARD à propos de son père Jacques GUYARD. Mais Laurence SPICHER-BERNIER n’en a pas fini.
UNE DÉNONCIATION INDIGNE CONTRE PIERRE GUYARD
(Le fils)
Question. Que pensez-vous de tout cela ?
Bernard MÉRIGOT. Je reprendrai ce qu’a écrit, le 19 mars 2014, Christian SCHOETTL sur son site : « Il ne vous aura peut être pas échappé qu’il y a des élections municipales dimanche. Pour ma part, je n’ai jamais compris la violence qui préside a ce qui devrait une sorte de moment de grâce, cette période où chacun souhaite et se propose pour travailler au bien être de la collectivité.
C’est comme un bon plat que l’on va partager entre amis, chacun donne sa recette, explique comment il va accommoder pour les autres, et puis enfin de compte, collégialement, on confie les fourneaux a l’un ou l’autre, avec le bonheur anticipé de ce que l’on va déguster ensemble.
En fait pour déguster, on déguste ! Et on assiste a un spectacle d’une violence folle, coups bas, ragots, mensonges, toute la lie de l’humanité n’y retrouverait pas ses petits ». (6)
LA CULTURE DE L’INVECTIVE POLITIQUE
Question. Quelle analyse faite-vous dans le cadre de votre recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale ».
Bernard MÉRIGOT. Les réflexions que je poursuis se situent dans la tradition de la démocratie expérimentale du philosophe John DEWEY. Elles consistent :
1. à poser les questions qui anticipent les débats à venir et,
2. à éclairer les réponses susceptibles d’être apportées dans l’espace public.
La France, en ce mois de mars 2014, vit une situation qui est tragiquement attentatoire à la démocratie, avec cette affaire des écoutes téléphoniques des conversations de Nicolas SARKOZY avec son avocat.
Tout le monde sait, depuis des années, qu’il n’y a jamais eu aucun débat citoyen sur cette question. Les pouvoirs en place pensent qu’ils peuvent continuer à prendre des décisions à la petite semaine, de façon autocratique.
Or, la vie de toute communauté humaine est faite de franchissements d’étapes. Chaque étape est un moment de constitution d’un consensus. Que font les politiques ? Ils pratiquent la gouvernance du « saute-mouton ». Ils savent que cela se révèle toujours catastrophique à terme. Qu’importe ! Exemple : un problème nouveau survient. Cela m’embête de prendre une décision Alors, je déclare : « La question ne se pose pas ». Je refuse tout dialogue. Et hop ! Je saute l’étape. Je passe par-dessus. Notre-Dame des Landes et la mise en place des portiques pour l’écotaxe sur les autoroutes en sont des exemples emblématiques.
Ce qu’il faut bien voir, c’est que chaque fois qu’un débat public n’a pas lieu, chaque fois des citoyens sont malmenés : ils souffrent. Alors, par un effet rebond, les élus politiques entrent en polémique contre tout et contre tout le monde, les uns contre les autres. C’est à celui qui accusera, dénoncera, stigmatisera… le mieux. Avec une conséquence : l’augmentation constante du taux d’abstention aux élections municipales.
Élections municipales
Taux d’abstention (Deuxième tour)
Question. Des prévisions pour la journée du 23 mars ?
Bernard MÉRIGOT. « Une France coupée en deux. L’instabilité et les averses se généraliseront dans les terres. Orages sur l’Ile-de-France » (Le Parisien, 22 mars 2014). Mais est-ce qu’il s’agit de la météo ?
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, La vérité sur les mensonges du PS. Ce que la gauche invente pour ces élections municipales, A4, 2 p. Tract distribué dans les boîtes à lettres le 21 mars 2014.
2. SPICHER-BERNIER Laurence, www.facebook.com/laurence.spicherbernier, 23 novembre 2013.
3. MÉRIGOT Bernard, Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI) fait entrer Pierre Guyard (PS) dans l’hyperpolitique inter-municipale Posted on 25 novembre 2013 by Bernard MÉRIGOT Nous savons que la politique en France est une dramatisation de la parole : ceux qui font de la politique pensent que l’hyper, l’outré et l’exagéré leur donnent confiance, et qu’il est de nature à leur attirer la faveur de l’électeur. …
4. « Mobile à parents (2) », Le Canard enchaîné, n°4873, 19 mars 2014, p.4
LASKE Karl, « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires », 13 février 2014, 4 pages, http://www.mediapart.fr.
MÉRIGOT Bernard, « Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier (UDI) et associés », Posted on 23 février 2014 by Bernard MÉRIGOT OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES 2014 Le 31 octobre 2013, un nouveau blog est mis en ligne sur Savigny-sur-Orge. Officiellement, il est consacré à la ville et à ses habitants. Officieusement, ce site loue les actions de Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI, …
5. SPICHER-BERNIER Laurence, La vérité sur les mensonges du PS. Ce que la gauche invente pour ces élections municipales, A4, 2 p. Tract distribué dans les boîtes à lettres le 21 mars 2014.
6. SCHOETTL Christian, « Élections municipales. Il y a de la rumba dans l’air », http://www.christianschoettl.com, 19 mars 2014.
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Le 31 octobre 2013, un nouveau blog est mis en ligne sur Savigny-sur-Orge. Officiellement, il est consacré à la ville et à ses habitants. Officieusement, ce site loue les actions de Laurence SPICHER-BERNIER, maire UDI, puisque tous les articles la concerne en bien. L’auteur de ce blog se nomme Xavier Roger DUGOIN. (1)
Hiver 2013-2014, Laurence SPICHER-BERNIER lance son matériel de campagne, tracts et site internet. Son slogan : « Savigny avance. Aujourd’hui et demain. Continuons ensemble ».
Le 30 janvier 2014, Jean-Philippe DUGOIN, maire UDI de Mennecy, adresse une lettre à ses administrés afin de présenter sa candidature aux prochaines municipales. Son slogan : « Mennecy avance. Ensemble continuons ! ». (2)
Le 1er février 2014, la maire sortante et candidate à sa réélection, Laurence SPICHER-BERNIER (UDI), inaugure sa permanence de campagne dans un local proche de celui de l’UMP. La cérémonie se déroule en présence de Vincent DELAHAYE, sénateur maire de Massy (à gauche sur les photographies), et de Xavier DUGOIN, président du SIARCE (au centre et à droite sur les photographies). (3)
Inauguration du local de campagne de Laurence SPICHER-BERNIER (UDI)
le 1er février 2014. htpp://www.laurencespicherbernier2014.fr
Le 13 février 2014, Karl LASKE, journaliste à Médiapart.fr, publie un article intitulé : « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires ». (4)
Article de Karl LASKE, http://www.mediapart.fr, page 1
2014-02-13 Article de Médiapart.fr pdf
Quel est le proverbe déjà ? … A suivre.
COMMENTAIRE du 11 mars 2014
COMMENTAIRE du 19 mars 2014
« Mobile à parents (2)
Ex-patron du département et maire de Mennecy (Essonne) dès 1989, Xavier Dugoin a dû lacher ses mandats en 2001. Un court séjour à l’ombre pour avoir piqué de bonnes bouteilles dans les caves du conseil général.
En 2008, il reconquiert la mairie, et en janvier 2011, il passe la main à son fils, Jean-Philippe. Lequel se représente avec, comme colistier, en 10e position, son père, évidemment.
Non loin de là, à Savigny-sur-Orge, un autre fils de Xavier, prénommé Xavier-Roger, se présente. A Echarcon, sa fille Marie-Christine, épouse Cloix, est candidate. Si le tir groupé fait mouche, Jean-Philippe pourrait devenir président de la communauté de communes. Et papa, Xavier continuer d’exercer ses fonctions de président du syndicat des eaux.
C’est moins nocif que le pinard… »
« Mobile à parents (2) », Le Canard enchaîné, n°4873, 19 mars 2014, p.4
RÉFÉRENCES
1. Http://www.savignyblog.over-blog.com.
2. DUGOIN-CLÉMENT Jean-Philippe, « Mennecy avance. Ensemble continuons », 30 janvier 2014, 2 p.
3. Http://www.laurencespicherbernier2014.fr, 1er février 2014.
4. LASKE Karl, « Marchés truqués en Essonne : Xavier Dugoin, un revenant aux affaires », 13 février 2014, 4 pages, http://www.mediapart.fr.
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Le philosophe John DEWEY a écrit des phrases fortes sur la démocratie. « Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (1)
Des faits viennent régulièrement illustrer, malheureusement, le bien-fondé de la dénonciation des atteintes portées à la démocratie. Comme ce nouvel exemple de déni à la liberté de réunion dans la commune de Savigny-sur-Orge (Essonne), ce 10 février 2014. Cette affaire n’est pas anodine. C’est pourquoi, pour en suivre les différentes étapes, nous allons en « faire un film » dont le philosophe John DEWEY est l’inspirateur. Vous en trouverez ci-dessous le synopsis.
Pierre GUYARD, « Annulé »
Tract sur la réunion publique du 10 février 2014 (2)
LA LIBERTÉ DE RÉUNION N’EST PAS ASSURÉE A SAVIGNY-SUR-ORGE
(Le film)
Scénario à partir d’une idée originale du philosophe John DEWEY
Principaux personnages :
• Première séquence. La demande de prêt d’une salle communale
Au début du mois de janvier 2014, Pierre GUYARD adresse à Laurence SPICHER-BERNIER, maire (UDI) de Savigny-sur-Orge, une demande de prêt de salle municipale pour y tenir des réunions électorales, notamment dans la semaine n° 7 (du lundi 10 au samedi 16 février). Le premier tour a lieu dans la semaine n° 12 (le dimanche 23 mars), soit cinq semaines plus tard. D’autres candidats disposent de salles de réunion à l’année (Jean ESTIVILL) ou, ponctuellement, de façon régulière (David FABRE).
Il est évident que tout refus opposé à Pierre GUYARD, et à sa liste, constitue une atteinte portée au principe d’égalité dont jouit l’ensemble des candidats.
• Deuxième séquence. Le refus de prêt de salle communale
Aucune salle n’est accordée par Laurence SPICHER-BERNIER à Pierre GUYARD dans la semaine n° 12.
• Troisième séquence. Location d’une salle privée
Pierre GUYARD loue la salle du café Les deux drapeaux (2 avenue de Fromenteau, 91600 SAVIGNY-SUR-ORGE) pour y tenir une réunion sur la santé le lundi 10 février 2014, à 20 heures 30.
• Quatrième séquence. L’annonce de la réunion publique
Pierre GUYARD annonce, par un tract, sa réunion publique. Un médecin d’un centre de santé du 94, Fabien COHEN, est invité.
Pierre GUYARD
Tract sur la réunion publique sur la santé
10 février 2014, p.1 (3)
Pierre GUYARD
Tract sur la réunion publique sur la santé
10 février 2014, p.2 (3)
La réunion est annoncée sur le site de campagne « http://www.guyard2014.fr ».
• Cinquième séquence. Pressions de la mairie sur la propriétaire de la salle
La mairie fait pression sur la propriétaire du café afin qu’elle revienne sur le prêt de sa salle. Le jour même de la réunion, le lundi 10 février en fin de matinée, la Savinienne fait savoir qu’elle annule la location de la salle pour le soir à 20 heures 30.
• Sixième séquence. Deuxième tract
Pierre GUYARD édite le jour même, 10 février 2014, un tract intitulé « Annulé » dont le texte est le suivant :
Pierre GUYARD, candidat aux élections municipales
privé de salle pour tenir sa réunion publique le 10 février 2014
• Septième séquence. Le soir du lundi 10 février 2014 (scènes de nuit)
20 heures. Le café est fermé. Sur le jardin public faisant face aux Deux drapeaux, au carrefour de la rue de Champagne et de l’avenue de Fromenteau, le candidat Pierre GUYARD et les citoyens privés de salle se rassemblent autour d’une table de camping. Ils partagent café et gâteaux.
20 heures 45. Un véhicule arrive de l’avenue de Fromenteau. Il s’arrête à hauteur de cet attroupement inhabituel. A bord, Éric MEHLHORN, conseiller général UMP, ancien adjoint au maire, conseiller municipal. Le candidat Pierre GUYARD le renseigne sur les pressions exercées sur la propriétaire du café.
21 heures. Un véhicule de la police nationale s’arrête. Trois agents descendent. Ils s’enquièrent du motif de l’attroupement. Pierre GUYARD les informe. Les policiers rendent compte aux autorités.
• Huitième séquence. La dispersion (scène de nuit)
21 heures 15. Pierre GUYARD, ses colistiers, les conseillers municipaux de la minorité, les citoyens qui se sont déplacés quittent le square.
La réunion n’a pas pu avoir lieu. La démocratie a été bafouée.
• Neuvième séquence. Pierre GUYARD dénonce « Savigny-sur-Orge, un far west » (4)
On lira son texte « FACE AU DÉNI DE DÉMOCRATIE : ENSEMBLE RÉSISTONS !», ci-dessous, en «Document n°2».
• CLAP DE FIN
DOCUMENT n°1
DOCUMENT n°2
1. DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/
2. GUYARD Pierre, « Annulé », Réunion publique sur la santé, lundi 10 février 2014, 1 p.
3. GUYARD Pierre, Réunion publique sur la santé, lundi 10 février 2014, 2 p.
4. GUYARD Pierre, « Face au deni de démocratie : ensemble résistons ! », http://www.guyard2014.fr, 11 février 2014.
En langage familier, un far west est une zone de non droit, une zone où règne la loi du plus fort.
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Bernard MÉRIGOT
LA PISCINE COMMUNALE DE SAVIGNY-SUR-ORGE
Laurence SPICHER-BERNIER. « La piscine est un équipement social. Ça coûte nettement moins cher qu’un stade ou qu’un foyer-logement ».
LE RECRUTEMENT DES FUTURS EMPLOYÉS DE LA PISCINE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je vais exiger que la priorité des emplois revienne aux Saviniens. »
LE MONDE POLITIQUE
Laurence SPICHER-BERNIER. « Le monde politique est particulièrement difficile de manière générale. »
LES PLAINTES DE LAURENCE SPICHER-BERNIER
CONTRE LES CONSEILLERS MUNICIPAUX
Le Parisien Essonne-matin : « Vous avez récemment décidé de retirer les nombreuses plaintes que vous avez engagées ces dernières années à l’encontre de vos opposants. Pourquoi ? ». Laurence SPICHER-BERNIER : « Ce serait très mal venu de gaspiller son énergie à vouloir régler des comptes aujourd’hui complètement dépassés ».
JE T’AIME MOI NON PLUS
Laurence SPICHER-BERNIER (UDI) et Éric MEHLORN (UMP)
Laurence SPICHER-BERNIER. « Sur le rassemblement, je suis toujours sur l’idée d’une union avec Monsieur MEHLHORN ».
LES JOUEURS DE BASE-BALL
Laurence SPICHER-BERNIER. « Je n’ai pas changé mon fusil d’épaule. »
LE CINÉMA EXCELSIOR
Laurence SPICHER-BERNIER. « Nous sommes toujours dans l’optique de récupérer ce cinéma. »
LA NOTORIÉTÉ ET LA COMMUNICATION POLITIQUE
EN QUESTION
Laurence SPICHER-BERNIER. Ma candidature aux élections législatives de 2012 : « C’était surtout pour moi une campagne de notoriété, et aussi apprendre comment communiquer. »
UNE DERNIÈRE CITATION POUR LA ROUTE
Le philosophe John DEWEY a écrit : « Tout obstacle à une communication libre et complète dresse des barrières qui séparent les individus en cercles et en cliques, en sectes et en factions antagonistes, et mine par le fait même le mode de vie démocratique ».
« Les lois garantissant les libertés civiles telles la liberté de conscience, la liberté d’expression ou la liberté de réunion ne sont guère utiles si, dans la vie courante, la liberté de communiquer, la circulation des idées, des faits, des expériences sont étouffées par le soupçon mutuel, par l’injure, par la peur et la haine. Ces choses détruisent la condition essentielle du mode de vie démocratique avec encore plus de sûreté que la coercition pure. » (5)
RÉFÉRENCES
1. SPICHER-BERNIER Laurence, « Municipales. La mise au point de la maire de Savigny-sur-Orge. Controversée, Laurence Spicher-Bernier (UDI) doit faire face à de multiples divisions dans sa ville. Pour la première fois, elle s’explique sur tous les dossiers qui fâchent », Le Parisien Essonne matin, 11 février 2014. Article de Cédric Saint-Denis.
2. « Précision. Une erreur s’est malencontreusement glissée dans l’article paru dans nos colonnes vendredi intitulé : « A Savigny, maire et opposants retournent au tribunal ». Laurence Spicher-Bernier, maire (UDI) de la ville, n’a pas été condamnée, le 6 septembre 2011, à 18 mois de prison avec sursis pour escroquerie en fausse qualité de juriste et exercice illégal de la profession d’avocat mais à 8 mois avec sursis.», Le Parisien Essonne matin, 14 janvier 2014.
3. RESPUBLICA ET HARRIS INTERACTIVE, Baromètre de la concertation et de la décision publique 2013, janvier 2013, 2e édition, 4 p. Enquête réalisée du 25 juillet au 1er août et du 8 au 15 août 2012. Présentation par Gilles-Laurent Rayssac et Marie-Catherine Bernard, avec les interventions de Jean-Daniel Lévy, Directeur du département politique et opinion à Harris Interactive, Robert Herrmann, Premier adjoint au Maire de Strasbourg en charge de la démocratie locale et Philippe Bilger, Président de l’Institut de la Parole, magistrat honoraire, Paris, Le Cloître, 24 janvier 2013.
4. RABHI Pierre, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, 2010, 144 p.
5. DEWEY John, « La démocratie créatrice. La tâche qui nous attend », Horizons philosophiques, vol. 5, n° 2,1997. Traduction de Sylvie Chaput.
DEWEY John, « Creative Democracy. The Task before Us » in Later Works (1925-1953) (vol. 14), édité par Jo Ann Boydston, Southern Illinois University Press, Carbondale, 1977. Le texte original est reproduit dans l’article « Les actes qui trahissent la vie démocratique (John Dewey) », http://www.savigny-avenir.info, 31 mars 2013. http://www.savigny-avenir.fr/2013/03/31/les-actes-qui-trahissent-la-vie-democratique-john-dewey/
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RETOUR VERS LE FUTUR
Cette lettre, étrangement, porte comme lieu et date « Savigny-sur-Orge, le 5 septembre 2013 » ? Comment une lettre datée du jeudi 5 septembre 2013 peut-elle être diffusée deux jours avant, le mardi 3 septembre 2013 ? Incompréhensible erreur ou subtile machination de Laurence SPICHER-BERNIER ? Qui sait ?
(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Cette lettre répond à la lettre en date du 19 août 2013 que Jean-Michel ZAMPARUTTI avait remise au maire de Savigny-sur-Orge, en la faisant enregistrer au secrétariat général. (2)
CHRONOLOGIE
19 août 2013
Lettre de Jean-Michel ZAMPARUTTI à Laurence SPICHER-BERNIER.
29 août 2013
« Jean-Michel Zamparutti, 5e adjoint claque la porte », http://www.91600.eu.
30 août 2013
PERREUX Emmanuel, « Un maire adjoint UMP de Savigny sur la liste de David Fabre », www.essonneinfo.fr
3 septembre 2013
Conférence de presse de Jean-Michel ZAMPARUTTI.
3 septembre 2013
Diffusion aux conseillers municipaux d’une copie de la lettre de Laurence SPICHER-BERNIER à Jean-Michel ZAMPARUTTI datée du 5 septembre 2013.
RÉFÉRENCES
1. ZAMPARUTTI Jean-Michel, « Lettre au maire de Savigny-sur-Orge en date du 19 août 2013 », 1 page.
2. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Lettre de Laurence SPICHER-BERNIER, maire, à Jean-Michel ZAMPARUTTI, 5e adjoint, en date du jeudi 5 septembre 2013, 2 p. « Cabinet du maire, N/Ref :CAB/MB/558 ». Une copie de cette lettre a été diffusée auprès des membres du conseil municipal dans l’après-midi du mardi 3 septembre 2013. Il s’agit donc d’une lettre postdatée, portant la date du 5 septembre 2013, signée deux jours avant, le 3 septembre, et distribuée le jour même.
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BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
« Faut-il tromper le peuple pour son bien ? » Jonathan SWIFT (1667-1745) pose la question dans son pamphlet L’Art politique du mensonge (1). Nous la reprendrons ici sous la forme voisine : « Faut-il tromper les électeurs pour leur bien ? »
Le mensonge en politique est un art qui consiste à « faire croire au peuple des faussetés salutaires ». Art délicat qui obéit selon Jean-Jacques COURTINE (2) à cinq principes :
LA LOIS DU MENTIR-VRAI
Les lois du « mentir-vrai » sont une question qui traverse la réflexion politique depuis La République de PLATON et Le Prince de MACHIAVEL. La question centrale demeure celle-ci : Faut-il cacher la vérité au peuple pour son bien ou le tromper pour son salut ? Dans chacun des cas, la vérité est battue.
LES TROIS CONTREFAÇONS POLITIQUES
Il existe une typologie qui comprend trois contrefaçons politiques :
L’art du mensonge est l’art complexe du glissement, du détournement, de la manipulation. Il occupe un «juste milieu», usant d’une technique subtile de dosage : les mensonges politiques sont toujours fabriqués avec des faits partiellement vrais, incomplets, utilisés hors contexte. C’est pourquoi ils parviennent à tromper si facilement.
RÉFÉRENCES
1. SWIFT Jonathan, L’Art du mensonge politique, Jérôme Millon éditeur, 1993, p. Le texte a été publié en 1733.
2. COURTINE Jean Jacques, « Le mentir vrai », Préface à L’Art du mensonge politique de Jonathan SWIFT, Jérôme Millon éditeur, 1993. Jean-Jacques COURTINE est professeur d’anthropologie à la Sorbonne-Paris III.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°51, lundi 5 août 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
« AVERTISSEMENT. Les déclarations et les votes, notamment au conseil municipal, sous le signe du groupe Savigny-Égalité ou Gauche républicaine n’engagent nullement le Front de gauche de Savigny. Nous ne saurions être l’objet d’aucune récupération. »
(Cliquer sur le texte pour l’agrandir)
RÉFÉRENCES
FRONT DE GAUCHE SAVIGNY, « Avec le Front de gauche, Savigny, Place au Peuple, L’alternative à l’austérité, c’est possible », Tract A4 recto verso, Sans date. Distribué dans les boîtes à lettres de la commune le 28 mai 2013.
COMMENTAIRE DU 15 juin 2013
Les responsables du Front de gauche de Savigny-sur-Orge, Louisette DA SILVA, Dominic LEBRUN et Michel GALIN, viennent d’adresser une lettre en date du 11 juin 2013 qui confirment leur désaveux à l’égard de Jean ESTIVILL, de ses déclarations et de ses votes.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
Il existe un « comportement politique extrême » (CPE) des élus politiques. Comment le caractériser ? Emmanuel TONIUTTI, responsable d’International Ethics Consulting Group (IECG) relève trois critères : l’arrogance, la provocation, le cynisme.
1. L’arrogance (du latin arrogans) est « l’orgueil qui se manifeste par des manières hautaines et méprisantes ». Ceux qui ont recours à l’arrogance requièrent une chose auquel il n’ont pas droit.
Du point de vue éthique, l’orgueil est un vice. Il consiste pour un individu, un homme ou une femme, à croire :
En philosophie, l’orgueil est le chemin qui conduit à la démesure. Il s’agit d’un comportement qui ne prend pas en compte la réalité des choses mais seulement la satisfaction de l’intérêt personnel immédiat. L’arrogant est un glouton qui ne partage pas, et qui se moque du regard que les autres peuvent poser sur lui.
2. La provocation (du latin provocatio), est un défi, « un acte par lequel certains poussent quelqu’un à commettre une action répréhensible » (2). Lorsqu’un individu (le provocateur ou la provocatrice) provoque une autre personne (le provoqué), le premièr amène naturellement le second à avoir une réaction violente. La provocation est un « art de la guerre » : elle vise à ce que l’adversaire (le provoqué) se dévoile. C’est aussi un « art de la communication » : son objectif est d’attirer les regards sur soi. Le provocateur, après avoir commis son acte, s’exclame : « Vous êtes témoin de ce qu’il me répondu ? Vous avez vu ce qu’il a fait… ? ».
3. Le cynisme (du grec kunysmos) est l’attitude qui « pousse à exprimer sans ménagement des principes contraires à la morale » (3). En philosophie, les cyniques (V-IVème siècles avant notre ère) méprisaient les conventions sociales et affichaient leur indépendance d’esprit. Ce sont des excentriques qui aiment la mise en scène. Ils savent pervertir les apparences. Il peuvent ainsi développer un « art du jeu » qui provoque une confusion qui sert leurs intérêts.
Avec Emmanuel TONIUTTI, on peut se poser la question : Peut-on exercer aujourd’hui le pouvoir sans être arrogant, provocateur ou cynique ? Ceux qui exercent le « dur métier du pouvoir » – comme ils disent – ne cessent de se plaindre. Ils exercent « une mission ». Ils se croient tout permis. Ils rendent les autres esclaves de leur propre puissance. Ils ont la prétention de savoir distinguer, en toute circonstance, le bien du mal. Pour un peu, ils feraient le travail de Dieu. A moins qu’ils ne se prennent pour Dieu.
RÉFÉRENCES
TONIUTTI Emmanuel, « Culture d’entreprise : quelles valeurs promouvoir demain ? », IECG, www.iecgtoniutti.wordpress.com, 8 mars 2013.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder L’Avenir, lundi 20 mai 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
« Pas de petits fours ni de discours de bonne année pour la veuve de Jean Marsaudon. Geneviève Marsaudon, l’épouse de l’ancien député-maire UMP de Savigny-sur-Orge, décédé il y a deux ans, a été privée de cérémonie de voeux, samedi soir. Elle s’est vu refuser l’entrée dans le complexe sportif où Laurence SPICHER-BERNIER, la nouvelle maire UMP, avait réuni près de 1 500 invités. Un incident qui « scandalise » de nombreux habitants. » (1)
Après le premier épisode : « Je fais tous les jours l’éloge de Jean MARSAUDON »,
vous avez aimé le second épisode : « Je mets sa veuve à la porte de la Mairie »,
vous aimerez le troisième épisode : « Je laisse sa veuve à la porte du COSOM ».
Trois films avec, en vedette, Laurence SPICHER-BERNIER !
QUESTIONS
PEUT-ON JUSTIFIER L’INJUSTIFIABLE ?
Comment le pouvoir municipal, représenté par son maire Laurence SPICHER-BERNIER, justifie-t-il cette décision d’interdiction ? Nous avons la réponse dans l’article du journal « Le Parisien » qui relate les propos du cabinet du maire de Savigny-sur-Orge. Rappelons que le cabinet du maire d’une ville de 37 000 habitants comme Savigny-sur-Orge est un organe du pouvoir politique local. Placé sous son autorité directe, il exprime la pensée du maire. Il justifie les décisions du maire. Donc, selon le maire, la cérémonie des voeux du conseil municipal est « une cérémonie privée ». Il ajoute « Madame MARSAUDON n’était pas invitée. C’est la femme de l’ancien maire, mais elle n’a aucune activité politique sur la commune. Elle n’aurait pas dû tenter d’entrer. »
Que pensez-vous de ces propos ?
Comme on dit, le cabinet du maire en rajoute une couche dans le domaine de l’incompétence et du mépris des règles. Reprenons.
« Une cérémonie privée » ? Faux. Les voeux du conseil municipal sont une cérémonie publique. Elle se déroule dans une salle municipale. Elle est organisée par le personnel de la mairie. Tous les frais (installation par le personnel de la mairie, décoration, sonorisation, boissons, nourriture… ) sont entièrement payés par le budget communal. En l’absence de ventilation du budget communal présenté au conseil municipal, on estime que l’ensemble du coût de cette cérémonie publique s’élève, au moins, aux environs de 40 000 euros TTC : coût du personnel communal pour l’installation (dont une partie en heures supplémentaires), décoration, plantes vertes, prestataire pour la sonorisation et l’éclairage, boissons, nourriture… Dire que c’est une cérémonie privée relève soit de l’incompétence, soit du mensonge. Il suffit de se reporter au texte de l’invitation (2).
« Madame MARSAUDON n’était pas invitée ». Quels aveux ! Ce n’est pas une erreur. C’est une décision prise sciemment et assumée.
« Elle n’a aucune activité politique sur le commune ». A bon, parce que pour être invité aux voeux, il faut avoir une activité politique sur la commune ? Quelle sorte d’activité politique ? A l’UMP ? A l’association des amis du maire ?
« Elle n’aurait pas dû tenter d’entrer ». Il faut obéir, même à un ordre inique. On n’a pas le droit de résister, de s’indigner. Conseillons au cabinet de madame le maire et à celle-ci la lecture de l’opuscule Indignez-vous de Stéphane HESSEL (Indigène Editions, 2010) (3).
Étiez-vous présent à la cérémonie publique des voeux du conseil municipal de Savigny-sur-Orge ?
Non. Je l’ai volontairement boycottée.
Le fait que Laurence SPICHER-BERNER, maire de Savigny-sur-Orge, ait donné l’ordre à la police municipale d’interdire l’entrée au COSOM à Geneviève MARSAUDON vous étonne-t-il ?
Cela ne m’étonne pas. Ce n’est pas nouveau, en d’autres lieux et d’autres manifestations, je l’ai vécu personnellement. Geneviève MARSAUDON également lors d’une certaine assemblée générale, mais elle avait alors une sorte de devoir de réserve. Ce n’est donc pas la première fois que Laurence SPICHER-BERNIER pratique de la sorte. L’exclusion et l’ostracisme sont des pratiques habituelles chez elle, chez les élus qui la soutiennent, chez ses amis. Ce procédé me choque profondément.
Mais cela se passe-t-il ailleurs de la même façon ?
Vendredi 7 janvier 2011, à 19 H 30, j’étais aux voeux organisés par Gabriel AMARD, président la communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne (Viry-Châtillon + Grigny = 50 000 habitants), à la patinoire de Viry-Châtillon, sur le bord de la « Nationale 7 ». D’abord, il est toujours intéressant de voir un équipement auquel les habitants d’une commune limitrophe, en intercommunalité, ont accès… et auxquels, les habitants de Savigny-sur-Orge n’ont pas droit en tant que membre d’une intercommunalité, la municipalité ayant refusé de s’inscrire dans un projet intercommunal autre que ceux des syndicats intercommunaux. J’avais en son temps respecté la décision de Jean MARSAUDON.
Ensuite, la cérémonie des voeux s’est déroulée de façon tout à fait détendue. Personne n’a été mis à la porte! Ayant siégé longtemps dans plusieurs syndicats intercommunaux, j’y ai retrouvé plusieurs collègues, élus de droite, de gauche et du centre et d’ailleurs, un maire, un conseiller général, un ancien conseiller municipal de Savigny-sur-Orge, des habitants de Savigny-sur-Orge (très inquiets sur ce qui se passe dans notre commune)… Gabriel AMARD a fait un discours très politique dans la ligne de son parti, Le Front de Gauche dont le président est Jean-Luc MELENCHON. Je n’ai pas les mêmes idées politiques que Gabriel AMARD. Et alors ? Cela ne nous empêche pas de nous saluer et d’avoir parfois des convergences d’opinion sur certains sujets d’intérêt général et sur certaines questions locales.
Pensez-vous que les personnalités politiques du département invitées, et présentes à ces voeux, ont été au courant avant ou pendant cette cérémonie ?
J’espère pour elles que non. J’espère que Xavier DUGOIN, président du Comité du Souvenir Jean MARSAUDON (et dont Geneviève MARSAUDON est membre du conseil d’administration), ne l’a su qu’après… J’ose croire que le conseiller général de Savigny-sur-Orge, Eric MEHLHORN, dont la carrière politique doit tout à Jean MARSAUDON, ne l’a su qu’après cette cérémonie. Aux mots qu’elle emploit dans l’article du Parisien, je pense que la députée de la 7e circonscription, Françoise BRIAND (et dont Geneviève MARSAUDON est membre du conseil d’administration de son club politique), ne l’a su qu’après… Il en est de même pour tous les élus présents de Savigny comme d’ailleurs comme par exemple Jérôme BERANGER, conseiller municpal d’opposition de Viry-Châtillon, dont le blog laudateur pour la maire de Savigny-sur-Orge et le site de l’UMP de Viry présentent la photo de Jean MARSAUDON en page d’accueil, ou, se réfèrent à sa mémoire. Dans le cas contraire, ces personnalités politiques auraient cautionné quelquechose d’inacceptable en participant à une mascarade organisée par madame le maire et les élus de son « camp », qui étaient au courant de l’ostracisme frappant Geneviève MARSAUDON à en lire une remarque de l’un d’entre eux sur la page Facebook d’un élu de Montgerron indigné. Le discours de Laurence SPICHER-BERNIER a duré près d’une heure trente, avec en litanie, de constantes références à Jean MARSAUDON (alors que sa veuve était à la porte), et ce devant 1 500 personnes, selon l’article du Parisien, devant une salle remplie d’amis de Laurence et surtout des fonctionnaires municipaux invités au complet alors que la municipalité organise une deuxième cérémonie pour eux.
INTERPRÉTER L’INTERDICTION D’ENTRER
Comment comprendre l’acte d’ « interdire d’entrer » ?
C’est un interdit de type « policier », un interdit qui met en jeu la parole publique (des policiers municipaux), la menace, la force physique… Il est à ranger après les interdits majeurs des sociétés décrits par les siences humaines et les sciences sociales (on pense, par exemple, à l’interdit de l’inceste). En tout cas, c’est un acte symptomatique qui doit être interprété.
Il présente un aspect enfantin. C’est comme la petite fille qui ne laisse pas son frère – ou un petit camarade – entrer dans sa chambre parce qu’elle ne veut pas qu’il touche à ses poupées. C’est comme si on était en présence d’un souvenir traumatique venant de l’enfance. Que peut craindre Laurence SPICHER-BERNIER de la présence de la veuve de l’ancien maire ? Elle a visiblement peur de quelquechose. Que Geneviève MARSAUDON dise quelque chose ? Que Geneviève MARSAUDON fasse quelque chose ? Mais toute la vie sociale et toute la vie publique sont à la merci de ce genre d’interrogations à l’égard de l’autre. C’est la peur de l’altérité. On ne sait pas ce que les autres vont dire, vont faire… C’est tout simplement du ressort de leur liberté. Rappelons-nous la question que pose René CHAR, « Comment vivre sans inconnu devant soi ? » (Le poème pulvérisé, 1945-1947). Vivre, c’est assumer cette incertitude générale. Et pour cela, il faut être en paix avec soi-même.
Alors, pourquoi cet interdit ?
Laurence SPICHER-BERNIER agit-elle pour elle-même ? Ou agit-elle contre l’autre ? Il s’agit de faire comprendre le « j’ai le pouvoir de t’empêcher d’entrer », « mes policiers municipaux obéissent à mes ordres ». Ou encore contre les autres « vous voyez, je fais ce que je veux », «j’ai le pouvoir d’empêcher d’entrer ceux qui ne me plaisent pas ». Ce n’est pas « face book » (le livre des visages) c’est « face door » (la porte des visages) : celle dont le visage ne me revient pas, reste à la porte !
Symboliquement, c’est « barrer la route », « on ne passe pas ». Comment ne pas faire un lien avec le « casse-toi pauvre con » de Nicolas SARKOSY ? Mais, dans ce cas, on est dans une situation conflictuelle exprimée. Le président de la république l’adresse en retour à une personne physique qu’il a en face de lui et qui l’a interpellé.
Maintenant, quels effets cette interdiction produit-elle ?
Interdire, c’est discriminer. C’est monter la différence qu’il y a entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors.
Interdire, c’est exclure. C’est « circulez, il n’y a rien à voir », « je ne veux pas vous voir », « rentrez chez vous ».
Interdire, c’est diviser.
Discrimination, exclusion, division : nous sommes au coeur de la stratégie du maire de Savigny-sur-Orge depuis qu’elle exerce ses fonctions.
Une rhétorique politique de dénigrement systématique émanant du pouvoir détruit le respect indispensable à la vie démocratique. Comme le constate Marion JUST, professeur de sciences politique au Wellesley College, « A force de considérer ses adversaires comme des cibles, et de multiplier les attaques « ad hominem », on peut donner le sentiment (…) qu’il est légitime de s’en prendre à un élu politique ». En l’occurrence à la veuve d’un élu politique (4).
RÉFÉRENCES
1. « Savigny-sur-Orge. La veuve de Jean MARSAUDON interdite de voeux », Le Parisien Essonne-Matin, 10 janvier 2011.
2. Texte du carton d’invitation : « Madame Laurence Spicher-Bernier, maire de Savigny-sur-Orge et le conseil municipal sont heureux de vous présenter leurs meilleurs voeux pour l’année 2011 et vous prient de bien vouloir assister à la réception qu’ils donneront à cette occasion samedi 8 janvier 2011 à 19 heures 30. Centre sportif Pierre-de-Coubertin, avenue de l’Armée Leclerc »
3. HESSEL Stéphane, Indignez-vous, Indigène Éditions, 2010.
4. JUST Marion, Libération, 10 janvier 2011. Marion Just est professeur de sciences politiques à Wellesley College, Massachusetts, USA.