Le transport des marchandises (le fret) doit-il se faire en France sur de longues distances par la route, ou bien par la voie ferrée ? Dispose-t-on des infrastructures nécessaires ? Mais passer d’un mode de transport à un autre ne constitue-t-il pas un transfert de nuisances ?
Il faut revenir à ce qui constitue le fondement et l’esprit d’une enquête publique concernant les équipements structurant l’espace public. Celle-ci ne constitue ni une simple formalité, sans portée, ni une concession du pouvoir à l’égard des citoyens. Le philosophe John DEWEY définit l’enquête («inquire») comme « une transformation contrôlée et dirigée qui opère une conversion d’une situation originelle dont l’attribut principal est l’indétermination, en une situation finale marquée par l’unification et la cohérence ». Elle comporte quatre étapes : 1. la situation indéterminée constituée par l’antécédent de l’enquête, 2. l’institution du problème, 3. la détermination de la solution au problème, 4. le raisonnement, 5. l’expérimentation.
Les enquêtes publiques sont-elles des dispositifs démocratiques d’apparence, ou bien des modes d’élaboration des décisions publiques qui permettent d’aboutir véritablement à des solutions « uniformes et cohérentes » évoqué par John DEWEY ?
Autoroute ferroviaireEntre le 23 juin 2014 et le 23 juillet 2014, une enquête publique a eu lieu, faisant suite à une première enquête publique qui a eu lieu du 5 mai 2014 au 5 juin 2014. Elle soumet aux citoyens le projet d’une autoroute ferroviaire Atlantique (AFA) d’une longueur de 1 050 kilomètres, entre Dourges (Pas-de-Calais) et Tarnos (Landes), traversant la région parisienne par la ligne du RER C pour 2016. A terme, l’Espagne sera reliée à la Belgique.
Un contrat de concession entre l’État et VIIA Atlantique, filiale de la SNCF, a été signé le 20 mars 2014. En faisant transporter l’équivalent de 60 semi-remorques par train (sur l’AFA seules les semi-remorques sont embarquées, pas les chauffeurs et les tracteurs), les convois atteindraient plus de 1 km de long en 2019, une première en France. En principe, quatre trains dans chaque sens assureraient une navette quotidienne.
LES RAISONS DE L’AVIS DÉFAVORABLE
Quatre associations (Ile-de-France Environnement, Essonne Nature Environnement, Portes de l’Essonne Environnement, Culture Arts Découverte) ont coécrit et cosigné un avis commun. Celui-ci été adressé par lettre recommandée avec accusé de réception au Commissaire-enquêteur en préfecture du Pas-de-Calais, siège de la commission, le 22 juillet 2014 et enregistré le 23 juillet 2014. Il est en ligne sur le site du registre électronique de la préfecture. (2 et 3)
DOCUMENT
Autoroute ferroviaire AtlantiqueLE TEXTE DE L’AVIS DÉFAVORABLE
RÉFÉRENCES
1. PRÉFECTURE DU PAS-DE-CALAIS, Enquête publique relative à l’autoroute ferroviaire atlantique (AFA), Préfecture du Pas-de-Calais, 23 juin 2014 / 23 juillet 2014. Le dossier d’enquête publique est consultable sur le site www.viia.fr ainsi que sur le site www.pas-de-calais.gouv.fr.
2. ILE-DE-FRANCE ENVIRONNEMENT (IDFE), ESSONNE NATURE ENVIRONNEMENT (ENE), CULTURE, ARTS, DÉCOUVERTE (CAD), PORTES DE L’ESSONNE PEE, « Avis de sur l’enquête publique relative à l’autoroute ferroviaire atlantique (AFA) », Lettre recommandée avec accusé de réception en date du 21 juillet 2014 adressée au Commissaire enquêteur. Document en pdf : 2014-07-21 Avis AFA EP2 IDFE-ENE-CAD-PEE definitif.
3. Registre électronique d’observations de l’enquête publique 23 juin 2014 / 23 juillet 2014. Le pdf est sur le site internet www.pas-de-calais.gouv.fr : Observations au 23 juillet. Voir pages 93-97.
ARTICLES EN LIGNE
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http://www.portes-essonne-environnement.fr
http://www.ene91.fr/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°102, lundi 28 juillet 2014
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ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Le Groupe de Recherche sur le Marais Breton Vendéen a pour mission de développer toutes recherche portant sur la région du marais qui s’étend sur 24 communes situées au Nord du département de la Vendée, en bordure de l’océan atlantique.
Les 24 communes du marais Breton-vendéenLA MISE EN LIGNE DES ARCHIVES ACTUALISÉES
Les archives actualisées du Groupe de recherche sur le Marais Breton Vendéen et de Culture Arts Découverte sont mises en ligne progressivement sur le site http://www.savigny-avenir.info dans le cadre du programme « Éditorialisation des territoires ». On trouvera ci-dessous les références des premiers articles récemment publiés.
NB. Ils ont tous indexés dans les catégories « Groupe de Recherche sur le Marais Breton Vendéen » et « Culture Arts Découverte ».
Le logo « historique » de Culture Arts Découverte (CAD), 1980Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
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S’interroger sur le territoire d’une commune revient à questionner les correspondances qui existent entre deux entités :
Comment expliquer les inégalités présentes qui existent entre des communes limitrophes, qu’elles soient patrimoniales, paysagères, écologiques, urbanistiques, ou encore en matière d’équipements locaux, sinon en prenant en compte l’histoire des dynamiques urbaines spécifiques que chacune a connu ? Ce sont elles qui ont déterminé les conditions de vie actuelle de ses habitants. Et c’est à partir d’elles que se construit leur devenir. Comment ? Nous proposons d’y répondre en appliquant la méthodologie SWOT.
Panneau exposé lors de la présentation publique d’un Plan local d’urbanisme (PLU).Le mot « SWOT » est un acronyme anglais qui signifie :
La traduction littérale est en français FFOM.
Plusieurs traductions se sont développées comme AFOM :
ou bien MOFF :
L’analyse
SWOT (Strengths/ Weaknesses/ Opportunitie/ Threats), ou
AFOM (Atouts/ Faiblesses/ Opportunités/ Menaces), ou encore
MOFF (Menaces / Opportunités / Forces / Faiblesses)
est un outil d’analyse stratégique qui combine :
afin d’aider à la définition d’une stratégie de développement. (1)
Le but de l’analyse est :
La méthodologie SWOT (analyse et matrice) est utilisée par de nombreux analystes (consultants, aménageurs, urbanistes, économistes, financiers…). Elle sert à analyser, diagnostiquer, décrire :
Elle résume les éléments à prendre en compte pour prendre une « bonne décision ».
LE TABLEAU SWOT
Un tableau SWOT comprend un total de 4 cases (2 cases au niveau 2, et 2 cases au niveau 1).
Cases du 2e niveau :
– La case de gauche S recueille la liste des éléments ayant une incidence positive ou favorable sur l’objet étudié
– La case de droite W recueille la liste des éléments ayant une incidence négative ou défavorable sur l’objet étudié.
Case du 1er niveau
– La case de gauche O recueille la liste des éléments dits « internes », c’est-à-dire faisant partie de l’objet étudié, donc réputés pouvant être pilotés ou régulés.
– La case de droite T recueille la liste des éléments dits « externes », c’est-à-dire se situant hors de l’objet étudié (dans son environnement), donc réputés représenter une véritable contrainte d’ordre externe, c’est-à-dire, a priori, non maîtrisable.
Au croisement des colonnes et des lignes sont donc situées 4 cases destinées à recevoir l’information pertinente.
Un bon exemple de grille d’analyse SWOT concernant le diagnostic du Plan local d’urbanisme (PLU ) de la commune de Savigny-sur-Orge (37 000 habitants) a été publié sous la direction de Sylvie MONNIOTTE par les éditions Culture Arts Découverte / CAD en 2012 (2).
ÉLABORATION DU DIAGNOSTIC
DU PLAN D’URBANISME DE SAVIGNY-SUR-ORGE
Observations et propositions
Janvier 2012
Analyse SWOT pour l’élaboration du diagnostic du Plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Savigny-sur-Orge, Observations et propositions établies sous la direction de Sylvie MONNIOTTE, Culture Arts Découverte / CAD Éditeur, 2012, 42 p. + annexes. Dépôt légal mars 2012. ISBN 979-10-91106-00-9.RÉFÉRENCES
1. COMMISSION EUROPÉENNE (EUROPEAN COMMISSION), L’Analyse SWOT, 2001.
2. JEUNE CHAMBRE ÉCONOMIQUE FRANCAISE (JCI), Guide méthodologique pour une analyse du territoire, 30 janvier 2011, 48 pages.
3. MONNIOTTE Sylvie (sous la direction de), Contribution de l’association Élan-Savigny Environnement à l’élaboration du diagnostic du plan local d’urbanisme de Savigny-sur-Orge, Observations et propositions, Savigny-sur-Orge, Culture Arts Découverte Éditeur (CAD), 2012, 42 p. + annexes. Dépôt légal mars 2012. ISBN 979-10-91106-00-9.
L’analyse SWOT sur le projet de PLU de la commune de Savigny-sur-Orge figure en page 15.
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Mémoire en images : Savigny-sur-Orge (2005)Jean MARSAUDON (1) a rédigé deux préfaces différentes aux deux éditions successives du livre «Mémoire en images : Savigny-sur-Orge» publiées en 2005 et en 2008. Le texte ci-dessous est celui de la première préface de 2005 (2). Seuls les intertitres ont été ajoutés.
PRÉFACE
Qu’est-ce qu’une carte postale ? C’est d’abord, un objet ancien, daté, un petit morceau de bristol d’environ 10 centimètres sur 15 centimètres sur lequel figurent le plus souvent sur le verso une photographie, accompagnée parfois d’une légende, et sur le recto un espace de correspondance, l’adresse du destinataire et un timbre postal affranchi.
UN OBJET LOCALISÉ
C’est ensuite un objet actuel, localisé, une image singulière qui provoque un effet immédiat de reconnaissance d’un lieu qui nous est familier. Cette image nous interpelle parce qu’elle concerne la ville où nous habitons, où nous vivons, où nous travaillons, la ville dont nous parcourons les rues pour nos diverses activités, pour nous rendre dans ses commerces, pour aller à l’école, au collège, au lycée, pour prendre le train à la gare.
LA CARTE POSTALE PARLE DU PRÉSENT ET DU PASSÉ
La carte postale nous parle à la fois du présent et du passé. En la regardant, on identifie ce qui demeure inchangé. On reconnaît l’église Saint-Martin, le château du maréchal Davout. On constate la transformation ou la disparition d’une maison, d’un commerce. On mesure l’évolution de notre ville et de son urbanisation. Des champs sont devenus des lotissements, des pavillons se sont transformés en immeubles, des équipements publics ont été construits.
LES HABITANTS SAISIS DANS LEURS ACTIVITÉS QUOTIDIENNES
En ce début du XXe siècle, le photographe de cartes postales saisit les habitants de Savigny-sur-Orge dans leurs activités quotidiennes : le paysan sur sa charrette à cheval, les élèves de l’école Ferdinand-Buisson avenue de la Gare, les premiers communiants sortant du presbytère de l’église Saint-Martin, les clients du café L’Ami Gaston et ceux du restaurant Le Grand Panorama, des terrassiers au travail, des blanchisseuses sur les bords de l’Orge… Le passage du photographe ne passe pas inaperçu : l’épicière et le patron du café sortent sur le pas de leur porte, les clients et les passants s’arrêtent et prennent la pose.
On estime que la commune de Savigny-sur-Orge a fait l’objet d’environ 1 200 cartes postales dont les prises de vue ont été réalisées entre 1890 et 2000. Il convient de saluer l’initiative du groupe qui s’est constitué et qui a entrepris ce travail de collecte. Nos remerciements vont, en particulier, à Sylvie MONNIOTTE qui a mené à bien la finalisation de l’édition de ce livre, rédigeant les légendes et les notices historiques.
DEUX MÉMOIRES POUR MIEUX ABORDER L’AVENIR
L’historien Raoul GIRARDET fait la remarque suivante : « Il existe une mémoire officialisée, codifiée, pérennisée : celle d’une démarche historique reconnue dans sa spécificité méthodologique qui étend sa curiosité jusqu’aux premiers pas de l’aventure humaine. Mais il existe aussi une mémoire d’une plus courte durée, parcellisée, individualisée : celle du souvenir personnel, d’une réalité momentanément vécue et dont l’image et le récit se trouvent retransmis de génération en génération ».
Par cette publication, ces deux mémoires se trouvent réunies. D’une part, la mémoire de l’histoire globale, reconstituée, intellectualisée, interprétée. D’autre part, la mémoire de l’histoire locale, partielle, héritée, riche d’un passé vécu, personnel, familial. Leur rencontre constitue des repères précieux pour mieux aborder l’avenir.
Jean Marsaudon
député-maire de Savigny-sur-Orge »
RÉFÉRENCES
1. Jean MARSAUDON, député-maire de Savigny-sur-Orge (1947-2008).
2. GROUPE D’ÉTUDE SUR L’HISTOIRE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2005, 180 p. Préface de Jean MARSAUDON, p. 7. Quatrième de couverture de Bernard MÉRIGOT, p. 130. ISBN 2-84910-340-3.
Première édition : septembre 2005. Deuxième édition : 1er trimestre 2008
Groupe d’étude sur l’histoire de Savigny-sur-Orge : Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT.
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Le Chemin de fer de Paris à Orléans (1843-2005)LE TRAIN DE LA VIE
Le train, avec son mode de traction électrique, est un moyen de transport d’actualité : il apporte des réponses durables aux questions aussi diverses que celles de l’augmentation du coût des carburants automobiles, de la pollution causée par les gaz d’échappement (gaz carbonique, oxyde d’azote, particules des moteurs diesel…), de la diminution des rejets contribuant à l’effet de serre, de la saturation des accès routiers et autoroutiers des villes, des difficultés généralisées de stationnement, du temps perdu chaque jour dans les bouchons par un nombre toujours croissant d’automobilistes et de chauffeurs de poids lourds, etc.
Les usagers de la gare SNCF de Savigny-sur-Orge qui empruntent la ligne du RER-C pour se rendre à Paris ont suivi les évolutions récentes : la construction de la gare souterraine d’Austerlitz (1971), la prolongation au-delà de la station Quai d’Orsay vers Invalides (1979), l’ouverture de la station Bibliothèque François Mitterrand (1998), l’augmentation du nombre de dessertes, l’évolution des rames de voyageurs…
Depuis plus d’un siècle, les lignes de chemin de fer font partie des grands équipements publics modernes. Ce sont des éléments structurants du paysage des communes qu’elles traversent. Il est intéressant de savoir comment l’État, au nom de l’intérêt collectif, a exproprié les terrains privés, quel rôle ont joué les communes, comment les grands ouvrages ont été réalisés. Ces débats sont toujours actuels, comme on a pu le constater en 1990 avec le projet de la SNCF de passage de 4 à 6 voix entre Juvisy-sur-Orge et Brétigny-sur-Orge, ou bien avec le projet de construction d’une ligne nouvelle dite “tangentielle” en Essonne.
Le chemin de fer suit le chemin de la vie, la vie des individus comme la vie des collectivités. Ces derniers sont porteurs de multiples interrogations : régularité du trafic, sécurité des voyageurs, construction de nouvelles infrastructures, défense des riverains, effets de la mise en concurrence européenne de la SNCF, etc.
L’histoire du chemin de fer n’est pas figée, elle continue à s’écrire.
Bernard MÉRIGOT
RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, « Le Chemin de fer de Paris à Orléans (1843-2005). Journées européennes du patrimoine 2005. Exposition. Conférences », La Mémoire de Savigny-sur-Orge, n°10, 2005, 8 p. Texte complet en pdf : SSO Memoire 2005 n 10
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Saint-Gilles-Croix-de-Vie a été le siège d’un important programme de conférences, de publications et de recherches durant les années 1988-1991. La « Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie » et le « Groupe de Recherches sur la Marais Breton Vendéen », ont organisé un total de plus de trente conférences publiques qui se sont déroulées salle Hippolyte Chauvière, au rez-de-chaussé, puis à côté, salle de la Paix, au premier étage, à Saint-Gilles.
Bernard LERAT, Thérèse KLEINDIENSTLes travaux initiés, par Bernard LERAT, Thérèse KLEINDIENST et Bernard MÉRIGOT ont rassemblé des conférenciers prestigieux, auteurs de livres et d’articles. C’est ainsi qu’ont été accueillis Roger DUPUIS (sur les guerres de Vendée), Yves DURAND (sur l’histoire des « pays » au XVIIIe et au XIXe siècle), Jacques DUPÂQUIER (sur le bilan démographique des Guerres de Vendée), Loïc du ROSTU (sur l’histoire maritime), l’abbé BLAIZEAU (sur les protestants, sur la Bretagne celtique et chrétienne, sur les Chevaliers de Malte, sur le Père LEBRET et Économie et humanisme…), l’abbé Louis BLANCHET (sur les polders de Noirmoutier), Bernard MÉRIGOT (sur les écrivains régionalistes Jean YOLE, sur Ferdinand DUVIARD, sur Marc ELDER, sur la participation de la Vendée au Centre régional lors de l’Exposition de 1937) …
Thèrèse KLEINDIENST lors de sa conférence organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et le Groupe de recherche sur le Marais breton vendéen, le mercredi 14 septembre 1988, salle Hyppolyte Chauvière, Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée). ©Photographie Bernard Mérigot / GRMBV.
On lira ci-dessous les programmes de ces quatre années.
Les conférences de la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Les conférences de la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Les conférences de la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Jean Yole et ses émules. Des « écrivains régionalistes ? »RÉFÉRENCES
http://www.savigny-avenir.fr/essai/groupe-de-recherche-sur-le-marais-breton-vendeen-grmbv/
http://www.savigny-avenir.fr/essai/groupe-de-recherche-sur-le-marais-breton-vendeen-grmbv/
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Ce sont ces questions que le recteur Yves DURAND, professeur d’histoire à la Sorbonne, a traité au cours de la conférence qu’il a donnée le 9 août 1990 sur « Vivre au Pays dans l’Ouest de la France au XVIIIe siècle et au XIXe siècle », à l’invitation de la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et du Groupe de recherche sur le marais Breton-Vendéen.
Bernard MÉRIGOT

LE POIDS DU PASSÉ
Comment vit-on en France à la veille de la Révolution ? Les habitants du Bas-Poitou (qui deviendront les Vendéens à partir de 1793) sont en très grande partie des ruraux vivant dans une France de 30 000 000 d’habitants. Comme tous les Français, ils naissent, se marient et meurent au même endroit. Leur espace de connaissance correspond à un territoire qui est un peu plus vaste que la paroisse. C’est ce que l’on appelle un « pays », une sorte de micro-région dont la taille est variable et qui correspond à un ou plusieurs cantons actuels.
Pour se représenter les cadres de la vie de la société traditionnelle, il faut imaginer des paysages différents de ceux d’aujourd’hui, alors que les chemins creux du bocage ont disparu et que des routes traversent les marais. Au XVIIIe et encore au XIXe siècle la perception de l’espace n’est pas géométrique comme aujourd’hui. Celle-ci dépend du temps de déplacement d’un point à un autre, essentiellement à pied, et plus rarement à cheval. Les ponts sont rares et on ne peut franchir les cours d’eau qu’à gué ou grâce à un passeur en barque. Une rivière en crue devient un obstacle infranchissable.
Vivre au pays au XVIIIe siècle.IMBRICATIONS ET CHEVAUCHEMENTS DE TERRITOIRES
Les Vendéens du XVIIIe siècle vivent dans des cadres administratifs qui se superposent : Parlement (Cour de justice), Généralité (Finances), Gouvernement (Armée), Évêché… Les paysans connaissent d’une façon globale l’imbrication et les chevauchements de toutes ces juridictions. Mais par-delà leur complexité, ce qu’ils vivent au quotidien, c’est le partage d’une même identité territoriale. Le « pays » est défini en 1771 par le Dictionnaire de TREVOUX, publié en 1771, de la façon suivante : « patrie, lieu où l’on est né ».
Au XVIIIe siècle, les deux tiers des Français parlent patois. Le français de Versailles est une langue minoritaire. Comme le souligne Yves DURAND : « Se sentir du pays, c’est savoir les lieux-dits, le nom de ceux qui les habitent, connaître la généalogie des différentes familles, de la famille du seigneur, savoir le nom local des objets, des unités de mesure, des costumes, de l’habitat, du mobilier, des usages locaux ».

LES PAYS ET SES RACINES
Yves DURAND insiste sur le rôle rempli par les subdélégués des intendants. Ils étaient établis au XVIIIe siècle à Challans, aux Sables-d’Olonne, à La Chataigneraie, à Pouzauges, à Fontenay-le-Comte, à Luçon… Leur territoire constituait une unité administrative relativement proche de celle des «pays». Ils ont fait partie des dispositifs qui ont contribué à créer des unités de connaissance et de reconnaissance, au sein desquelles se sont développées aussi bien les stratégies des différents pouvoirs en place, que les stratégies individuelles et collectives développées par à l’égard du pouvoir.
LA PATRIE EST UNE AMITIÉ
De nombreuses questions furent posées au professeur Yves DURAND. Est-ce que l’Europe des régions amènera la disparition progressive des pays alors que ni la centralisation progressive des pays, ni celle du Premier Empire n’ont réussi à supprimer ?
L’historien constate que les hommes ne peuvent pas vivre sans racines. Le cadre normal de la vie collective a toujours été, durant des siècles, le «pays». Yves DURAND conclut : « Les sentiments d’identité que le «pays» développe chez les hommes sont la meilleure garantie contre tous les totalitarismes, quels qu’ils soient. Parce que se retrouver au pays, c’est lutter contre les germes de mort de la société éclatée, c’est redécouvrir que la patrie est avant tout une amitié ».
Bernard MÉRIGOT
Après la conférence, le professeur Yves DURAND a dédicacé son livre Vivre au « pays » édité aux Presses universitaires de France.

RÉFÉRENCES
DURAND Yves, Vivre au pays au XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Essai sur la notion de pays dans l’Ouest de la France, PUF, 1981, 340 p. Préface de Pierre CHAUNU.
MÉRIGOT Bernard, « Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Vivre au Pays au XVIIIe siècle », Vendée matin, 9 août 1990.
Annonce de la conférence d’Yves DURAND, ancien recteur, professeur d’histoire à la Sorbonne organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, « Qu’est-ce qu’un « pays » dans l’Ouest de la France au XVIIIe et au XIXe siècle ? », jeudi 9 août 1990, Salle de la Paix, 85300 SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE.
MÉRIGOT Bernard, « Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Les Racines du futur. Conférence du recteur Yves Durand, professeur d’histoire à la Sorbonne ? Vivre au Pays au XVIIIe siècle et au XIXe siècle», Vendée matin, 21 août 1990.
Compte rendu de la conférence d’Yves DURAND, ancien recteur, professeur d’histoire à la Sorbonne organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, « Qu’est-ce qu’un « pays » dans l’Ouest de la France au XVIIIe et au XIXe siècle ? », jeudi 9 août 1990, Salle de la Paix, 85300 SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE.

Yves Durand (1932-2004), professeur d’histoire moderne à la Sorbonne-Université de Paris IV, recteur de l’Académie de Rouen et d’Aix-en-Provence, ancien conseiller pour l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche auprès du premier ministre Jacques Chirac (1986-1988).
NB. Il ne doit pas être confondu avec son homonyme Yves Durand (1929 – ), professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans.
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L’oeuvre de Ferdinand DUVIARD (1899-1965), qui fut professeur de Lettres au Lycée de La-Roche-sur-Yon, se compose de romans, d’études littéraires, d’anthologies poétiques, d’articles… Il manifesta un attachement particulier à la Vendée et au port de Croix-de-Vie, aujourd’hui commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Ferdinand DUVIARD (1899-1965)Entre les deux guerres, de 1918 à 1939, le littoral français en général, et le littoral vendéen en particulier, est touché par l’arrivée saisonnière de personnages jusqu’alors inconnus : les «baigneurs» (qui deviendront des «estivants», puis des «vacanciers»). Ils habitent durant l’été «les chalets de la côte». Chaque année, une nouvelle communauté humaine se mêle aux habitants. Elle arrive, demeure, puis repart. Ses membres ont leur mode de vie, leur langage, leurs rites…
Deux romans majeurs de Ferdinand DUVIARD, Les Cotillons barrés (1928) et Les Sauvagesses (1932) témoignent de ce phénomène : un nouveau regard est porté sur le monde local, sur les lieux et sur les hommes et les femmes qui y vivent de façon continue.
Saint-Gilles-sur-VieFerdinand DUVIARD s’intéresse successivement à deux «lieux» singuliers : les salles de bal, ou encore selon l’expression qu’il emploie, «les dansoirs». D’un part, «le casino des marins», en planches, où marins et sardinières – les ouvrières des usines de conserve – se retrouvent pour danser (valse, polka, scottish, maraîchine, fox-trot…) – au son du piano mécanique. D’autre part, le «casino» des vacanciers, de 5 à 7 et de 9 à minuit dansent (fox-trot, ta,go, boston, valse, blues, slow-fox…) au son d’un petit orchestre.
Croix-de-VieIl porte un regard sur deux mondes qui se mêlent. Ceux qui fréquentent ces deux casinos y viennent à la fois pour voir et pour être vus. Par-delà les stratégies d’approche, les couples qui se font et qui se défont, les séductions et les malentendus, Ferdinand DUVIARD nous donne à voir – et à entendre – le dévoilement des différences : différences des groupes, différences des générations.
Bernard MÉRIGOT

RÉFÉRENCES
MÉRIGOT Bernard,« Avec Ferdinand Duviard (1899-1965) : images de Croix-de-Vie dans les années 1930 », conférence organisée par la Société des Amis de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et le Groupe de Recherche sur le Marais Breton Vendéen, jeudi 16 août 1990, Salle de la Paix, rue de la Paix, 85300 SAINT GILLES CROIX DE VIE, 21 h.
DUVIARD Ferdinand, Les Cotillons barrés, Paris, Bibliothèque Charpentier Eugène Fasquelle Éditeur, 1928, 188 p.
DUVIARD Ferdinand, Les Cotillons barrés, Olonne-sur-Mer, Le Cercle d’Or, (36) + 188p. Préface de Dominique DUVIARD, non paginé (15 p.).
DUVIARD Ferdinand, Le Lycée sentimental, Paris, 1933, Éditions Montaigne, 224 p.
DUVIARD Ferdinand, Les Sauvagesses, Roman, Paris, Éditions Montaigne, 223 p.
DUVIARD Ferdinand, La Fille au cotillon barré, Pièce en 4 actes. Paris, (1942), Albert Messein Éditeur, p. Illustrations de Henry SIMON. 86 p. Illustrations de Henry SIMON.
Sur le site http://www.savigny-avenir.info : extrait de l’Anthologie des poètes français XVIe et XVIe siècle de Ferdinand DUVIARD http://www.savigny-avenir.fr/2011/02/25/france-est-francais-sont/
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La Mission du Patrimoine ethnologique du ministère de la Culture vient de publier son Répertoire de l’ethnologie de la France 1990. Le Groupe de recherche sur le marais breton-vendéen y est répertorié sous le numéro OR-85-009, à la page 297. (1)
RÉFÉRENCES
MINISTÈRE DE LA CULTURE, Direction du Patrimoine, Répertoire de l’ethnologie de la France 1990, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 408 p. ISBN 2-751-0381-1
La fiche du Groupe de recherche sur le marais breton vendéen est à la page 297.
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Roger DUPUY,Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
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