Nous avons interrogé Bernard MÉRIGOT, consultant et expert en administration locale, qui a eu à connaître une affaire similaire lorsque Laurence SPICHER-BERNIER, maire (UMP, Parti radical, CNI, UDI…) de Savigny-sur-Orge de 2008 à 2014, a poursuivi six membres du conseil municipal en 2011 (en 1ère instance au Tribunal administratif de Versailles), puis en 2012 (en appel à la Cour administrative d’Appel), puis en 2013/2014 (en cassation au Conseil d’État).
UN DÉTOURNEMENT DE LA LOI
Question. Comment un maire, au lendemain des élections municipales ayant installé des élus pour un mandat de six ans (2014-2020), peut-il en arriver à demander à la justice administrative d’invalider des mandats conférés à ces élus par le suffrage universel dont il est lui même le produit ?
Bernard MÉRIGOT. A l’évidence, il y a une intention d’éliminer des opposants. Elle s’appuie sur un détournement de la loi. L’article L.2121-5 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) est très clair. A propos du « refus de remplir des fonctions dévolues par la loi », il est mentionné de façon explicite que celui-ci doit relever « d’une abstention persistante après avertissement de l’autorité chargée de la convocation ». Or, dans les poursuites engagées par Georges TRON contre les trois conseillers municipaux, et à ma connaissance, il n’existe aucune « abstention persistante ». Et encore moins d’« avertissement de l’autorité chargée de la convocation ».
« Les faits »INFANTILISATION ET DÉMESURE
Question. Quel sentiment vous inspire ce type de procédure ?
Bernard MÉRIGOT. J’ai le sentiment d’assister à une infantilisation de l’espace public. La jurisprudence établit qu’une démission d’office prononcée à l’encontre d’un élu, peut l’être s’il à été absent « sans excuse valable ». On se croirait à l’école. Et on en tire une conséquence qui est démesurée. C’est comme si un élève était absent une journée « sans excuse valable » et qu’on ait la prétention de l’exclure de l’école de façon définitive !
Question. Que s’est-il passé à Savigny-sur-Orge ?
Bernard MÉRIGOT. En avril 2011, Laurence SPICHER-BERNIER a demandée au Tribunal administratif de Versailles de prononcer la démission d’office de six membres du conseil municipal en application de l’article L.2121-5 du CGCT. Il s’agissait d’une opération concertée visant à éliminer six opposants. Il s’agissait d’Éric MEHLHORN, 3e adjoint au maire, conseiller général du canton de Savigny-Ouest, Anne-Marie GÉRARD, 6e adjointe au maire, Daniel GUETTO, 10e adjoint au maire, Marie-France BELLIARD, conseillère municipale, Joëlle EUGÈNE, conseillère municipale, Bernard MÉRIGOT, conseiller municipal, maire adjoint honoraire, ancien 1er adjoint au maire. (2)
Question. Quel était le prétexte ?
Bernard MÉRIGOT. Laurence SPICHER-BERNIER s’est servie des élections cantonales du 20 mars 2011 (1er tour) et du 27 mars 2011 (2e tour) pour lesquelles quatre bureaux de Savigny-sur-Orge étaient concernés dans le cadre du canton de « Juvisy-sur-Orge / Savigny-sur-Orge Est ». Elle a désigné autoritairement, sans la moindre concertation (ni courrier, ni mail, ni appel téléphonique) et sans s’assurer de leur disponibilité : des adjoints au maire (Éric MEHLHORN, Anne-Marie GÉRARD, Daniel GUETTO) pour remplir les fonctions de présidents suppléants, des conseillers municipaux (Marie-France BELLIARD, Joëlle EUGÈNE, Bernard MÉRIGOT) pour remplir les fonctions d’assesseurs ou d’assesseurs suppléants.
Question. A quoi cela a-t-il abouti ?
Bernard MÉRIGOT. A beaucoup de temps perdu et beaucoup d’argent dépensé par la commune en honoraires d’avocat… et par les intéressés pour se défendre d’accusations infondées. A Savigny-sur-Orge, Laurence SPICHER-BERNIER a été déboutée en première instance (Tribunal administratif de Versailles). Elle a été déboutée en appel (Cour administrative d’appel de Versailles).
RÉFÉRENCES
1. Affaires de Draveil (2014)
BLANCHETIER Philippe, Requête aux fins de démission d’office pour Monsieur Georges TRON, maire de la commune de Draveil, domicilié en cette qualité à l’Hôtel de Ville, 3 avenue de Villiers, 91211 Draveil, ayant pour avocat Maître Philippe BLANCHETIER (…) demandeur, contre Monsieur Philippe BRUN, conseiller municipal (…), Monsieur Jean-Marc PASQUET, conseilller municipal, Monsieur Philippe OLIVIER, conseiller municipal, défendeurs, Tribunal administratif de Versailles, 12 juin 2014, 13 pages + 11 productions. Audience jeudi 3 juillet 2014, 11 heures 30.
TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE VERSAILLES, 1ère Chambre (56, Avenue de Saint Cloud, 78011 VERSAILLES), Commune de Draveil contre Philippe BRUN, Jean-Marc PASQUET, Philippe OLIVIER, Audience publique du jeudi 3 juillet 2014, 11 heures 30.
La composition de la 1ère Chambre est la suivante : Président de chambre : Elydia FERNANDEZ, Conseillers : Philippe MALAGIES et Samira HAMDI, Rapporteur public : Alexandre LOMBARD, Greffier de chambre : Delphine PARAY, Adjoint au greffier de chambre : Stéphanie PAULIN, Agent de greffe : Charlotte LAFORGE. Source http://www.versailles.tribunal-administratif.fr/
2. Affaires de Savigny-sur-Orge (2011-2014)
Savigny-sur-Orge. Laurence Spicher-Bernier et l’intrumentalisation de la justice Posted on 3 juillet 2014 by Bernard MÉRIGOT Le Parisien Essonne-matin, dans son édition du 3 juillet 2014, rappelle les échecs judiciaires de Laurence SPICHER-BERNIER devant les tribunaux. « En 2011, Laurence Spicher-Bernier (UDI), alors maire de Savigny-sur-Orge, (de 2008 à 2014) avait lancé une procédure identique à l’encontre … Posted in Conseil municipal, Contentieux administratif, Gouvenance municipale, Intrumentalisation de la justice, Laurence Spicher-Bernier, Maires (Pouvoirs des), Minorité municipale, Procédure judiciaire abusive
DOCUMENT du 3 juillet 2014
« Draveil, Georges Tron (UMP) demande la démission de trois opposants
COMMENTAIRE DU 3 juillet 2014
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
Comment peut-on assister à une réunion qui se tient le mardi 18 mars à 18 heures lorsqu’on reçoit la convocation par courrier postal le jour même ? C’est la question que s’est posée Bernard MÉRIGOT (SE), conseiller municipal de Savigny-sur-Orge, lorsqu’il a reçu la lettre du maire de la commune, Laurence SPICHER-BERNIER (UDI).
Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge
Organisation de l’élection des conseillers municipaux du 23 mars 2014
Lettre parvenue le mardi 18 mars 2014…
pour la réunion du 18 mars 2014.
Question. Vous êtes maire-adjoint honoraire, ancien 1er adjoint, et actuellement conseiller municipal. Vous avez présidé des bureaux de vote de façon continue de 1983 à 2009. Que se passe t-il pour l’élection des conseillers municipaux du 23 mars 2014 ?
Bernard MÉRIGOT. J’ai reçu le mardi 18 mars 2014 une lettre de Laurence SPICHER-BERNIER, maire de Savigny-sur-Orge, m’invitant à une réunion d’information sur les bureaux de vote des élections municipales et communautaires qui ont lieu les 23 et 30 mars 2014, une réunion qui avait lieu le même jour que la réception du courrier, mardi 18 mars à 18 heures, en mairie. C’est ce que l’on appelle le délai « J = 0 » !
Ce courrier, signé le vendredi 14 mars, a été posté le jour même (date de l’affranchissement postal apposé sur l’enveloppe). Il n’a pas été distribué le samedi 15 mars, ni bien évidemment le dimanche 16 mars, ni le lundi 17 mars… mais le mardi 18 mars.
Question. Pourquoi un délai d’envoi aussi court ?
Bernard MÉRIGOT. La date des élections a été fixée par un arrêté du 26 septembre 2013 – il y a presque six mois ! – et le maire attend le dernier moment pour former les bureaux de vote. Comment ne pas penser qu’il s’agit d’un acte délibéré à l’égard des conseillers municipaux de l’opposition. J’en veux pour preuve le fait que l’envoi postal n’a pas été affranchi au tarif urgent, mais au tarif « Écopli » (0,56 €), et ce, non pas pour faire des économies, mais afin qu’il mette davantage de temps pour être distribué ! Ce fait est habituel. Il a déjà été dénoncé.
http://www.savigny-avenir.fr/2012/11/12/savigny-sur-orge-un-conseiller-municipal-recoit-une-convocation-du-maire-le-jour-de-la-reunion/
Question. N’y avait-il pas un autre moyen pour vous prévenir ?
Bernard MÉRIGOT. Le courrier aurait pu être porté à domicile par un agent de la commune (qui en compte 680). On aurait pu me téléphoner. Ou bien m’envoyer un mail. Rien n’a été fait.
Question. Que contenait d’autre ce courrier ?
Bernard MÉRIGOT. Laurence SPICHER-BERNIER m’informait – sans me consulter auparavant – qu’elle me désignait « pour assurer la fonction de président », sans m’indiquer de quel bureau !
Question. Serez-vous présent ?
Bernard MÉRIGOT. Je ne peux malheureusement pas assurer cette fonction. Je lui ai adressé une lettre recommandée avec accusé de réception pour l’en informer.
Question. Quel est votre sentiment ?
Bernard MÉRIGOT. Celui d’un immense mépris à l’égard des conseillers municipaux minoritaires. Le respect, l’usage du téléphone et du mail, régleraient bien des problèmes pour le plus grand bien de la démocratie.
DOCUMENT
RÉFÉRENCES
MÉRIGOT Bernard « Savigny-sur-Orge. Un conseiller municipal reçoit une convocation du maire le jour de la réunion ! », Posted on 12 novembre 2012 by Bernard MÉRIGOT RECETTE POUR LES MAIRES QUI NE VEULENT PAS QUE LES CONSEILLERS MUNICIPAUX D’OPPOSITION ASSISTENT AUX COMMISSIONS MUNICIPALES 1. Prenez une feuille de papier blanc A4, du 80 grammes. Inscrivez la date (en l’occurrence le jeudi 8 novembre 2012). 2. Inscrivez …
http://www.savigny-avenir.fr/2012/11/12/savigny-sur-orge-un-conseiller-municipal-recoit-une-convocation-du-maire-le-jour-de-la-reunion/
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014