Cet appel est lancé le dimanche 23 mars 2014, à 10 heures du matin, alors que le premier tour de l’élection municipale se déroule.
Pour la première fois, les électeurs sont appelés à voter, par un même bulletin, pour élire à la fois des conseillers municipaux et des conseillers communautaires.
Tous les candidats ont élaboré un programme électoral communal. Peu nombreux sont ceux qui ont élaboré un programme communautaire véritable.
Au lendemain des élections, les conseils municipaux éliront leur maire et leurs adjoints au maire.
Les conseils communautaires éliront leur président et leurs vice-présidents.
Les acteurs et les observateurs des collectivités territoriales relèvent le fort déficit démocratique des communautés.
Des élus constatent : « L’élection des élus intercommunaux représente un léger progrès mais reste illisible pour la population en l’absence d’un projet intercommunal ». Il vont jusqu’à dénoncer le fonctionnement des conseils communautaires « fondés sur le consensus, le compromis, voire la compromission, qui tient le citoyen complètement à l’écart, ce qui explique les dérives financières des budgets communautaires » (1)
Des sociologues s’interrogent : « Le fléchage des conseillers communautaires à l’occasion des municipales permet-il d’intéresser les citoyens à l’intercommunalité ? » Pour eux, l’évolution du scrutin se révèle « tellement compliquée que personne n’a assuré sa médiatisation, ni les associations d’élus locaux, ni les représentants du gouvernement ». Ils concluent : « Il y a eu un jeu de défausse déplorable. L’objectif de ce palliatif au suffrage universel direct est de réduire le déficit démocratique et d’assurer la transparence des intercommunalités. Il est à l’évidence loin d’être atteint ». (2)
A l’heure où la démocratie de quartier devient une revendication généralisée, il est temps que la démocratie participative devienne enfin intercommunale.
Les pratiques publiques des collectivités locales doivent être à la hauteur des attentes citoyennes.
Pour notre part, nous engageons un programme de recherche-action sur les bonnes pratiques de démocratie communautaire.
Faites-nous part de vos attentes, de vos initiatives, de vos expériences, de vos déceptions.
Nous vous tiendrons informés sur ce site.
Le 3e tour des élections municipales doit inaugurer le contrôle citoyen sur les établissements publics de coopération intercommunale.
Bernard MÉRIGOT
contact@mieuxaborderlavenir.fr
RÉFÉRENCES
QUI SOMMES-NOUS ?
MIEUX ABORDER L’AVENIR
Recherche-action « Territoires et démocratie numérique locale »
COMMENTAIRE du 10 avril 2014
Jean-Louis BERLAND
Intervention lors du Conseil communautaire du Val d’Orge du 9 avril 2014
UNE NOUVELLE GOUVERNANCE
DES CONSEILS COMMUNAUTAIRES
contact@mieuxaborderlavenir.fr
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2014
DÉCODAGE
CONTEXTE. La commune de Savigny-sur-Orge (37 259 habitants) ne compte que 6 627 emplois. Elle souffre d’un grave manque d’emplois par rapport aux autres communes moins peuplées de la communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne (CALPE) qui totalise 30 679 emplois pour 102 000 habitants.
ENJEUX. Quelle politique communale volontaire peut être conduite pour remédier à une situation qui porte préjudice aux équipements et aux services offerts aux habitants ?
UN ÉCART DE 59 % à 17 % !
Le rapport Total des emplois/Nombre d’habitants, pour l’année 2010, est le suivant :
Total pour les cinq communes de la communauté d’agglomération :
L’ÉVOLUTION 1982-2010
Savigny-sur-Orge
2010
Total emplois : 6 627
Sphère non présentielle : 1 238
Sphère présentielle : 5 390
1999
Total emplois : 6 239
Sphère non présentielle : 1 329
Sphère présentielle : 4 910
1990
Total emplois : 5 696
Sphère non présentielle : 964
Sphère présentielle : 4 732
1982
Total d’emplois : 5 232
Sphère non présentielle : 836
Sphère présentielle : 4 396
L’EMPLOI PRÉSENTIEL / NON-PRÉSENTIEL.
La partition de l’économie en deux sphères, présentielle et non-présentielle, permet d’établir les logiques de spatialisation des activités et de mettre en évidence le degré d’ouverture des systèmes productifs locaux. Elle fournit une grille d’analyse des processus d’externalisation et des mutations économiques à l’œuvre dans les territoires.
Question. Comment ouvrir ce que l’INSEE appelle « les systèmes productifs locaux » dans la commune de Savigny-sur-Orge ?
Bernard MÉRIGOT. D’une façon simple. En premier lieu il est impératif de créer les conditions d’une attractivité pour les activités économiques. Celle-ci sont mauvaises (accès, implantation, circulation, stationnement, gouvernance locale…).
Question. En quoi la gouvernance a-t-elle un effet sur l’attractivité d’une commune à l’égard de l’emploi ?
Bernard MÉRIGOT. Lorsque qu’une commune pratique une gouvernance de conflit (au sein du conseil municipal, à l’égard de toutes les expressions démocratiques, à l’égard des associations, à l’égard de la communauté d’agglomération dont elle est membre), cela crée un climat mauvais.
Il faut entrer dans une gouvernance de partenariat, une gouvernance d’ouverture vers l’extérieur. C’est la première condition pour que des activités existantes prospèrent, que des activités nouvelles se développent et créent de nouveaux emplois.
Question. Qu’est-ce qu’il faudrait faire ?
Bernard MÉRIGOT. Produire des données territoriales (Data territorialis) dans le cadre d’une économie de la contribution. C’est en réalisant une capacitation des acteurs locaux, qu’une promotion de l’expérimentation pourra se développer.
Question. Quelles est la première urgence ?
Bernard MÉRIGOT. La première urgence est de répondre à cette simple question : A quelle date tous les habitants de la commune auront-ils accès au très haut débit ? Aujourd’hui, personne n’est capable de répondre. Alors que tout le monde sait que les territoires sont en compétition et que la réponse détermine nombre d’implantations professionnels et individuels.
L’ensemble de ces sujets ont déjà été abordés sur ce site et sont en ligne. Nous y reviendrons prochainement, notamment sur les externalités négatives et sur les échelles de contribution.
RÉFÉRENCES
INSEE, « Sphères présentielles et non-présentielles de 1975 à 2010 », www.insee.fr.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°53, lundi 19 août 2013
COMMENTAIRE du 19 août 2013
La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir (MALA) est un média numérique hebdomadaire (ISSN 2261-1819, Dépôt légal du numérique, BNF). Comme tous les médias « du matin », elle est publiée aux premières heures du jour. Le numéro 52 a été publié le lundi 19 août 2013, à 04 h 00. Le même jour, l’édition du Parisien-Essonne matin apportait une information intéressante sur le sujet de l’emploi dans la commune de Savigny-sur-Orge.
« Enquête sur l’emploi à Savigny
Chômage, emploi, inactivité. L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) lance à partir d’aujourd’hui 19 août et jusqu’au 3 septembre, puis du 9 au 24 septembre, un enquête sur l’état et l’évolution du marché du travail à Savigny-sur-Orge. Menée par Jean-François Laurent (muni d’une carte officielle), elle vise à étudier notamment les emplois précaires, l’activité des femmes, des jeunes ou la durée de travail. Une autre enquête sur le logement est menée par Thierry Allegot jusqu’au 20 décembre. Tel. 02 38 69 88 62 (enquête emploi) et 02 38 69 52 32 (enquête logement). » (1)
EN PLEINE CAMPAGNE ÉLECTORALE !
Il est évident que cette annonce d’enquête entreprise par l’INSEE intervient dans la campagne électorale des municipales qui ont lieu en mars 2014. Les premiers tracts des candidats ont déjà été distribués. Ces deux enquêtes apporteront des faits, des chiffres, des éléments d’analyse, des conclusions… qui seront utilisés par les programmes des différentes listes.
Aucun candidat ne doit disposer d’informations publiques auxquelles les autres candidats n’auraient pas accès. Dès lors, il importe, près de six mois avant des élections municipales de mars 2014, d’obtenir des engagements sur ces deux enquêtes :
RESPECTER L’ÉGALITÉ DES CANDIDATS
Si ces garanties n’étaient pas obtenues, ou bien si elles n’étaient pas remplies, tout électeur serait alors fondé à constater le non respect du principe d’égalité des candidats dans l’accès à des informations publiques.
Bernard MÉRIGOT
RÉFÉRENCES
1. « Enquête sur l’emploi à Savigny », Le Parisien Essonne-matin, lundi 19 août 2013, p.I.
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013
L’APPROCHE TERRITORIALE INCLUSIVE
Bernard MÉRIGOT, responsable de la recherche-action « Territoires et démocratie locale », a suivi le Forum de l’action internationale des collectivités organisé par Cités Unies France qui s’est tenu à Paris les 1er et 2 juillet 2013. Il était consacré à l’expertise dans le domaine du développement, à son partage et à sa transmission.
Question. En quoi l’expertise en matière de développement a-t-elle un effet sur l’attirance que suscite un territoire ?
Bernard MÉRIGOT. L’attractivité peut se définir comme la capacité d’un territoire à attirer des ressources humaines, temporaires ou permanentes (touristes, résidents…), qu’elles soient marchandes ou non-marchandes, se traduisant en terme d’apports (économiques, culturels…). Elle se manifeste par diverses actions : recherche et investissement avec les agences de développement économique et de création d’entreprises, production de grands événements culturels, sportifs, ou professionnels, promotion des entreprises à l’extérieur, économie résidentielle, centres de recherche, université, engagement dans des programmes de coopération décentralisée…
COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE EXTÉRIEURE
ET ÉCONOMIE LOCALE
Question. Il a-t-il un lien entre l’implantation d’activités économiques dans une commune et le fait qu’elle soit engagée dans des programmes de coopération décentralisée ?
Bernard MÉRIGOT. Un lien existe entre les stratégies d’attractivité mises en place volontairement par les collectivités dans dans le domaine de la coopération décentralisée et le développement local des collectivités qui y participent. Des études ont été conduites pour les années 1980-2010. L’animation d’un territoire et la mobilisation des acteurs privés et associatifs, les échanges universitaires, les contacts institutionnels stables créés par la coopération décentralisée… sont des facteurs qui constituent un cadre déterminant pour la promotion locale.
L’APPROCHE INCLUSIVE
Question. Quelles sont les principales évolutions de la décennie de 2010 ?
Bernard MÉRIGOT. Incontestablement, le fait que les territoires engagés de façon dynamique ont évolué vers une approche inclusive. La place des entreprises privées dans la gouvernance change. Elles sont devenues motrices et développent des idées innovantes qui poussent à l’internationalisation. Le citoyen se situe désormais au cœur de choix et d’ambitions des collectivités, à la fois comme bénéficiaire et comme acteur. Une nouvelle forme de gouvernance voit le jour.
Question. Qu’est-ce qu’une approche locale inclusive ?
Bernard MÉRIGOT. Rendre un développement local inclusif a pour finalité de garantir l’égalité des chances pour tous et de mettre en place les conditions d’une pleine participation de tous les acteurs.
Cela amène à apporter des précisions sur trois notions opératoires :
I. la communauté locale,
II. la participation citoyenne,
III. la gouvernance locale.
LA COMMUNAUTÉ LOCALE
I. La communauté locale désigne l’environnement proche d’une personne, d’une population, ou d’un ensemble d’intervenants publics ou privés :
• qui se trouvent dans une zone géographique ou un territoire délimité,
• qui sont confrontés aux mêmes contraintes,
• qui bénéficient (en principe, selon la loi et les textes en vigueur) des mêmes avantages,
• qui partagent un sentiment d’une appartenance commune.
Quatre critères constituent la communauté locale dans son action quotidienne de « vivre ensemble » :
LA PARTICIPATION CITOYENNE
II. La participation citoyenne est le fondement du développement local. Elle exprime le principe selon lequel les citoyens de la communauté, aussi bien en tant qu’individus, qu’en tant que groupes ou organisations, peuvent participer à la planification, à la mise en oeuvre et à la supervision d’un processus de développement qui garantisse le respect de leurs besoins et de leurs droits.
Il y a quatre niveaux de participation :
LA GOUVERNANCE LOCALE
III. La gouvernance locale. La décentralisation et le développement local incluent les concepts de responsabilité et de démocratie locale. « La gouvernance locale est le fruit d’un ensemble d’institutions, de mécanismes et de processus au travers desquels les citoyens et les groupes peuvent exprimer leurs besoins et manifester leurs intérêts, communiquer leurs différences et exercer leurs droits et remplir leurs obligations au niveau local ».
MALHEUR AUX TERRITOIRES FERMÉS
Question. Quelle est votre conclusion ?
Bernard MÉRIGOT. La coopération décentralisée rappelle à tous et à toutes que nous avons une responsabilité à l’égard du monde. Il y a des territoires ouverts sur l’extérieur. Et il y a des territoires fermés sur l’extérieur. Les premiers sont appelés à vivre. Les seconds sont appelés à mourir lentement. C’est inéluctable. Malheurs aux territoires fermés sur l’extérieur.
RÉFÉRENCES
1. CITÉS UNIES FRANCE, « Partager et transmettre l’expertise française du développement local », 4e Forum de l’action internationale des collectivités, Paris, Palais de Congrès, 1er et 2 juillet 2013.
2. PNUD, 2007.
LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR,
n°48, lundi 15 juillet 2013
Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013