Le « local » a été longtemps ignoré par les études de sciences politiques. Lucie BARGEL et Stéphane LATTÉ (1) se sont penchés sur l’ «approche ethnographique de la politique locale». Ils ont relevé, pour la période des trente années 1980-2010, quatre axes de recherche qui ont concerné les objectifs suivants :
THÈMES DE RECHERCHE
SUR LA POLITIQUE LOCALE
Ils observent qu’à partir des années 2000, la sociologie des espaces politiques locaux s’est nourrie des transformations de son objet : développement de l’intercommunalité et de la régionalisation, professionnalisation des entourages politiques, instauration de la parité homme / femmes. Voici quelques thèmes de recherches :
ÉTUDIER
L’ « ENTRE-SOI » POLITIQUE
La notion d’ « entre-soi politique local » est définie comme l’ensemble des formes de sociabilités, non nécessairement politiques, souvent trans-partisanes, qui sont produites par l’insertion durable dans le métier d’élu local. (SAWICKI, 1997 ; BRIQUET, 1997)
Les réseaux informels et les cercles affinitaires produisent deux effets :
EN ÊTRE ?
OU NE PAS EN ÊTRE ?
L’entre-soi politique municipal présente un enjeu de frontières. Comment ses acteurs les ferment-ils ? Comment les ouvrent-ils ? Cette frontière de l’entre-soi politique local est particulièrement visible lorsqu’un « outsider » s’essaie à la franchir.
LE PRÉSIDENTIALISME MUNICIPAL
Il faut se départir de l’influence prépondérante du « présidentialisme municipal » qui concentre l’attention sur les têtes d’affiche, les « notables », les maires « cumulants » ; au détriment des seconds rôles et des figurants, les conseillers municipaux « de base », les « petits élus » aux fonctions silencieuses, aux carrières discrètes, aux mandats brefs.
Les divers appels au renouvellement et à la diversification du personnel politique amène à s’interroger sur les conditions d’entrée dans l’espace de la sociabilité politique, sur les stratégies et les ressources nécessaires pour participer aux jeux locaux. Ceux-ci sont fondés sur des pratiques qui se donnent une apparence d’amateurisme.
DES ALLÉGEANCES IMPORTÉES ?
Quelle est la spécificité de la sociabilité politique locale ? Quelle est son autonomie ? Existe-t-il une « communauté politique » distincte dans ses pratiques des réseaux sociaux qui la charpente ? Les acteurs politiques locaux forment-ils une population politique ? Un groupe qui possède des coutumes et des rituels, dont les membres entretiennent, au-delà des différences affichées, des relations de sociabilité ? (ABÉLÈS, 1989)
Pour la recherche en sciences politiques, l’entre-soi politique local serait « un décalque», ou bien « ou un point de jonction » qui mêlerait :
Quels enjeux propres les élus locaux importent-ils dans le jeu politique ?
Quelle allégeances construisent-ils ?
RÉFÉRENCES
1. BARGEL Lucie et LATTÉ Stéphane, « L’Entre-soi politique local : approches ethnographiques », Présentation de la section thématique n°13, Congrès, Association française de science politique, Strasbourg, 2011.
BIBLIOGRAPHIE
établie par Lucie BARGEL (Université de Nice/CESSP) et Stéphane LATTÉ (Université de Haute Alsace/GSPE)
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°68, lundi 2 décembre 2013
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2013
DÉCODAGE
CONTEXTE. L’augmentation considérable depuis les années 2000 des budgets de communication des collectivités territoriales (communes, communautés, syndicats intercommunaux, conseils généraux…) a eu pour effet de transformer les citoyens en cibles d’une propagande permanente (luxueux bulletins municipaux, journaux de collectivités, plaquettes diverses, sites Internet, Twitter, Facebook…).
ENJEUX. Le discours d’auto glorification que les pouvoirs en place tiennent sur leur action est devenu un discours territorialement dominant. On est en droit de se demander si une expression pluraliste et une appréciation critique ont encore une place. Est-elle encore tout simplement légitime ?
UNE MUNICIPALISATION DE LA PROPAGANDE ?
Les dispositifs sont connus. Les maires et les présidents des assemblées exécutives territoriales disposent de moyens considérables pour diffuser les informations qu’ils souhaitent, et cela sans aucun contrôle, si ce n’est de leur propre majorité. Les citoyens et les élus minoritaires se demandent si une pensée différente du discours dominant est tout simplement possible.
L’idée s’est lentement et discrètement imposée aux esprits des citoyens : le bulletin municipal (et les sites Internet officiels, abonnements automatiques aux Lettres, News et autres comptes Twitter…) sont le seul moyen qui s’impose à eux pour être informés de ce qui se passe dans leur commune ou leur communauté. Il s’agit d’une source qui présente trois caractéristiques : institutionnelle, unique et non-contradictoire. Le maire, comme le président de la communauté, sont des directeurs de publications entièrement financées par des fonds publics. Ils disposent de collaborateurs pour rédiger, d’un service de communication pour « communiquer », de photographes pour illustrer, de maquettistes pour présenter, d’imprimeurs pour éditer, de distributeurs pour déposer dans toutes les boîtes à lettres bulletins, guides, lettres du maire…, de webmasters pour mettre en ligne 24 heure sur 24…
DISCRÉDITER LA MINORITÉ
C’est ainsi que l’on peut voir durant toute la durée d’un mandat (6 ans, ce qui est long…), un maire et sa petite majorité du conseil municipal, représentant 53% du conseil municipal, disposer de tous les moyens pour imposer une vision unique de la politique locale. Le problème commence à partir du moment où la ligne éditoriale ne consiste pas seulement à présenter la vie de la commune, mais à la justifier de façon manichéenne :
On a alors droit à toute une série de variations sous-tendues par des propositions comme :
Un pas supplémentaire est souvent franchi lorsque la majorité discrédite les membres de la minorité (ou des minorités) :
UNE MAIRIE PEUT MAL FONCTIONNER
Une mairie peut-elle mal fonctionner ? Oui, répond le sociologue Paul CHOMBART DE LAUWE. Il est intéressant de lire dans son livre Pour comprendre la France, au chapitre qu’il consacre au « Guide Aide-mémoire » de l’enquête sociale, cette phrase « La mairie, maison commune. Son organisation et son bon ou mauvais fonctionnement ». (1) Ainsi, l’enquêteur de terrain doit envisager qu’une mairie peut mal fonctionner. La question est donc légitime.
LE DROIT D’INVENTAIRE
Paul CHOMBART DE LAUWE a proposé cette démarche dans le cadre de l’École des cadres d’Uriage en 1947. Une étude critique de terrain concernant une institution publique est toujours légitime. Aujourd’hui, on écrirait que « l’inventaire de la gouvernance locale est un préalable de toute sociologie urbaine ». Il y a une différence entre deux attitudes. On voit certains membres de la classe politique s’interroger sur le « droit d’inventaire » concernant des actions politiques passées. On voit la recherche universitaire reconnaître le principe de l’examen critique («bon / mauvais») du fonctionnement des institutions publiques. Cette dernière position est conforme au principe d’égalité d’accès aux connaissances, à l’idéal démocratique et au fondement de la liberté citoyenne.
RÉFÉRENCES
CHOMBART DE LAUWE Paul, Pour comprendre la France, Les Presses de l’Ile-de-France, 1947, p.73
Paul-Henry Chombart de Lauwe (1913-1998). Sociologue, précurseur de la sociologie urbaine en France. Après avoir étudié l’anthropologie avec Marcel MAUSS, il effectue une recherche de terrain au Cameroun. Après la défaite de 1940, il participe à l’École des cadre d’Uriage puis rejoint la Résistance, quitte la France et s’engage dans l’armée française en Afrique du Nord en 1942. Pilote dans un groupe de chasse, il fait les campagnes d’Italie, des Vosges et d’Allemagne. Il reçoit à ce titre la Légion d’honneur et la Croix de guerre.
En 1945, il conduit ses premiers travaux au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sur la sociologie urbaine. En 1949, il fonde le Groupe d’ethnologie sociale et s’intéresse au milieu ouvrier. En 1952, le groupe publie un ouvrage sur Paris et son agglomération. De nombreuses enquêtes sociologiques aboutissent à la publication en 1956 de la Vie quotidienne des familles ouvrières. En 1959, le groupe devient le Centre d’ethnologie sociale. Entré à l’École pratique des hautes études, il y dirige, en tant que directeur d’études, un séminaire sur les transformations de la vie sociale et les processus d’interaction entre les individus, les groupes, la société. Après mai 1968, il oriente ses recherches vers les mouvements sociaux et le rôle des intellectuels.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°54, lundi 26 août 2013
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A quel domaine du savoir rattacher une interrogation, question, un dossier ? Comment définir la discipline de rattachement d’une connaissance intellectuelle, ou bien d’une recherche, d’un enseignement universitaire ?
Il est utile de prendre en considération la façon dont les acteurs de la pensée, de la réflexion, de la pédagogie se définissent eux-mêmes. Il est fréquent que ceux-ci se situent de façon décalée par rapport au monde. Ainsi, Hannah ARENDT ne se définissait pas comme « philosophe », mais comme « professeur de théorie politique » (Political theorist). (1) Elle n’enseignait pas et n’écrivait pas en tant que philosophe politique, mais en tant que praticienne de la théorie politique. Cela l’a amené à reconsidérer de façon critique les fondements de la discipline de la philosophie politique. Elle écrivait que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s’interpréterait aisément comme une série d’essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d’une évasion définitive de la politique. » C’est-à-dire qu’elle formulait l’idée que l’ensemble des textes fondateurs de la philosophie politique remplissait une fonction paradoxale d’évitement et d’exclusion de ce qu’ils étaient censés constituer.
RÉFÉRENCES
1. ARENDT Hannah, The Human Condition, London, Chicago, University of Chicago Press, 1958.
ARENDT Hannah, Condition de l’homme moderne, Calmann-Lévy, 1983, p. 285. Traduction de G. Fradier. Réédition Presse-Pocket 1988, 1992. Préface de Paul Ricoeur.
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°52, lundi 12 août 2013
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L’intervention de Bernard MÉRIGOT à l’École Normale Supérieure
Bernard MÉRIGOT, responsable de la recherche-action «Territoires et démocratie locale» est intervenu au cours de la journée d’étude organisée à l’École normale supérieure de Cachan le vendredi 21 juin 2013. Cette importante manifestation scientifique, placée sous l’égide du CNRS, était organisée par Julie GARDA et Florent LE BOT. Elle portait sur les engagements du chercheur en sciences humaines et sociales. (1)
Bernard MÉRIGOT. Dans les pratiques ethnologiques et anthropologiques, l’enquête participante constitue aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, un idéal. Le chercheur aspirerait à se trouver « idéalement » dans une sorte de « neutralité bienveillante » à l’égard de son terrain, pour reprendre une formule empruntée à la pratique psychanalytique. Tout « engagement » qui lui ferait quitter cette position, constituerait en quelque sorte une transgression pernicieuse.
LE POUVOIR LOCAL
OBJET DE RECHERCHE
Dans le cas ou l’objet de la recherche porte par exemple sur l’exercice du pouvoir local, l’application de la règle de la neutralité bienveillante conduit le chercheur à exister selon un mode de connivence. Or aucun pouvoir ne pratique une neutralité bienveillante à l’égard d’une enquête de terrain, dès qu’un regard critique est posé. Par exemple lorsqu’on approche le quotidien d’un pouvoir exécutif territorial. Celui-ci peut passer à l’égard de l’enquête de terrain, par différents stades : indifférence, séduction, récupération, censure, irritation, menaces, harcèlement, exclusion… Le pouvoir en place veut exercer autant qu’il peut un pouvoir particulier : celui d’autoriser ou d’interdire le regard que l’on porte sur lui.
LES POUVOIRS EN PLACE
CONTRE LA RECHERCHE
Comment se fait-il que l’idée selon laquelle l’engagement est nuisible demeure de façon sommes toutes dominante ? Il est toujours difficile de faire accepter, qu’en fait, c’est le non engagement qui impose des limites, qu’il est porteur d’un certain nombre d’effets dont celui de placer le chercheur dans une situation de dépendance. Il n’y a pas un « conflit d’intérêt » entre les trois termes : le terrain, le travail de la recherche qui s’accomplit, et l’image que le terrain et ses acteurs veulent donner. Il s’agirait plutôt d’un « conflit de méthode » qui tiendrait en une question : pourquoi ne reconnaît-on pas davantage le poids des pouvoirs en place sur la recherche ? Des pouvoirs en place, qui eux, ne pratiquent généralement pas la neutralité bienveillante.
LES TROIS LIMITES OPPOSÉES
AUX RECHERCHES SUR LES POUVOIR LOCAUX
Illégalité. Injustice. Secret
La recherche de terrain est confrontée, de façon ouverte ou bien de façon détournée, à au moins trois limites. La limite de la légalité, c’est-à-dire, la découverte de l’illégalisme comme forme de gouvernance, qui qualifie les « arrangements » avec la loi comme pratique. La limite de la justice, qui laisse la plupart du temps sans sanction l’illégalisme. La limite de l’information, qui rend souvent inaccessibles nombre de documents publics. C’est ce à quoi me font penser les communications de Nicolas JOUNIN, de Delphine CORTEEL. (2)
OPEN DATA CITOYENS
Il y a un double engagement du chercheur. D’une part, il est engagé en tant qu’opérateur de terrain. D’autre part, il est engagé en tant qu’opérateur citoyen. Ces deux engagements constituent, selon la nature de son terrain, et aux spécificités de sa recherche, à une confrontation avec une communauté, un groupe social, une collectivité, une institution…. Celle-ci comporte des contenus privés et des contenus publics.
Les contenus privés sont soit fermés, soit relativement ouverts, soit encore faussement ouverts, ce qui est compréhensible.
Quant-aux contenus publics, conformément aux lois démocratiques, ils devraient être en libre accès. Ce qui est loin d’être le cas. Nous sommes encore loin d’un esprit d’ouverture général aboutissant à des open data citoyens.
La question que je pose est la suivante. Est-ce qu’un engagement affirmé, en tant que « droit de regard citoyen » de la recherche et du chercheur – au sens le plus fort du terme (social, politique, militant) – n’est pas le seul moyen qui permette de dépasser les trois limites de l’illégalisme, de l’injustice, et du secret, étape d’accomplissement de l’ « objectivation participante » ?
Bernard MÉRIGOT
Recherche action « Territoire et démocratie locale »
Mail : contact@mieuxaborderlavenir.fr
RÉFÉRENCES
LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR,
n°49, lundi 22 juillet 2013
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Comment les Français voient-ils les américains et les États-Unis ? A quels stéréotypes culturels ont-ils recours dans leurs jugements et appréciations ? Sur quelles bases se fonde le dialogue entre les deux cultures ?
De grandes affaires récentes comme celle du Watergate ou de l’atterrissage de l’avion Concorde à New York ont montré de façon évidente le décalage qui existait entre l’actualité américaine et la conscience que les Français an avaient. D’autres distorsions expliquent la vision que les américains ont de la France.
Trois universitaires, deux français (Michel BEAUJOUR et Bernard MÉRIGOT), et un américain (Amiel P. VAN TESLAAR), se sont réunis autour de Cyrille MAKINSKY, délégué général de l’Association France-États Unis pour débattre de ces questions. On lira ici le texte complet de cette table ronde qui s’est déroulée à Paris dans les salons de France-Amérique, 9 avenue Franklin Roosevelt, le 26 mars 1979.
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RÉFÉRENCES
BEAUJOUR Michel, VAN TESLAAR Amiel P., MÉRIGOT Bernard, MAKINSKY Cyrille (1979). Fiction et réalité des mythes franco-américains, Éditions France-États Unis, 1979. Texte complet de la conférence organisée le 26 mars 1979 dans les salons de France-Amérique, 9 avenue Franklin Roosevelt, 75008 PARIS. Présentation de France-États Unis par Jacques CHABAN-DELMAS, ancien Premier ministre. ISBN 978-2-903199-01-02
MITCHELL Margaret, Autant en emporte le vent, Gallimard, Paris, 1939, 735 p. Traduction de Pierre-François Caillé. 1ere de couverture.
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Bernard MÉRIGOT, Les mythes franco-américains, 1978Scarce compte rendu of an interesting academic conference devoted to the always-interesting relationship between France and America. Subjects range widely from de Tocqueville and Poe to the television age. (One day of the conference was entirely devoted to television, with participation by Pierre Salinger and Jim Giggins of ABC). Round table participants included Susan Sontag, Jean-Francois Revel and Flora Lewis of the New York Times. Text almost entirely in French, printed on rectos only. The conference was held in May, 1978 and was a collaboration between l’Institut d’études politiques de Paris and l’École normale supérieure de Paris – under the direction of Bernard Merigot. ; Experience the pleasure of reading and appreciating this actual printed item. It has its own physical history that imbues it with a character lacking in ephemeral electronic renderings. (Price: 74.95 USD) »
RÉFÉRENCES
ANTIQUARIAN BOOK SHOP (Scholarly, Rare and Interesting Books), http://www.niceoldbooks.com. The Antiquarian Book Shop, P.O. Bax 3831, Washington DC 20027, United States of America. Consulté le 13 août 2013.
MÉRIGOT Bernard, Les Mythes franco-américains, Compte rendu du colloque international organisé par l’Institut d’études françaises de New York University, Paris, 1978, New York University in France, Paris, 45 p.
BEAUJOUR Michel, MÉRIGOT Bernard, MAKINSKY Cyrille, Fiction et réalité des mythes franco-américains, Conférence organisée le 26 mars 1979 dans les salons de France-Amérique, France États-Unis, Paris, 1979, 33 p. ISBN 2-903199-01-9
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BNF. Dépôt légal du numérique, 2013