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Anthropologie politique – Savigny-Avenir. Territoire et Démocratie Numérique Locale (TDNL) https://savigny-avenir.fr « Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». Christophe de Savigny Thu, 11 Jan 2024 06:56:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.1 « L’entre-soi municipal » : recherches ethnographiques sur la politique locale (Association française de science politique) https://savigny-avenir.fr/2013/12/02/lentre-soi-municipal-quelques-recherches-sur-la-vie-politique-locale-association-francaise-de-science-politique/ Mon, 02 Dec 2013 03:00:30 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=11274 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°68, lundi 2 décembre 2013

Le « local » a été longtemps ignoré par les études de sciences politiques. Lucie BARGEL et Stéphane LATTÉ (1) se sont penchés sur l’ «approche ethnographique de la politique locale». Ils ont relevé, pour la période des trente années 1980-2010, quatre axes de recherche qui ont concerné les objectifs suivants :

  •  tester l’hypothèse de la « nationalisation » de la vie politique et de l’unification des pratiques politiques (GAXIE, LEHIGUE, 1993)
  •  réinscrire l’ordre politique dans l’ordre social,
  • déconstruire les formes objectivées de la vie politique nationale, comme les partis politiques (LAGROYE, 1973 ; Politix, 1994 ; SAWICKI, 1997),
  • importer les méthodes de l’anthropologie exotique en sciences politiques (ABÉLÈS, 1989).

THÈMES DE RECHERCHE
SUR LA POLITIQUE LOCALE

Ils observent qu’à partir des années 2000, la sociologie des espaces politiques locaux s’est nourrie des transformations de son objet : développement de l’intercommunalité et de la régionalisation, professionnalisation des entourages politiques, instauration de la parité homme / femmes. Voici quelques thèmes de recherches :

  • les mobilisations électorales municipales (LAGROYE, LEHINGUE, SAWIKI, 2005),
  • les parachutages (DOLEZ, HASTINGS, 2003),
  • les intercommunalités (LE SAOUT, MADORÉ, 2004 ; DASAGE, 2005),
  • l’action publique territoriale (SMITH, SORBETS, 2003 ; LIONEL, LE BART, PASQUIER, 2006),
  • le recrutement politique (LATTÉ, 2003 ; GODMER, 2009),
  • la mise en oeuvre de la parité (Politix, 2003 ; ACHIN, 2007),
  • les mondes ruraux (Politix, 2008 ; VIGNON, 2009)
  • le clientélisme (MATTINA, 2004).

ÉTUDIER
L’ « ENTRE-SOI » POLITIQUE

La notion d’ « entre-soi politique local » est définie comme l’ensemble des formes de sociabilités, non nécessairement politiques, souvent trans-partisanes, qui sont produites par l’insertion durable dans le métier d’élu local. (SAWICKI, 1997 ; BRIQUET, 1997)

Les réseaux informels et les cercles affinitaires produisent deux effets :

  • en amont, ils nourrissent la mobilisation partisane et la sollicitation électoral,
  • en aval, ils structurent le fonctionnement ordinaire des espaces politiques locaux.

EN ÊTRE ?
OU NE PAS EN ÊTRE ?

L’entre-soi politique municipal présente un enjeu de frontières. Comment ses acteurs les ferment-ils ? Comment les ouvrent-ils ? Cette frontière de l’entre-soi politique local est particulièrement visible lorsqu’un « outsider » s’essaie à la franchir.

LE PRÉSIDENTIALISME MUNICIPAL

Il faut se départir de l’influence prépondérante du « présidentialisme municipal » qui concentre l’attention sur les têtes d’affiche, les « notables », les maires « cumulants » ; au détriment des seconds rôles et des figurants, les conseillers municipaux « de base », les « petits élus » aux fonctions silencieuses, aux carrières discrètes, aux mandats brefs.

Les divers appels au renouvellement et à la diversification du personnel politique amène à s’interroger sur les conditions d’entrée dans l’espace de la sociabilité politique, sur les stratégies et les ressources nécessaires pour participer aux jeux locaux. Ceux-ci sont fondés sur des pratiques qui se donnent une apparence d’amateurisme.

DES ALLÉGEANCES IMPORTÉES ?

Quelle est la spécificité de la sociabilité politique locale ? Quelle est son autonomie ? Existe-t-il une « communauté politique » distincte dans ses pratiques des réseaux sociaux qui la charpente ? Les acteurs politiques locaux forment-ils une population politique ? Un groupe qui possède des coutumes et des rituels, dont les membres entretiennent, au-delà des différences affichées, des relations de sociabilité ? (ABÉLÈS, 1989)

Pour la recherche en sciences politiques, l’entre-soi politique local serait « un décalque», ou bien « ou un point de jonction » qui mêlerait :

  •      solidarités familiales,
  •      connivences associatives,
  •      affinités confessionnelles,
  •      ententes économiques,
  •      proximités professionnelles,
  •      intérêts commerciaux,
  •      liens de voisinage,
  •      encrages territoriaux,
  •      affinités élitaires,
  •      sociabilités racialisées.

Quels enjeux propres les élus locaux importent-ils dans le jeu politique ?
Quelle allégeances construisent-ils ?

RÉFÉRENCES
1. BARGEL Lucie et LATTÉ Stéphane,
« L’Entre-soi politique local : approches ethnographiques », Présentation de la section thématique n°13, Congrès, Association française de science politique, Strasbourg, 2011.

BIBLIOGRAPHIE
établie par Lucie BARGEL (Université de Nice/CESSP) et Stéphane LATTÉ (Université de Haute Alsace/GSPE)

ABÉLÈS M., Jours tranquilles en 89. Ethnologie politique d’un département français, Odile  Jacob, 1988.
ACHIN  A., Sexes, genre et politique,  Economica, 2007.
AUYERO J., JOSEPH L. ET MAHLER  M., New Perspectives in Political  Ethnography, New York, Springer, 2007.
BRIQUET  J.-L., SAWICKI F., « L’analyse localisée du politique », Politix, n°7/8, 1989, p. 6-16.
BRIQUET  J.-L., La tradition en mouvement. Clientélisme et  politique en Corse, Belin 1997.
CARTIER  M., COUTANT I., MASCLET O. ET SIBLOT Y., « Promotion et marginalisation  des candidats de la « diversité » dans une commune de la banlieue  parisienne », Politix, vol. 23, n°91, 2010, p. 179-205.
DESAGE F., Le « consensus » communautaire contre l’intégration intercommunale.  Séquences et dynamiques d’institutionnalisation de la communauté urbaine de  Lille (1964-2003), thèse pour le doctorat de science politique, Université de Lille 2,  2005.
DOLEZ B., HASTINGS M., Le parachutage politique, L’Harmattan, 2003.
GAXIE D., LEHINGUE P., Enjeux  municipaux : la constitution des enjeux politiques dans une élection municipale,  Paris, PUF, 1984.
GIRARD V., Un territoire périurbain, industriel et  ouvrier. Promotions résidentielles de ménages des classes populaires et  trajectoires d’élus salariés intermédiaires de l’industrie de la Plaine de  l’Ain, Thèse pour le doctorat de sociologie, EHESS, 2009.
GUYON S., Du gouvernement colonial à la  politique racialisée. L’émergence  d’un espace politique local à St Laurent du Maroni (Guyane), Thèse pour le  doctorat de science politique, Université Paris-1, 2010.
LAGROYE J., Société et politique. Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux, Pedone,  1973.
LAGROYE J., LEHINGUE P., SAWICKI F. (dir.), Mobilisations électorales. Le cas des élections  municipales de 2001, Paris, PUF, 2005.
LATTÉ S., « Cuisine  et dépendance. Les logiques pratiques du recrutement politique », Politix, n°60, 2003, p. 55-81.
LE SAOUT R., MADORÉ  F., dir., Les effets de  l’intercommunalité, Presses universitaires de Rennes, 2004.
LIONEL A., LE BART C., PASQUIER R., Idéologies  et action publique territoriale. La politique change-t-elle encore les  politiques ?, Presses  universitaires de Rennes, 2006.
MATTINA C., « Mutations des relations clientélaires  et constructions des notabilités politiques à Marseille (1970-1990) », Politix, n° 67, 2004, p. 129-155.
MASCLET O., La  gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, La Dispute, 2006.
MABILEAU A. (dir.), A la recherche du local, L’Harmattan, 1993.
MISCHI J., « Observer la politisation des ruraux  sous l’angle des sociabilités : enjeux et perspectives », dans  Antoine A., MISCHI J., dir., Sociabilité  et politique en milieu rural, Presses Universitaires de Rennes, 2008.
MISCHI J., Servir la classe ouvrière. Sociabilités  militantes au PCF, Presses Universitaires de Rennes, 2010.
Politix,
« Le  métier d’élu », n°28, 1994.
Politix
, « La parité en pratiques », n°60, 2003.
RENAHY N., « Une lignée patronale à la mairie.  Genèse et vieillissement d’une domination personnelle (1850-1970), Politix, n°83, 2008, p. 73-102.
RETIÈRE J.-N., « La sociabilité communautaire,  sanctuaire de l’identité communiste à Lanester », Politix, n°13, 1991.
RETIÈRE  J.-N., « Autour de l’autochtonie. Réflexions sur la notion de  capital social populaire », Politix,  n°63, 2003.
SAWICKI  F., Les réseaux du Parti socialiste,  Belin, 1997.
SMITH A., SORBETS C., Le leadership politique et le territoire, PUR, 2003.
TRÉPIED B., Politique  et relations coloniales en Nouvelle-Calédonie : ethnographie historique de la  commune de Koné (1946-1988), thèse de doctorat, EHESS, 2007.
VIGNON S., Des maires en  campagne : les dynamiques de (re)construction du rôle de maire des petites  communes, Thèse pour le doctorat de science politique, Université de Picardie, 2009.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°68, lundi 2 décembre 2013

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2013

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La question sur le « bon » ou « mauvais » fonctionnement d’une mairie est-elle légitime ? https://savigny-avenir.fr/2013/08/26/la-question-sur-le-bon-ou-mauvais-fonctionnement-dune-mairie-est-elle-legitime/ Mon, 26 Aug 2013 02:00:38 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=9835 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°54, lundi 26 août 2013

DÉCODAGE

CONTEXTE. L’augmentation considérable depuis les années 2000 des budgets de communication des collectivités territoriales (communes, communautés, syndicats intercommunaux, conseils généraux…) a eu pour effet de transformer les citoyens en cibles d’une propagande permanente (luxueux bulletins municipaux, journaux de collectivités, plaquettes diverses, sites Internet, Twitter, Facebook…).
ENJEUX.
Le discours d’auto glorification que les pouvoirs en place tiennent sur leur action est devenu un discours territorialement dominant. On est en droit de se demander si une expression pluraliste et une appréciation critique ont encore une place. Est-elle encore tout simplement légitime ?

UNE MUNICIPALISATION DE LA PROPAGANDE ?

Les dispositifs sont connus. Les maires et les présidents des assemblées exécutives territoriales disposent de moyens considérables pour diffuser les informations qu’ils souhaitent, et cela sans aucun contrôle, si ce n’est de leur propre majorité. Les citoyens et les élus minoritaires se demandent si une pensée différente du discours dominant est tout simplement possible.

L’idée s’est lentement et discrètement imposée aux esprits des citoyens : le bulletin municipal (et les sites Internet officiels, abonnements automatiques aux Lettres, News et autres comptes Twitter…) sont le seul moyen qui s’impose à eux pour être  informés de ce qui se passe dans leur commune ou leur communauté. Il s’agit d’une source qui présente trois caractéristiques : institutionnelle, unique et non-contradictoire. Le maire, comme le président de la communauté, sont des directeurs de publications entièrement financées par des fonds publics. Ils disposent de collaborateurs pour rédiger, d’un service de communication pour « communiquer », de photographes pour illustrer, de maquettistes pour présenter, d’imprimeurs pour éditer, de distributeurs pour déposer dans toutes les boîtes à lettres bulletins, guides, lettres du maire…, de webmasters pour mettre en ligne 24 heure sur 24…

DISCRÉDITER LA MINORITÉ

C’est ainsi que l’on peut voir durant toute la durée d’un mandat (6 ans, ce qui est long…), un maire et sa petite majorité du conseil municipal, représentant 53% du conseil municipal, disposer de tous les moyens pour imposer une vision unique de la politique locale. Le problème commence à partir du moment où la ligne éditoriale ne consiste pas seulement à présenter la vie de la commune, mais à la justifier de façon manichéenne :

  • la majorité, c’est le bien,
  • la minorité, c’est le mal.

On a alors droit à toute une série de variations sous-tendues par des propositions comme :

  • Tout ce que fait la majorité est génial. Elle n’arrête pas de travailler pour le bien des habitants. Elle seule sait ce qu’il faut faire.
  • Tous les fonctionnaires territoriaux sont extraordinaires.
  • La mairie fonctionne d’une façon admirable…

Un pas supplémentaire est souvent franchi lorsque la majorité discrédite les membres de la minorité (ou des minorités) :

  • ils ne savent rien,
  • ils ne font rien,
  • ils ne pensent qu’a critiquer,
  • s’ils étaient au pouvoir, ce serait une catastrophe.

UNE MAIRIE PEUT MAL FONCTIONNER

Une mairie peut-elle mal fonctionner ? Oui, répond le sociologue Paul CHOMBART DE LAUWE. Il est intéressant de lire dans son livre Pour comprendre la France, au chapitre qu’il consacre au « Guide Aide-mémoire » de l’enquête sociale, cette phrase « La mairie, maison commune. Son organisation et son bon ou mauvais fonctionnement ». (1) Ainsi, l’enquêteur de terrain doit envisager qu’une mairie peut mal fonctionner. La question est donc légitime.

LE DROIT D’INVENTAIRE

Paul CHOMBART DE LAUWE a proposé cette démarche dans le cadre de l’École des cadres d’Uriage en 1947. Une étude critique de terrain concernant une institution publique est toujours légitime. Aujourd’hui, on écrirait que « l’inventaire de la gouvernance locale est un préalable de toute sociologie urbaine ». Il y a une différence entre deux attitudes. On voit certains membres de la classe politique s’interroger sur le « droit d’inventaire » concernant des actions politiques passées. On voit la recherche universitaire reconnaître le principe de l’examen critique («bon / mauvais») du fonctionnement des institutions publiques. Cette dernière position est conforme au principe d’égalité d’accès aux connaissances, à l’idéal démocratique et au fondement de la liberté citoyenne.

RÉFÉRENCES

CHOMBART DE LAUWE Paul, Pour comprendre la France, Les Presses de l’Ile-de-France, 1947, p.73

Paul-Henry Chombart de Lauwe (1913-1998). Sociologue, précurseur de la sociologie urbaine en France. Après avoir étudié l’anthropologie avec Marcel MAUSS, il effectue une recherche de terrain au Cameroun. Après la défaite de 1940, il participe à l’École des cadre d’Uriage puis rejoint la Résistance, quitte la France et s’engage dans l’armée française en Afrique du Nord en 1942. Pilote dans un groupe de chasse, il fait les campagnes d’Italie, des Vosges et d’Allemagne. Il reçoit à ce titre la Légion d’honneur et la Croix de guerre.

En 1945, il conduit ses premiers travaux au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) sur la sociologie urbaine.  En 1949, il fonde le Groupe d’ethnologie sociale et s’intéresse au milieu ouvrier. En 1952, le groupe publie un ouvrage sur Paris et son agglomération. De nombreuses enquêtes sociologiques aboutissent à la publication en 1956 de la Vie quotidienne des familles ouvrières. En 1959, le groupe devient le Centre d’ethnologie sociale. Entré à l’École pratique des hautes études, il y dirige, en tant que directeur d’études, un séminaire sur les transformations de la vie sociale et les processus d’interaction entre les individus, les groupes, la société. Après mai 1968, il oriente ses recherches vers les mouvements sociaux et le rôle des intellectuels.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°54, lundi 26 août 2013

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L’enseignement de la théorie politique est-il l’histoire d’une « évasion définitive » ? (Hannah Arendt) https://savigny-avenir.fr/2013/08/12/lenseignement-de-la-theorie-politique-est-il-lhistoire-dune-evasion-definitive-hannah-arendt/ Mon, 12 Aug 2013 02:00:07 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=9803 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°52, lundi 12 août 2013

A quel domaine du savoir rattacher une interrogation, question, un dossier ? Comment définir la discipline de rattachement d’une connaissance intellectuelle, ou bien d’une recherche, d’un enseignement universitaire ?

Il est utile de prendre en considération la façon dont les acteurs de la pensée, de la réflexion, de la pédagogie se définissent eux-mêmes. Il est fréquent que ceux-ci se situent de façon décalée par rapport au monde. Ainsi, Hannah ARENDT ne se définissait pas comme « philosophe », mais comme « professeur de théorie politique » (Political theorist). (1) Elle n’enseignait pas et n’écrivait pas en tant que philosophe politique, mais en tant que praticienne de la théorie politique. Cela l’a amené à reconsidérer de façon critique les fondements de la discipline de la philosophie politique. Elle écrivait que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s’interpréterait aisément comme une série d’essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d’une évasion définitive de la politique. » C’est-à-dire qu’elle formulait l’idée que l’ensemble des textes fondateurs de la philosophie politique remplissait une fonction paradoxale d’évitement et d’exclusion de ce qu’ils étaient censés constituer.

RÉFÉRENCES
1. ARENDT Hannah,
The Human Condition, London, Chicago, University of Chicago Press, 1958.
ARENDT Hannah,
Condition de l’homme moderne, Calmann-Lévy, 1983, p. 285. Traduction de G. Fradier. Réédition Presse-Pocket 1988, 1992. Préface de Paul Ricoeur.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°52, lundi 12 août 2013

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L’engagement du chercheur en sciences sociales (Committments in the humanities and social sciences). Bernard Mérigot à l’École normale supérieure https://savigny-avenir.fr/2013/07/22/lengagement-du-chercheur-en-sciences-sociales-committments-in-the-humanities-and-social-sciences-bernard-merigot-a-lecole-normale-superieure/ Mon, 22 Jul 2013 02:00:01 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=9386 Continuer la lecture ]]> LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°49, 22 juillet 2013

L’intervention de Bernard MÉRIGOT à l’École Normale Supérieure

Bernard MÉRIGOT, responsable de la recherche-action «Territoires et démocratie locale» est intervenu au cours de la journée d’étude organisée à l’École normale supérieure de Cachan le vendredi 21 juin 2013. Cette importante manifestation scientifique, placée sous l’égide du CNRS, était organisée par Julie GARDA et Florent LE BOT. Elle portait sur les engagements du chercheur en sciences humaines et sociales. (1)

Bernard MÉRIGOT. Dans les pratiques ethnologiques et anthropologiques, l’enquête participante constitue aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, un idéal. Le chercheur aspirerait à se trouver « idéalement » dans une sorte de « neutralité bienveillante » à l’égard de son terrain, pour reprendre une formule empruntée à la pratique psychanalytique. Tout « engagement » qui lui ferait quitter cette position, constituerait en quelque sorte une transgression pernicieuse.

LE POUVOIR LOCAL
OBJET DE RECHERCHE

Dans le cas ou l’objet de la recherche porte par exemple sur l’exercice du pouvoir local, l’application de la règle de la neutralité bienveillante conduit le chercheur à exister selon un mode de connivence. Or aucun pouvoir ne pratique une neutralité bienveillante à l’égard d’une enquête de terrain, dès qu’un regard critique est posé. Par exemple lorsqu’on approche le quotidien d’un pouvoir exécutif territorial. Celui-ci peut passer à l’égard de l’enquête de terrain, par différents stades : indifférence, séduction, récupération, censure, irritation, menaces, harcèlement, exclusion… Le pouvoir en place veut exercer autant qu’il peut un pouvoir particulier : celui d’autoriser ou d’interdire le regard que l’on porte sur lui.

 LES POUVOIRS EN PLACE
CONTRE LA RECHERCHE

Comment se fait-il que l’idée selon laquelle l’engagement est nuisible demeure de façon sommes toutes dominante ? Il est toujours difficile de faire accepter, qu’en fait, c’est le non engagement qui impose des limites, qu’il est porteur d’un certain nombre d’effets dont celui de placer le chercheur dans une situation de dépendance. Il n’y a pas un « conflit d’intérêt » entre les trois termes : le terrain, le travail de la recherche qui s’accomplit, et l’image que le terrain et ses acteurs veulent donner. Il s’agirait plutôt d’un « conflit de méthode » qui tiendrait en une question : pourquoi ne reconnaît-on pas davantage le poids des pouvoirs en place sur la recherche ? Des pouvoirs en place, qui eux, ne pratiquent généralement pas la neutralité bienveillante.

 LES TROIS LIMITES OPPOSÉES
AUX RECHERCHES SUR LES POUVOIR LOCAUX
Illégalité. Injustice. Secret

La recherche de terrain est confrontée, de façon ouverte ou bien de façon détournée, à au moins trois limites. La limite de la légalité, c’est-à-dire, la découverte de l’illégalisme comme forme de gouvernance, qui qualifie les « arrangements » avec la loi comme pratique. La limite de la justice, qui laisse la plupart du temps sans sanction l’illégalisme. La limite de l’information, qui rend souvent inaccessibles nombre de documents publics. C’est ce à quoi me font penser les communications de Nicolas JOUNIN, de Delphine CORTEEL. (2)

OPEN DATA CITOYENS

Il y a un double engagement du chercheur. D’une part, il est engagé en tant qu’opérateur de terrain. D’autre part, il est engagé en tant qu’opérateur citoyen. Ces deux engagements constituent, selon la nature de son terrain,  et aux spécificités de sa recherche, à une confrontation avec une communauté, un groupe social, une collectivité, une institution…. Celle-ci comporte des contenus privés et des contenus publics.
Les contenus privés sont soit fermés, soit relativement ouverts, soit encore faussement ouverts, ce qui est compréhensible.
Quant-aux contenus publics, conformément aux lois démocratiques, ils devraient être en libre accès. Ce qui est loin d’être le cas. Nous sommes encore loin d’un esprit d’ouverture général aboutissant à des open data citoyens.

La question que je pose est la suivante. Est-ce qu’un engagement affirmé, en tant que « droit de regard citoyen » de la recherche et du chercheur – au sens le plus fort du terme (social, politique, militant) – n’est pas le seul moyen qui permette de dépasser les trois limites de l’illégalisme, de l’injustice, et du secret, étape d’accomplissement de l’ « objectivation participante » ?

Bernard MÉRIGOT
Recherche action « Territoire et démocratie locale »
Mail : contact@mieuxaborderlavenir.fr

RÉFÉRENCES

1. MÉRIGOT Bernard, « Les trois limites opposées aux recherches sur les pouvoirs locaux : illégalité, injustice, secret », Intervention à la journée d’étude « L’engagement du chercheur en sciences sociales (Committments in the humanities and social sciences) », École normale supérieure de Cachan, 21 juin 2013. Manifestation placée sous l’égide du CNRS, organisée par Julie GARDA et Florent LE BOT. Texte à paraître. Résumé en ligne sur ligne sur http://savigny-avenir.fr, 22 juillet 2013.
GARDA Julie, LE BOT Forent, Pour une cartographie des engagements du chercheur en sciences humaines et sociales, Journée d’études organisée par l’École normale supérieure de Cachan, et l’Institut fédératif en sciences sociales, Cachan, vendredi 21 juin 2013.

2. JOUNIN Nicolas,
« Apprendre en provoquant », Pour une cartographie des engagements du chercheur en sciences humaines et sociales, Journée d’études organisée par l’École normale supérieure de Cachan, et l’Institut fédératif en sciences sociales, Cachan, vendredi 21 juin 2013.
CORTEEL Delphine, «De l’anthropologie ouvrière à une ethnographie de la récupération et des récupérations. Enquête sur un parcours et des pratiques de recherche », Pour une cartographie des engagements du chercheur en sciences humaines et sociales, Journée d’études organisée par l’École normale supérieure de Cachan, et l’Institut fédératif en sciences sociales, Cachan, vendredi 21 juin 2013.

On lira aussi :
BROQUA Christophe,« L’ethnographie comme engagement : enquêter en terrain militant », Genèses, 2009, n°75, p. 109-124.
CEFAÏ Daniel et AMIRAUX Valérie,
« Les risques du métier. Engagements problématiques en sciences sociales », Culture et conflits, n°47, 2002.
HAMEL Jacques,
« Qu’est-ce que l’objectivation participante ? Pierre Bourdieu et les problèmes méthodologiques de l’objectivation en sociologie », Socio-logos. Revue de l’association française de sociologie, 2008.
LASCOUMES Pierre et LE BOURHIS Jean-Pierre
, « Le bien commun comme construit territorial. Identités d’action et procédures », Politix, n°42, 1998, p.37-66.
VESPIEREN Marie-Renée,
« Quand implication se conjugue avec distanciation : le cas de la recherche-action de type stratégique », Études de communication, Langage Information Médiations, n°25, 2002.

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR,
n°49, lundi 22 juillet 2013

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF 2013

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Fiction et réalité des mythes franco-américains (Michel Beaujour, Bernard Mérigot, A.P. Van Teslaar, Cyrille Makinsky) https://savigny-avenir.fr/1979/10/15/fiction-et-realite-des-mythes-franco-americains-michel-beaujour-bernard-merigot-a-p-van-teslaar-cyrille-makinsky/ Mon, 15 Oct 1979 15:19:33 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=9738 Continuer la lecture ]]>

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Comment les Français voient-ils les américains et les États-Unis ? A quels stéréotypes culturels ont-ils recours dans leurs jugements et appréciations ? Sur quelles bases se fonde le dialogue entre les deux cultures ?

De grandes affaires récentes comme celle du Watergate ou de l’atterrissage de l’avion Concorde à New York ont montré de façon évidente le décalage qui existait entre l’actualité américaine et la conscience que les Français an avaient. D’autres distorsions expliquent la vision que les américains ont de la France.

Trois universitaires, deux français (Michel BEAUJOUR et Bernard MÉRIGOT), et un américain (Amiel P. VAN TESLAAR), se sont réunis autour de Cyrille MAKINSKY, délégué général de l’Association France-États Unis pour débattre de ces questions. On lira ici le texte complet de cette table ronde qui s’est déroulée à Paris dans les salons de France-Amérique, 9 avenue Franklin Roosevelt, le 26 mars 1979.

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RÉFÉRENCES

BEAUJOUR Michel, VAN TESLAAR Amiel P., MÉRIGOT Bernard, MAKINSKY Cyrille (1979). Fiction et réalité des mythes franco-américains, Éditions France-États Unis, 1979. Texte complet de la conférence organisée le 26 mars 1979 dans les salons de France-Amérique, 9 avenue Franklin Roosevelt, 75008 PARIS. Présentation de France-États Unis par Jacques CHABAN-DELMAS, ancien Premier ministre. ISBN 978-2-903199-01-02

MITCHELL Margaret, Autant en emporte le vent, Gallimard, Paris, 1939, 735 p. Traduction de Pierre-François Caillé. 1ere de couverture.

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013

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Les mythes franco-américains (Bernard Mérigot) https://savigny-avenir.fr/1978/06/30/les-mythes-franco-americains/ Fri, 30 Jun 1978 07:43:21 +0000 http://www.savigny-avenir.fr/?p=9726 Continuer la lecture ]]> « Merigot, Bernard, ed. [& Susan Sontag, Pierre Salinger, Jean-François Revel, et al] Les Mythes Franco-Américains compte rendu / du Colloque international organisé par l’Institut d’Études françaises de New York University Paris New York University in France 1978.
First Edition Hardcover Near Fine 45 ff. & [1, errata] pages; Publisher’s printed boards, backed with black cloth. Title lettered on front cover, with list of participants and a partial table of contents on the rear cover.

Bernard MÉRIGOT, Les mythes franco-américains, 1978
Page de couverture

Scarce compte rendu of an interesting academic conference devoted to the always-interesting relationship between France and America. Subjects range widely from de Tocqueville and Poe to the television age. (One day of the conference was entirely devoted to television, with participation by Pierre Salinger and Jim Giggins of ABC). Round table participants included Susan Sontag, Jean-Francois Revel and Flora Lewis of the New York Times. Text almost entirely in French, printed on rectos only. The conference was held in May, 1978 and was a collaboration between l’Institut d’études politiques de Paris and l’École normale supérieure de Paris – under the direction of Bernard Merigot. ; Experience the pleasure of reading and appreciating this actual printed item. It has its own physical history that imbues it with a character lacking in ephemeral electronic renderings.  (Price: 74.95 USD) »

Bernard MÉRIGOT, Les mythes franco-américains, 1978
Page de titre

Bernard MÉRIGOT, Les mythes franco-américains, 1978
4e de couverture

RÉFÉRENCES

ANTIQUARIAN BOOK SHOP (Scholarly, Rare and Interesting Books), http://www.niceoldbooks.com. The Antiquarian Book Shop, P.O. Bax 3831, Washington DC 20027, United States of America. Consulté le 13 août 2013.

MÉRIGOT Bernard, Les Mythes franco-américains, Compte rendu du colloque international organisé par l’Institut d’études françaises de New York University, Paris, 1978, New York University in France, Paris, 45 p.

BEAUJOUR Michel, MÉRIGOT Bernard, MAKINSKY Cyrille, Fiction et réalité des mythes franco-américains, Conférence organisée le 26 mars 1979 dans les salons de France-Amérique, France États-Unis, Paris, 1979, 33 p. ISBN 2-903199-01-9

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2013

 

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